Quand une ville met son gardien au pied du mur : le cas de Samuel Montembeault

Par Christopher Dubuc

Quatrième 

Cela correspond à la position actuelle du Canadien de Montréal au classement général de la Ligue nationale, avant son match du 8 novembre. Étonnant, n’est-ce pas ? Je suis convaincu que personne dans le monde du hockey n’aurait misé sur un tel scénario, surtout après 14 matchs de saison régulière, moi y compris.  

En revanche, il faut se le dire, le Tricolore nous offre du très bon hockey depuis le début de la saison. Sur le plan individuel, plusieurs joueurs ont le vent dans les voiles. Cole Caufield, entre autres, possède déjà 10 buts à son compteur et le capitaine, Nick Suzuki, est troisième dans la ligue pour les mentions d’aide, avec 16 passes. Encore mieux, Ivan Demidov trône au sommet des pointeurs recrues avec 12 points, dont huit passes.  

Bref, les gars s’amusent et ça se ressent sur la glace. 

Sauf peut-être un joueur : Samuel Montembeault. 

Un dilemme devant le filet

Depuis la saison 2023-2024, Samuel est le gardien numéro un de l’équipe. N’ayant pas toujours les statistiques les plus éclatantes, le Québécois nous a tout de même habitués à un jeu fiable depuis qu’il a hérité de ce poste.  

L’an dernier, il s’est d’ailleurs démarqué en allant chercher 31 victoires en 62 matchs, permettant ainsi à son équipe d’accéder à la grande valse du printemps. 

On s’attendait sans doute à ce qu’il continue sur sa lancée pour débuter la campagne actuelle, mais ce n’est pas ce qu’on voit.  

En sept départs depuis l’amorce de la saison 2025-2026, Montembeault n’a signé que trois victoires, en plus de présenter un taux d’efficacité de .855 et une moyenne de buts alloués de 3.67. Sans surprise, ces statistiques le classent parmi les pires gardiens du circuit, ce qui contraste fortement lorsqu’on les compare avec celles de son homologue, Jakub Dobes.  

Pour sa part, le gardien recrue du Canadien figure parmi les meilleurs de la ligue, lui qui affiche un pourcentage d’arrêts de .920 et une moyenne de 2.25 buts alloués par match. Par ailleurs, le cerbère a une fiche de six victoires et une seule défaite, ce qui n’est pas piqué des vers. 

Clairement, c’est le jour et la nuit entre les deux gardiens, et la question « Montembeault ou Dobes ? » brûle aux lèvres des Montréalais depuis quelques semaines.  

Cependant, la question a semblé prendre une ampleur plus sérieuse lors du match contre les Flyers de Philadelphie, qui ont été accueillis au Centre Bell le 4 novembre dernier.  

 

Montembeault hué devant ses partisans 

Ce soir-là, c’est Samuel Montembeault qui gardait la cage du Canadien. 

À peine huit minutes après le début de la rencontre, le tableau indicateur affichait un pointage de 3-0 en faveur des visiteurs. Le Québécois venait de céder trois fois sur les six premiers tirs, et dès cet instant, la patience des fans dans l’amphithéâtre semblait avoir atteint sa limite. 

Cris, huées et applaudissements moqueurs étaient réservés au gardien du CH après chaque arrêt réalisé.  

Assis devant mon téléviseur, je ne pouvais m’empêcher d’être inconfortable devant ce que je voyais et entendais.  

Montréal était-il réellement en train de dénigrer et de ridiculiser un joueur de sa propre équipe ?  

Car oui, lorsqu’on est partisan du Canadien de Montréal, on fait partie de l’équipe. On se doit d’être présent, beau temps ou mauvais temps, et on se doit avant tout de respecter les joueurs qui portent le chandail de nos Glorieux. 

Pourtant, l’attitude que le public montréalais a réservée à Samuel Montembeault le soir du 4 novembre a été tout simplement inadmissible.  

 

Un marché exigeant 

Qu’on soit un joueur ou un partisan, on le sait : Montréal est une ville de hockey avant tout. C’est l’un des plus gros marchés dans la ligue, voire le plus gros, et cela signifie qu’il faut composer avec une variable importante lorsqu’on joue ici : la pression.  

À Montréal, les partisans sont passionnés et ont systématiquement de grandes attentes envers leur équipe. Lorsqu’un joueur performe bien, ils n’ont que de bons mots. Cependant, lorsque ses attentes ne sont pas remplies, c’est à ce moment que l’envers de la médaille se manifeste, parfois de manière brutale. 

Malheureusement, c’est ce que Montembeault a dû subir.  

 

Une dimension culturelle ? 

En voyant cette situation, je ne pouvais m’empêcher de penser à Jonathan Drouin, qui, tout comme Montembeault, a été durement critiqué lorsqu’il jouait à Montréal. Dans le cas de Drouin, les conséquences ont été encore plus graves, puisqu’il a même dû s’absenter de l’équipe pour faire une pause du hockey lors de la campagne 2021-2022. 

On peut aussi penser à Patrice Brisebois, joueur professionnel de 1991 à 2009, qui a subi un traitement similaire pendant ses 16 saisons jouées à Montréal. 

Qu’ont en commun ces trois joueurs ? Eh bien, ils sont tous des Québécois francophones.  

Il s’agit fort probablement d’une corrélation illusoire, mais existe-t-il un monde où les joueurs d’ici ont davantage de pression que ceux qui viennent d’ailleurs ?  

Après tout, lorsque les joueurs enfilent l’emblématique bleu-blanc-rouge, ils font bien plus que jouer pour un simple club... Ils représentent une nation au grand complet, la nation québécoise, qui aimerait sans doute voir son équipe menée par l’un des siens. 

Bibliographie

https://www.journaldemontreal.com/2021/09/20/jonathan-drouin-se-confie-1  

https://www.journaldemontreal.com/2021/09/22/sante-mentale-seul-contre-la-terre-entiere  

Un baiser vaut 4000 moments

Par Marie Véronique Ross

Intimité. Un mot fort, parfois, difficile à représenter. Un mot qui s’applique à plusieurs situations: un moment, une relation, une pensée, un lieu… Un mot, selon moi, qui est souvent pris à la légère. C’est le mot que j’ai ressenti lorsque j’ai vu, pour la toute première fois, la mosaïque El món neix en cada besada, communément appelée « The kiss wall » ou « le monde naît avec chaque baiser », par l’artiste barcelonais Joan Fontcuberta. Cette mosaïque installée en 2014, dans le quartier gothique de Barcelone, est devenue une attraction touristique mondiale. Fontcuberta a eu l’idée de créer une murale composée de 4000 photos de résidents barcelonais imprimées sur des tuiles de céramique. C’était une œuvre d’art pour célébrer le 300ème anniversaire de la chute du siège de Barcelone, en 1714, signifiant la fin de la guerre de la Catalogne (Cap Catalogne Administrateur, 2014). Chacune de ces photos représente un moment de liberté dans la vie de ses résidents créant une murale de 30 mètres carrés (Barcelona Turisme, s.d.).

 

J’avais devant moi un moment intime entre deux personnes. J’avais presque le sentiment d’être de trop comme si je devais partir et les laisser ensemble. C’était bizarre, une vingtaine de touristes les regardait, prenait des photos, jacassait fort comme si de rien n’était. Au contraire, moi, j’étais silencieuse. J’avais l’impression de vivre ce baiser; le monde autour n’existait plus, comme si c’était moi et ma personne qui échappait à la réalité. C’est en m’approchant que je me suis aperçue que ce gros moment était composé d’innombrables petits moments. Je vous mentirais si je disais que je n’ai pas versé une larme en les regardant. Je partageais, sans même les connaître, l’intimité de chacun qui exprimait sa liberté. En prenant un pas de recul, je ressentais un sentiment d’amour et (ironiquement) de liberté plus grande que moi. Il n’y avait pas une tuile pareille à une autre : des enfants, une grand-mère, des pieds à la plage, un chien qui court, des oiseaux et plus encore. J’ai eu un pincement au cœur. C’était beau de voir à quel point chaque personne voit, vit et exprime la vie d’une façon différente. J’ai vraiment ressenti tout ça en regardant un baiser ? Est-ce qu’il y a quelqu’un d’autre qui a ressenti cela ?

 

« Le monde naît avec chaque baiser », une phrase optimiste pour le futur de l’humanité. Un baiser est un moment intime où deux personnes deviennent « un », en d'autres mots, une entité. Elles partagent ce moment en unité. Aujourd’hui, toutes les personnes de chaque pays aspirent à une certaine forme de liberté.  À l’instar de plusieurs rassemblements mondiaux organisés qui abordent des problèmes planétaires, si chacun offrait leur vision de la liberté, est-ce qu’on pourrait arriver à bâtir une telle fresque ? Tout un défi, non ? C’est fou à quel point une œuvre d’art nous fait penser. C’est un peu ce que j’apprends dans mes cours de Design and Communication. L’art est comme une forme de communication afin d’exprimer des idéaux à travers le visuel (Mello, 2025).


Dans un monde où les humains se laissent tranquillement dominer par la technologie et par les différences qui les séparent, on n’oublie la base, les choses simples et ce qui nous relie. Parfois, c’est en se retournant vers l’art que la réponse y est. Ce moment d’intimité a été créé par 4000 photos et, sans celles-ci, le baiser n’aurait pas pu prendre place. Ça a été un effort collectif des relations humaines. En l’absence de cette union, le baiser reste une idée jamais concrétisée. 


Ne jamais douter du pouvoir de l’art, parce qu’il est plus puissant qu’on le pense. Peut-être même jusqu’à changer le monde? 

 

Bibliographie :

Barcelone Turisme (s.d.) Photomosaic: The World Begins With Every Kiss. Barcelona experience. https://www.barcelonaturisme.com/wv3/en/page/5523/.html

Cap Catalogne Administrateur (2014) La Catalogne et sa « Route 1714 » Cap Catalogne. https://capcatalogne.com/la-catalogne-et-sa-route-1714/

Patrizia Mello. (1er octobre 2025). Design and communication [notes de cours]. Marketing, consumi e comunicazione, Instituto Universitario di Lingue Moderne. Blackboard.

Dans la tête des fans d'horreur

Par Annabelle Blais

Explorer les raisons qui attirent tant de spectateurs vers l’horreur, est une curiosité qui me suit depuis longtemps et que partagent de nombreux spectateurs.  Contrairement à ce que pensent plusieurs, les amateurs de films d’horreur ne sont pas sans émotions. Leur intérêt s’explique plutôt par un aspect de notre psychisme qui vient explorer notre rapport à la peur, à la maîtrise de soi et même à la capacité de ne pas crier durant le film. Même si la pensée populaire associe ces films à un rush d’adrénaline.


Les astuces du cinéma d’horreur 

Derrière la peur qui nous fait serrer les muscles et donne les mains moites, se cache un travail bien dirigé des réalisateurs pour provoquer une réaction voulue chez les spectateurs. Lorsqu’on regarde un film d’horreur, la peur que nous ressentons est conditionnée à ce qu’elle ne soit pas vraisemblable à la peur ressentie dans la vraie vie. En d'autres mots, notre cerveau comprend que le film est une fiction, de ce fait il ressent une peur contrôlée. Les réalisateurs doivent, par conséquent, suivre des techniques narratives couramment utilisées dans ce genre, pour obtenir un sentiment voulu chez les spectateurs (Bisbal, 2025).


Ces techniques sont à la base de la compréhension du psychisme humain qui suit les réactions apeurées des amateurs de ce genre. D’une part, le film doit susciter une attention importante chez le spectateur, soit en ajoutant un effet de suspense ou apporter une tension à l’histoire, afin de garder l’intérêt du public (Bisbal, 2025). La scène célèbre, dans The Shining, en est un exemple, lorsque Wendy est prise dans la salle de bain et Jack s’efforce de défoncer tranquillement la porte à coup de hache. Cette scène renforce ce sentiment de tension dramatique, car on peut tranquillement voir le danger apparaître. D’autre part, pour que le sentiment de peur s’installe, de l’empathie pour les personnages doit s’établir. Par exemple, nous ressentons que Wendy est dans une position vulnérable et d’isolement totale, ce qui suscite de l'inconfort chez le spectateur. Cela fonctionne dans l’autre sens où le public devient soulagé une fois que le personnage vit quelque chose de positif (Bisbal, 2025). Par la suite, un antagoniste clair et haï des spectateurs permet de mettre toute notre négativité sur ce personnage. Ses actions doivent sembler loin de la réalité aux yeux des spectateurs, pour bien définir la dissemblance entre la fiction et la réalité (Bisbal, 2025). Enfin, une certaine balance est recommandée pour que le public vive d’autres émotions que de la peur, comme un moment plus heureux du film (Bisbal, 2025). 


Du point de vue des spectateurs

Avant d’entrer dans la tête des amateurs de films d’horreur, il faut savoir que la personnalité et les besoins de chacun sont importants à prendre en considération. J’aimerais commencer par l’élément qui m’a le plus surpris : pour certaines personnes, l’horreur est une expérience émotionnelle plus profonde qu’un simple film. Cette « dimension cathartique » (Proxihypnose, 2024) fait surface quand un spectateur utilise ce film effrayant comme un moyen de traverser une période difficile de sa vie, de la même façon qu’il les affronte et dépasse les moments les plus épeurants du film. Dans ce cas, le rôle du genre de l’horreur devient ici thérapeutique, puisqu’en affrontant des peurs fictives depuis le confort de son salon, le spectateur apprend à tolérer et à apprivoiser ses émotions (Johnson, n.d.). 

Ce n’est pas tout. D’autres raisons expliquent le besoin de se tourner vers l’épouvante. Premièrement, pour une partie du public, ce visionnement permettrait de repenser leur rapport à la mort. En présentant la mort d’une manière exagérée, elle devient donc une pensée ridicule ou quelque chose d’insensé, relativisant son intensité qu’elle éprouve habituellement (Justine, 2016). Deuxièmement, le corps réagit fortement par un rush d’adrénaline, souvent tout au long du film. Par contre, une fois le film terminé, notre corps se relâche et un sentiment de bien-être émerge (Bisbal, 2025). Celui-ci donne envie à plusieurs de réécouter des films d’horreur même après avoir vécu des émotions fortes pendant un long laps de temps. Troisièmement, être exposée régulièrement aux images graphiques de la violence pourrait provoquer une meilleure tolérance à regarder ces images, ainsi qu’« une désinhibition normative » (Justine, 2016) rendant le tout plus plaisant à visionner. Voilà pourquoi certaines personnes détournent le regard, tandis que d’autres se précipitent pour voir le nouveau Conjuring

Bibliographie

Bisbal, G. (2025). La psychologie de la terreur au cinéma. Nos Pensées. https://nospensees.fr/la-psychologie-de-la-terreur-au-cinema/ 

Johnson, N. ( n.d.). Pourquoi les films d'horreur peuvent nous aider à surmonter des traumatismes bien réels. National Geographic. https://www.nationalgeographic.fr/sciences/2020/10/pourquoi-les-films-dhorreur-peuvent-nous-aider-a-surmonter-des-traumatisme-bien

Justine. (2016). Les férus de films d’horreur sont-ils des psychopathes en puissance ? Madmoizelle. https://www.madmoizelle.com/films-horreur-psychopathes-en-puissance-69201

Proxihypnose. (2024). Pourquoi les gens aiment-ils les films d'horreur ? Proxihypnose. https://www.proxihypnose.fr/actu/38/pourquoi-les-gens-aiment-ils-les-films-d-horreur 

Images :

Frère, Y. (2025). Les sorties de films d’horreur pour 2026. Horreur News. https://horreurnews.com/les-sorties-de-films-dhorreur-pour-2026/ 

Wargny Drieghe, A. (2022). Films d’horreur : Pourquoi certaines personnes aiment se faire peur ? Pourquoi Docteur. https://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/41117-Films-d-horreur-personnes-aiment-faire-peur 



L'essor mondial de la musique indienne

Par Erika Donatucci

Longtemps limitée aux bandes originales de Bollywood, la musique indienne s’impose aujourd’hui au-delà de ses frontières. Elle sort de ses studios pour intégrer les charts et s’inviter dans les playlists internationales portées par des artistes comme Hanumankind et par des collaborations inattendues. Au cours des deux dernières années, les données montrent une croissance remarquable de la présence indienne dans l’industrie musicale, non seulement au niveau local, mais aussi à l’échelle internationale. En 2023, le chanteur, KING, apparaissait déjà dans le Top 50 global de Spotify avec un titre non-film, et entièrement chanté en hindi (Tagat, 2023). Le rapport annuel de Spotify publié en mars 2024 confirmait cette constance croissance de la musique indienne : près de 50 % des redevances générées par les artistes provenaient d’auditeurs hors de l’Inde et plus de 9000 artistes indiens ont été ajoutés aux playlists locales et mondiales, dont les miennes (Spotify, 2025). Le fait que ces artistes se soient frayé un chemin jusqu’à mes propres playlists m’a naturellement amené à revoir ma perception de la musique indienne, longtemps limitée à Bollywood, et à découvrir toute la diversité qu’elle offre.


Du cinéma aux plateformes

Pour beaucoup de personnes en dehors de l’Inde, le Bollywood évoque immédiatement des couleurs vives, des danses captivantes et des bandes originales de film chantées en hindi, qui elles, vont jouer un rôle central. Et c’est vrai, pendant longtemps, j’ai moi-même eu tendance à résumer la musique indienne au Bollywood et à ses clichés. En m’y intéressant davantage ces dernières années, j’ai découvert une scène musicale plus vaste et nuancée que tout ce que je pensais connaître. Quand on y porte un regard plus attentif, on réalise que l’industrie musicale indienne, ainsi que l’industrie du cinéma, reflète une diversité immense englobant plusieurs régions, plusieurs langues, plusieurs genres, chacun possédant sa propre identité sonore. Le Bollywood demeure la plus grande industrie de ce pays et ses célébrités sont issues de cet univers, mais l’essor des plateformes de streaming et des réseaux sociaux a rebattu les cartes. On assiste aujourd’hui à « a new generation of artists expressing their creativity on social media and gaining public recognition » (IFPI, 2020). Cette évolution offre notamment aux jeunes artistes indiens, souhaitant s’émanciper de la domination des musiques de film, de nouvelles voies pour se faire connaître. Elle permet aux labels, comme Sony, de contourner certains canaux traditionnels longtemps centrés exclusivement sur les bandes originales de Bollywood.

Aujourd'hui, alors que la musique traditionnelle de Bollywood domine encore en Inde, environ 15 % à 20 % des revenus proviennent de la consommation à l'international. Shridhar Subramaniam, président de Sony Music Asie et Moyen-Orient (IFPI, 2020), pense que « la musique indienne, comme le hip-hop, peut représenter plus que de la musique et devenir une culture à part entière, et qu'une forme de pop indienne, portée par des artistes indiens, sera bientôt diffusée dans le monde entier.» (traduction libre). 

Quand on observe l’essor mondial de ce style cette année, il est difficile de lui donner tort. 


Hanumankind : du Kerala au public mondial 

Issu du Kerala, un État du sud-ouest de l’Inde, Hanumankind représente parfaitement cette nouvelle vague d’artistes indiens globaux. Sa popularité explose grâce à des titres viraux comme Big dawgs ou encore Run It Up. Dans ses productions, il mêle des instruments et des références culturelles locales à un rap anglophone qui trouve écho partout dans le monde. Ses performances live sur des scènes internationales, comme celle de Coachella, qui fut notamment saluée par Ed Sheeran, confirment son statut d’artiste profondément ancré localement ainsi que son potentiel global.

Plutôt que de laisser ses racines dans l’ombre, le rappeur en fait un véritable atout. Ce mélange unique de rythmes locaux et de rap moderne mérite qu’on tende l’oreille, pour découvrir ce qu’il propose aujourd’hui et ce qu’il continuera à créer pour faire briller ses origines.


Collaborations internationales : quand les mondes s’entremêlent

Les artistes indiens ne sont plus seulement exportés : ils collaborent désormais avec les plus grandes stars mondiales ; parmi celles-ci, Nick Jonas, Martin Garrix, Coldplay, OneRepublic et plus récemment Ed Sheeran. Pour ce dernier, tout commence en 2024 par un mashup sur la scène de Birmingham avec l’artiste Diljit Dosanjh et sa chanson Naina. Puis, cette année, il enchaîne par une collaboration avec Arijit Singh, considéré comme une icône de la musique indienne, sur la chanson Sapphire, en deux versions. Ed Sheeran explore des influences sud-asiatiques sur plusieurs titres de son album et ira jusqu’à sortir un EP remix avec des artistes indiens, incluant Hanumankind (Tagat, 2025). Ce type de collaborations offre une visibilité instantanée à ces artistes dans des playlists mondiales, un accès à de nouveaux publics et permet l’effacement des barrières linguistiques. On remarque également un impact sur leurs tournées : les artistes parviennent à y ajouter des dates dépassant le continent asiatique et remplissent des salles à l’étranger. 

Il est certain qu’entendre Ed Sheeran chanter en punjabi, ce n’était pas sur ma bingo card cette année, mais j’ai adoré. Voir deux mondes artistiques que j’aime autant s’unir naturellement, c’était un moment inattendu, mais réjouissant. 


La musique indienne est désormais une force créative mondiale, portée par des artistes qui franchissent les frontières, des collaborations qui fusionnent les cultures, et des plateformes qui amplifient cette nouvelle dynamique. Ce n’est plus une simple tendance TikTok, ni une pure exportation commerciale : c’est une transformation réelle de la pop mondiale. Je dirais même qu’elle amène un vent de fraîcheur et rappelle qu’au fond, la musique naît toujours de passions qui se rencontrent.

TOP 3 de mes recommandations : 

  1. Stay de KING

  2. Someone Told Me de Hanumankind & Roisee

  3. Only just Begun (intro) de Armaan Malik



Bibliographie

IFPI. (2020, 26 septembre). Global Music Report: The Industry in 2019. IFPI. https://www.ifpi.org/wp-content/uploads/2020/07/Global_Music_Report-the_Industry_in_2019-en.pdf

Spotify (2025, 15 avril). Indian Artists Are Reaching More Global Fans Than Ever Before (and the Data Proves It). https://newsroom.spotify.com/2025-04-15/indian-artists-are-reaching-more-global-fans-than-ever-before-and-the-data-proves-it/

Tagat, A. (2023, 3 février). KING on going international: ‘I’ll make India proud for sure.’ Rolling Stone India. https://rollingstoneindia.com/king-international-tours-wireless-middle-east-festival-abu-dhabi-lil-uzi-vert-divine-travis-scott/

Tagat, A. (2025, 23 octobre). Ed Sheeran’s ‘Play (The Remixes)’ EP flexes India’s diverse voices. Rolling Stone India. https://rollingstoneindia.com/ed-sheeran-play-remixes-ep-review-karan-aujla-hanumankind/?utm_source=chatgpt.com

Novembre : le mois du repos de l’au-delà

Par Diandra Morar

Entre l’excitation d’Halloween et la magie de Noël, le mois de novembre semble fade avec sa température grise et les nombreux travaux que les étudiants doivent remettre. Novembre semble être un mois sans saveur. Qui voudrait le célébrer ?

Et s’il suffisait simplement de changer de perspective? Car novembre est bel et bien un mois que l’on célèbre. C’est le mois des morts

Halloween est directement lié au mois des morts. Si on sépare son nom, on peut le lire tel que : « All Hallow’s Eve » ou dans sa traduction : « la veille de tous les saints », car le 1er novembre est la Toussaint. (Radio-Canada, 2022)

Son origine remonte au Moyen Âge. Avant d’avoir une date officielle, les premiers chrétiens honoraient déjà les premiers martyrs. S’inspirant de cette pratique, le Vatican en la personne du pape Boniface IV en avait fait une date officielle. La Toussaint servait à honorer tous les saints connus ou inconnus pour reconnaître leur dévouement au Christ (Ventura 2024). 

Tout comme la Toussaint, le jour des morts remonte aussi au Moyen Âge. Elle a été instaurée quelques siècles plus tard le 2 novembre par l’abbaye de Cluncy et son abbé Odilon. Le jour des morts servait à honorer les défunts. Leurs proches allaient au cimetière pour fleurir leur tombe et prier pour le repos de leurs êtres chers. L’idée de cette journée étant dédiée à créer un lien entre notre monde et celui de l’au-delà. (Ventura 2024)

La croyance de cette époque était tellement forte que l’automne en lui-même  était perçu comme une saison qui rappelait la fin de l’été où il fallait se laisser porter dans la réflexion. (Goyette, 2023)


De nos jours, beaucoup de ces traditions existent encore et ont été mélangées avec différentes cultures. Elles réclament leur propre manière d’honorer leurs morts comme l’exemple le plus connu étant « Día de los Muertos » au Mexique. (History, 2018)

 Día de los Muertos a des origines aztèques datant d’il y a plus de 3000 ans. Pour eux, les défunts allaient au pays des morts, le « Chicunamictlán », où ils passaient de nombreuses épreuves pour finalement atteindre leur endroit final de repos, le « Mictlán ». (History, 2018)

En se mélangeant aux traditions de l’Église catholique et de l’Espagne médiévale, le Día de los Muertos a pris la place de la Toussaint et le jour des morts.  Les proches des morts suivent la tradition des aztèques de laisser des « ofrendas » qui est une tradition de laisser des gâteries préférées. Les ofrendas peuvent inclure des aliments, des boissons, des objets précieux, des bougies ou des photos, formant un autel qui accueille symboliquement l’âme du défunt. Elles sont souvent accompagnées de chandelles rouges et de « cempasúchils » cempasúchils symbolisent le chemin guidant les défunts vers les vivants.


Il en va de même avec le « pan de ánimas », le pain des esprits, de l’Espagne médiévale qui est devenu tout simplement « le pan de muerto », le pain des morts.  (History, 2018)

Les vivants prennent aussi part à cette célébration. Ils portent des masques représentant des squelettes. Cette tradition date  du XXe siècle venant du tableau « La Calavera Catrina »  qui représente un squelette qui porte du maquillage et des vêtements élégants. Cette représentation de squelette est devenue un symbole moderne du Día de los Muertos. Souvent accompagnées de bonbons en forme de crâne. (History, 2018)

Malgré sa réputation de temps mort, le mois des morts prouve que ce n’était pas un si mauvais défaut d’être la transition vers les fêtes de fin d’année. Alors que les travaux d’étude et examens se multiplient, les traditions axées sur l’honneur rendu à nos proches de réflexion sur soi-même peuvent permettre de nous recentrer sur nous-mêmes et accueillir un nouveau départ. 

Bibliographie

Goyette, D. (2023,7 décembre ). Novembre le mois des morts, pourquoi? L’écho de Compton. https://echodecompton.ca/culture/novembre-le-mois-des-morts-pourquoi/

Editors, H. com. (2018, 30 octobre). Day of the dead (Día de los Muertos)—Origins, celebrations. HISTORY. https://www.history.com/articles/day-of-the-dead

La fête des Morts, la Toussaint et les nouvelles générations | OHdio | Radio-Canada. (s. d.). Consulté 18 novembre 2025, à l’adresse https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/le-matin-du-nord/segments/entrevue/420865/toussaint-fete-morts-halloween-eveque

Ventura, R. (2024, 31 octobre ). Toussaint et jour des morts : Quelles différences entre les deux ? Le Pèlerin. https://www.lepelerin.com/religions-et-spiritualites/culture-interreligieuse/toussaint-et-jour-des-defunts-quelles-differences-10514

Édition d’Octobre

Mot des co-rédactrices en cheffe

C’est avec un mélange de fébrilité, de fierté et un brin d’émotion que nous vous présentons la toute première édition du ComMédia 2025-2026

Passer du rôle de rédactrices à celui de rédactrices en cheffe, c’est un peu comme tourner une nouvelle page d’un livre qu’on aime déjà profondément. On se sent à la fois privilégiées et reconnaissantes d’avoir l’occasion de guider cette belle aventure collective, tout en continuant d’apprendre avec une équipe aussi passionnée.

Chaque article de cette édition d’octobre est le fruit d’un vrai travail de cœur. Nos rédacteurs et rédactrices se sont donnés à fond (même en cette période de mi-session rocambolesque) pour vous offrir du contenu à la fois pertinent et diversifié, à l’image de votre communauté. 

Merci de prendre le temps de nous lire et de vous intéresser à ce que nous faisons. C’est grâce à vous que le ComMédia prend vie, mois après mois.

Bonne lecture, et bienvenue dans cette nouvelle année remplie d’histoires à raconter.

-Salma Malak Achoumi et Jaymie Vézina

Êtes-vous droitier ou gaucher?

Êtes-vous droitier ou gaucher ? 

Sans vouloir juger ou quoi que ce soit, je suis curieuse, c’est tout.

C’est juste qu’avant, être gaucher, c’était mal vu. Il fallait apprendre à se conformer aux normes des droitiers et ce n’était pas toujours facile de changer une habitude. Il y avait beaucoup de manipulation et de violence. Finalement, les gauchers devenaient des droitiers par nécessité pour bien fonctionner dans ce monde normatif. C’est sûr qu’aujourd’hui, tout le monde est libre d’être soi-même. Droitier ou gaucher, on s’en fout. Ce n’est pas très important. On n’y pense plus vraiment. Je veux dire, c’est acquis, n’est-ce pas ? Alors imaginez si on commençait à remettre en question l’intégrité des gauchers. C’est comme remettre en question l’intégrité des féministes, des anti-racistes, des anti-fascistes. Il me semble que ça n’a plus sa place. 

À en croire les médias à l’heure actuelle, il y a un gros combat entre la gauche et la droite. Moi je proposerais qu’on se tende la main et qu’on s’écoute, mais curieusement, on dirait que c’est irréaliste. C’est mieux de se diviser, d’être les uns contre les autres et de se haïr, il faut croire. C’est pourquoi j’ai envie de parler d’un livre que j’ai lu récemment : Résister, de la journaliste française Salomé Saqué. C’est un livre publié cette année et qui a rapidement gagné en popularité. Après l’avoir terminé, je me dis que c’est tant mieux. Il mérite d’être lu et relu avec attention. Bref, à la page 89, elle écrit : « Refuser les discours formatés, s’informer via des sources diverses sur la structure des médias, cultiver son esprit critique, c’est faire acte de résistance. » Ce passage résume une idée essentielle : s’informer est un geste politique. Résister, c’est ne pas céder à la facilité des contenus rapides et polarisants, mais prendre le temps de confronter les points de vue, de lire, d’écouter et de douter. 

Dans son livre, elle dénonce aussi la banalisation des idéologies d’extrême droite.  David Morin, titulaire de la Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent de l’Université de Sherbrooke, affirme dans un article de La Presse : 

« Des discours considérés comme marginaux et tabous il y a 10 ans, sont aujourd’hui assez courants dans l’espace public. Il y a clairement eu un changement de paradigme : l’extrême droite a réussi à dédiaboliser et à normaliser une partie de son discours ». 

Dans son livre, Salomé Saqué définit l’extrême droite comme suit : « L’extrême droite repose sur un nationalisme exacerbé, associé à une tendance autoritaire qui défie les principes démocratiques. Elle utilise une rhétorique populiste, souvent teintée de théories du complot, pour opposer « le peuple » aux « élites » tout en rejetant l’immigration et la diversité culturelle. Cette mouvance prône également un retour aux valeurs traditionnelles. » (p.13) 

Cette fameuse dédiabolisation de l’idéologie de l’extrême droite est entreprise de façon assez étrange, mais semble être efficace. À l’inverse, on cherche à diaboliser la gauche, tout simplement. Remarquez ici, je ne parle pas de l’extrême gauche. Détail important. Francis Dupuis-Déri, professeur en science politique à l’UQAM, écrit dans son livre Panique à l’Université : « Les paniques morales carburent à l’exagération, à l’hyperbole et à l’outrance pour mieux fabriquer une menace diabolique. L’agitation politique n’en est que plus efficace » (p. 119).  Dans le cas présent, on alimente une panique morale autour de la gauche pour la présenter comme une menace, tandis que l’extrême droite est peu à peu normalisée. C’est exactement ce que dénonce Salomé Saqué. Selon elle, les médias participent à cette inversion des perceptions en légitimant les propos d’extrême droite sous couvert de liberté d’expression, tout en discréditant les voix progressistes. 

Face à cette hystérie organisée, la journaliste française propose une autre voie. Celle de l’indignation. « L’indignation, c’est ce qui nous empêche d’accepter l’inacceptable. C’est ce feu intérieur qui anime notre esprit critique, celui qui nous pousse à questionner, à contredire et à penser. Résister, c’est donc ne pas se taire devant la haine, ni devant la fatigue collective. » (p.74). En fin de compte, c’est tout le propos de Résister, raviver notre esprit critique dans un climat où l’apathie et la peur menacent de l’étouffer.

Il faut croire que les gauchers se sont indignés. À force de se faire taper sur les doigts, ils en ont eu assez. Ils ont fini par renverser la pensée dominante. Au lieu de rejeter la différence, on a appris à l’accueillir. Main droite ou main gauche, les deux sont devenues de « bonnes »  mains. Les mentalités ont évolué avec le temps et nous aurions grandement besoin de nous inspirer de cette analogie à l’heure actuelle. Je dis ça comme ça !


Maxime Gravel

Bibliographie

Brousseau-Pouliot, V. (16 octobre 2025). L’extrême droite gagne du terrain. On fait quoi? La Presse.

https://www.lapresse.ca/dialogue/chroniques/2025-10-16/l-extreme-droite-gagne-du-terrain-on-fait-quoi.php

Dupuis-Déri, F. (2022). Panique à l’Université: Rectitude politique, wokes et autres menaces imaginaires. Lux éditeur. 328 pages.

Saqué, S. (2025). Résister. Payot, Paris, 144 pages.

Ma tisane italienne

(L’extérieur de Milano Centrale. Photo prise par ma cousine lorsque j’étais dans la petite pièce)

Fin septembre, je termine ma fin de semaine à Turin. J’arrive à la Gare Centrale de Milan avec un seul objectif en tête : retourner rapidement à mon appartement et prendre une bonne tisane. Mes plans sont vite bousculés. Lorsque je sors du train, je m’aperçois que la station est couverte d’un nuage de fumée, bondée de citoyens, ainsi que de policiers/ères. Je m’informe et j’apprends qu’il s’agit d’une manifestation pour la paix en Palestine. Je dois oublier ma tisane. Avec d’autres personnes, nous avons été placés dans une petite pièce de la gare centrale. Interdiction de sortir !  

 

Le 22 septembre 2025 est une journée chargée en Italie. Quatre-vingts villes manifestent au même moment afin de démontrer leur soutien envers Gaz, cette région subissant les attaques d’Israël, depuis deux ans déjà (Rai News, 2025). Des citoyens italiens appellent à un cessez-le-feu. Dans certaines de ces villes, les manifestations pacifiques prennent une tournure plutôt violente. Canons à eau, gaz lacrymogènes, objets lourds et matraques sont au rendez-vous (Skytg24, 2025). À Milan, il y a environ 70 blessés. Cinq manifestants sont arrêtés. Les dommages matériels sont importants (vandalisme et dégâts immobiliers) (Skytg24, 2025). Une des gares importantes de la région de la Lombardy, Brescia vit un événement similaire. À Rome, quelques individus parmi plus de 50 000 manifestants se sont arrêtés à l’Université de Sapienza afin d’appuyer leur opinion (Rai News, 2025). 

Depuis mon arrivée en Italie, le 25 août, je constate l’impatience de la population européenne face au conflit israélo-palestinien. Plusieurs drapeaux, avec « Free Palestine », manifestations et blocages des ports (à Gênes) afin de limiter l’exportation d’armes vers Israël (Forti, 2025). La pression se répercute sur le gouvernement italien. On revendique l’arrêt de la coopération commerciale et militaire entre l’Italie et Israël (Forti, 2025). Pour ce faire, un mot d’ordre, « blocchiamo tutto », qui signifie « bloquons tout », se propage à travers le pays afin de soutenir Gaza (Forti, 2025).  L’un des souhaits les plus importants de la population italienne est que la première ministre, Giorgia Meloni, reconnaisse la Palestine comme étant un état. Justement, depuis l’accord du cessez-le-feu, le 13 octobre 2025, Meloni affirme reconnaître l'État de la Palestine. Elle confirme son but : continuer à envoyer son aide humanitaire (Pala, 2025). Cependant, sa position face à Israël demeure toujours ambigüe (Giuffrida, 2025). Pouvons-nous dire que la pression des citoyens italiens a fait une différence ? 

 

Cette forme d’empathie face au conflit parvient aux Palestiniens via les réseaux sociaux avec des milliers de photos et vidéos. L’écrivaine palestinienne Eman Abu Zayed mentionne qu’avec ces manifestations, l’Italie a été en mesure de mettre sur les lèvres palestinienne, des sourires qui se font rares (Abu Zayed, 2025). Ce soutien s’avère être mutuellement bénéfique pour les deux pays impliqués dans cette guerre. À la suite des derniers événements, nous avons, maintenant, un accord et une libération des otages israéliens et palestiniens (Radio-Canada, 2025). Cependant, ce n’est pas terminé et nous ne sommes pas en mesure de prédire le futur.


Est-ce que je peux dire que cette tisane, que je n’ai finalement jamais bue, a changé ma vie?

Non !

Mais elle a changé ma perception sur l’importance de la paix.

Je souhaite qu’un jour, la même journée, toute l’humanité puisse prendre une tisane à la santé de la paix.

Marie Véronique Ross


Bibliographie : 

Abu Zayed, E. (2025, 28 septembre). The Italian people made us smile in Gaza. Aljazeera. https://www.aljazeera.com/opinions/2025/9/28/amid-the-genocide-in-gaza-the-italian-people-made-us-smile 


Forti, M. (2025, 7 octobre). Les Italiens en lutte pour Gaza. LVSL. https://lvsl.fr/les-italiens-en-lutte-pour-gaza/ 

Giuffrida, A. (2025, 3 octobre). ‘Starting to be very afraid’ : Italy’s Gaza protests raise pressure on Meloni. The Guardian. https://www.theguardian.com/world/2025/oct/03/italy-gaza-protests-raise-pressure-on-giorgia-meloni 

Pala, M. (2025, 14 octobre). Italy closer to recognizing Palestine after Gaza agreement : Prime Minister. Anadolu Agency. https://www.aa.com.tr/en/europe/italy-closer-to-recognizing-palestine-after-gaza-agreement-prime-minister/3716381 

Radio-Canada (sous presse). L’accord de cessez-le-feu à Gaza est officiellement signé : les faits saillants. Radio-Canada.https://ici.radio-canada.ca/info/en-direct/1013056/liberation-hamas-otages-israel-detenus-echange-paix-palestine-trump?publication=2199148 

Rai News (sous presse). Scontri a Milano, 5 arresti. In direttisima 2 ragazze per resistenza. Rai News. https://www.rainews.it/maratona/2025/09/sciopero-generale-lunedi-22-settembre-per-gaza-a-rischio-scuola-e-trasporti-anche-taxi-e-navi-406c3222-191b-4e72-912b-763bdfb579d1.html 

Skytg24 (sous presse). Milano, scontri Stazione Centrale. Procura l’agora per identikit violente, 5 gli arresti.Skytg24. https://tg24.sky.it/cronaca/2025/09/23/milano-centrale-scontri-gaza-arresti 


D’un père analphabète à un fils qui brille sur scène : le transfuge de classe de Jean-Philippe Pleau

Sociologue et animateur de radio, Jean-Philippe Pleau est né d’un père analphabète et d’une mère peu scolarisée, faisant de lui ce que l’on appelle un « transfuge de classe ». En 2024, il publie son premier livre autobiographique Rue Duplessis, ma petite noirceur qui connaîtra un énorme succès au Québec. Un an seulement après sa publication, le roman a été adapté au théâtre et présenté du 3 

septembre au 4 octobre 2025, au Théâtre Jean-Duceppe à la Place des Arts. 

Le concept du transfuge de classe 

C’est quoi au juste, ce fameux transfuge de classe? Pour ceux qui ont entendu parler autant que moi du roman Rue Duplessis à sa sortie en avril 2024, vous savez que ce concept nous revient souvent à l’oreille, sans qu’il soit défini pour autant. 

Quand on parle de « transfuge », il est question de l’idée de quitter un groupe pour en rejoindre un autre.1 Le « transfuge de classe », terme utilisé en sociologie, fait plutôt référence à un changement de classe sociale. 

Lorsqu’on change de classe sociale, notre langue change, nos références changent, nos valeurs changent.2 On vit alors dans un monde complètement différent de celui auquel on a toujours eu l’habitude d’appartenir. 

L’histoire du petit Jean-Philippe Pleau devenu grand 

Jean-Philippe Pleau a grandi à Drummondville, sur la rue Duplessis, dans une famille ouvrière. Pour lui, la culture à cette époque, c’était écouter le hockey avec son père et essayer de partager sa passion pour les voitures, même si ce n’en a jamais vraiment été une. Il a grandi avec les inquiétudes de sa mère, que ce soit au niveau de la prescription abusive de médicaments ou de ses autres manières de le protéger. Pleau fut diagnostiqué de plusieurs maladies différentes quand il était jeune, sans pour autant qu’il ne soit réellement malade. Était-ce le stress de sa mère projeté sur lui ? Peut-être bien. Sa mère est encore inquiète aujourd’hui, mais pour des raisons bien différentes. Les circonstances de sa vie l’ont amené à faire des études en sociologie et à devenir animateur à Radio-Canada, faisant en sorte qu’il réside maintenant à Montréal, menant une vie dans une classe sociale bien supérieure à celle de ses parents. Cela le fait sentir étranger à bien des égards, comme s’il occupait une place qui n’était pas la sienne. Pourtant, c’est un homme passionné rempli d’audace, de talent, et d’une grande sensibilité. J’espère vous le faire découvrir à travers l’adaptation théâtrale du livre qui m’a profondément touchée. 

1 Définition tirée du site internet du Théâtre Duceppe. 

https://duceppe.com/blogue/transfuge-de-classe-ca-veut-dire-quoi/ 

2Idem.

Le dédoublement de l’identité 

Un jour, Jean-Philippe Pleau reçoit un appel du Théâtre Duceppe. Non seulement ils lui proposent d’adapter son roman au théâtre, mais ils lui proposent également de jouer dans la pièce, alors que celui-ci est loin d’être un acteur. Il hésite, mais finit tout de même par accepter. Trois acteurs donneront vie à la pièce : Steve Legault incarnera le Jean-Philippe du présent ainsi que son père, Michel-Maxime Legault jouera le Jean-Philippe du passé et la mère, et Jean-Philippe Pleau interprétera son propre rôle, spécifiquement celui de l’animateur radio qu’il est devenu. Cela nous donne donc un compte de trois Jean-Philippe en même temps sur la scène. Mélangeant? À première vue, peut-être. Mais l’adaptation théâtrale de David Laurin et la mise en scène de Marie-Ève Milot sont extrêmement bien réfléchies pour nous permettre de bien dissimuler les trois acteurs les uns des autres. 

Pleau joue son rôle d’animateur de radio, et anime une émission durant laquelle il reçoit son lui du présent et son lui du passé. Il les invitera à débattre sur différents sujets sur lesquels le transfuge de classe qu’il a vécu a eu un impact majeur sur lui. Cela permet de bien voir comment tout a changé chez lui : son langage, ses expressions, sa manière de s’habiller, de se tenir, etc. Le dédoublement de l’identité qu’on essaie de présenter au travers de ces trois acteurs démontre de manière concrète ce que représente le transfuge de classe, permettant aux spectateurs de mieux comprendre le tout. 

Une histoire touchante 

Pourquoi avoir choisi Jean-Philippe Pleau lui-même pour raconter son histoire au théâtre, alors qu’il n’a aucune formation dite théâtrale? Je me suis honnêtement posé la question avant de voir la pièce. J’avais déjà vu des pièces avec des non-acteurs auparavant, et laissez-moi vous dire que c’est rarement réussi. En revanche, cette fois-ci, je pense que ce choix était justifiable. En écoutant l’auteur nous raconter lui-même son histoire, on ressent profondément les mots qu’il utilise. On assiste carrément à une invitation dans sa vulnérabilité, et cela apporte une tout autre dimension à la pièce. De plus, Marie-Ève Milot a fait le choix artistique d’un décor chaleureux, qui nous plonge dans la maison des Pleau des années 1980. Jean-Philippe Pleau nous invite à entrer chez lui, dans son monde, à comprendre ce qui l’a amené à être qui il est devenu aujourd’hui. 

Rue Duplessis, ma petite noirceur : la suite 

Non seulement Pleau nous apporte-t-il dans le passé, mais il vient aussi nous raconter ce qui s’est réellement passé après la sortie de son roman. Ses parents ont tranquillement cessé de retourner ses appels, et il a dû faire face à des poursuites venant d’autres membres de sa famille. La pièce vient donc faire une « mise à jour » de l’avant, du pendant et de l’après du livre à succès. Elle nous montre aussi l’audace de Jean-Philippe Pleau à travers de cette écriture qui lui a suscité plusieurs émotions. Après la pièce, j’ai fait une story sur Instagram, qui montrait le décor et la scène. 10 minutes seulement après ma publication, je reçois une réponse de l’auteur lui-même : « Merci pour ta présence précieuse ce soir ». On voit que, pour lui, cela veut dire beaucoup. Pour moi aussi, d’ailleurs. Jean-Philippe Pleau n’est plus seulement un transfuge de classe, il est surtout devenu une source d’inspiration pour plusieurs personnes autour de lui.

Emilie Charest

La musique alternative sort de l’ombre 

Sombr vient de décrocher le VMA du meilleur clip alternatif. Une consécration inattendue d'un artiste longtemps resté en marge.

Créés en 1984, les MTV Video Music Awards (VMA) célèbrent chaque année les artistes et clips les plus marquants de l’année (MTV Video Music Awards 2025, s. d.). Parmi elles, celle du meilleur clip alternatif. Une catégorie qui a été ajoutée quelques années après la première cérémonie et qui a été renommée au fil du temps. 

Shane Michael Boose, ça vous dit quelque chose ? Probablement pas. Pourtant, sous son nom de scène Sombr, ce jeune artiste de 20 ans connaît une ascension fulgurante cette année.

Le grand public le découvre avec sa performance en mai sur le célèbre plateau télé de Jimmy Fallon. Mais, c’est il y a trois ans qu’il lance sa carrière en publiant sur Internet des vidéos de lui avec des chansons originales. Il débute en tant qu'artiste indépendant avant de signer chez Warner Records. Ironie du sort : la chanson qui lui vaut son premier VMA, il l’a écrite et produite lui-même. Au début, elle passe inaperçue. Puis TikTok s’en mêle et  la propulse dans le top 10 de plusieurs pays européens (Greenwood, 2025). Il va jusqu’à décrocher sa première place au classement radio Billboard Alternative Airplay, impressionnant pour son jeune âge, mais surtout pour un artiste débutant dans le classement Alternative Airplay (Van Schagen & Van Schagen, 2025). Un record inédit depuis dix ans. Ce succès soudain n’est pas seulement celui d’un artiste. Il montre que l’authenticité semble reprendre de la valeur.


Aujourd’hui, ce sont ces chansons quelque peu marginales qui font sensation à la radio mettant en avant ce rock pop autonome qui ne ment pas (Greenwood, 2025). Dans son interview pour i-D Magazine, il dit que ce n’est pas grâce aux algorithmes, mais parce que les gens croient en leur message ; « they don’t come out of a f*** factory ». 


Mais, qu’est-ce que la musique alternative exactement ? Et qu’est-ce qu’elle devient aujourd’hui ? 

Plus concrètement, c’est une catégorie large qui englobe une grande palette de styles et de sonorités. Le plus souvent, elle s’éloigne du mainstream ou de la musique pop et rock commerciale. Elle se caractérise par son côté expérimental, ses influences éclectiques et sa façon non conventionnelle d’aborder la composition et la performance. C’est dans les années 1980 que le terme alternatif voit le jour pour décrire la différence qu’est ce style en comparaison de la musique rock et pop dominante de l’époque. C’est différent, mais ce n’est pas du punk ou encore du heavy metal. La musique alternative est toute une expérimentation et c’est ce qui la rend différente. Aujourd'hui, ce courant brouille les frontières entre l’indépendant et le mainstream.

C’est en utilisant des structures de chanson, des instruments et des techniques originales qu’on va retrouver ce côté unique et distinct. Ce genre s’ajoute à la liste longue de sous-genres existants tout en influençant de nombreux styles et en impactant le développement de certains groupes populaires tel que Nirvana (SUNVIG, 2025). 

Alors, oui, la victoire de Sombr dans la catégorie de la musique alternative semblait inévitable, mais on retient aussi qu’il a été nommé dans la catégorie “meilleur nouvel artiste” malgré sa défaite face à Alex Warren qui n’est pas resté plus de trois semaines dans le top 50 mondial (Helman, 2025).

L’exemple de Sombr prouve que l'alternatif n’est plus marginal, il peut aussi régner sur les classements. Avant lui, d’autres l'ont fait, les Red Hot Chili Peppers, par exemple, continuent d’exister et de séduire leur public. Ils sont devenus populaires et bénéficient toujours d’une écoute en streaming, même s’il est moins considérable qu’auparavant. Malgré les années, le groupe demeure fidèle à son esprit indépendant et non commercial. La scène alternative, plus souterraine, continue elle aussi d’exister grâce à ses fans dévoués (Helman, 2025).

En fin de compte, la victoire de Sombr dépasse le simple trophée. C’est un cri de liberté, celui d’une génération d’artistes qui crée sans se plier aux étiquettes. À l’heure où l’IA et les algorithmes de recommandation dictent nos playlists et nos goûts, la musique alternative rappelle qu’elle a encore sa place et qu’elle peut surprendre. Elle va rappeler que l’authenticité et la liberté créative peuvent toujours triompher. Plus qu’un « sous genre », c’est un espace d’expression où l’on ose, cherche et ressent. Un rappel que la musique avant tout est faite pour être ressentie et non pour se conformer. 


Erika Donatucci


Bibliographie : 


Greenwood, D. (2025, 18 août). Can Sombr Save Rock ‘n’ Roll ? i-D Magazine. https://i-d.co/article/sombr-interview-album-i-barely-know-her/

Helman, T. (2025, 12 septembre). Reverb : Music is finally safe at MTV’s 2025 VMAs. The Student Life. https://tsl.news/reverb-music-is-finally-safe-at-mtvs-2025-vmas/?utm_source=chatgpt.com

MTV Video Music Awards 2025. (s. d.). MTV. https://www.mtv.com/event/vma

SUNVIG. (2025, 16 avril). Musique alternative - SUNVIG. https://sunvig.com/fr/playlists/musique-alternative/#:~:text=La%20musique%20alternative%20est%20une,en%20constante%20%C3%A9volution%20et%20innovation

Van Schagen, A., & Van Schagen, A. (2025, 11 juin). sombr’s “back to friends” places #1 on Billboard’s Alternative Airplay chart » // MELODIC Magazine. // MELODIC Magazine » Melodic Magazine keeps you up to date on your favorite musicians with interviews, tour dates, live photos, and live show reviews. https://www.melodicmag.com/news/sombrs-back-to-friends-places-1-on-billboards-alternative-airplay-chart/?utm_source=chatgpt.com



Le Canadien trébuche face aux Rangers

MONTRÉAL - Malgré un départ canon, le Canadien a dû s’avouer vaincu face aux Rangers de New York, qui l’ont emporté par la marque de 4-3 samedi soir au Centre Bell.

Un début de rencontre sur les chapeaux de roues

Samedi, il ne fallait pas arriver en retard au Centre Bell. La rencontre n’était vieille que d’une minute et trente secondes lorsque le Tricolore s’est inscrit en premier au pointage, gracieuseté de Juraj Slafkovsky. Après avoir intercepté la rondelle à sa propre ligne bleue, Cole Caufield, lui qui connaît un excellent début de campagne, a filé en deux contre un avec le grand Slovaque, qui a marqué dans une cage complètement ouverte.

À peine deux minutes plus tard, les hommes de Martin Saint-Louis ont profité d’un avantage numérique pour faire scintiller la lumière rouge une seconde fois dans le match. Après une présence soutenue du CH en territoire adverse, Nick Suzuki a tiré profit d’une brillante passe transversale venant de la lame de bâton d’Ivan Demidov pour inscrire son premier but de la saison.

Avec une deuxième vague légèrement remaniée en raison des absences de Dach et de Laine, on a notamment pu voir Suzuki sur la patinoire pour l’entièreté de la supériorité numérique. Cela n’est pas sans rappeler la saison dernière, où Martin Saint-Louis avait utilisé son capitaine de la même façon à quelques reprises.

Les Rangers ont eux aussi profité de l’avantage d’un homme pour marquer leur premier de la rencontre après 11:56 de jeu.

Les deux équipes sont retournées au vestiaire avec un pointage de 2 à 1.

Un point tournant dans le match

À mesure que l’affrontement avançait, on sentait peu à peu les Blueshirts revenir. Ils exerçaient un fort échec avant dans la zone du Tricolore et ont forcé la brigade défensive du Canadien à commettre de nombreux revirements.

Alors qu’il ne restait que quelques minutes au second vingt, Sam Carrick est venu asséner une mise en échec percutante aux dépens de Lane Hutson. Arber Xhekaj, fidèle à ses habitudes, s’est porté à la défense de son coéquipier en jetant les gants face à Carrick. Même si Xhekaj est sorti vainqueur de ce combat, c’est à ce moment que la rencontre a semblé basculer en faveur des visiteurs.

Tout s’écroule en troisième pour le Canadien

On le sentait venir : la forte pression des Rangers allait finir par faire mal au CH. À peine 34 secondes après le début de la période, J.T. Miller a égalisé la marque grâce à un tir dévié dans l’enclave. Ce filet a été le premier de trois inscrits sans riposte par la troupe de Mike Sullivan lors du dernier vingt.

Malgré un regain d’espoir avec un but de Noah Dobson en fin de rencontre, le Canadien a dû baisser pavillon au Centre Bell.

Après tout, le talent brut du Tricolore sera parfois insuffisant pour aller chercher les deux points — surtout quand on est la plus jeune équipe du circuit.

L’équipe ne pourra pas toujours s’en remettre à la magie

Depuis quelque temps, le Canadien nous avait habitué à des fins hollywoodiennes. Sans doute, plusieurs espéraient voir Cole Caufield sortir un lapin de son chapeau pour un troisième match d’affilée, mais cette fois, ça n’a pas été le cas.

C’est un Martin Saint-Louis quelque peu mécontent qui s’est présenté au point de presse de son équipe. Alors qu’on lui a demandé ce qui avait pu provoquer une telle chute de la part de sa formation, il a répondu : « Comme j’ai dit, on va regarder ça. [...] Faut qu’on soit meilleurs. »

À titre de consolation, il s’agissait de la première défaite du Canadien en temps réglementaire au Centre Bell depuis le 9 février dernier.

Des correctifs devront être apportés

Oui, l’attaque massive du Canadien a été concluante ce soir, mais elle n’est visiblement pas à son plein potentiel. L’équipe affiche un pourcentage d’efficacité de 18,2 % en supériorité numérique, ce qui est bon pour le 18e rang dans la ligue.

Au moment où l’on se parle, c’est Juraj Slafkovsky qui est posté sur le flanc droit sur la première unité. Sans rien enlever à son talent, il ne fait pas le travail à cet endroit. Il serait plus utile s’il pouvait mettre à profit son gabarit devant le filet. Toutefois, l’arrivée de Zachary Bolduc, désormais installé dans l’enclave sur la vague initiale, rend ce scénario peu probable.

Tôt ou tard, Ivan Demidov devra forcer la main de son entraîneur pour hériter du poste de Slafkovsky sur l’unité principale. On le voit de plus en plus, le jeune attaquant russe manie la rondelle à cet endroit avec une aisance remarquable. Il trouve sans cesse des brèches dans la défense adverse et crée énormément de mouvement sur une deuxième vague que l’on voit souvent trop peu.

La saison dernière, les partisans ont dû attendre quelque temps avant de voir Lane Hutson prendre la place de Mike Matheson au sein de la première unité d’avantage numérique. Reste à voir si un phénomène du genre se reproduira dans les prochaines semaines dans le cas de Demidov.

Le Canadien affrontera les Sabres de Buffalo lundi, au Centre Bell, avant de s’envoler vers l’ouest du pays pour un voyage de quatre matchs à l’étranger. L’identité du gardien partant pour la rencontre de lundi n’a pas été confirmée.

À suivre.
Christopher Dubuc

Bibliographie

https://www.nhl.com/fr/canadiens/video/apres-match-c-nyr-st-louis-6383060243112 https://montreal.citynews.ca/wp-content/blogs.dir/sites/19/2025/10/habs-1024x767.jpg

Outil d’inspiration ou machine de vol d’art ? 

Durant le Festival du film de Zurich, une nouvelle actrice, comparée à Scarlett Johansson, décrite comme étant sans caprice et qui n’a aucun conflit d’horaire, a fait son apparition. Elle a déjà un compte Instagram et est en voie d’être signée par une agence de talents! Le seul hic : elle n’existe pas. (Radio-Canada, septembre 2025) 

Tilly Norwood est une actrice générée par l’intelligence artificielle créée par  Particle 6 Productions. Ce studio de production AI, a également lancé Xicoia, une nouvelle compagnie qui vise à faire émerger encore plus de talents IA et en faire de la monétisation (Radio-Canada, septembre 2025). 

Cela a provoqué de nombreuses critiques dans l’industrie du cinéma, allant de réalisateurs tels que Xavier Dolan qui a simplement dit : « Non. » sur un post, à de longues critiques d’acteurs, notamment  d’Emily Blunt, qui a joué dans Oppenheimer ou plus récemment The Smashing Machine.  Elle a donné une remarque cynique en soulignant que Hollywood avait déjà la vraie Scarlett Johansson (La Presse, septembre 2025). 

Suite aux différentes critiques de l’industrie, Eline Van der Velden, fondatrice de Particle 6 Productions, décrit Tilly Norwood comme « une œuvre d’art ».  Elle souligne que l’intelligence artificielle est un nouvel outil de création permettant de faire vivre des histoires. Selon elle, de nombreux nouveaux médias ont suscité cette même réaction avant d’être acceptés, tel que l’animation ou le CGI. (La Presse, septembre 2025).

Des acteurs créés par l’intelligence artificielle qui remplacent des acteurs humains est un sujet d’autant plus sensible, notamment, si on se rappelle de la grève d’hollywood en 2023. Face à la montée de l’intelligence artificielle pour la rédaction cinématographique et télévisuelle, les acteurs et écrivains avaient particulièrement revendiqué d’être reconnus à leur juste valeur : en tant qu’êtres vivants créatifs (Le Devoir, septembre 2025)

Pourtant Tilly Norwood n’est qu’un effet d’une cause qui ne se manifeste pas seulement dans l’industrie du cinéma hollywoodien, mais dans de nombreux autres secteurs créatifs. Un groupe de musique IA, The Velvet Sundown, a plus d'un million d'auditeurs sur Spotify. Dans le secteur de la mode, Vogue a publié une publicité avec un mannequin complètement fait par intelligence artificielle. (Le Devoir, septembre 2025). 

Du cinéma, à la musique, en passant la mode, il est clair que ce qu'on dénonce, c’est le vol de l’art. L’intelligence artificielle ne crée pas par elle-même, elle  stimule la créativité tout comme son raisonnement ou sa planification. Donc, on lui fournit ce que les humains ont déjà créé (CNIL, 2025). Alors, puisqu’on ne peut pas échapper à la copie de nous-mêmes, comment peut-on s'en servir éthiquement?

Des pistes de réponse sont proposées par des talents d’ici. Pierre Antoine Lafon Simard, directeur artistique et général du théâtre Le Trillium,  est d’avis que l’intelligence artificielle peut servir à créer  en réponse aux besoins humains. Selon lui, puisque la machine peut faire des milliards de choses, les artistes devraient s’en servir pour en faire de même (Le Devoir, mai 2025). En 2023, par sa mise en scène, l’IA a été utilisée pour créer la scénographie entière de Durant des années, qui raconte l’histoire d’une jeune femme revenant dans sa ville natale pour enquêter  en s’improvisant journaliste (Le Devoir, mai 2025). Malgré tout, il  s’impose la règle que ce ne soit jamais une création prise d’une autre œuvre ou d’un artiste en particulier, ni « … d’écrire une Bible à la façon de Kev Lambert » (Le Devoir, mai 2025).

Avec la rapidité fulgurante à laquelle l’intelligence artificielle se développe, il est primordial de continuer à chercher des solutions éthiques pour que l’intelligence artificielle devienne un outil qui aide les humains au lieu qu'elle soit utilisée à son détriment comme simple copie. Après tout, l’intelligence artificielle est une création humaine. Son design, sa capacité à réfléchir est de répondre quand on lui pose des questions sont des réponses humaines. Il est important de trouver des solutions à ce que la machine devienne une machine qui créé en collaboration avec l’humain pour apporter de l’art original qui nous ressemblent. 

Diandra Morar


Sources

Agence France-Presse. « Une actrice entièrement créée par l’IA indigne Hollywood ». Le Devoir, 30 septembre 2025, https://www.ledevoir.com/culture/cinema/921435/actrice-entierement-creee-ia-indigne-hollywood.

ICI.Radio-Canada.ca, Zone Arts. « L’« actrice » générée par l’IA Tilly Norwood suscite de vives réactions ». Radio-Canada, 29 septembre 2025, https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2195885/actrice-tilly-norwood-elinevandervelden-intelligence-artificielle.

Intelligence artificielle, de quoi parle-t-on ? (s. d.). Consulté 19 octobre 2025 :  https://www.cnil.fr/fr/intelligence-artificielle/intelligence-artificielle-de-quoi-parle-t-on

Léouzon, R. (2025, mai 22). Comment créer de façon éthique avec l’IA? Le Devoir. https://www.ledevoir.com/culture/theatre/882439/comment-creer-facon-ethique-ia

Tessier, Maryse. « Une actrice générée par IA suscite la controverse ». Cinéma. La Presse, 29 septembre 2025.

https://www.lapresse.ca/cinema/2025-09-29/une-actrice-generee-par-ia-suscite-la-controverse.php.


La déconstruction des mythes sur les sorcières de Salem



Avec l’automne bien installé et l’Halloween qui approche, les histoires concernant les  sorcières de Salem ressurgissent comme chaque année, soit par des films comme Hocus Pocus, qui réduisent souvent ces femmes à des caricatures effrayantes, loin des réalités historiques. Il me semble donc que c’est le bon moment pour revenir sur les faits et rendre justice aux femmes qui ont été victimes d’accusations de sorcellerie, sans pour autant éteindre l’esprit festif de l’Halloween. On peut très bien apprécier les déguisements, les histoires de sorcières et l’ambiance fantastique de cette période, tout en prenant un moment pour distinguer le mythe de la réalité historique et honorer la mémoire de celles qui ont réellement souffert.

Le bûcher

Un mythe couramment propagé est celui selon lequel ces femmes étaient brûlées dans la ville de Salem. Il s’agit d’une idée erronée qui simplifie à l’extrême une répression profondément sexiste. Les femmes accusées de sorcellerie à Salem en 1692 n’ont pas été brûlées, mais pendues au nombre de dix-neufs précisément (SalemWitchMuseum, n.d). Ce mythe du bûcher reste très présent dans l’imaginaire commun, notamment parce qu’il représente une vérité plus large : les femmes ont été historiquement  torturées et tuées pour sorcellerie, principalement en Europe, où le bûcher était fréquent (SalemWitchMuseum, n.d).

Ce mythe qui persiste encore de nos jours, n’est pas anodin. Il montre que les histoires sur les « sorcières » masquent la réalité, au lieu de reconnaître les vraies discriminations sociales, religieuses et raciales qui ont eu lieu. 

Ces femmes étaient, en réalité, des femmes marginalisées possiblement touchées par plusieurs maladies, comme la maladie de Lyme, des crises d’épilepsie, des troubles post-traumatiques et plus encore. Ces maladies sont aujourd’hui identifiées comme des troubles médicaux ou psychologiques, grâce aux avancées de la science moderne. Cela permet de reconnaître des comportements anormaux sans accuser à tort des personnes innocentes, contrairement au docteur Griggs : « In February, unable to account for their behavior medically, the local doctor, William Griggs, put the blame on the supernatural. » (Wallenfeldt, 2025). 

Cependant, il ne faut pas croire que les accusations de sorcellerie ne visaient que les femmes, étant donné que plusieurs hommes en ont été victimes (SalemWitchMuseum, n.d). Toutefois, les femmes étaient plus vulnérables aux accusations, car on les considérait comme plus susceptibles de tomber dans les pièges du diable (SalemWitchMuseum, n.d). Les femmes âgées, les femmes financièrement capables de subvenir à leurs besoins, les femmes qui vivaient seules, les femmes enceintes avant d’être marriées ou même une femme qui répliquait était une femme susceptible  d’être une sorcière (SalemWitchMuseum, n.d).

Donc corriger le mythe, oui, mais il est important de ne pas oublier que derrière les erreurs historiques se cachent souvent des vérités symboliques sur le contrôle patriarcal de l’identité et des voix des femmes.

La magie-noire

Cela soulève un mythe qui alimente l’image sombre des sorcières de Salem, qu’elles pratiquaient de la magie noire. En réalité, les accusations portées contre ces femmes étaient souvent fondées sur des idées collectives négatives, mêlant superstitions, peurs et  rivalités sociales, plutôt que sur des preuves concrètes de pratiques malveillantes, comme les récits et œuvres modernes le révèlent.

L’auteure de l’article sur Tituba (Labourey, 2015) propose une perspective critique de la situation en présentant la « sorcière » Tituba comme une victime d’un système oppressif. Les femmes accusées lors des procès de Salem n’étaient pas des pratiquantes de magie noire. Elles étaient, en réalité, souvent des femmes marginalisées, âgées, pauvres ou issues de minorités ethniques, ce qui les rendait vulnérables aux accusations. 

Si l’histoire des sorcières de Salem a suscité votre curiosité, pourquoi ne pas visiter  la ville mystique de Salem en personne ? Elle vous plongera au cœur de l’histoire des sorcières grâce à ses musées qui se trouvent à seulement cinq heures de route de Montréal. Une visite sur place vous offrira donc une compréhension plus profonde de ce passé troublant qui continue de marquer les esprits.

Annabelle Blais 

Bibliographie :

Wallenfeldt, J. 2025. Salem Witch Trials. Britannica.  https://www.britannica.com/event/Salem-witch-trials

Pause mi-session: 10 idées d’activités gratuites ou presque à Montréal

Entre quatre intras et trois cafés, t’as bien mérité un peu de temps pour toi…! Je te donne des idées simples pour décrocher sans vider ton portefeuille

Plein air et proximité :
Que ton intra t’ait découragé, que ton cerveau ne soit plus capable d’encaisser de nouvelles informations ou bien que tu aies simplement le goût de prendre de l’air, le Mont-Royal et ses feuilles d’automne te feront sentir comme le personnage principal de Gilmore Girls le temps d’une marche.

  1. Randonnée et vue panoramique sur le Mont-Royal : Marche depuis le campus ou le métro Université de Montréal/Édouard-Montpetit jusqu’au belvédère Kondiaronk. Même si les feuilles ont commencé à tomber, la vue sur la ville est magnifique et c’est le meilleur moyen de rester actif entre deux cours ou deux séances d’études. Pars ton balado favori ou bien encore ta playlist favorite pour te changer les idées. Et n’oublie pas ton Strava pour flex sur Instagram après :)

Adresse: Parc du Mont-Royal (accès par plusieurs points, notamment à partir du métro Université de Montréal/Édouard-Montpetit pour monter vers le Belvédère Kondiaronk.)
2. Balade au Lac aux Castors (Mont-Royal) : Profite du calme autour du lac et des sentiers avoisinants. Apporte ton latté glacé aux épices d’automne (eh oui, même quand il fait 10 degrés dehors !) et un livre pour un moment de pause au grand air. Si l’idée de traîner ton latté t’a plu, jette un oeil à l’option “Cafés étudiants”!

Adresse : Lac aux Castors, Parc du Mont-Royal (Accessible par le 1196 Voie Camillien-Houde, Montréal, QC)

Les lieux d’étude peuvent aussi devenir des lieux de détente et de découverte :

3. La Grande Bibliothèque (BAnQ) : Prends le métro (la ligne bleue vers Berri-UQAM) pour te rendre à la BAnQ. Si t’es comme moi et qu’un lieu esthétique te permet de mieux réviser, tu seras servi (preuve à l’appui). C’est le lieu idéal pour combiner révisions légères et détente. Son architecture est magnifique et l’ambiance y est stimulante, mais sans pression.

Adresse : 475, boulevard De Maisonneuve Est, Montréal, QC H2L 5C4 

Métro : Berri-UQAM (Ligne bleue)

4. Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) : Le musée est facilement accessible depuis l’UdeM (en métro ou autobus). L’accès aux collections permanentes est gratuit pour tous. C’est l’occasion de faire le plein d’art et de beauté sans frais.

Adresse : 1380, rue Sherbrooke Ouest, Montréal, QC H3G 1J5

Métro : Peel et Guy-Concordia

Culture et divertissement abordable :

Impossible de parler de Montréal sans mentionner ses festivals, dont des options abordables!

5. Festivals de l’automne : Les programmes du Festival du Monde arabe (disponible jusqu’au 16 novembre) et ceux du Festival Coup de cœur francophone (du 6 au 16 novembre) présentent souvent des expositions, des conférences ou des spectacles gratuits ou à faible coût. Pour visiter les programmations, consulte ces deux liens : Accueil | Festival du monde Arabe et Programmation - Coup de coeur

Lieux : Variés (Consulte les programmations pour les adresses spécifiques des salles.)

6. Découverte du Quartier des Spectacles : Prends le métro jusqu’à Place-des-Arts ou Saint-Laurent. La place est souvent animée par des installations d’art public et lumineuses gratuites.

Lieu : Quartier général des arts (Installations extérieures gratuites) 

Métro : Place-des-Arts ou Saint-Laurent

7. Cinémathèque québécoise : Elle propose des projections spéciales ou des événements à faible coût (seulement 11 $ pour les étudiants !). Une bonne option pour une soirée culturelle abordable.

Adresse : 335, boulevard De Maisonneuve Est, Montréal, QC H2X 1L1 

Métro : Berri-UQAM

Découvrez des quartiers accessibles, instagrammables et parfaits pour les rencontres entre amis :

8. Promenade dans le Vieux-Montréal : Les rues pavées et les bâtiments historiques sont toujours spectaculaires. C’est un excellent lieu pour faire des photos, en apprendre un peu plus sur l’histoire de Montréal, et le tout sans dépenser un sou.

Lieu : District historique (Accès facile via le métro Place-d'Armes ou Champ-de-Mars)

9. Cafés étudiants et friperies du Plateau/Mile-End : Le Plateau et le Mile-End sont à proximité et offrent des cafés parfaits pour étudier ou socialiser (ex. : Café Olimpico). Profite-en pour parcourir les nombreuses friperies du boulevard Saint-Laurent, comme Eva B ou Annex Vintage où tu peux dénicher des trésors à très petit prix.

Adresses suggérées : Café Olimpico (124, rue Saint-Viateur Ouest) ; Friperie Eva B (2015, boul. Saint-Laurent) ; Friperie Annex Vintage (56, av. du Mont-Royal Est).

10. Le Marché Jean-Talon : Ce dernier est toujours un plaisir pour les yeux, les narines et les stories Instagram. Allez-y pour faire le plein de fruits et légumes locaux ou bien pour y acheter des citrouilles afin de faire une soirée sculpture et peinture de citrouille.

Adresse : 7070, avenue Henri-Julien, Montréal, QC H2S 3S3 

Métro : Jean-Talon

Ta pause mi-session est l’occasion rêvée de recharger ta batterie sans stress financier. Que tu optes pour les sentiers du Mont-Royal, le calme inspirant de la BAnQ ou l’ambiance des festivals de novembre, Montréal t’offre tout ce qu’il faut. Ferme ton ordi, oublie les intras (mais pas trop) et explore la ville. Mon top 3 des activités à faire pour te ressourcer est le Mont-Royal pour prendre de l’air, la Grand Bibliothèque pour réviser sans pression et les collections permanentes du MBAM pour faire le plein de beauté. Profite de ces jours pour t’imprégner d’art et d’histoire avant que le stress de la fin de session embarque. 

Bonne pause à tous !

Makaïda Brown

BONUS : Géolocalisez votre pause !

Pour vous faciliter la vie, j'ai épinglé toutes ces adresses sur une carte Google Maps personnalisée. Consultez la carte ici pour planifier vos déplacements et vos journées d'exploration !

Ma carte interactive des 10 activités à Montréal

東京の Halloween

Halloween, fête folklorique maintenant largement commercialisée, est aujourd’hui célébrée un peu partout dans le monde. Ici, quand on pense au 31 octobre, on s’imagine les décorations d'épouvante qui bordent les maisons, la soupe à la citrouille, les enfants costumés, entendre la fameuse phrase : « des bonbons ou un mauvais sort! » à en avoir les oreilles qui saignent, ou même le pumpkin spice latte en édition limitée de chez Starbucks… Mais d’un continent à l’autre, le 31 octobre s’anime de manières totalement différentes. Il est certain que, entre Montréal et Tokyo, on ne vit pas du tout la même soirée. 

Lors de cette dernière nuit du mois d’octobre, le carrefour de Shibuya (plus connu sous le nom de Shibuya Crossing) bat son plein ; des milliers de personnes costumées (super héros, personnages de jeux vidéo et d’animés, objets loufoques, animaux, etc.), des créateurs de contenus en live sur les réseaux sociaux, et des touristes armés de leurs appareils photo, refusant de manquer ne serait-ce qu’une seule seconde de l’action. Tous se retrouvent dans LE quartier de la nuit de Tokyo pour LA soirée d’Halloween de l’année à ne pas manquer. Propulsé par l’arrivée des réseaux sociaux depuis les années 2010, l’Halloween au fameux Shibuya Crossing, qui sachez-le est emprunté par 1000 à 2500 piétons toutes les 2 minutes, est vraiment l'événement incontournable qui ne peut être évité. Ou devrais-je plutôt dire : était? 

Justement, « Kinshida yo! Meiwaku Halloween » (qui se traduit par « Mettre fin aux Halloweens problématiques ! »), c’est le nouveau slogan de la mairie de Shibuya. Avoir dans sa ville un des rassemblements les plus importants de l’année ne va pas sans conséquences : avec le temps, les problèmes commencent à s’accumuler sur les bras des autorités shibuyennes. En 2018, on parle d’un trop grand nombre de détritus laissés au sol et d’un petit camion renversé dans la rue. En 2019, vandalisme, circulation routière complètement paralysée (dans une des zones les plus fréquentées d’une ville de 40 millions d’habitants, ce n’est pas très pratique…), et premiers gros débordements liés à la surconsommation d’alcool dans les rues. En 2022, une tragédie frappa la Corée du Sud en pleine célébration d’Halloween : près de 100 000 personnes s’étaient réunies pour faire la fête dans le quartier d’Itaewon, au centre de Séoul, lorsqu’un écrasement de foule emporta la vie de 159 d’entre elles. Pour le Japon, cette nouvelle n’est pas restée sans conséquences : le maire de Shibuya, Ken Hasebe, avertit qu’un incident similaire à celui d’Itaewon pourrait survenir dans la mégalopole si certaines règles ne sont pas rapidement renforcées, et si les rassemblements de fêtards dans les rues pendant Halloween ne sont pas strictement  interdits. 

Résultat : l’alcool est interdit dans les rues de Shibuya entre 18h et 5h du matin (une mesure toujours en vigueur aujourd’hui et valable toute l’année), les services LUUP (un peu comme les BIXI de chez nous) sont mis en pause entre 17h et 5h du matin et la fameuse statue de Hachiko est protégée derrière un grillage pour éviter le vandalisme. De plus, la vente d’alcool dans les magasins près du Shibuya Crossing est suspendue toute la soirée et une équipe de sécurité veille sur place pour empêcher tout rassemblement et assurer la bonne circulation des piétons et des véhicules. 

Depuis 2024, l’Halloween à Shibuya, c’est fini. Terminé pour de bon. Malgré cette interdiction, qui laisse sans doute un goût doux-amer dans la bouche de plusieurs, la ville de Tokyo reste pleine de festivités pendant cette période de frayeur. Mon activité d’Halloween préférée est de loin la parade Yokai, en référence à la légende folklorique japonaise Hyakki Yagyō 百鬼夜行 (« Parade nocturne des cent démons »), où les participants déguisés en monstres et en démons de toutes sortes défilent dans la rue de Koenji Nakadori Shotengai jusqu’à tard le soir ! De quoi passer des heures à frissonner de peur… et savourer sans modération des petits plaisirs gourmands dans les restaurants et kiosques situés à proximité. 

ハッピーハロウィン à toustes!

Émilie Soum-Cimino


Références : 

Chen, H. (2023). ‘Reminders everywhere’: Halloween crush haunts survivors one year after Itaewon crowd disaster. CNN

https://edition.cnn.com/2023/10/27/asia/south-korea-itaewon-halloween-crush-anni versary-intl-hnk 

Hyakki Yagyō. (2025). Dans Wikipédia

https://www.google.com/url?sa=t&source=web&rct=j&opi=89978449&url=https:// en.wikipedia.org/wiki/Hyakki_Yagy%25C5%258D&ved=2ahUKEwixxteBwb2QA xWYFBAIHWtbGN0QFnoECBgQAQ&usg=AOvVaw2WxBO7ti3Q1NOEJ56B-z 9N 

Japan National Tourism Organization. Shibuya Crossing 渋谷スクランブル交差点. https://www.japan.travel/en/spot/2177/ 

Sato, A. (2025). Tokyo Halloween Events 2025: Where To Go Instead of Shibuya. Tokyo Weekender

https://www.tokyoweekender.com/things-to-do-in-tokyo/tokyo-halloween-events-2 025/ 

Slow, O. (2022). South Korea: How the Halloween tragedy unfolded. BBC. https://www.bbc.com/news/world-63448040 

Yukana, I. (2025). Tokyo's Shibuya calls on foreign visitors not to have a ‘disruptive 

Halloween’. The Japan Times

https://www.japantimes.co.jp/news/2025/10/03/japan/society/shibuya-halloween-restrictions

Édition d'avril

Chères lecteurs et lectrices,

La dernière édition de la session H-25 est enfin en ligne🎉

Ce qu’il veut aussi dire qu’il s’agit de ma dernière édition en tant que rédactrice en chef du Commédia🥹

💌 Un immense merci à mon équipe de rédaction qui a travaillé avec dévouement durant leur fin de session pour vous offrir des articles variés!

Dans cette édition, on vous aurez la chance de lire les articles suivants; Visiter l’espace aux prix des générations futures, Dévier l’algorithme à l’aide de bottes d’hiver ?, Participer à la science : une activité plus accessible qu’on ne le pense et Go Habs Go!

Nos deux articles coups de 🩵 :
🌷Ma voix appartient à l’État; La condition féminine en Afghanistan par Maxime Gravel
🌷Des cours de Pilates, Barre, Yoga Chaud et HIIT illimités et GRATUITS ? Oui, presque par Salma Achoumi

Bonne lecture🤓

Mégane Emmanuelle English,
Rédactrice en chef

Ma voix appartient à l’État; La condition féminine en Afghanistan

J’ai regardé Bread and Roses (2023) de Sahra Mani et ce documentaire m’a profondément bouleversé. Il montre des femmes afghanes qui, sous le régime taliban, filment leur quotidien, organisent des manifestations malgré la peur, et écrivent des slogans de liberté, risquant l’arrestation, voire pire.

Ce n’était pas une fiction, mais une réalité crue et sans filtre, d’une oppression qui semble se perdre dans l’indifférence du monde. À la fin du film, une urgence s’est imposée : celle d’écrire. Écrire sur la situation actuelle en Afghanistan, deux ans après la reprise du pouvoir par les Talibans. Écrire sur cette répression qui efface les femmes de l’espace public, sur leurs voix qui, bien qu’étouffées, continuent de lutter. Écrire pour qu’elles ne soient pas oubliées dans le bruit du monde.

IMDb. (n.d.). Bread & Roses. IMDb. https://www.imdb.com/fr/title/tt27599265/ 

Répression Taliban

En août 2021, après près de deux décennies de présence militaire occidentale en Afghanistan, les talibans ont repris le contrôle du pays, marquant un tournant dramatique pour les droits des femmes et des filles afghanes. Alors que la communauté internationale espérait une évolution positive des droits humains sous un gouvernement taliban modéré, les premières mesures adoptées par le régime ont rapidement révélé une régression inquiétante. En moins de trois ans, le gouvernement taliban a imposé une série de restrictions législatives et sociétales réduisant les femmes à une existence de plus en plus confinée et marginalisée. 


Le 21 août 2024, les autorités ont ratifié une nouvelle version de la « Loi sur la promotion de la vertu et la prévention du vice », comportant 35 articles avec une série d’obligations plus sévères que jamais (Agence France-Presse, 2024). Parmi les mesures les plus notables, les femmes sont désormais obligées de se couvrir intégralement, y compris le visage, et leur voix est interdite en public. Ces interdictions s’étendent à des aspects de la vie quotidienne : les femmes ne peuvent plus regarder des hommes non liés par le sang ou par le mariage, ne peuvent pas prendre les transports en commun seules et il leur est interdit de prier à voix haute ou même de chanter. Ces nouvelles règles, qui se fondent sur une interprétation extrême de la charia, aggravent les mesures déjà existantes et restreignent davantage la liberté des femmes dans tous les domaines de la vie sociale et publique. 

Les Talibans justifient leurs actions en se référant à une version conservatrice et autoritaire de la charia, qu’ils présentent comme étant la seule voie légitime pour la société afghane. En utilisant la charia comme cadre de référence, ils cherchent à instaurer un contrôle moral omniprésent où chaque aspect de la vie quotidienne est strictement encadré (Jedidi, 2010, p.125). Mais au cœur de cette vision rigide se trouve un patriarcat profondément enraciné, qui instrumentalise la religion pour imposer une hiérarchie de genre. Cette interprétation autoritaire de la charia sert à maintenir le pouvoir masculin en confinant les femmes à des rôles subalternes, souvent justifiés au nom de la foi. Comme le souligne Zahra Ali dans son livre Féminismes Islamiques

« Pendant trop longtemps, les hommes ont défini pour nous ce que c’était que d’être une femme et comment en être une. Les hommes ont utilisé la religion pour nous confiner dans des limites socialement construites qui nous réduisent à la moitié inférieure de l’humanité » (2012, p.122).

Cette citation met en lumière comment le patriarcat, sous couvert de religion, perpétue des structures d’oppression qui entravent l’autonomie et la dignité des femmes. Les Talibans, en s’attribuant le droit d’interpréter les textes religieux à leur avantage, renforcent une vision du monde où la domination masculine devient la norme, et la contestation, un blasphème.

Sastre, P.(2025). « SOS Afghanes » : un réseau pour l’éducation et l’emploi des femmes afganes. LePoint. https://www.lepoint.fr/editos-du-point/sos-afghanes-un-reseau-pour-l-education-et-l-emploi-des-femmes-afghanes-08-03-2025-2584179_32.php

Isolement des Afghanes 

La situation des femmes en Afghanistan, soumises à l'isolement et à la misère imposés par les talibans, les place dans une situation d'oppression extrême. Michèle Ouimet, journaliste ayant couvert plusieurs zones dangereuses, dont l'Afghanistan, raconte avoir passé une semaine dans une famille afghane : « L'homme est puissant dans la famille afghane, et le carcan de la religion étouffe la liberté » (Lambert, 2022), confie-t-elle. Elle décrit une emprise telle que les femmes sont obligées de mentir ou de cacher des relations secrètes pour échapper, ne serait-ce qu'en pensée, à ce quotidien étouffant. Elle évoque une jeune femme qui a caché l'existence de son amant de peur d'être tuée par son père. Selon ONU Femmes (2024), cet isolement forcé a un effet profond sur les femmes afghanes, les privant non seulement de leurs droits fondamentaux, mais aussi de leur sentiment de sécurité et de leur bien-être psychologique.

En dehors de la maison, presque toutes les femmes se sentent vulnérables et impuissantes. Une enquête des Nations unies montre que seulement 22 % des femmes interrogées rencontrent des amis en dehors de leur cercle familial immédiat, et que près de 18 % ne voient jamais personne (ONU Femmes, 2024). Samira Hamidi, chargée de campagne pour l’Asie du Sud à Amnesty International, témoigne de la répression croissante : « C’est une continuation de la violence systémique contre les femmes et les filles, un moyen supplémentaire de restreindre leur capacité à interagir entre elles. » En septembre 2024, Sima Bahous, directrice exécutive d'ONU Femmes, a rappelé au Conseil de sécurité des Nations unies que « le droit moral ne sépare pas seulement les femmes des hommes, il les isole aussi les unes des autres ». Ce type d'isolement exacerbe les sentiments de solitude et de désespoir, favorisant la dépression et les troubles mentaux. Mme Bahous appelle à une action internationale urgente, soulignant que, malgré la tragédie vécue par les femmes afghanes, la situation n'est pas désespérée, à condition qu'il y ait une solidarité mondiale. 

Courage féminin

Des mouvements de contestation ont émergé en Afghanistan, malgré les risques encourus par celles qui osent défier le régime. À la suite de la déclaration de Mohammad Khalid Hanafi, ministre taliban du Vice et de la Vertu, qui a renforcé les restrictions imposées aux femmes, de nombreuses militantes ont pris la parole pour dénoncer la situation. La journaliste Lina Rozbih a exprimé son indignation sur le réseau social X, soulignant : « après avoir interdit aux femmes de s’exprimer en public, le ministère taliban du Vice et de la Vertu leur interdit maintenant de se parler. […] Le monde doit agir! Aidez les millions de femmes afghanes sans voix et sans défense » (Agence France-Presse, 2024). De son côté, l’ancienne diplomate afghane Nazifa Haqpal, interrogée par The Independent, a réagi en affirmant que cette répression allait bien au-delà de la misogynie : « Cela illustre un niveau extrême de contrôle et d’absurdité » (Rai, 2024).

Malgré la répression féroce, certaines femmes résistent courageusement à cette oppression. En signe de résistance, des vidéos circulent où des femmes afghanes se filment en train de chanter, un acte audacieux dans un pays où les expressions publiques féminines sont sévèrement réprimées. Ces actes de résistance, bien que symboliques, démontrent que l’esprit de lutte n’a pas disparu. En publiant leurs témoignages et en organisant des manifestations clandestines, ces femmes continuent de revendiquer leurs droits et d’inspirer la solidarité internationale, attirant l’attention du monde sur leur combat pour la dignité et la liberté. Cela dit, la lutte ne se limite pas aux femmes. Certains hommes prennent également des risques pour soutenir leurs droits. En 2023, Matiullah Wesa, un Afghan de 30 ans qui a fondé l’organisation Pen Path pour promouvoir l’éducation des filles et des femmes, a été arrêté à Kaboul. Cet acte illustre le prix que doivent payer ceux qui osent défier le régime en place (Amnesty International, 2023). 

Chronicle, C. & Hayes, C. (2024). Fromer Afgane maayor, now a student, advocates for girls and women. Cornell University. https://news.cornell.edu/stories/2024/12/former-afghan-mayor-now-student-advocates-girls-and-women 

La reconnaissance de l’apartheid de genre comme un crime contre l’humanité représente une initiative cruciale pour les militantes afghanes qui luttent contre un régime oppressif. Dans un contexte où les femmes afghanes sont systématiquement exclues de la vie publique par des lois et des décrets imposés par les Talibans, l’inclusion de ce crime dans le droit international permettrait potentiellement de traduire en justice les dirigeants talibans responsables de ces violations. Sima Samar, ancienne ministre de la Condition féminine en Afghanistan et défenseuse des droits humains, est l’une des figures centrales de cette campagne. Elle a souligné que la situation actuelle est comparable à une « détention arbitraire » de millions de femmes. « Je ne pensais pas revoir ça de mon vivant ! », s’est-elle exclamée, exprimant sa consternation de voir les Afghanes de nouveau soumises aux mêmes restrictions qu’il y a 25 ans (Sudarivich, 2024). Elle espère que l’initiative permettra d’exercer une pression juridique internationale sur les Talibans et de rappeler que, même si elles sont réprimées, les voix des Afghanes continuent de se faire entendre. 

Petit message d’espoir

Aujourd’hui plus que jamais, il faut écouter ces voix courageuses qui, malgré la peur, continuent de s’élever dans l’ombre. Leur lutte dépasse les frontières de l’Afghanistan : elle nous interpelle toutes et tous sur ce que signifie être libre, être femme, être humain. Nous avons le devoir de relayer leurs récits, de soutenir leurs combats et de refuser l’indifférence. Chaque mot, chaque geste de solidarité compte. Tant qu’une femme résiste, aucune dictature n’est totale. Et tant que nous serons nombreux à croire en leur avenir, l’espoir demeurera plus fort que la peur.

Maxime Gravel


Références 

Go habs go!

Montréal, minuit passé, et les klaxons résonnent encore dans les rues. Des drapeaux tricolores flottent à la fenêtre des voitures et le métro vibre des chants des partisans. Presque personne ne l’aurait cru, mais les Canadiens de Montréal sont de retour là où il fait battre le cœur de la ville : en séries Éléminatoires. 

Mercredi soir, au Centre Bell, c’était la folie. L’électricité dans l’air, les cris, les larmes, les poings levés - une ambiance qu’on n’avait pas ressentie depuis longtemps. Ce n’était pas juste une victoire, mais un triomphe contre les probabilités, contre les attentes, contre une saison qui semblait encore perdue il y a quelques semaines. 

« Au dernier but, j’ai crié tellement fort, je pensais que j’allais perdre connaissance ! », a lancé Samuel Montembeault en riant (Lorange, 2025). Et il n’était pas le seul.  

La ville vit, respire et rêve à nouveau au rythme du CH Demidov  

Un nom retentit plus fort que les autres : Ivan Demidov. Le prodige russe de 19 ans, a disputé son tout premier match dans la LNH le 14 avril et Montréal l’a accueilli comme une rockstar.  Dès qu’il a sauté sur la glace, les partisans ont crié son nom. Ils ne leur a pas fallu longtemps pour être conquis : un but, une passe après seulement 16 min 56 s (Radio-Canada, 2025) !

« Je me sentais bien dans le vestiaire avant le début de la rencontre, et je suis devenu un peu plus nerveux en me rendant en direction de la glace… mais la foule a été tellement incroyable. Ce fut un accueil très chaleureux », a confié Demidov, encore étourdi par le tourbillon médiatique post-match (Labbé, 2025). 

Brendan Gallagher a même affirmé :

« C’est un joueur spécial, de toute évidence. Ce n’est pas une situation qui est facile pour lui, mais on dirait que chaque fois qu’il a la rondelle, il y a quelque chose de bon qui va arriver. C’est emballant. » (Labbé, 2025). 

Les partisans n’attendent donc qu’une chose : le revoir faire des étincelles en séries.


Les choses sérieuses 

Et maintenant? Direction Washington pour un affrontement qui rappelle étrangement le printemps 2010 (RDS, 2025). Quinze ans plus tard, les Canadiens retrouvent les Capitals en premier tour de séries, mais dans un contexte bien différent.

La jeune équipe débarque avec un souffle nouveau et une énergie contagieuse. La ville est fébrile, prête à vibrer. L’histoire attend de s’écrire, mais reste à voir si, cette fois, le CH tiendra enfin la plume.

Judith Bernadet

Bibliographie  :

  • Lorange, S.-O. (2025). Les Canadiens en séries – 2 % à faire mentir. La Presse. https://www.lapresse.ca/sports/hockey/2025-04-16/le-canadien-en-series/2-a-faire-mentir.php 

  • RDS. (2025). Séries Canadiens c. Capitals : Et si on revivait le scénario du printemps 2010?https://www.rds.ca/hockey/lnh/series-canadiens-c-capitals-et-si-on-revivait-le-scenario du-printemps-2010-1.20439912 

  • Labbé, R. (2025). Premier match d’Ivan Demidov : « La foule a été incroyable ». La Presse. https://www.lapresse.ca/sports/hockey/2025-04-14/premier-match-d-ivan-demidov/la-foule-a -ete-incroyable.php 

  • Radio-Canada. (2025). Ivan Demidov brille, mais le Canadien rate une autre occasion d’accéder aux séries. https://ici.radio-canada.ca/sports/2156549/hockey-canadien 

Images  :

  • Charbonneau, M. (2025). Un journaliste dévoile la date de l'arrivée d'Ivan Demidov avec le Canadien de Montréal. Rumeurs de transaction. https://www.rumeursdetransaction.com/equipe-lnh/canadiens-de-montreal/un-journaliste-dev oile-la-date-de-arrivee-divan-demidov-avec-le-canadien-de-montreal 

  • Lorange, S.-O. (2025). Les Canadiens en séries – 2 % à faire mentir. La Presse. https://www.lapresse.ca/sports/hockey/2025-04-16/le-canadien-en-series/2-a-faire-mentir.php 

  • Canadiensmtl. (2025). Instagram https://www.instagram.com/canadiensmtl/ 

  • USA Today. (2025). Washington Capitals schedule: Watch Alex Ovechkin goal record. https://www.usatoday.com/story/sports/nhl/capitals/2025/04/05/alex-ovechkin-next-game-goa ls-tracker-washington-capitals-schedule/82922928007/







Des cours de Pilates, Barre, Yoga Chaud et HIIT illimités et GRATUITS ? Oui, presque. 

Toi aussi tu es un étudiant qui veut te remettre à bouger, mais ton compte en banque n’est pas d’accord de prendre un abonnement au gym pour que t’y aille à peine 3 fois par mois? Je suis tombée sur un programme qui a littéralement transformé ma routine : le «Trade» du studio Ensō yoga. Un concept simple, accessible, et trop avantageux pour que je le garde secret. Et honnêtement, je te le dis tout de suite ça vaut 100% la peine! 

Le concept 

Le studio, situé au centre-ville de Montréal, propose un programme de bénévolat incroyable. Voici comment ça marche : Le programme, accessible via une simple application en ligne, repose sur un échange clair : du temps contre du mouvement. Concrètement, chaque participant et participante s’engage à effectuer un créneau hebdomadaire de trois heures, toujours le même jour à la même heure. Le rôle d’un «Trade» consiste principalement à garder le studio propre (laver les tapis, nettoyer les salles, nettoyer les vestiaires, etc.), toujours dans une ambiance conviviale . En échange, il ou elle peut accéder librement à tous les cours offerts par le studio. 


Bien plus que de l’exercice 

J’ai choisi de faire mon bénévolat en avant-midi de 11h à 14h — une plage horaire parfaite pour moi, sans conflit avec mes cours. Depuis, je prends des cours au studio 3 à 5 fois par semaine, et j’ai découvert des disciplines que je n’aurais probablement jamais testées autrement. Mention spéciale pour le cours de HIIT, un entraînement par circuits en binôme, aussi exigeant que satisfaisant. Les cours de barre et de pilates travaillent en profondeur les muscles stabilisateurs (ça brûle). Enfin, le Yoga classique propose une pratique axée sur la souplesse, la flexibilité et l’équilibre, tout en offrant un moment de recentrage mental. 


Les professeurs sont passionnés et l’ambiance du studio est sympathique! Ce que j’apprécie particulièrement chez Ensō, c’est à quel point c’est un milieu chaleureux et inclusif. En plus de bouger et faire du bénévolat, on fait des rencontres lors du «Trade» et on prend soin de soi sans se ruiner. C’est aussi une belle façon d’intégrer des pratiques de bien-être dans une vie étudiante souvent stressante et chargée.


Comment s’inscrire ? 

Tout se fait en ligne sur le site du studio: https://ensoyoga.com/trade-for-yoga/. Il suffit de remplir un formulaire, d’expliquer ses motivations et d’indiquer ses disponibilités. Le studio cherche des personnes fiables, motivées et prêtes à s’impliquer dans la communauté.  Alors si vous avez 3 heures de libre par semaine, une envie de bouger et de prendre soin de vous sans exploser votre budget, je ne peux que vous recommander cette formule. 


Salma Achoumi



Dévier l’algorithme à l’aide de bottes d’hiver ?

Un jour, je défilais sur ma page Tiktok et je suis tombée sur une vidéo intitulée « cute Winter boots  ». Je m’attendais à ce qu’on me propose les meilleures bottes d’hiver afin d’affronter le froid  québécois ! Ce n’est qu’après quelques secondes de visionnement que j’ai vite compris que la vidéo ne parlait définitivement pas de mode d’hiver. Qu’au contraire, cette vidéo dénonce un sujet bien  plus sombre.

https://www.forbes.com/sites/danidiplacido/2025/01/29/tiktoks-cute-winter-boots-trend-explained/

Après que le président des États-Unis a soulevé l’interdiction de l’usage de la plateforme Tiktok,  plus de 49 700 vidéos comportant l'hashtag « cute Winter boots » ont été publiées (Vargas, 2025). Derrière cette simple phrase se cache un message bien plus profond. Plusieurs de ces vidéos  présentent des utilisateurs venant dénoncer le président Trump, son administration, ainsi que le  Service de l’immigration et des douanes des États-Unis, communément appelé ICE qui constitue  au contrôle de l’immigration. Les utilisateurs offrent leurs conseils dans le but de prévenir et  protéger tous ceux qui pourraient faire face aux nouvelles politiques d’immigrations du pays. Par  exemple, certaines vidéos montrent des parents qui préparent une copie du passeport de leurs  enfants pour prouver qu’ils sont bel et bien citoyens américains, au cas où l’ICE débarquerait (Di  Placido, 2025).  

Mais pourquoi « cute Winter boots » ? Il s’agit de l’algospeak, soit un langage codé très courant  sur les réseaux sociaux ayant comme but de déjouer les règles de la censure sur Tiktok, notamment (Steen et al. 2023). Cette même plateforme, utilisée par des milliards de personnes, détient un  contenu assez restreint. En effet, plusieurs mots et vidéos seront supprimés puisqu’ils dérogent de  cette restriction. Des mots représentant la communauté LGBTQ+ comme lesbian (en anglais) sont,  maintenant, changé pour « le$bian ». Tout comme des mots liés à l’éducation sexuelle comme le  mot « seggs » qui veut, initialement dire « sexe ». Où est la liberté d’expression, ici ? Aux dernières  nouvelles, ces mots n’ont rien de « déplacés », mais les réseaux sociaux ont tendance à venir  censurer des sujets « chauds ». D’où la motivation de cette nouvelle tendance « cute Winter boots  ». Le but étant de dévier la suppression et d’atteindre le plus grand public possible ; de résister aux  politiques et la censure aux États-Unis, à ce moment même.  

Fou n’est-ce pas ? Il est fou de voir qu’il faut passer par mille et un chemins pour passer un message  sur les réseaux sociaux. Je me répète, mais : où est la liberté d’expression ? Ce sont des plateformes  qui ont toujours eu l’objectif de laisser aller la créativité des utilisateurs et de les laisser s’exprimer  sur des sujets qui les passionne. Grosse blague. On ne peut rien dire sans se faire censurer. À ce  qu’il parait, le Canada et les États-Unis sont des pays où la démocratie règne. Ce trend Tiktok vient  en semer le doute. Chaque individu à le droit de s’exprimer à sa manière. Pour certains, il est difficile  de se manifester et c’est parfois plus simple de le faire via les réseaux sociaux mais comment faire  si ce n’est plus permis ? Les messages circulent rapidement sur ces médias, atteindre son public  cible et se rallier ensemble est nettement plus facile que d’autres manières. Cependant, il en devient,  maintenant, compliqué.  

Avec les nouvelles politiques sur l’immigration du Président Trump, les États-Unis grognent et  plusieurs craignent de devoir repartir. Les réseaux sociaux sont une des seules manières qui leur  permet de pouvoir s’entraider et passer au travers cet obstacle. Leur enlever leur mode d’expression  c’est enlever l'essence de la démocratie.  

Marie Véronique Ross

Bibliographie :  

  • Photo: Lorenz, T. (2025, 25 janvier). TikTok’s “cute winter boots” meaning explained. User Maghttps://www.usermag.co/p/tiktok-cute-winter-boots-meaning-explained-algospeak 

  • Di Placido, D. (2025, 29 janvier). TikTok’s ‘Cute winter boots’ trend, explained. Forbes.  https://www.forbes.com/sites/danidiplacido/2025/01/29/tiktoks-cute-winter-boots-trend  explained/  

  • Gooch, B. (2025, 29 janvier). What is ‘cute winter boots’ and why is everyone on TikTok saying  it to each other ? The Independent. https://www.independent.co.uk/us/cute-winter-boots  tiktok-trend-why-b2687848.html  

  • How some TikTokers are using cute winter boots to secretly criticize Trump. (s. d.). Kids News.  https://www.cbc.ca/kidsnews/post/tiktokers-pretending-to-show-off-cute-winter-boots-to  secretly-criticize-trump#article-start  

  • Online, E. (2025, 25 janvier). « Cute winter boots » : A resistance movement disguised as a  TikTok trend explained. The Economic Times.  

  • https://economictimes.indiatimes.com/magazines/panache/cute-winter-boots-a-resistance  movement-disguised-as-a-tiktok-trend-explained/articleshow/117558524.cms?from=mdr  

  • Vargas, Alani. (2025). “Cute Winter Boots” Meaning on Tiktok. Parade. https://parade.com/living/cute-winter-boots-meaning 

  • tiktok#:~:text=%E2%80%9CCute%20winter%20boots%E2%80%9D%20currently%20ha s,movements%20and%20anti%2DTrump%20sentiments

  • Steen, E., Yurechko, K., & Klug, D. (2023). You Can (Not) Say What You Want : Using Algospeak  to Contest and Evade Algorithmic Content Moderation on TikTok. Social Media + Society9(3). https://doi.org/10.1177/20563051231194586