Édition de Janvier

Bye Bye 2025 ! BONJOUR 2026 ! 🎉

Un gros merci pour tout le support l’an dernier! On espère que vous êtes toujours là pour continuer le ride avec nous cette année.

On est super fières de vous présenter cette édition de janvier.

Remettre les pieds dans la routine après les Fêtes, c’est jamais facile. Mais avec un peu de motivation et de réconfort, ça peut être juste assez stimulant pour bien commencer 2026. Entre bilans de fin d’année et résolutions parfois un peu folles, notre équipe a transformé ce moment flou en contenu réfléchi et divertissant!

Dans cette édition, vous allez retrouver un peu de tout : culture, sport, musique, environnement, IA… des sujets qui font réfléchir, sourire et qui nous touchent tous. Bref, de quoi passer un bon moment et attaquer l’année du bon pied.

Merci d’être là, de nous lire et de faire partie de cette aventure. On vous souhaite une excellente lecture, un début d’année rempli de douceur et une année 2026 inspirante !

- Salma Achoumi et Jaymie Vézina

IA générative et communication : un décalage structurel entre la formation et la pratique professionnelle

Crédit photo : Michael Bonnette, Sid Lee.

Par Maxime Gravel

Après trois ans en communication à l’Université de Montréal, j’entends toujours les mêmes consignes des professeur(e)s à chaque début de session concernant l’IA générative. Elles traduisent un découragement face à un changement rapide et encore mal encadré. Nous sommes clairement dans une période de transition, tant dans le domaine académique que sur le marché du travail.

Qu’on le veuille ou non, l’IA générative est désormais bien implantée dans le domaine de la communication. Selon une étude de McKinsey publiée en 2023, plus de 65 % des organisations mondiales utilisent déjà au moins une forme d’IA générative dans leurs activités. Dans les communications, son usage est particulièrement visible : des étudiant(e)s s’en servent pour structurer des idées ou reformuler des textes, des organisations intègrent à leurs stratégies de veille et de création de contenu, et des agences de publicité l’utilisent pour accélérer certaines phases de conception (création visuel, recherche d’idée, écriture de scénarios, etc). Dans les relations publiques, l’IA sert aussi à rédiger des ébauches de communiqués ou à anticiper les questions des médias. L’IA n’est plus un outil marginal : elle fait désormais partie intégrante de l’écosystème professionnel en communication.

Cette réalité accentue ainsi le décalage entre les pratiques enseignées et celles acquises sur le terrain. Comme le souligne Anctil (2023) dans son étude sur l’intégrité académique et les habitudes étudiantes : « Face à l'événement ChatGPT, qui nous a fait abruptement entrer dans l’ère de l’IA générative, il est plus que temps que les cégeps et universités reconnaissent que nos politiques d’intégrité intellectuelle sont depuis longtemps en décalage avec la réalité techno numérique et les pratiques étudiantes » (Anctil, 2023).

Dans ce contexte, il serait pertinent que le programme de communication de l’UdeM propose un cours spécifiquement axé sur les impacts de l’IA générative. Non pas pour en faire la promotion, mais pour permettre aux étudiant(e)s de comprendre, d’analyser et de critiquer ses usages dans le champ de la communication. Le monde professionnel se transforme déjà, et l’Université a le devoir de rester à jour si elle veut remplir sa mission de formation.

Cette proposition répond d’ailleurs à des préoccupations très concrètes. Lors du premier cours de la session en cours, un professeur du département de communication a affirmé que neuf étudiant(e)s sur dix entreront directement sur le marché du travail après le baccalauréat. Or, il est de plus en plus probable qu’iels se retrouvent dans des organisations où l’IA générative est utilisée, parfois sans cadre clair, parfois sans réflexion éthique approfondie. Former les étudiant(e)s à reconnaître les limites, les biais et les enjeux de ces outils devient alors une responsabilité institutionnelle.

Plutôt que de répéter, à chaque début de session, que l’IA est « un outil à utiliser avec prudence » ou qu’il est « strictement interdit dans le cadre de ce cours », pourquoi ne pas offrir un espace structuré pour réfléchir à ses impacts réels ? Un cours dédié permettrait d’aborder les enjeux éthiques qu’il soulève, ses effets sur la créativité, sur la production de contenus, sur la crédibilité de l’information et même sur les conditions de travail en communication. Comprendre, analyser et réfléchir : voilà les compétences que devrait nous apporter un enseignement sur l’IA générative. L’enjeu n’est donc pas de former des expert(e)s techniques, mais bien de former des communicant(e)s capables d’évoluer de manière critique et responsable dans un milieu professionnel en pleine transformation.

Références : 
Anctil, D. (2023). L’éducation supérieure à l’ère de l’IA générative. Réflexion pédagogique. Vol. 36, Nº3. Pages 66 à 76. https://eduq.info/xmlui/bitstream/handle/11515/38833/Anctil-36-3-23.pdf 

Singla, A. & al. (2024). The state of AI in early 2024 : Gen AI adoption spikes and starts to generate value. Survey. https://www.mckinsey.com/capabilities/quantumblack/our-insights/the-state-of-ai-2024 

Huong, L. (2025). L’IA générative à l’université : après la « panique totale », l’adaptation. L-express. https://l-express.ca/lia-generative-a-luniversite-apres-la-panique-totale-ladaptation/ 

Bad Bunny au Super Bowl LX: Rumeurs, records et contexte politique

Par Makaïda Brown

Le 8 février prochain, le Levi’s Stadium accueillera non seulement la grande finale de la ligue nationale de football américain (NFL), mais sera aussi le théâtre d’un moment historique pour la culture mondiale. Pour la première fois, un artiste solo se produira entièrement en espagnol lors de la mi-temps du Super Bowl LX. Benito « Bad Bunny » Antonio Martínez Ocasio s’apprête à transformer l'événement le plus suivi d’Amérique en une célébration monumentale de la culture latine. Pourtant derrière les rythmes de reggaeton et les promesses de fête, l’annonce de sa performance a déclenché une véritable tempête politique. Cette controverse n'est pas sans rappeler celle suscitée par la prestation de Kendrick Lamar et de son titre « They’re not like Us », lors du Super Bowl de l'année précédente. Comme quoi, la musique elle-même peut donc être utilisée comme un outil politique.

Entre les rumeurs...
La confirmation de sa présence comme artiste de la mi-temps au Super Bowl LX fait beaucoup parler. Les rumeurs qui circulent actuellement en ligne suggèrent fortement que deux chansons en particulier, Nueva Yol et DtMF, feront partie de la liste de titres de l'artiste. Nueva Yol , un titre sorti de son album Debi tirar mas fotos , est un clin d’œil direct aux Latinos-américains. Le terme « Nueva Yol » vient de l’espagnol (plus précisément de Porto Rico, pays d’origine de Bad Bunny) et c’est une déformation volontaire de « New York ». Cette appellation est née avec les vagues de migration portoricaine vers New York autour de la fin du XIXe siècle jusqu’à la moitié du XXe siècle, indique Yomaira C. Figueroa-Vásquez, directrice du Center for Puerto Rican Studies (Centro). New York était une terre de survie pour ces migrants, la plupart d’entre eux se tournant vers le travail de la terre et d’usine. Ce choix de chanson dans ce climat politique est nécessaire afin de rappeler l’histoire des migrants latinos, travailleurs acharnés, mais il permet aussi d’humaniser là où la politique déshumanise.

Sur la même lancée, DtMF ou encore Debi tirar Mas Fotos (« j’aurais dû prendre plus de photos ») est un choix de musique assez convoité pour sa performance. Une hypothèse lancée par l’internaute @thedoomedmoon sur TikTok suggère une performance de ce titre accompagnée de photos et de vidéos de familles affectées par les opérations de l’ICE (la police de l’immigration). Une tentative, encore ici, d’humaniser les êtres humains que la politique conservatrice surnomme « aliens » dans les médias.

... Et les records
Quoique sa présence au Super Bowl LX ne fasse pas l’unanimité, il est clair que les records qu’il bat parlent d’eux-mêmes. En effet, le choix de cet artiste n’est pas anodin : il est l’artiste le plus écouté au monde en 2025, détrônant Taylor Swift qui a maintenu ce titre en 2024 et 2025, et ce avec 19,8 milliards d'écoutes, indique Rolling Stone , le 4 décembre dernier. De plus, son album Un Verano Sin Ti est le deuxième album le plus écouté au monde avec 15 milliards d'écoutes comptabilisées depuis sa sortie en 2022. Il convient de rappeler qu’il est le premier artiste à assurer un spectacle de la mi-temps du Super Bowl complètement en espagnol. Notamment, la bande-annonce du spectacle du Super Bowl qu’il a sortie le 16 janvier dernier est maintenant la plus écoutée de l’histoire des bandes-annonces d’artistes du Super Bowl. Avec 5 millions de « j’aime » et 69,3 millions de vues (données du 20 janvier), l’artiste portoricain a battu le record de mentions « j’aime » pour une bande-annonce de mi-temps, rapporte rapporte Antonio Johri pour le journal Complex, le 20 janvier dernier.

... Se dresse une vive controverse politique...
Quoi qu’il soit une célébrité mondiale, le climat politique récent ne l’épargne pas. La confirmation du choix de l’artiste au Super Bowl laisse un goût amer aux figures conservatrices des États-Unis. Donald Trump y répondit d’un simple « absolument ridicule » et a renchéri avec « Je ne sais pas qui c’est. Je ne sais pas pourquoi ils font ça. C’est fou » (Newsmax TV, 2025, 06:44 ; traduction libre). Des figures conservatrices défendent cette réaction en indiquant que Bad Bunny ne parle pas anglais, qu’il est contre les politiques d’immigration de Trump et qu’il ne serait pas « américain ». Ce dernier argument est facilement contournable car Benito vient de Porto Rico, territoire qui appartient aux États-Unis. Bad Bunny a répondu à la critique linguistique au Saturday Night Live (SNL), le 4 octobre dernier, en indiquant que la population avait quatre mois pour apprendre l’espagnol.

https://www.newsmax.com/newsmax-tv/donald-trump-bad-bunny-kickoff/2025/10/06/id/122929 5/

... À laquelle Bad Bunny y répond par l’image

Bad Bunny répond aux critiques non par des mots mais par l’image. Sa bande-annonce, tournée à Porto Rico, le met en scène sous un flamboyant arbre emblématique de l’île. Il est accompagné de personnes de différents groupes d’âges, de cultures et de genres, et danse avec elles en adaptant ses mouvements aux leurs, le tout sur le rythme de sa chanson BAILE INoLVIDABLE

(danse inoubliable). Il termine avec le message « le 8 novembre, le monde va danser » (traduction libre). Face aux discours d’exclusion, il lance une « invitation ouverte » au monde entier ; la bande-annonce dégage le message « Peu importe qui vous êtes ou d'où vous venez, le rythme n’a pas besoin de traduction ». Là où la politique crée de la division et de la peur, Bad Bunny souhaite créer de l’unité et de la joie.

La performance de l’icône de la musique latine dépasse largement le simple spectacle musical. Ce qui aurait pu n’être qu’un enchaînement de records et de rumeurs est devenu un miroir des tensions identitaires de l’Amérique de 2026.

Références :

CA Ignorer les liens de navigation bad bunny super bowl trailer Créer 9+ Image d'avatar Bad Bunny Takes the World’s Biggest Stage | Apple Music Super Bowl Halftime Show (Official Trailer)

https://www.youtube.com/watch?v=SFKLTYwS9Fg

Trois pièces clés qui mèneront au succès du Canadien en 2026

Par Christopher Dubuc

Qui dit voyage du temps des Fêtes dit habituellement arrivée de la mi-saison pour le Canadien de Montréal. Cette année, ce voyage a été particulièrement fructueux pour l’équipe, qui a su amasser un total de 10 points sur une possibilité de 14. Cela représente une belle récolte, mais qu’en est-il des 37 rencontres restantes ? Les 56 points du Tricolore le positionnent actuellement parmi les meilleures équipes de la ligue, mais sa place en séries est (très) loin d’être garantie. Si le Canadien veut jouer du hockey de printemps, il devra compter sur quelques pièces clés pendant cette deuxième moitié de saison... 

Rester loin de l’infirmerie

Depuis plusieurs années, les joueurs du CH ont tendance à être sur la touche plus souvent qu’autrement. Cette saison, le scénario s’est reproduit assez rapidement, avec les blessures hâtives de Guhle, Laine, Dach et Newhook. Plus récemment, l’organisation a aussi pu voir Jake Evans et Josh Anderson tomber au combat, deux rouages importants du désavantage numérique.  

Il est d’ordinaire assez difficile de se battre pour une place en séries avec un effectif aussi réduit, mais au moment où l’on se parle, le Canadien ne montre aucun signe de faiblesse. Pendant que l’équipe tient bon, l’infirmerie se vide peu à peu, au point où l’on a appris ce matin que Kaiden Guhle allait prendre part au match de ce soir face aux Red Wings.  

En plus de Guhle, trois autres revenants ont foulé la glace avec leurs coéquipiers lors de l’entraînement matinal au Centre Bell, soit Evans, Laine et Dach. Alors qu’Evans a patiné en équipement complet, Laine et Dach portaient un chandail suggérant qu’ils ne pouvaient recevoir de contacts.  

Si la tendance se maintient, le CH pourra s’appuyer sur un alignement sans blessés pour entamer le dernier droit de sa saison. 

Espérons qu’aucune tuile ne tombe sur la tête du Tricolore, car une équipe en santé n’a pas de prix, parlez-en à Martin St-Louis.  

 

Passer outre l’horaire difficile 

En raison de cette année olympique, le calendrier des équipes de la Ligue nationale a été fortement condensé. Depuis l’amorce de la saison, il n’est pas rare de voir le Tricolore jouer trois, voire quatre rencontres au cours de la même semaine. À la longue, cela peut devenir très éreintant pour les joueurs, sans compter les nombreuses heures de transport à endurer quotidiennement.

Cette situation met d’autant plus en lumière l’importance d’avoir une formation complète et en santé, car la gestion de l’énergie devient primordiale avec l’avancement de la campagne.

En plus du manque de repos, les adversaires que le Canadien affrontera dans sa deuxième moitié de saison seront féroces. Selon les sites Tankathon et Power Rankings Guru, le Tricolore se retrouve avec le sixième horaire le plus difficile de la Ligue.

La méthode de ces sites, ou plutôt leur calcul, consiste à analyser les adversaires restants d’une équipe et la position de ceux-ci au classement, pour ensuite évaluer la difficulté du calendrier.  

Compte tenu de cette sixième position, la troupe de Martin St-Louis devra se mesurer à de solides formations pour terminer sa saison, notamment l’Avalanche du Colorado le 29 janvier, ainsi que le Wild du Minnesota le 20 janvier et le 2 février.  

À titre indicatif, ces deux équipes trônent respectivement au premier et au troisième rang du classement général. 

 

Vers une fin du ménage à trois ? 

Le 11 décembre dernier, Jacob Fowler effectuait son premier départ dans la Ligue nationale, en gardant le filet du Canadien face aux Penguins de Pittsburgh.  

La direction avait rappelé le natif de Floride à la suite de la rétrogradation de Samuel Montembeault dans la Ligue américaine. Toutefois, un grand nombre de partisans voyaient le rappel de Fowler comme un signe de panique de la part des dirigeants. 

Étant donné que le renvoi de Montembeault dans les mineurs avait pour but un conditionnement, le Québécois n’a pu jouer que deux matchs avec le Rocket de Laval avant de revenir avec le grand club. 

Il faut savoir que lorsqu’un joueur entame un conditionnement, il peut être renvoyé dans la Ligue américaine sans passer par le ballotage. En revanche, le séjour du joueur a une durée prédéterminée, ce qui explique pourquoi le gardien québécois n’a pu amorcer davantage de rencontres avec le club-école du Canadien.  

Près d’un mois après le premier départ de Fowler avec le CH, l’organisation se retrouve toujours avec trois gardiens au sein de sa formation. Même si le club ne semble pas être affecté par cette situation, celle-ci reste précaire.  

En ayant trois gardiens différents, il est difficile de donner à chacun un certain rythme, rotation oblige. Ainsi, les rencontres du Tricolore sont souvent amorcées par un gardien qui, on pourrait dire, est plus rouillé qu’à la normale, car il obtient nécessairement moins de temps de glace. 

Une grande question se pose : Dobes, Fowler ou Montembeault ? À quel gardien Martin St-Louis donnera-t-il officiellement sa confiance ? Difficile à dire, car Fowler, qui n’a pourtant que 21 ans et qui représente logiquement le gardien le moins établi de l’équipe, donne toutes les raisons à son entraîneur de le garder.  

Tout compte fait, la destinée du Canadien de Montréal reste entre ses mains, mais ces trois facteurs seront assurément essentiels s’il veut connaître une fin de campagne victorieuse et ainsi accéder aux séries éliminatoires pour une deuxième année consécutive.  

À quoi s'attendre pour l'environnement en 2026

Par Lucas Del Castillo

C’est janvier : une nouvelle année lunaire s’entame et nous sentons le vent du renouveau chatouiller notre nuque. On a tous quelques résolutions en tête et peut-être qu’on arrivera à les tenir cette année. Mais avez-vous pensé à l’environnement jusqu’à date? 

2026 est une année qui s’annonce turbulente. Le poids du raccourcissement de la date d’irréversibilité des changements climatiques semble être un poids remarquable pour tous. En effet, on semble s’enligner pour dépasser la limite du réchauffement planétaire de 1,5°C. L’éco-anxiété peut être étouffante et touche particulièrement la communauté étudiante de manière marquée. Face à cette tempête, je vous propose de vous aider à éclaircir les choses. Nous ne sommes jamais perdus quand il y a espoir. Voici alors un petit aperçu de bons coups en matière d’environnement pour la prochaine année. 

En dépit des mauvaises nouvelles environnementales qui semblent s’accumuler de façon incessante, la nouvelle année abonde d’avancées dans la lutte pour le climat. Bien que le Québec revoit sa cible de réduction de GES de 5 ans (par précaution dues aux activités de l’administration Trump), cela ne nous empêche pas d’avancer. Le gouvernement du Québec vient de publier en décembre un guide de réduction de la consommation d’énergie pour les petites entreprises qui entrent sur le marché. En partenariat avec Hydro-Québec, le Ministère de l’Environnement continue de mettre des efforts dans leur projet de décarbonisation des bâtiments et se mobilise pour l’'écoresponsabilité de toutes les subventions proposées par la province. 

En dehors des subventions du gouvernement, les efforts citoyens continuent de grandir et d’aller de l’avant. Parmi toutes les initiatives communautaires, j’ai choisi l’inspirante Danielle Romaine qui a dirigé une initiative de bénévolat en 2025 pour planter 500 000 semences de fleurs sauvages au Québec. Parti d’un projet de Sierra Club Canada, le projet Let’s Plant cherche à rebâtir l’habitat naturel des pollinisateurs du Canada. Le un tiers de notre agriculture dépend du travail de pollinisation et malheureusement, les colonies qui font ce travail disparaissent rapidement. Danielle, 27 ans, est un modèle exemplaire qui a pris un projet et l’a poussé jusqu’à sa réussite. Nous sommes tous responsables de la survie de nos abeilles et en 2026, celles du Québec pourront se réjouir de l’effort concret d’une citoyenne engagée. 

Nous avons aussi une belle réussite en ce qui a trait à la conservation des parcs naturels avec la plus grande surface privée de protection du territoire au Canada. Le Kootenay Forest Lands, situé en Colombie Britannique, se veut être un projet ambitieux de 45 000 hectares de forêts. Acquis par Conservation de la nature Canada (CNC) en 2025, ça fait plus de 20 ans que plusieurs groupes travaillent ensemble pour connecter des corridors naturels de biodiversité dans les Rocheuses, et finalement, la terre est acquise. CNC et ses partenaires ont comme projet de restaurer et de garder les forêts en santé pour le long terme.

À Ottawa, l’organisme Forêt Capitale Forest se démarque par ses techniques adaptées de plantation d’arbres dans la région de la capitale nationale. En ville, la terre est difficilement propice à l’agriculture, les espaces verts sont petits avec des sols appauvris. Grâce à l’utilisation de la méthode Miyawaki, qui consiste à planter en densité seulement les espèces d’arbres natives dans l’espace choisi, les jeunes arbres compétitionnent pour la lumière et poussent presque 10 fois plus vite que dans une forêt clairsemée. Ottawa attend donc un bel agrandissement de ses espaces verts pour l’année à venir!

Finalement, la Fondation de la faune du Québec a récemment approuvé 31 projets de conservation. Ces initiatives représentent 2,3 milliards de dollars envoyés partout au Québec pour améliorer la protection des habitats. Variant entre des recherches sur les espèces, l’habitat, l’acquisition des territoires à protéger et les efforts de conservation, ces projets donnent espoir que la biodiversité du Québec aura une chance de prospérer dans le futur. 

Références :

Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs. (2025). Guide en efficacité énergétique pour les petites entrepriseshttps://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/environnement/publications-adm/transition-energetique/guide-efficacite-energetique-petites-entreprises.pdf

Nature Conservancy Canada. (N-D). Kootenay Forest Lands. https://natureconservancy.ca/where-we-work/british-columbia/featured-projects/kootenay-forest-lands/

Forêt Capitale Forest. (2026). Tree Planting. https://foretcapitaleforest.ca/tree-planting/

Webber, S. (N-D). The Miyawaki Method for Creating Forests. Creating tomorrow's forests. https://www.creatingtomorrowsforests.co.uk/blog/the-miyawaki-method-for-creating-forests

Lachance, N. (22 janvier 2026). Réduction des GES pour contrer les changements climatiques: Québec repousse sa cible de cinq ans. Le Journal de Montréal. https://www.journaldemontreal.com/2026/01/22/reduction-des-gespour-contrer-les-changements-climatiques--quebec-repousse-sa-cible-de-cinq-ans

Lane, P. Romaine, D (15 décembre 2025). This volunteer is creating a world that buzzes with life. Canada’s National Observer. https://www.nationalobserver.com/2025/12/15/opinion/volunteer-biodiversity-bees-quebec

Vivre à la campagne. (24 juillet 2025). De nouveaux projets de conservation de milieux naturels. https://vivrealacampagne.ca/uncategorized/de-nouveaux-projets-de-conservation-de-milieux-naturels-2/?gad_source=5&gad_campaignid=17472890131&gclid=EAIaIQobChMItKXpyKWekgMVf15HAR1mUAd0EAAYASAAEgIR1_D_BwE

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2024-10-09/depasser-1-5-c-de-rechauffement-aurait-des-consequences-irreversibles.php

Le Québec se reconnaît à l'écran

Par Marie Véronique Ross

Fierté. C’est le mot que j’ai retenu lors d’une courte entrevue sur la représentation du Québec à travers la télésérie avec l’acteur Benjamin Roy interprétant JJ Dagenais dans la toute nouvelle émission Rivalité passionnée (Heated Rivalry). Ce n’est que quelques semaines après sa sortie, en novembre dernier, que l’émission fait fureur et ce à travers le monde. Cette série à petit budget, diffusée sur Crave, a été renouvelée pour une deuxième saison et le public en est plus que ravi, notamment les Québécois (Friend, 2025).

Cette dernière met en lumière une longue histoire d’amour (de 2008 à 2018) de deux capitaines de hockey, soit Shane Hollander des Métros de Montréal, joué par Hudson Williams, et Ilya Rozanov des Raiders de Boston, joué par Connor Storrie. L’adaptation télévisuelle du roman de l’Ontarienne Rachel Reid, réalisée par le Montréalais Jacob Tierney, met de l’avant l’identité québécoise. En choisissant des acteurs québécois/canadiens tels que Benjamin Roy (JJ Dagenais), François Arnaud (Scott Hunter) et Sophie Nélisse (Rose Landry), il met en valeur des codes culturels typiquement d’ici (Granger, 2026). Par exemple, Rose Landry porte un chandail des bagels Saint-Viateur représentant la plus vieille boulangerie de bagels à Montréal. Un autre code serait l’université de McGill (prestigieuse école anglophone à Montréal) mentionnée, ainsi que le fort accent québécois de JJ Dagenais lorsqu’il parle anglais (sans toutefois dévaloriser la langue). Ces clins d'œil adressés directement au public québécois créent un sentiment d’appartenance entre les francophones et l’émission, me l’explique Benjamin Roy. Cette valorisation d'identité ne s'arrête pas seulement aux acteurs, mais ressort aussi dans l’univers musical.

C’est dans son studio à Saint-Sauveur que l’auteur-compositeur-interprète Peter Peter, né à Québec, réalise la trame sonore de l’émission (Trados, 2026). La sélection musicale mène l’artiste à rejoindre le catalogue de Sony Music (répertoire de musiques de films et d’émissions de grande réputation). L’intégration à ce catalogue permet à Peter d’avoir une plus grande visibilité à l’échelle mondiale (Tadros, 2026). Il transporte les spectateurs à travers une discographie québécoise composée d’artistes cultes des années de la série, soit de 2008 à 2018, comme Dumas, Philippe B, Alfa Rococo, Wolf Parade et plus encore (Groguhé, 2026). Dès l’ouverture de la saison, on entend la chanson « Une journée parfaite » de l’artiste Dumas. Entre le 1er décembre et le 28 décembre, cette dernière a pu enregistrer sur Spotify 190 000 écoutes aux États-Unis et 55 000 au Canada, ce qui est impressionnant pour un artiste d’ici. Le hit québécois a atteint l’Allemagne, le Royaume-Uni, le Brésil, ainsi que les Philippines (Granger, 2026). Au tout dernier épisode intitulé « The cottage » Peter Peter décide d’inclure la bande originale de la célèbre émission Le Chalet apparue en 2015 sur la chaîne Vrak TV avec sa chanson thème « l’Anarchie des jours heureux » de La Bronze. L’hommage à Le Chalet (l’une des émissions les plus populaires de ces années) a fait fondre le cœur de nombreux téléspectateurs québécois. C’est de cette manière qu’il fait rayonner la culture musicale québécoise à l’international.

Notre culture connaît ses difficultés ces derniers temps contre les géants du web comme Netflix, par exemple (Fortin, 2025). Benjamin Roy interprète l’ampleur de ce succès comme une « certaine fierté ». Il voit Heated Rivalry comme une manière pour le reste du monde de savoir que le Québec existe. « Des fois, on se fait ignorer par le reste du monde. Ce qui est, aussi, une peur du Québec, c’est pourquoi on est aussi intense avec la Loi 101, la culture, l’histoire », me confie-t-il. Il renchérit en expliquant que depuis, les individus de l’extérieur ne sont plus nécessairement « forcés » à apprendre sur le Québec, mais au contraire ils développent une curiosité envers celui-ci et ce que cette nation a à offrir.

Sur la scène mondiale, il est difficile de se démarquer. « Les œuvres québécoises sont aussi de calibres internationaux, mais ce n'est pas tout le monde qui va les consommer », lance Benjamin. Selon Toronto City News, en quelques semaines, l’émission devient l’une des plus grandes acquisitions de Crave et accumule plus de 600 millions de visionnements (Gurfinkel, 2026). Rivalité passionnée est une lueur d’espoir pour le rayonnement de la culture québécoise au-delà des frontières. Elle montre ce dont nous sommes capables.

Références :
Granger, P. (2026, 4 janvier). Rivalité passionnée, le succès mondial qui sert la culture et l’économie d’ici. Radio-Canada. https://ici.radio-canada.ca/info/long-format/2217462/rivalite-passionnee-heated-rivalry-succes-jacob-tierney  

Gurfinkel, J. (2026, 26 janvier). Heated Rivalry Is Anti-Dystopia Art. Maclean’s. https://macleans.ca/culture/heated-rivalry-is-anti-dystopia-

art/ 

Groguhé, M. (2026, 16 janvier). « Il se passe quelque chose d’extraordinaire ». LaPresse. https://www.lapresse.ca/arts/television/2026-01-16/jacob-tierney-realisateur-de-heated-rivalry/il-se-passe-quelque-chose-d-extraordinaire.php  

Friend, D. (2025, 12 décembre). Heated Rivalry is getting a 2nd season on Crave. CBC. https://www.cbc.ca/news/entertainment/heated-rivalry-renewed-season-2-9.7014088  

Friend, D. (2025, 12 décembre 2025). Steamy Canadian hockey series “Heated Rivalry” scores second season at Crave. Toronto City News. https://toronto.citynews.ca/2025/12/12/steamy-canadian-hockey-series-heated-rivalry-scores-second-season-at-crave/#:~:text=The%20LGBTQ+%20series%20from%20writer,12%2C%202025

Fortin, R. (2025, 12 août). La culture québécoise en danger: pourquoi la boude-t-on autant? CKOI. https://www.ckoi.com/audio/716441/la-culture-quebecoise-en-danger-pourquoi-la-boude-t-on-autant 

Tadros, P. (2026, 8 janvier). La musique de Peter Peter pour Heated Rivalry rejoint le prestigieux catalogue de Sony. Radio-Canada. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2219281/heated-rivalry-peter-peter-musique 

Ce qui nous attend en 2026 : les tendances surveiller

Par Julia Vallée

Divertissement, alimentation, mode, bien-être : 2026 s’amorce comme étant une année dans laquelle l’authenticité, l’intention et la nostalgie sont mis de l’avant. Dans les dernières années ou les tendances éclairs et la surconsommation prônent, et une chose est claire,  en 2026, on consomme avec plus de prudence , on ralentit et on choisit mieux. Dans cet article, j’ai rassemblé pour toi les meilleures tendances qui marqueront notre quotidien au cours de la prochaine année. 

Mode

Capsule wardrobes

La garde‑robe capsule est  une solution directe à la fast fashion. Son but : acheter moins de vêtements et posséder des articles de qualité, intemporels et polyvalents. Selon Vogue (2026), c’est avec  la génération Z que cette tendance semble le plus fonctionner, puisqu’elle offre une mode plus cohérente et durable par rapport aux valeurs prônées par cette génération.

Polka dots, l’imprimé bambi et les capris

Les imprimés sont de retour en force cette année ! Les designs qui s’inspirent de la nature, tels que le deer print, ainsi que l’imprimé à petits pois (polka dots) amènent un côté nostalgique et ludique à ceux qui osent les porter. Pour leur part, les capris, même s’ils furent longtemps remis en question, sont non seulement de retour, mais aussi modernisés avec  des formes plus minimalistes et structurées.

Foulards en soie, grosses lunettes et argent combinés

Ce sont les accessoires qui volent la

vedette en 2026. Les foulards en

soie peuvent être portés tant 

accrochés à votre sac qu’autour du

cou, ou même sur la tête ! On fait

également un saut nostalgique dans

l’esthétique des années 2000 en

ramenant les grosses lunettes de

soleil. De plus, on brise une règle

non écrite qui semble importante

pour plusieurs en combinant des

bijoux en or et en argent (mixing

metals).

Fit checks & frange

Les fit checks et DITLs (Day In The

Life) sont des tendances en

ascension sur les réseaux sociaux.

Ces dernières visent à montrer les

looks du quotidiens plus

authentiques les uns que les autres.

Côté capillaire, la frange est de

retour ! Même si celle-ci est

symbole d’un changement subtil

mais assumé, cette année elle est

plutôt  vue comme un fashion

statement !

Beauté et Bien-être - Réparation de la barrière cutanée, K-Beauty et glamour minimaliste

Cette année, on met un  frein sur le désir d’avoir une peau parfaite et on recherche plutôt une peau en bonne santé. Il est possible d’y arriver en utilisant des produits qui visent la réparation de la barrière cutanée (qui par le fait même, gagnent en popularité) ainsi que des produits de type K-Beauty qui sont reconnus pour leurs effets doux et hydratants. Pour ma part, j’aime bien le sérum éclaircissant de Beauty of Joseon et les masques de nuit au collagène de Biodance. De son côté, l’industrie du maquillage s’inspire du  même concept : teddy makeup aux tons chauds, minimalist glam, ongles neutres et teint naturel.

Massage lymphatique, head spas et santé intestinale et hormonale

Notre bien-être devient un aspect holistique. L’attention qu’on accorde à la santé intestinale et hormonale, le drainage lymphatique et les head spas sont tous des actions qui permettent d’écouter et de mieux comprendre son corps au lieu de vouloir le « corriger ». Selon Brainz Magazine (2025), ce concept majeur deviendra de plus en plus populaire au courant des prochaines années.

Nourriture & habitudes

Matcha et matins lents

La fameuse boisson matcha continue de surpasser la popularité du café ! On peut facilement l’associer à des matins lents et intentionnels. Par exemple, en se réveillant  à 5h à l’aide de la fameuse Hatch alarm clock, de journaux de gratitude et de routines calmes. C’est sur Pinterest Predicts et TikTok que cette tendance, qui valorise  un début de journée calme et sans précipitation, est retrouvée. 

De nouvelles habitudes

Il n’est désormais plus question de transformations radicales, mais plutôt de nouvelles habitudes saines et constantes : manger équilibré, boire plus d’eau, bouger régulièrement (ma pratique  favorite est le pilates !). Ces petites habitudes s’insèrent  très bien dans le  quotidien et permettent une vision du bien-être beaucoup plus saine. 

Run clubs et hobbies 

Les run clubs qu’on voit de plus en plus sur TikTok se transforment autant en espace sportif que social. Pour leur part, les hobbies analogiques comme la lecture, l’écriture, le tricot et la prise de photo argentique permettent de remplacer le temps que nous passerions autrement devant nos écrans. La  connexion  au réel est donc mise de l’avant !

Divertissement 

Live events et cinéma en salle

Les spectacles et les événements sont un must en 2026. La performance très attendue de Bad Bunny lors de la mi-temps du Super Bowl démontre très bien ce retour à l’expérience collective. Au niveau musical, ce sont les artistes Olivia Dean et Sombr qui sont les favoris pour être au top des chartes de la génération Z cette année.

De plus, le cinéma en salle est lui aussi un élément populaire cette année. Les nombreuses sorties de films représenteront des événements importants et précieux qui mettent de l’avant l’expérience immersive et non le visionnement à domicile. On pense à The Moment de Charli XCX, Sortez-moi d’ici et Hamnet ! 

Vers un retour à l’essentiel…

Les tendances de 2026 partagent toutes un même objectif : le retour à l’essentiel. Que ce soit au niveau du divertissement, de la mode, de l’alimentation ou encore de la beauté, c’est l’expérience, la qualité et l’intention qui sont privilégiés. Pas uniquement une année de nouveautés, 2026 s'annonce être une année de rééquilibrage, et même de douceur.

Références : 

Lal, R. (2025). What You Need to Know About the Connection Between Gut Health and Hormones. Brainz Magazine. What You Need to Know About the Connection Between Gut Health and Hormones 

Storm, J. (2026). How To Build A Capsule Wardrobe That Stands The Test Of Time. Vogue. How To Build A Capsule Wardrobe That Stands The Test Of Time | British Vogue

Quand acheter des billets de concert devient un véritable combat

Par Erika Donatucci

On est à la fin de l’année 2025, lorsque la chanteuse Olivia Dean annonce sa tournée mondiale. Comme beaucoup, les québécois s’y préparent mentalement : la fameuse guerre Ticketmaster. On a tous comme but commun de réussir à avoir des places au centre Bell pour le 7 août 2026. Nous n’avons que deux questions en tête et ce sont toujours les mêmes : est-ce que je vais réussir à avoir une place et mon compte bancaire survira-t-il à cette dépense ? 

Le vendredi 21 novembre, à 10 heures précises, des milliers de personnes se connectent simultanément sur les sites de vente de billets officiels. La file d’attente s’affiche : 7000 personnes devant soi, puis 5000, puis 900… le chiffre diminue lentement. Les chances sont minces, mais on garde espoir. Jusqu’au bout.

Une fois la file franchie, la réalité frappe. Les billets disponibles sont déjà des reventes  officielles. Les prix augmentent en flèche. Certains atteignent jusqu’à 1000 dollars canadiens (Paré, 2025). Les fans restent figés devant leur écran, sidérés. Ce qui devait être un simple achat se transforme en rappel brutal : assister à un concert est devenu un luxe.

Les faits : que s’est-il passé ?

Au cœur de la controverse se trouve Ticketmaster, acteur dominant de la vente de billets de spectacles dans de nombreux pays. La plateforme gère à la fois la vente initiale et la revente dite « officielle », créant un écosystème fermé où les billets circulent presque exclusivement sous son contrôle.

Dans le cas de la tournée d’Olivia Dean, de nombreux billets étaient déjà en revente à peine quelques minutes à peine après l’ouverture des ventes. Une rapidité qui avive la suspicion et alimente la frustration des fans.

Sur les réseaux sociaux, la réaction fut immédiate : incompréhension, colère, sentiment d’injustice. Les fans y interpellent l’artiste pour exprimer leurs émotions. De mon côté, comme beaucoup d’autres, j’ai écrit à mes amis pour partager ma frustration face à une situation qui semblait totalement hors de mon contrôle. 

Face à cette vague de critiques, Olivia Dean s’est exprimé et ne se cache pas pour dénoncer Ticketmaster

« Vous offrez un service déplorable. Les prix auxquels vous autorisez la revente des billets sont scandaleux et vont totalement à l’encontre de nos souhaits. La musique en concert doit être abordable et accessible à tous, et nous devons trouver une nouvelle solution pour y parvenir. FAITES MIEUX » (traduction libre).

Cette déclaration met en lumière un malaise flagrant : même les artistes ne semblent plus avoir le contrôle total sur la manière dont leurs concerts sont vendus.

Ticketmaster et Live Nation réagissent 

Le jeudi suivant la mise en vente des billets, Live Nation, la maison mère de Ticketmaster, prend la parole sur leur site web. L’entreprise annonce qu’elle remboursera la différence entre le prix initial et le coût déboursé par les acheteurs. Dans ce contexte, pour la tournée The Art of Loving, on estime qu'environ 20 % des billets achetés aux prix initial ont été remis en revente. Suite à ce scandale, l’entreprise s’engage à plafonner le prix de rachat des billets au prix original pour le reste de la tournée et encourage les artistes à faire ce choix également lors de la mise en vente (Paré, 2025).

Cependant, ce n’est pas la première fois que Ticketmaster est pointé du doigts pour ses pratiques douteuses. En effet, aux États-Unis, les autorités ont récemment annoncé poursuivre en justice le géant de la billetterie et son entreprise, Live Nation, les accusant de « tactiques de revente illégales » selon Le Devoir (2025).

La revente de billets : ce marché secondaire

Contrairement à l’idée d’un marché parallèle incontrôlable, la revente de billets est aujourd’hui largement intégrée au système officiel. Ticketmaster propose ses propres options de revente, souvent présentées comme plus sécuritaires et transparentes. En réalité, ces reventes permettent des augmentations de prix importantes. Elles sont parfois multipliées par cinq ou dix et génèrent des commissions supplémentaires pour la plateforme.

Au Québec, la question suscite également des réactions politiques. Dans La Presse (Lévesque, 2025), le ministre de la Justice Simon Jolin-Barrette déplore une situation qui pénalise à la fois les consommateurs et l’écosystème culturel :

« Il importe d’agir non seulement pour les consommateurs qui se sentent floués, mais également pour protéger le portefeuille culturel du Québec »

Le projet de loi 10 vise ainsi à mieux encadrer les pratiques abusives de reventes de billets et de renouvellement d’abonnements en ligne.

Les concerts sont-ils encore accessibles ?

Les chiffres parlent d’eux-même : le prix moyen des billets de concert a explosé ces dernières années. En 2024, le prix moyen des billets pour les 100 plus grandes tournées mondiales a augmenté de 3,91 %. On est ainsi passé de 96 USD (131 $ CA) en 2019 à près de 136 USD (186 $ CA) en 2024 (Pollstar Staff, 2025). À cela s’ajoutent des frais de service de plus en plus élevés, souvent impossibles à éviter. Le constat est clair : assister à un concert n’est plus une dépense anodine, mais un choix financier conséquent.

Pour une grande partie du public, notamment les jeunes et les étudiant.es, certains concerts deviennent tout simplement hors de portée. La culture du live, autrefois perçue comme un espace de partage et de proximité, glisse progressivement vers un pratique élitiste.

En transformant les concerts en produits de luxe, l’industrie ne risque-t-elle pas de perdre ce qui faisait son essence même, c’est–à-dire un moment de rencontre accessible entre un artiste et son public ?

Références : 

Le Devoir. (2025, 18 septembre). Le géant de la billetterie Ticketmaster est poursuivi par les autorités américaines. Le Devoir. https://www.ledevoir.com/culture/918354/geant-billetterie-ticketmaster-est-poursuivi-autorites-americaines

Lévesque, F. (2025, 2 décembre). Québec veut mettre fin aux « pratiques abusives » des revendeurs de billets. La Presse. https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2025-12-02/quebec-veut-mettre-fin-aux-pratiques-abusives-des-revendeurs-de-billets.php

Paré, É. (2025, 27 novembre). Billets en revente La chanteuse britannique Olivia Dean fait plier Ticketmaster. La Presse. https://www.lapresse.ca/arts/musique/2025-11-27/billets-en-revente/la-chanteuse-britannique-olivia-dean-fait-plier-ticketmaster.php

Staff, P. (2025, 20 février). Pollstar 2024 Year End Analysis: Industry Remains Strong & Steady, Taylor Swift & Coldplay Set. Pollstar News. https://news.pollstar.com/2024/12/13/2024bizanalysis/

À la découverte du théâtre documentaire - Au sujet de la compagnie Porte Parole

Par Emilie Charest

Il y a trois ans, je me rendais au théâtre La Bordée à Québec pour aller voir une pièce de théâtre documentaire dans le cadre d’un de mes cours de cégep. Pour être honnête, j’y allais un peu à reculons. Disons qu’être assise pendant trois heures dans une salle à écouter un long monologue documentaire, ça ne m’intéressait pas vraiment. Pourtant, cette soirée-là, quelque chose a changé en moi grâce au théâtre documentaire de Porte Parole. Comment on dit ça déjà…on ne doit jamais juger un livre par sa couverture ?

Alors, c’est quoi le théâtre documentaire ?

J’ai probablement jugé le théâtre documentaire trop vite en raison du mot « documentaire ». Pour moi, le documentaire a toujours été un médium pour nous endormir dans nos cours d’histoire au secondaire. Bien vite, je me suis rendue compte à quel point j’avais tort. J’ai découvert que le documentaire, ce n’était pas seulement Docu-D. Ce qui est bien avec le documentaire, c’est qu’on peut documenter ce qu’on veut. Vous en êtes peut-être déjà au courant, mais l y en a pour tous les goûts, que ce soit au sujet d’une partie du monde, de faits historiques, de découvertes culinaires, etc. Par contre, le genre artistique du théâtre documentaire, je commence à connaître ça pas mal, et j’ai envie de vous emmener dans cet univers fantastique. Une fois qu’on y entre, difficile d’en ressortir la conscience tranquille.

Le théâtre documentaire est un genre théâtral qui met en scène des événements réels : politiques, sociaux, historiques ou contemporains (Radio Canada. « Le théâtre documentaire expliqué ». Radio Canada. 8 décembre 2017. Segment | Entrée principale | ICI Radio-Canada.ca Télé ). En général, le théâtre documentaire peut être joué par un ou plusieurs comédiens. Cependant, dans la plupart des pièces que j’ai vu dans les dernières années, c’est souvent un seul protagoniste qui raconte lui-même ce qui lui est arrivé et/ou un enjeu qui lui tient à cœur. Ceci veut donc dire que le personnage principal de la pièce n’a rien de fictif : c’est lui-même qui raconte des faits véridiques. Ça le dit un peu dans le titre : en théâtre documentaire, rien n’est inventé. Parfois, ça me rappelle un peu notre légende nationale Fred Pellerin, qui fait un travail passionné et magique en racontant les histoires de son village, Saint-Élie-de-Caxton. Cependant, le théâtre documentaire demande aussi de la recherche et plusieurs entrevues. En théâtre documentaire, on se doit d’aller chercher toutes les versions, toutes les histoires et tous les opinions sur le sujet. 

La compagnie Porte Parole

Si vous ne connaissez pas encore la compagnie de théâtre documentaire Porte Parole, c’est maintenant que vous devez apprendre à la connaître. Porte Parole est la seule compagnie qui se spécialise en théâtre documentaire à Montréal. Fondée en 2000 par Annabel Soutar et Alex Ivanovici, la compagnie compte maintenant de nombreux projets, qui ont obtenu beaucoup de succès les uns autant que les autres. Parmi ceux-ci, on reconnaît notamment J’aime Hydro (2016), Tout inclus (2019), Rose et la machine (2022), Projet Polytechnique (2024) et plusieurs autres. Porte Parole se démarque entre autres dans ses pièces par son ouverture, son engagement civique, son exploration et son expérience (« Mandat, vision et valeurs ». Porte Parole. Mandat, vision et valeurs - Porte Parole ).

Plus personnellement, j’ai appris à connaître Porte Parole à travers leur pièce Tout inclus, écrite par François Grisé. Celui-ci raconte l’expérience qu’il décide de vivre en allant s’installer pour un mois dans une résidence pour personnes âgées. Il se rend rapidement compte de la réalité des RPA, et du déni social que nous faisons collectivement chaque jour en laissant nos aînés dans ces résidences. Il se demande alors, comment voulons-nous vivre quand nous serons vieux ? Après avoir pleuré toutes les larmes de mon corps pendant la pièce, j’ai réalisé à ce moment-là que le théâtre documentaire avait un pouvoir magistral: celui de pouvoir nous faire agir. Le théâtre documentaire, c’est plus que de l’art : c’est un projet de société, un mouvement collectif. En effet, le fait d’être dans la même pièce que l’auteur lui-même crée un sentiment de proximité différent de celui de la littérature ou du cinéma. Dans les projets de Porte Parole, le public fait partie de la pièce; et je trouve ça tout simplement extraordinaire. 

Source de l’image : Porte Parole, 2019.

Une solution à l’urgence de raconter

En 2016, à la suite du succès immense de leur pièce J’aime Hydro, l’équipe de Porte Parole se met à recevoir un nombre impressionnant d’appels. Les gens disent avoir des idées de projet, des questions qui leur brûlent la peau, qui les empêchent de dormir. C’est alors que naît l’idée du Hub Documentaire. Porte Parole développe ce projet pour mettre à profit des décennies d’expérience et de savoir-faire et des infrastructures de qualité au service de la communauté afin de l’inspirer à s’engager dans une démarche citoyenne créative (« Hub documentaire ». Porte Parole. Hub Documentaire - Porte Parole.). Ils se donnent comme mission d’éduquer, de faire de la recherche, d’offrir des formations et du mentorat à la société. 

L’un des plus gros projets du Hub Documentaire est celui des Pitchs Porte Parole, qui existe depuis 2023. La compagnie de théâtre documentaire cherchait une manière de mettre en lumière les idées de théâtre documentaire sur des enjeux de société qui méritaient plus d’attention. Ils ont donc créé cet appel de projet pour donner la parole au grand public. Chaque année, de quatre à cinq participants sont choisis pour développer un pitch de 10 minutes sur l’enjeu qui les rongent de l’intérieur. Ils ont environ cinq mois pour développer l’essence de leur projet, écrire et mettre en scène le fameux pitch. Au mois de mai, une soirée est organisée avec ces pitchs, et l’un d'eux recevra une bourse de 10 000 $ pour donner la chance à son projet de voir le jour.

Spoiler alert : Je fais partie de la cohorte 2026 !

Source de l’image : Porte Parole, 2025.

J’ai bien hâte de vous en dire plus dans mon prochain article du mois de février ! En attendant, vous pouvez en apprendre plus juste ici : https://porteparole.org/fr/hub-documentaire/les-pitchs-porte-parole-2026/ 

Encore des résolutions?

Après l’insouciance des fêtes de fin d’année, nombreux sont ceux qui se réveillent avec le besoin de refaire leur vie à neuf. Le 1er janvier est souvent perçu comme l'ouverture d'un nouveau chapitre, rempli de résolutions et d'ambition. Inscription au gym, objectif de lire des milliers de livres ou essayer de tenir une nouvelle plante en vie. La liste s'allonge de bonne volonté et motivation! Néanmoins, que recherchons-nous vraiment avec ces aspirations? Le renouveau ou rentrer dans le moule?  

 

La santé, la santé, l'argent et tout le reste  

La résolution la plus populaire est liée à la santé. Environ 60 % des Canadiens se fixent comme objectif de bouger plus. Cependant, c'est celle qui est le plus fréquemment détruite, car seulement un tiers poursuit cet objectif. (Le Nord) L’année dernière, une étude s'appuyant sur plus d'une décennie de données a examiné dans quelle mesure les Canadiens et les Canadiennes respectaient la recommandation de pratiquer 150 minutes d'activité physique par semaine. En général, il a été démontré que seulement 45% de l’échantillon avait réussi à le faire. Le manque d'études post-secondaires, le manque de temps et le manque d'argent étaient des facteurs considérés qui rendaient plus difficile l’atteinte de cet objectif. (Statistique Canada).  

Dans cette même lignée, ces commerces axés sur l’activité physique comme les salles de sport, les magasins de sport ou les studios de yoga ont un boom immédiat en janvier. Mais ce boom descend instantanément après que le premier mois de l’année se termine. Ces établissements ont créé des programmes d'accompagnement et même des mises en garde pour ménager les utilisateurs sur les effets espérés et éviter une déception annuelle. Un de ces endroits sportifs, le Gym de St-Sauveur, utilise ses réseaux sociaux pour inciter sa nouvelle clientèle à ne pas se précipiter dans un nouvel abonnement et prendre du recul. (Le Nord)  

 

Plusieurs sont ceux qui sentent la pression de fixer des objectifs pour résoudre un problème souvent influencé par ce qui est présenté en ligne. Ces bilans, qui à l’origine existent pour se remettre en point de manière positive, deviennent vite négatifs, car ils proviennent de la comparaison qu’on se fait de l’un à l’autre. Sur les réseaux sociaux, il y a une théâtralité qui s'opère, où l'on voit une version d'une personne qui n'existe pas. Quelque chose comme voir quelqu’un aller en voyage plusieurs fois dans l’année devrait être inspirant, mais peut devenir source d’émotions négatives comme un sentiment d’échec lorsqu’on ne vit pas la même vie. Pourtant, c’est une comparaison incorrecte entre une personne qui a les moyens dans cet exemple-ci et une personne qui n’en a pas nécessairement et en aura peut-être dans le futur. Malgré tout, ce qui reste est quand même cette émotion d’avoir échoué. (Le Devoir)  

Tous ces exemples témoignent d'une caractéristique commune à notre société : suivre une résolution ne relève plus d'un travail personnel, mais d'une compétition acharnée. Même s’il a été démontré que beaucoup n’arrivent pas à tenir les objectifs qu’ils se fixent, le cycle se répète d’année en année, car ce n’est pas tant un travail sur soi-même qui est recherché que le besoin de prouver à un public ou son entourage proche que par ses propres capacités, on peut avoir une vie idyllique et parfaite. Hurler haut et fort ses résolutions de l’année à quiconque est une représentation de ce besoin d’être reconnu dans ce cercle de performance de soi. (Radio-Canada) En fin de compte, le voyage n'a pas moins d'importance que le besoin de donner l’illusion qu’on planifie ce voyage. 

Abandonner ou simplement respirer?  

À ce stade, il peut sembler décourageant de vouloir essayer de faire une résolution. Défi impossible, objectif fixé par la panique et le stress psychologique qui suit. Le simple fait de proclamer haut et fort ces résolutions apporte une anxiété puisqu’elle apporte l’obligation sociale de respecter ses engagements. (Radio-Canada) À quoi bon s'il n'y a pas le temps, l'argent et que c'est voué à l'échec de toute façon? 

Cela amène à se questionner. Pourquoi veut-on faire cette résolution ? Qu’est-ce que cela me procure?  Après tout, nous sommes une société théâtrale qui se compare sans cesse entre nous. C’est le piège. La vie ne consiste plus à vivre pour nous-mêmes, mais à rentrer dans un moule prédéfini à travers une fausse redécouverte de soi.  

D’où le fait de penser que prendre une résolution peut réellement être un acte presque rebelle. Atteindre ses objectifs offre une récompense mentale après tout. (Radio Canada) Dans une société vouée aux regards des autres, prendre soin de soi et avoir une discipline qui sert à nous relever, être ferme et patient pour soi-même est courageux. On ne fait pas de l’exercice seulement pour publier des photos avec le #beachbody sur Instagram, on le fait pour être mobile et prendre soin de nos muscles. Manger sainement ne sert pas qu’à faire un tableau Pinterest pour un semblant d’esthétique, mais à aider nos cellules à se développer en permanence. De la même façon qu’on n'arrête pas de fumer pour crier qu'on a arrêté, c'est parce que nos poumons ont besoin d'air frais.  

 

En cette nouvelle année, prenez une pause pour respirer et continuer votre chemin, car en fin de compte, le voyage est aussi précieux que la récompense.

 

-Diandra Morar

 

Bibliographie  

Collardey, S. (2026, janvier 3). Le stress des bilans et des résolutions du Nouvel An. Le Devoir. https://www.ledevoir.com/actualites/sante/945189/stress-bilans-resolutions-nouvel-an 

Gouvernement du Canada, S. C. (2025, janvier 2). Les adultes canadiens prennent-ils des résolutions du Nouvel An en matière d’activité physique?https://www.statcan.gc.ca/o1/fr/plus/7577-les-adultes-canadiens-prennent-ils-des-resolutions-du-nouvel-en-matiere-dactivite 

 

ICI.Radio-Canada.ca, Zone Art de vivre-. « Proclamer ses résolutions de Nouvel An peut être une source de stress ». Radio-Canada, 12 janvier 2025, https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2131867/resolution-nouvelle-annee-calgary

Taillon-Thiffeault, A. (2026, janvier 13). Résolutions du Nouvel An : Entre rituel social et moteur économique. Journal Le Nord. https://www.journallenord.com/actualite/resolutions-du-nouvel-an-rituel-social/ 

Les personnages fictifs qui se glissent dans nos vies

Haider, A. (2025). Stranger Things final season episode runtimes confirmed. Twisted Voxel. https://twistedvoxel.com/stranger-things-final-season-episode-runtimes-confirmed/

Par Annabelle Blais

Après que plusieurs personnes aient passé le temps des fêtes à binge-watcher la dernière saison de Stranger Things sur Netflix, il me semble bon d’aborder un sujet sur les séries télévisées. C’est pourquoi je vais faire une réflexion sur le lien que nous, spectateurs, développons avec des personnages fictifs, comme Lorelai Gilmore, Meredith Grey, Barney Stinson, Chandler Bing, et tellement plus encore. 

Une relation parasociale

Un concept intéressant sur la psychologie des médias dans lequel vous allez peut-être vous reconnaître, est la relation parasociale. Celle-ci  désigne  « une relation à sens unique » (Laforte, 2021) qu’une personne entretient avec une figure médiatique quelconque. Par exemple, cela peut être le  personnage fictif d’une série télévisée ou une personnalité publique que nous voyons fréquemment sur les réseaux sociaux. Dans ce contexte, l'auditeur.trice a l’illusion d’entretenir une relation véritable, même si ce n’est pas réellement réciproque. Dans les séries, les personnages sont souvent présents durant une longue période de la série, donc le spectateur a le temps de connaître leur personnalité, leurs valeurs, leurs défauts et leurs qualités et même leur passé, au fil de l’avancement des épisodes. Cette connaissance, qui évolue, crée un sentiment de familiarité comparable à celui que l’on éprouve avec nos vrais amis.  Dans ce cas, le personnage devient une présence stable et rassurante dans le quotidien du spectateur. De plus, les personnages vivent souvent des expériences ou des émotions déjà vécues par l’auditeur.trice au cours de sa vie. Ce fait renforce l’attachement de l’individu envers le personnage, car il se projette dans cette situation avec ses propres expériences et émotions similaires. Cette empathie repose sur  les neurones miroirs qui sont « en quelque sorte le centre de l’empathie chez l’humain, ce qui nous permet de nous mettre dans la peau de l’autre, même si cet autre est fictif.ve. » ( Gauthier, 2018). C’est en s’identifiant aux personnages que nous développons de l’empathie pour eux :  « ils optimisent notre aptitude à comprendre les sentiments des autres » ( Bertrand, 2017 ). Comme moi, vous vous êtes sûrement déjà identifié à votre personnage préféré en affirmant : « Moi, je suis elle ! » et de ressentir cette satisfaction de vous reconnaître dans quelqu’un que vous admirez à l’écran. 

De plus, la série Friends est un bon exemple pour illustrer le phénomène de relation parasociale. Dans cette série, nous suivons six personnages principaux pendant dix saisons. Ces longues et nombreuses saisons favorisent la création d’une relation parasociale forte. Les personnages sont confrontés à des situations de la vie quotidienne, comme les relations amoureuses, les parcours professionnels et les conflits personnels, ce qui nous permet de bien apprivoiser leurs différents traits de caractère. En les suivant à chaque épisode, ces personnages deviennent familiers, même prévisibles, ce qui renforce le sentiment de proximité et nous permet de mieux comprendre les émotions qu’ils vivent. 

IRE. (2025). May 6th in History : 21 years since the end of Friends, the series that maries a generation. IRE. https://www.informacionregional.com.ar/sociales/efemerides-6-de-mayo-a-21-anos-del-final-de-friends-la-serie-que-marco-a-una-generacion-79597.html

Le binge-watching

Le phénomène du binge-watching, qui se définit par « le fait de regarder trois épisodes ou plus d’affilée. » (Fruhauf, 2025) intensifie l’attachement qu’on peut ressentir  envers un ou plusieurs personnages d’une série. L’accessibilité des plateformes de streaming, comme Netflix, favorise ce principe d’attachement puisqu’on peut s’immerger complètement dans la série, sans devoir attendre une semaine pour regarder le prochain épisode. Par exemple, Stranger Things est une série qui utilise beaucoup de « cliffhanger ». Elle nous laisse sur le bord de notre chaise à chaque fin d’épisode. Cette tactique à pour but de donner envie de continuer à regarder les épisodes suivants. Les personnages deviennent omniprésents durant cette période, occupant une place importante dans l’attention et les émotions du spectateur.

Le binge-watching renforce aussi la continuité émotionnelle avec les conflits, les drames et les évolutions des personnages, qui sont vécus sans interruption. Cette citation l’explique bien : « Ainsi, les personnes qui ont tendance à regarder des séries de manière intensive seront plus susceptibles de construire des univers mentaux prolongés. » (Fruhaut, 2025). Ça  peut donner l’impression de partager une tranche de vie avec eux, ce qui intensifie l’attachement et rend la séparation, lorsque la série se termine , plus difficile pour  certains spectateurs. Par exemple, finir les 21 saisons de Grey’s Anatomy et se rendre compte que nous ne sommes pas réellement des médecins dans un hôpital, peut nous provoquer de la tristesse.

La récompense émotionnelle

L’attachement aux personnages s’explique aussi par le concept de  récompense émotionnelle. Lorsqu’on regarde une série, on réagit aux épreuves du personnage par des émotions positives ou négatives sans subir directement des conséquences réelles. Ce principe rend l’écoute à la fois intense et plaisante si le personnage réussit quelque chose, évolue ou surmonte des épreuves lui faisant ressentir une forme de satisfaction émotionnelle. À l’inverse, leurs échecs ou leurs pertes peuvent provoquer de la tristesse et nous libérer de nos propres émotions. Cette récompense émotionnelle agit comme une intensification du lien :  plus le spectateur ressent d’émotions grâce aux personnages, plus il est incité à continuer de regarder la série et à s’y attacher. Après plusieurs visionnements, les personnages peuvent même devenir des sources de réconfort qui sont omniprésentes dans les moments de solitude, de stress ou d’incertitude. Cette forme d’attachement explique aussi pourquoi nous préférons regarder plusieurs fois une même série, au lieu de commencer une nouvelle série. 

Références :

Bertrand, C. (2017). Voici pourquoi il est sain de pleurer devant une série. Madame Lefigaro. https://madame.lefigaro.fr/bien-etre/pourquoi-est-il-sain-de-pleurer-devant-une-serie-280217-130180#

Fruhauf, C. (2025). Le "binge-watching" pourrait réduire le stress et stimuler l'imagination. TF1. https://www.tf1info.fr/sante/le-binge-watching-pourrait-reduire-le-stress-et-stimuler-l-imagination-2394998.html

Gauthier, M. (2018). L’attachement aux personnages fictifs : mais pourquoi les aime-t-on autant ? Ton Petit Look. https://tonpetitlook.com/2018/09/24/lattachement-aux-personnages-fictifs-mais-pourquoi-les-aime-t-autant/

Jaeger, S. (2024). Mon ami.e qui ne me connaît pas – Relations parasociales. Dr. Sonia Jaeger. https://www.sonia-jaeger.com/fr/mon-ami·e-qui-ne-me-connait-pas-relations-parasociales/

Laforte, M. (2021). Mieux comprendre le phénomène des relations parasociales. NoovoMoi. https://www.noovomoi.ca/vivre/bien-etre/mieux-comprendre-phenomene-relations-parasociales.html

Thibaud, I. (2024). 5 bienfaits des séries sur la santé mentale. Psychologies. https://www.psychologies.com/actualites/loisirs-et-culture/5-bienfaits-des-series-sur-la-sante-mentale-583544

Édition de Décembre

Chère Mère Noël,

Cette année, la fin de session est arrivée comme un train lancé à toute vitesse. Il a traversé nos vies sans prévenir, chargé de travaux, de remises finales et de nuits trop courtes. On a à peine eu le temps de regarder par la fenêtre.

Alors, pour décembre, nous avons voulu vous offrir une promenade plus tranquille. À bord d'un train plus lent, plus doux. Celui du ComMédia. Un train dans lequel on peut embarquer à tout moment (même sans billet !), juste pour le plaisir de lire et pour s’arrêter un instant. On peut en descendre quand on veut, y revenir plus tard : il attendra les portes grandes ouvertes.

Pour cette fin d’année, nos souhaits sont simples : du repos sans culpabilité, de la douceur, du mouvement qui fait du bien, du temps partagé avec celles et ceux qu’on aime. De la lecture choisie, surtout pas imposée. Des lectures scientifiques de 30 pages ? On laisse ça derrière nous pour le moment !

Nous voulons aussi remercier du fond du cœur nos rédactrices, qui, malgré le manque de temps, la fatigue et l’épuisement de la fin de session, ont pris le temps de vous offrir leurs mots, leurs idées et leurs expériences. Cette édition existe grâce à vous !

Alors, Mère Noël, si tu passes par ici, dépose un peu de calme et de magie dans la vie de nos lecteurs et lectrices. 

Sur ce, bon temps des fêtes, et surtout… bonne lecture. 

- Jaymie Vézina et Salma Achoumi

L'industrie de l'immersion : Une expérience au cirque de l'Escaparium

Par Jade Bizier

À peine avais-je franchi la porte, qu'une odeur de sucre embaumait déjà la pièce : celle de la barbe à papa.  Cette simple odeur me plonge rapidement dans la nostalgie. Cette même odeur que je retrouvais lors de mes sorties aux fêtes foraines du quartier. Je me trouve donc à la billetterie d’un cirque qui m’intrigue depuis un certain temps, mais pas n’importe lequel. Ici, je parle du fameux cirque Magnifico d’Escaparium à Laval. Notre hôte porte un costume élaboré, mais chic, avec un masque de renard. Après, quelques interactions avec notre hôte, nous passons à travers plusieurs pièces et décors, chacune unique dans son genre. Je ne vous dirai pas comment (eh oui, vous devrez aller vivre l'expérience pour le savoir!), mais je me suis retrouvée dans le noir total avec les cheveux dans le vent. 

Avant d'aller plus loin, nous devons mettre quelque chose au clair... non je n'étais pas sur un plateau de tournage, mais plutôt dans un jeu d'évasion ! Pour ceux et celles qui se demandent ce qu'est un jeu d'évasion, j’aime bien définir cette activité comme la meilleure façon de devenir le personnage principal d’un film, sans qu'aucun talent d’acteur ne soit requis! Sans blague, pendant environ une heure, imaginez vous enfermés avec vos ami.e.s et vous devez trouver comment résoudre une problématique à l’aide d’indices (Pinard, 2020). Évidemment, chaque pièce et chaque compagnie possède sa propre formule, ce qui rend l’expérience autant passionnante. 

Mais, revenons au cirque. Les lumières s’allument à nouveau. Devant moi, le plafond qui fait office de ciel se remplit d’étoiles. Deux curieux personnages, portant respectivement des masques de lapin et d’oiseau, se disputent. Autour de moi, je vois des roulettes colorées à l’effigie de différents personnages d’un cirque classique; un clown, un magicien et plusieurs autres. Je jurerais que j’ai atterri dans la cour d’une fête foraine et que toute cette aventure est bien réelle. Une chose est certaine, j'ai plongé tête première dans cette expérience, comme on le faisait dans une piscine à balles étant enfants.

C’est à la fin des années 1990 que les premiers jeux vidéo, qui ont inspiré les jeux d'évasion, ont vu le jour (Cognition Escape, 2025). C’est en mélangeant le concept des romans policiers, des jeux de société et des chasses au trésor que le concept est né (Cognition Escape, 2025). Au milieu des années 2000, un certain Takao Karl a créé la première salle réelle et le concept s’est rapidement répandu dans le reste de l’Asie. Depuis ce temps, le concept s’est développé. Par exemple, certains jeux utilisent l’intelligence artificielle afin d’adapter leur niveau de difficulté aux participants qui sont de plus en plus performants (Cogniton Escape, 2025). 

Je vous ramène dans mon aventure. À chacun de mes pas sur le tapis herbeux, je m’enfonce encore plus dans cet univers. Dans l’escalier, j’entends des sons de tambours qui annoncent le début du spectacle de cirque. Cette dernière pièce me laisse sans mot, elle est immense! Les rideaux géants jaune canard et rouge pompier me donnent cette drôle impression d’être si petite, comme si j’étais une miniscule figurine qui avait été déposé dans un sublime chapiteau. Il faut dire que le scénario a été classé premier au monde en 2024 et qu’il est encore finaliste cette année (Terpeca, 2024). La succursale Escaparium Laval est un vrai géant de l’industrie : plusieurs de leurs scénarios se trouvent dans le top 100 mondial et 3 d’entre eux sont parmi les 15 meilleurs (Terpeca, 2024). Pour vous donner une idée de l’ampleur de sa renommée, l’acteur et chanteur américain, Neil Patrick Harris est allé fêter son anniversaire là-bas (En Vedette, 2025). 

Vous vous demandez sûrement : est-ce que toute cette expérience en vaut vraiment le prix? Parce qu’à 189$ par visiteur c’est un pensez-y bien ! S’élevant au coût de 1 200 000$ pour la création du décor et 18 mois de construction pour donner cet effet « Wow! », la compagnie doit rentabiliser cet investissement. Malgré que le scénario soit d’une durée de deux heures et demie, ça revient très cher (Lincourt, 2025). Je me suis posée la question et ma réponse est encore mitigée. Je pense que sa renommée mondiale contribue au tourisme de la région. En effet, Escaparium (2025) a même un guide de voyage pour les visiteurs internationaux. Que ce soit pour la suggestion d'hôtels ou de restaurants québécois, cette belle initiative fournit aux voyageurs un moyen de découvrir facilement les différents quartiers de Laval. En chiffres, le nombre de visiteurs étrangers est d’environ 10% par année, ce qui est à ne pas négliger (Roy, 2024). Je vous avoue que je recommande définitivement l’expérience! L’histoire est simplement tellement bien écrite avec la bonne dose d’indices pour comprendre ce qui se passe. Cependant, je ne peux pas dire que je recommanderai ce scénario à n’importe qui. Premièrement, c’est plus un spectacle qu’un jeu d’évasion classique. Deuxièmement, cela ne représente pas la grande majorité des jeux d’évasion. Bref, je pense quand même que la qualité des décors vaut le détour. 

Imaginez-vous revivre une journée de votre enfance. Si vous pouviez sentir à nouveau le doux parfum du sucre et revivre l'éblouissement de découvrir un chapiteau de cirque qui déborde de magie, vous le feriez ? 


Références

Cognition Escape (2025). The history of Escape Room. Blog Cognition Escape. https://cognitionescapes.com/blog/the-history-of-escape-rooms/ 

En Vedette (2025). Neil Patrick Harris a célébré son anniversaire à Laval, voici à quel endroit! Noovo Moi. https://www.noovomoi.ca/en-vedette/neil-patrick-harris-fete-laval.html 

Escaparium (2025). Guide de voyage: Mangez local. Séjournez dans un bel hôtel. Amusez-vous! Escaparium.https://www.escaparium.ca/laval/travel 

Lincourt, N (2025). Ce jeu hyper réaliste à Laval est #1 au monde et dure 2h30. Narcity médias. https://www.narcity.com/fr/laval/jeu-evasion-cirque-escaparium-monde-laval 

Pinard, M (2020). Un jeu d’évasion pour développer les compétences informationnelles. Les publics: outils pour les comprendre et les intégrer. Université McGills. https://id.erudit.org/iderudit/1071199ar 

Roy, J (2024). Jeux d’évasions de calibre international. La Presse. https://www.lapresse.ca/affaires/portfolio/2024-11-20/laval/jeux-d-evasions-de-calibre-international.php 

Terpeca (2024). Top Escape Rooms Projet 2024. Terpeca. https://www.terpeca.com/2024/ 

« We need a law »

Slogan des groupes anti-choix appelant à une législation restrictive sur l’avortement.

Par Maxime Gravel

Pour illustrer pourquoi la législation de l’avortement est problématique, rien de mieux que de s’appuyer sur un exemple réel, récent et aux conséquences dramatiques. L’arrêt Roe v. Wade, rendu en 1973, avait été fondé sur de bonnes intentions : protéger le droit des femmes à l’avortement en l’inscrivant dans le cadre constitutionnel. L’idée était de garantir ce droit contre les fluctuations politiques. Cependant, parce que Roe v. Wade reposait sur une interprétation constitutionnelle, il était aussi dépendant de la composition de la Cour suprême, laquelle évolue au fil du temps. Ce qui a été inscrit dans la Constitution peut donc, par la même logique, être réinterprété ou renversé. C’est exactement ce qui s’est produit en 2022, avec l’arrêt Dobbs v. Jackson Women’s Health Organization, qui a annulé Roe v. Wade. Du jour au lendemain, le droit fédéral à l’avortement a disparu. Chaque État s’est alors retrouvé libre d’imposer sa propre législation, parfois extrêmement restrictives, voire criminelles. 

Ce désastre démontre que l’inscription d’un droit dans un texte fondamental, même animée des meilleures intentions, ne garantit nullement sa protection à long terme. Même lorsque l’objectif affiché est de préserver durablement l’accès à l’avortement, un simple changement de majorité judiciaire peut suffire à transformer cette assise juridique en un instrument produisant l’effet inverse : restreindre, voire abolir, le droit que l’on cherchait précisément à protéger. Autrement dit, constitutionnaliser un droit ne le rend pas intangible. Au contraire, cette stratégie peut parfois l’exposer à des revirements abrupts et lourds de conséquences. L’exemple américain en est une illustration frappante : un cadre juridique initialement conçu pour garantir l’accès à l’avortement a fini, plusieurs décennies plus tard, par servir de levier pour en faciliter la criminalisation.

L’avortement doit être reconnu et traité comme un soin de santé à part entière, c’est-à-dire garanti par des politiques de santé publique claires et durables, et non par son inscription dans la Constitution. Le projet de loi no 1, porté par le ministre de la Justice Simon Jolin-Barrette, fait peser un danger réel sur ce droit au Québec plutôt que de le protéger.

Pétition en cours : 

Une pétition portée par la porte-parole de Québec solidaire Ruba Ghazal demande actuellement le retrait de l’article 29 sur l’avortement du projet de loi constitutionnelle. Elle sera déposée à l’Assemblée nationale d’ici février 2026.

Références 

Action Canada et Association Femmes et Droit (ANFD). (2022). Why we don’t need a new abortion law in canada. https://www.actioncanadashr.org/news/2022-06-24-why-we-dont-need-new-abortion-law-canada 

Assemblée nationale du Québec. (2025). Projet de loi nº1 (43-2) : Loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec. https://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/projets-loi/projet-loi-1-43-2.html 

Barreau du Québec (2023, 21 juin). Le barreau met en garde la ministre Biron au sujet de l’avortement. Le Devoir. https://www.ledevoir.com/politique/793356/le-barreau-met-en-garde-la-ministre-biron-au-sujet-de-l-avortement 

Gravel, A.S. (2025, 5 décembre) La CAQ menace (encore) le droit à l’avortement. Pivot. https://pivot.quebec/2025/12/05/la-caq-menace-encore-le-droit-a-lavortement/ 

Greenhouse, Linda, & Siegel, R. B. (2011). Before (and after) roe v. wade: new questions about backlash. Yale Law Journal, 120(8), 2028-2087. https://heinonline.org/HOL/Page?collection=journals&handle=hein.journals/ylr120&id=2039&men_tab=srchresults 

Pronovost, V. (2013). La droite chrétienne américaine : une analyse féministe foucaldienne des cas du pasteur Mark Gungor et du mouvement des centres d'aide à la grossesse. Université du Québec à Montréal. https://archipel.uqam.ca/5690/1/M12948.pdf 

Sioui, M.M. (2025, 3 décembre). Inscrire l’avortement dans la Constitution offre au antichoix une nouvelle « cible à abattre ». https://www.ledevoir.com/actualites/societe/938538/inscrire-avortement-constitution-offre-antichoix-nouvelle-cible-abattre 

Tremblay, K. (2025, 5 décembre). Cher ministre Jolin-Barrette, j’aimerais que tu m’expliques. La Tribune. https://www.latribune.ca/chroniques/karine-tremblay/2025/12/05/cher-ministre-jolin-barrette-  

Un échange, ça change la vie

Par Marie Véronique Ross

Maintenant que mon séjour approche à sa fin, les quatre derniers mois défilent à toute allure dans ma tête. 

Qui aurait cru que je serais partie à l’étranger, seule ? Pas moi, en tout cas. 

On m’a souvent dit: « tu vas voir ça va changer ta vie ». 

Ce n’est pas que je n’y croyais pas, mais je ne voulais pas me faire trop d’attentes. Peut-être par peur que ça ne change pas ma vie. Eh bien, tout le monde avait raison, ma vie a changé. Je vous suggère fortement cette expérience. Mettez votre vie dans une, deux ou trois valises, prenez un billet et partez à l’étranger. Sur un coup de tête, j’ai décidé de poursuivre mes études en communication à Milan. Une des meilleures décisions que j’ai faite. 

Je peux dire que, même si je suis 50% italienne, j’ai eu un choc culturel arrivé à destination. Bien différente de mon patelin, je me suis installée dans une grande ville avec un tempérament froid où tout est rapide et très « business ». Ce n’est habituellement pas ce que je recherche lors d’un séjour ailleurs. J’avais peur de ne jamais m’habituer à cette ville, à mon coin près du Naviglio, à mon université nommée IULM, mais j’ai appris à l’apprivoiser et à l’aimer. 

(Brera, IULM et Naviglio)

Ah la la, je vais m’ennuyer d’elle. Une des choses les plus difficiles a été de m’habituer à leur heure de souper… 20h00 !? Oh, mais combien de beaux échanges ai-je eu en partageant une pizza margherita, des pâtes au pesto, des focaccias et plus encore. J’ai maintenant des amis provenant des quatre coins du monde. Ensemble, on a vécu tellement d’aventures folles. On a découvert une bonne partie de l’Europe tout en partageant nos histoires personnelles. Une famille s’est créée. Quelques mois et j’ai l’impression que ça fait une éternité. Difficile à le croire. 

Tous ces voyages de dernière minute dans des pays avoisinants, avec des personnes qui m’étaient complètement inconnues ont contribué à me faire découvrir cette partie cachée de moi-même. J’ai appris à penser solutions avant problèmes, aiguiser mon sens de l’orientation et lorsqu’il le fallait, mettre mon pied à terre pour aider à prendre une décision. Essayer de tout contrôler est impossible. La vie fait bien les choses. On a manqué le train ? Il va y en avoir un autre. Il y a une grève des transports ? On s’y rend d’une autre manière. Un problème avec notre booking ? On fait des appels. Il pleut toute la journée ? On ira danser sous la pluie ! 

Peu importe ce qui arrive, il y a toujours une solution, parfois il faut juste s’asseoir sur le plancher d’une gare de train et se remettre dans le moment. En profiter pour faire une pause et trouver la perle. Être à l’étranger m’a appris que chaque problème ne devient pas la fin du monde. Il faut accepter la situation et ce qui se passe autour de moi.  « De vivre pleinement dans le moment présent » comme le dit toujours si bien mon papa. 

En y repensant, pendant que j’écris cet article, on dirait un rêve. La petite Marie toute gênée n’en revient pas qu’elle a vécu cette expérience hors du commun. Soudainement, j’ai les yeux larmoyants. Je suis submergée par différents sentiments. D’un côté, j’ai hâte de retourner à la maison, voir ma famille, mes amis, mon neveu et, aussi, je dois le dire, parler québécois. De l’autre côté, c’est difficile de quitter ces nouvelles personnes sans savoir quand est-ce que je vais les revoir. C’est la beauté d’un échange étudiant. Tu rencontres des gens qui habitent à des milliers de kilomètres et en quelques jours, elles deviennent comme des amies d'enfance.

Cet échange étudiant m’a fait découvrir une partie de moi qui m’était étrangère.

Je rapporte au Québec cette nouvelle version, 

À bientôt. 

Dans les coulisses de nos chansons de Noël préférées

Par Erika Donatucci

Une touche légère pour cette fin de session éprouvante pour tout le monde. Quand la fatigue s’accumule et les remises s’enchaînent à la fin d’une session d’automne tumultueuse, heureusement que certaines chansons de Noël sont là pour nous offrir une pause et parfois même un regain de motivation.

Voici donc un petit top des chansons de Noël parmi les plus connues accompagné de quelques petites anecdotes parfaites à glisser au repas de famille pour impressionner votre oncle Bobby (ou, au moins, détourner certaines conversations ;) ). 

1. All I Want for Christmas Is You - Mariah Carey (1994)

Un incontournable du temps des fêtes, cette chanson l’est autant pour nous que pour Mariah qui n’attend qu’une chose : que l’Halloween soit terminée pour briser la glace. Sortie en 1994, la chanson n’a pourtant atteint le sommet des charts quelques années plus tard avec le début du streaming. À ses débuts, elle n’était même pas admissible au Billboard Hot 100. Ce n’est qu’en 2019 qu’elle atteint pour la première fois la première place (Green, 2025) ! On pourrait dire que l’ascension est arrivée presque par… magie. 

2. Last Christmas - Wham! (1984)

Une chanson que tout le monde aime alors que si on y réfléchit bien c’est un hit mélancolique déguisé sous un rythme festif. Mais, au-delà de ça, ce que l’on sait moins, c’est que les revenus générés par la chanson ont été versés au Band Aid Trust, l’organisme caritatif créé pour lutter contre la famine en Éthiopie dans les années 80 (McGovern, 2025). Comme quoi, les ruptures amoureuses peuvent parfois servir à une bonne cause !

3. Rockin’ Around the Christmas Tree - Brenda Lee (1958)

La chanson que tout le monde connaît, mais… d’un artiste différent. Les reprises de cette chanson se sont enchaînées à travers les décennies. Mais, c’est en 1958, qu’elle a été enregistrée par Brenda Lee alors qu’elle n’avait que 13 ans. Il a fallu attendre que la chanteuse devienne une véritable star dans les années 60 pour que le titre connaisse enfin le succès. Sa présence dans le film « Maman, j’ai raté l’avion »  a ensuite offert une seconde vie à la chanson en la propulsant au rang des classiques de noël (Rockin’ Around the Christmas Tree, 2025).

4. It’s the Most Wonderful Time of the Year - Andy Williams (1963) 

Je ne sais pas vous, mais moi c’est cette chanson qui me vient en premier dans la tête quand je pense à Noël. Peut-être parce que c’est une chanson énormément utilisée dans les publicités et les émissions de Noël comme dans « Maman, j’ai encore raté l’avion ». 

D’ailleurs, non seulement, elle est utilisée pour des publicités de Noël, mais les équipes de communication ont l’air d’avoir un consensus également pour l’utiliser de manière parodique. Si vous vous demandez quelle chanson est utilisée dans la campagne publicitaire annuelle de rentrée scolaire de bureau Staples (ce qui n’est probablement pas le cas), vous retrouverez l’enthousiasme des parents à faire les achats de fournitures scolaires contraster avec l’air abattu des enfants (It’s the Most Wonderful Time of the Year, 2025).

5. Winter Wonderland 

Bon, je vous l’accorde, on s’éloigne de LA chanson de Noël pour se rapprocher davantage de l’ambiance d’un chocolat chaud près du feu. Mais, c’est justement là où je veux en venir. On l’entend partout à Noël et elle a été reprise un nombre incalculable de fois (ma version préférée reste clairement celle de Pitch Perfect avec le fameux Snoop Dog), alors qu’en réalité, Winter Wonderland ne parle même pas de Noël. C’est simplement une balade romantique en plein hiver, avec un bonhomme de neige qu’on imagine tour à tour être un pasteur ou un clown de cirque. Comme quoi, parfois, il suffit d’un peu de neige pour nous convaincre que c’est une chanson de Noël.

Au fond, ces chansons de Noël ne sont pas devenues des classiques par hasard. Qu’elles soient joyeuses, mélancoliques ou même un peu trompeuses dans leurs paroles, elles finissent toujours par s’imposer dans nos écouteurs chaque mois de décembre. Elles accompagnent nos fins de session, nos révisions de dernière minute et nos soupers de famille parfois un peu trop longs. Et même si elles ne feront pas disparaître la fatigue ni les travaux à remettre, elles ont au moins le mérite de nous offrir une pause, un sourire et quelques anecdotes à ressortir quand la discussion s’essouffle autour de la table ;)

Références :

Green, W. (2025, 15 décembre). « All I Want for Christmas is You » is now the Longest-Running No. 1 song in history. Pitchfork. https://pitchfork.com/news/all-i-want-for-christmas-is-you-longest-running-no-1-in-history/

« It’s the Most Wonderful Time of the Year » (2025, 18 décembre). Wikipedia, https://en.wikipedia.org/w/index.php?title=It%27s_the_Most_Wonderful_Time_of_the_Year&oldid=1328189343.

McGovern, A. (2025, 18 décembre). Astonishing amount Wham! makes every year from their one Christmas song. The Sun. https://www.thesun.co.uk/tvandshowbiz/37600708/wham-christmas-song-earns-astonishing-amount/

« Rockin’ Around the Christmas Tree ». (2025, 19 décembre). Wikipedia, https://en.wikipedia.org/w/index.php?title=Rockin%27_Around_the_Christmas_Tree&oldid=1328418996.

« Winter Wonderland ». (2025, 20 décembre). Wikipedia, https://en.wikipedia.org/w/index.php?title=Winter_Wonderland&oldid=1328509371.

Édition de Novembre

Mot des co-rédactrices en cheffe

C’est avec un enthousiasme renouvelé que nous vous présentons cette édition de novembre ; une édition composée de huit articles passionnants, tous plus inspirants et captivants les uns que les autres. Chaque article témoigne du talent, de la curiosité et de la sensibilité de notre merveilleuse équipe !

Ce numéro, c’est un peu comme un café filtre à 8h le matin en pleine fin de session : nécessaire, énergisant et surprenamment réconfortant. Notre équipe s’est encore une fois dépassée ! Même entre deux remises de travaux, trois crises existentielles et un niveau de fatigue collective qu’on pourrait qualifier de « pire que l’année dernière ».

Dans cette édition de novembre, vous trouverez de tout : des réflexions, des coups de cœur, des découvertes, et peut-être même une ou deux révélations inspirées de notre fascination pour ce qui fait peur (on te voit, octobre). Bref, c’est du ComMédia pur jus.

Passer un autre mois à la barre de ce projet, c’est continuer d’explorer un univers que nous aimons profondément. Être rédactrices en cheffe, c’est accompagner une équipe qui ose, qui crée, même lorsque la fin de session pointe le bout de son nez avec son lot de défis. Et franchement, quelle fierté de voir ce que chacun et chacune a su accomplir !

Merci d’être là, de nous lire, de soutenir notre travail mois après mois. Nous vous souhaitons une bonne lecture, un mois rempli de douceur et, surtout… bonne chance pour la fin de session !

Ne lâchez pas, on croit en vous !

- Salma Achoumi et Jaymie Vézina

Comment rester motivé quand novembre frappe ?

Par Julia Vallée

Un soleil qui disparaît avant la fin de ton cours, un changement d’heure soudain, deux semaines de pluie interminable... eh oui, c’est novembre qui s’installe tel un poids sur tes épaules. Au niveau universitaire, ce mois charnière ne passe pas inaperçu. Malheureusement il se montre le bout du nez directement au moment où la lumière naturelle devient de plus en plus rare et  joue sur notre santé mentale. À ce moment précis, la session ne semble plus finir et où la fatigue accumulée se fait ressentir graduellement. Ce mois grisâtre n’est pas seulement un mot sur ton calendrier, c’est une atmosphère et une ambiance, parfois même une certaine mentalité et plusieurs étudiants redoutent de le voir arriver.

Une simple organisation n’est pas suffisante pour rester motivé pendant le mois de novembre. On parle plutôt d’adaptation à un contexte extérieur qui joue contre nous, de gestion mentale et surtout d’énergie. La toute première chose à faire est de reconnaître que la baisse de motivation et de productivité ne représente pas un signe de faiblesse, mais plutôt  un phénomène récurrent aussi vécu par tes pairs. C’est en comprenant qu’une démotivation au mois de novembre est complètement normale qu’il sera possible de t’enlever une couche inutile de culpabilité. Novembre est objectivement difficile : ne t’en fais pas, tu ne perds pas nécessairement ta discipline.

Dans cette situation, le truc est de ne pas s’attendre à être aussi  performant qu’au mois de septembre, mais  plutôt réajuster la manière dont on fait les choses au quotidien. C’est en te fixant des micro-objectifs qu’il te semblera plus facile d’avancer. Par exemple, tu peux viser d’effectuer une seule tâche importante lors d’une journée plutôt chargée, séparer une grosse lecture en segments de 15 minutes ou encore effectuer un travail un paragraphe à la fois. Ces techniques réalistes permettent donc de te donner le sentiment que tu progresses, ce qui est  motivant. Au mois de novembre, il ne faut pas viser la rapidité ; il faut continuer à avancer, même à petits pas. 

La création  d’une routine est aussi un élément clé. Effectivement, le peu de luminosité auquel nous sommes exposés perturbe les rythmes naturels, et tend à causer un surplus de fatigue. C’est là qu’une routine stable, même si elle semble simple comme une heure de réveil constante, un café, un moment de lumière naturelle ou un repas chaud, instaure un sentiment d’ancrage et de contrôle par rapport à ce que tu vis. Tu peux même utiliser tes hobbies personnels, qu’ils soient apaisants, sportifs ou créatifs, pour te donner des repères qui seront précieux durant cette période. Ce sont  eux qui te rappelleront qu’il est possible de vivre des moments plaisants et agréables, même lors d’un mois qui fait rarement place à la spontanéité.

Il est également très important de ne pas sous-estimer le pouvoir de son entourage. Le mois de novembre est épuisant, ce qui peut mener vers l’isolement. C’est pourquoi passer du temps avec tes proches peut aider à faire la différence. Que ce soit autour d’un simple café entre deux cours, un moment d’étude en groupe (même en silence !) ou simplement en partageant ton stress avec un.e ami.e, cela peut t’aider à alléger la pression que tu ressens, te redonner un sentiment d’élan et te fournir des points d’appui durant ta semaine. Être motivé n’est pas un travail qui doit être encaissé seul, c’est une dynamique qui se partage entre les gens. 

Finalement, tu dois te donner la chance de ralentir pour mieux repartir. Être compatissant envers soi-même est un élément clé pour rester motivé. Afin de rester motivé sur le long terme, il faut accepter d’avoir besoin d’un moment off, d’être plus fatigué et de fonctionner moins vite. Il ne faut pas voir tes moments de repos comme des failles à ta productivité. Au contraire, il s’agit d’une étape essentielle pour réussir. En d’autres mots, pour retrouver ton plein d’énergie, tu dois savoir laisser ton corps avancer à son propre rythme. 

Quand novembre frappe, ce n’est pas ta volonté qui y est testée, mais plutôt ta chance de repenser à la manière dont  tu peux avancer à travers ta session. Garder sa motivation ne signifie pas être invincible, c’est savoir comment traverser un mois qui exige de la solidarité, de la douceur et du réalisme. Tu dois te rappeler qu’en traversant un mois chargé  d’une pile de travaux et d’un ciel noir beaucoup trop tôt, un autre beaucoup plus lumineux finit toujours par revenir. 

L'année de Lou-Adrianne Cassidy - Retour sur le 47e Gala de l'ADISQ

Par Emilie Charest


Au Québec, nous avons la chance d’avoir une incroyable diversité d’artistes, et ce sont des soirées comme celle du Gala de l’ADISQ qui permettent de faire rayonner et de récompenser ces figures d’ici. Les 10 trophées Félix de cette année ont été remis dans une ambiance émotive et festive, lors d’une soirée animée par le bien connu Pierre-Yves Roy-Desmarais. 

Alors, vous étiez trop occupés à regarder Occupation Double le soir du 9 novembre dernier? Pas de problème, car si vous avez manqué ce 47e Gala de l’ADISQ diffusé sur les ondes de Radio-Canada, je vous résume le tout à l’instant !

Une prestigieuse année pour Lou-Adriane Cassidy

Impossible de débuter cet article sans tout d’abord parler de celle qui a volé la vedette lors de cette soirée, la jeune Lou-Adriane Cassidy. L'autrice-compositrice-interprète a lancé, en janvier dernier, son troisième album intitulé Journal d’un loup-garou, composé de 14 chansons, lesquelles ont toutes été très bien reçues. C’est d’ailleurs inspirée du titre de son album qu’elle a décidé de compléter son « look » de la soirée. Elle s’est présentée au tapis rouge avec son bras gauche complètement transformé en bras de loup-garou franchement réussi. Ce n’est pas seulement avec sa tenue qu’elle a su attirer l’attention de tous, mais surtout par son impressionnant succès. Dans les médias, on la qualifie de « reine de l’ADISQ », en  la décrivant comme celle qui a « tout raflé » ou encore comme celle qui a « balayé le Gala de l’ADISQ ». Parler de ses hontes et de ses blessures dans son album ne lui aura apporté aucun regret : elle est repartie de cette soirée avec les Félix de l’artiste féminine de l’année, de l’autrice ou compositrice de l’année, de la chanson de l’année et du spectacle de l’année. Ces quatre prix extrêmement prestigieux viennent s’ajouter aux huit autres Félix qu’elle avait remportés plus tôt dans la même semaine, lui donnant un total de douze Félix remportés en seulement un an. La jeune Lou-Adriane Cassidy n’a même pas encore 30 ans que tous les yeux sont déjà rivés sur elle. Si vous ne la connaissez pas encore, ceci est votre signe d’aller écouter sa musique, car vous ne serez pas déçus. 

Pierre Lapointe continue de briller

Comme plusieurs, j’ai grandi sur les notes musicales et les magnifiques paroles de l’auteur-compositeur-interprète Pierre Lapointe, et sa musique me suit encore tous les jours. C’était la 10e fois en 20 ans, cette année, qu’il était nominé pour le prix de l’artiste masculin de l’année; prix avec lequel il est reparti cette fois-ci. Tout comme Cassidy, il a lui aussi lancé son plus récent album en janvier dernier, Dix chansons démodées pour ceux qui ont le cœur abîmé. Il s’agit de son 15e album en carrière. Dans celui-ci, il rend hommage à ceux et celles qui ont bâti « la grande chanson », en insérant des clins d'œil dans ses paroles. Cette force d’inspiration lui a encore une fois été bien récompensée avec ce Félix prestigieux pour lequel se disputaient d’autres excellents artistes comme Aliocha Schneider, Damien Robitaille, Fredz et Jay Scøtt. 


Les Cowboys Fringants : toujours présent dans nos coeurs 

Le 15 novembre dernier nous rappelait les deux années qui se sont écoulées depuis la mort du chanteur des Cowboys Fringants, Karl Tremblay, malheureusement décédé d’un cancer à l’âge de 47 ans. En avril 2024, le groupe a lancé un album sur lequel on pouvait entendre pour une dernière fois la voix de Karl, intitulé « Pub Royal ». Cet album leur a valu trois Félix et plusieurs nominations l’an dernier, et il continue d’être un succès encore cette année. Ils repartent avec un autre Félix lors de cette 47e édition pour l’album de l’année à succès populaire. Ce fut, bien sûr, un très grand honneur pour eux de monter sur scène. Rappelons que perdre leur chanteur, c’était non seulement faire le deuil de leur meilleur ami, mais également celui de leur carrière, ont-ils mentionné à plusieurs reprises dans différentes entrevues. Cependant, Jean-François Pauzé, auteur-compositeur principal derrière les chansons des Cowboys Fringants, est maintenant sur la lancée d’une carrière solo. Cet automne, nous avons pu entendre son tout premier album, Les amours de seconde main. Cet album fait de nombreuses références à son frère d’armes, Karl, notamment dans la chanson Ballon-sonde qui a su se tailler une place dans les palmarès pendant un bon moment. Marie-Annick Lépine, quant à elle, mène déjà une belle carrière solo qu’elle avait entamée avant la mort de son conjoint. 


Autres artistes à surveiller

Vous avez probablement entendu cette année la magnifique chanson Ensemble, composée par Aliocha Schneider et chantée en duo avec son amoureuse bien connue, Charlotte Cardin. Peut-être l’artiste n’a peut-être pas remporté le Félix de l’artiste masculin de l’année, mais il a remporté celui de l’artiste de l’année, rayonnement à l’international, qui était d’ailleurs son premier prix au Gala de l’ADISQ. C’est entre autres son succès grandissant en France qui lui a permis d’aller décrocher ce titre. Son nom se fera très probablement entendre dans les prochaines années, lui qui est au tout début de sa carrière. Dans cette même direction, la talentueuse Billie du Page a remporté le Félix de la révélation de l’année, prix qui est absolument  mérité. Une autre artiste que j’adore et que vous devez absolument connaître est la lauréate du prix de l’artiste autochtone de l’année, Elisapie. Son nom vous est peut-être familier puisqu’elle est active dans le domaine depuis le début des années 2000. C’est la quatrième fois qu’elle remporte ce prix, et avec raison. Si vous ne la connaissez pas encore, je vous recommande sa reprise de la chanson populaire Heart of glass (Uummati Attanarsimat), qu’elle chante dans sa langue natale, l’inuktitut. Pour conclure, on ne peut passer sous silence le prix du groupe ou duo de l’année remis aux 2Frères pour une troisième fois en carrière. Force est de constater que leurs chansons chaleureuses continuent de toucher les québécois et québécoises droit au cœur année après année. 


Pour revoir le 47e Gala de l’ADISQ : Gala ADISQ 25 | Évènements | ICI TOU.TV


相撲…そして論争 « Sumō… et controverse »

Par Émilie Soum-Cimino 

« はっけよい !! » 

Cria le gyoji (l’arbitre) pour annoncer le début du match après que les rikishi (combattants) aient touché le sol de leurs poings, signal du commencement de la courte mais féroce lutte. Sumō, la lutte traditionnelle japonaise, est un sport pratiqué depuis plusieurs siècles et se démarque autant par les nombreux rituels et cérémonies qui accompagnent les matchs, que par les lutteurs de gros gabarit vêtus de leur traditionnel mawashi (pagne très épais porté à la taille… qui ne les couvre pas beaucoup!).  

Dans l’ancien temps, les matchs de sumō faisaient partie d’un des nombreux rituels qui servaient à divertir les divinités Shinto et prier pour une bonne récolte. C’est durant l’époque d’Edo (1603-1868) que l’apparition du dohyō (cercle fait d’argile et de sable qui sert de ring aux lutteurs) surélevé transforma petit à petit la lutte sumō en sport grand public. 

Ce n’est qu’après la Deuxième Guerre mondiale que les tournois de sumō furent répartis de manière égale à travers le pays. De nos jours, le Japon compte annuellement six grands tournois, 本場所 - honbasho, dont le Grand Tournoi de Sumō de Kyushu qui a lieu dans la ville de Fukuoka tous les mois de novembre! 

(Kyodo, 2025.)

Match de sumō au Fukuoka Kokusai Center le 21 novembre 2025.

De la cérémonie d’entrée de ring kanreki dohyō-iri, au lancé de sel pour purifier le dohyō, jusqu’au shiko où les lutteurs font trembler le sol (et probablement quelques spectateurs par la même occasion) pour faire fuir les mauvais esprits, les matchs de sumō restent fidèles à leurs rituels traditionnels tout en laissant place à ce sport pour se moderniser. La lutte japonaise connaît depuis quelques années déjà, un certain renouveau caractérisé par un changement important amené part la 日本相撲協会 - Nihon Sumō Kyōkai (ligue de sumō professionnelle du Japon) concernant la place des lutteurs étrangers au sein des écuries. 

Bien qu’il n’y ait aucunes restrictions globales, il y a un maximum au nombre d’un lutteur professionnel étranger par heya, les écuries de sumō. Cependant une fois à la retraite, si les rikishi étrangers souhaitent devenir maître d’écurie et entraîneur, ils sont dans l’obligation de renoncer à leur nationalité d’origine et devenir citoyen japonais ; le gouvernement du Japon ne reconnaît pas la double nationalité, et la Nihon Sumō Kyōkai oblige que tous ses entraîneurs soient de nationalité japonaise (une règle très controversé qui fait débat dans ce milieu depuis bien longtemps!). 

(Tokyo Snack Box, 2025.)

Fait intéressant : Les rumeurs disent que durant un honbasho, environ 45 kilogrammes de sel sont utilisés en une journée, ce qui représente plus d’environ 650 kilogrammes pour toute la durée du tournoi!

Avez-vous déjà entendu parler de Danylo Yavhusishyn, plus connu sous le nom de 安青錦 新 大 - Aonishiki Arata ? Après être arrivé au Japon en 2022 en tant que réfugié de la guerre en Ukraine, le jeune homme de 21 rejoint très vite les rangs de la plus haute division professionnelle de sumō (la division 幕内 - Makuuchi) après avoir grimpé les différents échelons en un temps record. Aujourd’hui classé au rang de 関脇 - sekiwake (le 3e rang de la plus haute division, Makuuchi… vous me suivez ?), Danylo (ou Aonishiki) parle le japonais couramment et ne cesse d’impressionner son public, qui l’encourage depuis le monde entier.

(MMC magazine)

Tableau d’affichage japonais et explication imagée des différents rangs et divisions de sumō professionnel.

C’est le tout premier Ukrainien de l'histoire du sport à remporter un tournoi de sumō de niveau élite. Oui oui! Aonishiki vient tout juste de remporter le honbasho de Fukuoka, tournoi qui vient de se terminer pas plus tard que le 23 novembre dernier. C’est lors d’une impressionnante finale très serrée contre le grand champion 豊昇龍智勝 - Hōshōryū Tomokatsu (que l’on pensait indétrônable), que l’ukrainien marque sa victoire avec un okurinage, un mouvement permettant de faire projeter en arrière son adversaire. Dans quelques jours, la Nihon Sumō Kyōkai fera monter Danylo au rang de champion, 大関 - ozeki, 2e plus haut rang de la Makuuchi. C’est un pas de plus vers le rêve du jeune rikishi : atteindre un jour le titre de grand champion, le rang de 横綱 - Yokozuna, le plus haut niveau de la division Makuuchi… et le rang le plus élevé de sumō tout entier!

Pour regarder un petit moment de la finale Aonishiki vs Hōshōryū, je vous recommande cette courte vidéo! : 大相撲 横綱 豊昇龍-安青錦 優勝決定戦<令和7年九州場所・千秋楽>SUMO

The Japan Times, 2025)

Danylo Yavhusishyn lors de la remise de son trophée.

Derrière les exploits des lutteurs professionnels de sumō, un autre aspect fait débat depuis plusieurs décennies : la place des femmes. 

N’étant pas autorisées à monter dans le ring d’argile, elles n’ont le droit que de pratiquer ce sport dans les ligues de sumō féminine de niveau amateur : jusqu’à ce jour, les lutteuses de sumō ne sont pas les bienvenues dans la ligue professionnelle Nihon Sumō Kyōkai. En raison de ses origines religieuses, le dohyō reste encore aujourd’hui considéré comme un objet sacré, où l’espace à l’intérieur de ce dernier se veut pur, et tout ce qui se trouve à l’extérieur, impure. Vous me voyez venir ? 

Alors que les hommes rikishi seraient anciennement directement reliés aux divinités Shinto, les femmes ont longtemps été considérées comme impures, dites « 穢れ - kegare », un terme japonais désignant la contamination spirituelle ou l'impureté. La raison ? Le sang des menstruations et de l’accouchement. Voilà pourquoi ces dernières ont longtemps été bloquées (et le sont encore aujourd’hui, quoique bien plus rare) de certains lieux religieux sacrés, le dohyō de lutte y compris

Aujourd’hui, même si l’on reconnaît le cercle d’argile comme symbole national plutôt que religieux, son héritage pèse encore sur la pratique : la ligue de sumō professionnelle du Japon reste très ferme sur son interdiction des femmes à prendre place sur le ring. En plus des lutteuses, plusieurs politiciennes japonaises se sont vues refuser le droit de prononcer leurs discours au centre du cercle lors des tournois. Comme quoi, nous sommes encore loin d’une égalité des sexes dans le monde du sumō… la tradition fait débat! 

Selon la Nihon Sumō Kyōkai, la règle serait stricte et s’appliquerait à toutes… même aux équipes paramédicales féminines.

(Kyodo, 2018)

La mairesse de Takarazuka, Tomoko Nakagawa, est forcée à parler à l’extérieur du dohyō.

En 2018, une équipe d’infirmières composée de femme fut ordonnée (avec colère) de sortir du dohyō après s’être précipité pour porter secours au maire de la ville de Maizuru, tombé sans connaissance lors de son discours qu’il prononçait à l’occasion d’un match de sumō à Kyoto. Après l’incident, il a été rapporté que des spectateurs auraient lancé du sel pour purifier le ring juste après le départ des femmes, laissant sous-entendre que ces dernières l’auraient sali ou souillé au passage. 

Les secouristes reçurent un peu plus tard des excuses publiques et officielles de la part du maire et de la Nihon Sumō Kyōkai, mais la polémique avait déjà voyagé jusqu'à d’autres continents. 

Tant que le dohyō restera inaccessible à la moitié de la population, on peut se demander jusqu’où et pendant combien de temps un sport national pourra-t-il défendre cette palissade, qui aujourd’hui, n’a plus sa place dans la société dans laquelle nous vivons. 

(Yoshikazu Tsuno, 2010)

Miki Satoyama, lutteuse amatrice, lors d’un match du championnat de sumō féminin du Japon en 2010.

Bibliographie

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Mezzofiore, G. et Ogura, J. (2018). An official collapsed in a sumo ring. Female medics were asked to stop treating him because women aren’t allowed in sumo rings. CNNWorld. https://www.cnn.com/2018/04/05/asia/japan-sumo-women-ring-emergency-intl-trnd 

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Yoshikazu Tsuno. (2010). Female sumo wrestler Miki Satoyama gazes at her opponent during the heavyweight class of the Japan women's sumo championships in Sakai city, southern Osaka on October 3, 2010. [photographie]. YOSHIKAZU TSUNO/AFP via Getty Images. https://www.nbcnews.com/id/wbna39735401 

Ziminski, A. (2025). Fukuoka November Grand Sumo Tournament 2025. Japan Cheapo. https://japancheapo.com/events/november-grand-sumo-tournament/