Édition d'octobre

Qui dit octobre dit l’odeur des feuilles mortes, de l’air frais... et des bonbons ! Les journées deviennent plus courtes, la noirceur s’installe et l’esprit de l’Halloween s’empare de nos vies. On se demande si on a bien réussi nos examens de mi-session, mais on se demande avant tout si notre costume d’Halloween fera la une au sein de notre groupe d’amis.  

Octobre marque aussi la première édition du ComMédia de l’année scolaire 2026-2027. En plus d’être la première édition de l’année, celle-ci sera la première pour vos nouveaux corédacteurs en chef ! 

Merci à nos rédacteurs et rédactrices de nous faire confiance, et merci à vous, lecteurs et lectrices, d’encourager notre média étudiant. On ne pourrait être plus reconnaissants, et on ne pourrait être plus fiers d’entamer cette aventure.  

Cela étant dit, que vous soyez entre deux bouchées de KitKat ou entre deux partys d’Halloween, on souhaite que cette lecture vous embaume le cœur d’une douce chaleur, avant l’arrivée de l’hiver.  

En espérant que votre week-end ne soit pas trop arrosé ! 

Marie Véronique et Christopher  

Manipuler, c’est humain : dans la tête d’Elizabeth Holmes

Par Diandra Morar

Lorsque j’ai vu la bande-annonce de  « You Can See Everything » mettant en vedette Elizabeth Holmes, je savais que je serais au cinéma à sa sortie. Les réalisateurs Lance Oppenheim et Nathan Fielder, qui celui-ci assure également le rôle d’intervieweur, ont habité chez Elizabeth Holmes pendant les 34 derniers jours avant son incarcération. En voyant, les grands yeux bleus d’Holmes, la bouche ouverte de Fielder et toute cette tension rappelant un duel dans le Far West, je ne pouvais qu’être fascinée.  

Après tout, l'histoire d’Elizabeth Holmes m’a toujours tracassé le cerveau. Comment une étudiante de 19 ans a-t-elle convaincu de puissants investisseurs de lui donner des millions de dollars en se basant uniquement sur une idée (60 minutes, 2026) ? Pourquoi son empire (Theranos) formé sur des fondations invisibles a-t-il pris autant de temps avant de s'écrouler ?

Dans la légende

Theranos voit le jour en 2003 et connaît une croissance fulgurante durant les années 2010 (San Francisco Chronicle, 2026). Pourtant, elle n’est pas seule dans cette ascension. À ses côtés se trouve Sunny Balwani, président et chef des opérations, et ils étaient autant collègues qu’amoureux, selon de nombreuses rumeurs (60 minutes, 2026).

 Source : « Former Theranos executive Sunny Balwani is convicted of fraud » (NBC NEWS, 2026)

La compagnie suscite l'intérêt des investisseurs en leur faisant croire que sa machine Edison, « le Saint-Graal », permet d'effectuer de nombreux tests, allant de la détection du cholestérol au diagnostic du cancer. Les investisseurs rêvent tellement de cette technologie révolutionnaire qu’ils la financent suffisamment pour que la compagnie soit évaluée à environ 9 milliards de dollars (Wall Street Journal, 2015). George Schultz, homme ayant servi dans trois administrations de la Maison-Blanche, fait partie des investisseurs ayant permis à Holmes d'acquérir sa crédibilité et d’atteindre ce sommet. Il présente même Elizabeth, comme étant une femme brillante, à son petit-fils, Tyler Schultz. Il effectue, après tout, son stage chez Theranos !

Pourtant, en coulisses, la réalité est tout autre. Les scientifiques de Theranos savent que la machine Edison donne majoritairement des erreurs. Si une personne n’est pas prédiabétique, elle le devient et, si un individu est atteint de syphilis, il est étonnamment guéri !

C’est, Tyler Scultz, accompagné d’anciens employés, qui ont alerté le Wall Street Journal sur le danger de la machine Edison, des mensonges d’Elizabeth, ainsi que ses menaces (60 minutes, 2026). Un rift se crée entre le grand-père et le petit-fils. Bien que George Schultz soit conscient des agissements frauduleux d’Holmes, il décide de soutenir Elizabeth et laisse son petit-fils affronter Theranos seul (60 minutes, 2026). 

Source : « Who Are Tyler And George Shultz In HBO’s Elizabeth Holmes Documentary 'The Inventor?' » (Oxygen, 2019)

Suite à ces dénonciations, Theranos se fait bannir des laboratoires de recherche. La justice américaine amène Elizabeth et son complice Sunny devant le tribunal pour se justifier (60 minutes, 2026). En 2023, Holmes se fait condamner à 10 ans et 3 mois, alors que Balwani reçoit 13 ans en prison fédérale (San Francisco Chronicle, 2026).

Pas assez proche, pas assez loin 

Cette petite histoire n’est pas seulement là pour aider à la compréhension du lecteur de cet article. Elle aussi agit comme l’arsenal de Nathan Fielder et du réalisateur du documentaire Lance Oppenheim pour questionner Holmes.

Source : « Nathan Fielder Was Not Supposed to Be in ‘You Can See Everything’» (IndieWire, 2026)

En tant que spectatrice, j’avais déjà une idée de l’histoire et je pensais être la mieux préparée à éviter toute déception. Immédiatement, le film a détruit tous mes a priori. Au lieu d’avoir des réponses, j’en suis ressorti avec plus de questions.

Le documentaire a su faire quelque chose auquel on ne s'y attendait pas : il a humanisé Elizabeth Holmes. Fielder et Oppenheim ont habité avec la petite famille de Holmes composée d'elle, de son mari et de leurs deux enfants en bas âge. Être dans l’intimité de chez quelqu’un, qu’on le veuille ou non, les normalise.

C’est le prix de tout voir.

Face à face

Billy Evans, mari et père des enfants, aime Elizabeth telle qu'elle est ! N'ayant pas peur de prendre sa place, Evans est le protecteur d'Holmes, la confortant lors de moments difficiles. En s’occupant des enfants à sa manière, Billy aide Elizabeth à se préparer pour ses prochaines années, qui seront passées en prison.

Source : « Elizabeth Holmes, Billy Evans and new blood-testing diagnostics startup » (Baron, 2025)

Tout comme Balwani, Billy Evans a vu une étincelle dans l'ambition d'Elizabeth, malgré son passé frauduleux. Ne croyant pas qu’elle ait commis une faute, Sunny Balwani et Billy Evans sont d’accord sur plusieurs points.

Est-ce que les deux hommes ont vu la vulnérabilité d'Holmes et ont décidé d'en profiter ? Ou bien, est-ce qu'Elizabeth attire un type d'homme spécifique, lui permettant de l'aider à réaliser ses ambitions ?

Devant et derrière

Pour rebondir sur Fielder, il passe beaucoup de temps avec Elizabeth et apprend à la connaitre. Il la voit s'occuper de son bébé, amoureuse, déconcertée, et plus encore. Surtout, il essaie de comprendre pourquoi elle se croit innocente dans toute cette histoire. On sent l’incrédulité dans les paroles d’Elizabeth quand elle discute des évènements de Theranos. On sent l’anguille sous la roche. Fiedler sait qu’il faut tout prendre avec un grain de sel avec Holmes. Pourtant, après avoir passé autant de temps à la connaitre, la voir interagir avec sa famille, comprendre son ambition et voir comment son mari se comporte avec elle, il ne peut s’empêcher de compatir pour Holmes. Qui ne veut pas aider quelqu’un dont on a pitié ? 

À travers le documentaire, Elizabeth Holmes démontre cette capacité à subtilement pénétrer l’esprit des personnes qui l’entourent afin de choisir celle qui semble la mieux placée pour pouvoir prendre sa défense. 

Trois heures plus tard, lorsque les lumières se sont ouvertes au cinéma, j'ai pu constater que je n'étais pas la seule à être perplexe. Son histoire, auparavant, simple, devient mélangeante, autant pour Fielder et Oppenheim que pour le spectateur. On ressent de l’empathie pour une mère qui doit aller en prison, pour une femme d'affaires ayant perdu son grand projet de vie, mais elle reste tout de même une femme fraudeuse.

N'est-ce pas ?

Peu importe quel côté de la balance nous penchons, la manipulation d'Elizabeth Holmes a, aussi, fonctionné sur nous.

En jouant dans la tête de Fielder tout comme dans la nôtre, Elizabeth prouve qu’elle n’a qu'un seul objectif: devenir notre amie. 

Bibliographie 

60 Minutes Australia. (2026, 17 septembre). The fake medical revolution: Exposing the Theranos lie [Vidéo]. YouTube. https://youtu.be/m_x8wOM-30Q 

Baron, E. (2025, 11 mai). Elizabeth Holmes, Billy Evans and new blood-testing diagnostics startup. The Delaware County Daily Times. https://www.delcotimes.com/2025/05/11/elizabeth-holmes-billy-evans-new-blood-testing-diagnostics-startup/ 

Carreyrou, J. (2015, 16 octobre). Hot startup Theranos has struggled with its blood-test technology. The Wall Street Journal. https://www.wsj.com/articles/theranos-has-struggled-with-blood-tests-1444881901 

Egelko, B. (2026, 5 octobre). Key Theranos figure’s appeal denied by U.S. Supreme Court. San Francisco Chronicle. https://www.sfchronicle.com/politics/article/key-theranos-figure-s-appeal-denied-u-s-22463566.php 

Fielder, N., & Oppenheim, L. (Réalisateurs). (2026). You can see everything [Film documentaire]. A24.

Geiger, D. (2019, 20 mars). Who are Tyler and George Shultz in HBO’s Elizabeth Holmes documentary ‘The Inventor’? Oxygen. https://www.oxygen.com/martinis-murder/tyler-george-shultz-hbos-elizabeth-holmes-documentary-the-inventor 

IGN. (2026). You Can See Everything review. https://www.ign.com/articles/you-can-see-everything-review  

J Aubrey. (2023, 16 février). The crimes of Elizabeth Holmes | A 10 billion dollar fraud [Vidéo]. YouTube. https://www.youtube.com/watch?v=3zV5YEjadUE 

NBC News. (2022). Theranos trial verdict: Sunny Balwani, Elizabeth Holmes. https://www.nbcnews.com/business/business-news/theranos-trial-verdict-sunny-balwani-elizabeth-holmes-rcna33701

O’Falt, C. (2026, 21 octobre). Nathan Fielder was not supposed to be in ‘You Can See Everything’. IndieWire. https://www.indiewire.com/features/interviews/nathan-fielder-not-in-you-can-see-everything-1235223128/ 

Déjà vu, jamais lassé : pourquoi revoir nos séries préférées ?

Par Leena Holly

L’automne : la saison du renouvellement. Une saison de transition, tant sur le plan météorologique que dans nos habitudes quotidiennes. On se prépare tout doucement à redevenir des homebodies (forcés ou non) et à se trouver des passe-temps qui entrent dans le peu de temps qu’il nous reste, tellement nos journées sont occupées par le système capitaliste dans lequel nous vivons.

Une chose que le capitalisme a faite de bien ? Les plateformes en continu ! Quel trésor que de pouvoir, pour moins de 20 $ (selon le forfait choisi, bien sûr), avoir accès à un catalogue de séries préférées qui peuvent toucher toutes les générations, de nos grands-parents à nos petits-enfants !

Un tout récent article de Martine Letarte, qui pose la question « Qu’est-ce qui vous rend mal à l’aise dans les séries des plateformes en continu ? », nous amène à réfléchir : ces séries nous procurent-elles un réel confort ou y a-t-il tellement d’options que nous nous sentons submergés et décidons de retourner à ce que nous connaissons déjà ? Une question fascinante à laquelle je laisserai Mme Letarte et ses recherches apporter une réponse.

De mon côté (ainsi que de celui de mon algorithme Instagram), l’envie de réécouter d’anciennes séries télévisées provient d’un mélange de nostalgie et de confort.

On doit se l’avouer: retrouvez nos meilleures amies de télé dès le premier épisode, c’est une excitation à laquelle peu de gens peuvent résister. Qui n’aimerait pas replonger dans les histoires d’amour rocambolesques de Carrie, Charlotte, Miranda et Samantha ? On en a déjà assez de nos propres histoires d’amour, qu’elles soient remplies d’action ou non. Mais pouvoir, pendant un moment (30 minutes par épisode), se déconnecter et se soucier des problèmes de quelqu’un d’autre, c’est presque thérapeutique.

Il y a aussi le plaisir de regarder des émissions qu’on n’a pas nécessairement pu apprécier à leur juste valeur parce qu’on était trop jeune. Prenons Les Frères Scott, par exemple. La série est sortie alors que j’étais au primaire. À l’époque, je n’avais pas la maturité nécessaire pour comprendre la profondeur de la rivalité entre les frères ni pour analyser certains aspects plus complexes de l’histoire.

Aujourd’hui, nous pouvons nous questionner sur des personnages comme Dan Scott et sur la façon dont on perçoit les méchants. Même s’il a commis un acte horrible, son personnage permet d’explorer une réalité plus nuancée : on juge souvent les gens de manière manichéenne selon leurs actions, alors que leur comportement et leurs imperfections peuvent aussi nous amener à réfléchir aux zones grises de l’être humain.

Le désir de regarder à nouveau des émissions anciennes ne vient donc pas seulement de l’hyperstimulation causée par tous les choix qui s’offrent à nous aujourd’hui. En effet, il y a des moments dans la vie où l’on a l’impression de perdre le contrôle. Tout semble sans importance et tout change si rapidement qu’on a parfois simplement besoin de retrouver un peu de stabilité. Un retour dans le monde fictif de Stars Hollow, où l’on sait que, chaque matin, malgré tout, Lorelai et Rory savoureront leur tasse de café chez Luke’s, nous procure un réconfort absolu.

Nos émissions de réconfort sont aussi des repères qui nous permettent de réfléchir à nous-mêmes. On se reconnaît dans un personnage, dans ses émotions ou dans ses réactions. Mais lorsqu’on le voit agir et que ses décisions ont des répercussions à long terme, cela peut nous amener, parfois inconsciemment, à réfléchir à nos propres choix et à éviter de reproduire certaines erreurs.

Je ne dis pas que les émissions de télévision peuvent remplacer l’aide professionnelle, loin de là. Mais elles peuvent parfois mettre en perspective une situation qu’on traverse. Elles nous amènent à nous poser des questions comme : « Est-ce que ça en vaut vraiment la peine ? Est-ce que j’ai bien réagi dans cette situation ? » Elles peuvent aussi nous faire réaliser qu’on a une conversation à avoir, une conversation qu’on a peut-être trop longtemps laissée de côté ou qu’on a craint d’affronter.

Je pense notamment à une conversation entre Monica et Rachel dans la série Friends, qui met en lumière toute la difficulté émotionnelle associée à ce déménagement. Au-delà du simple changement d’adresse, cette étape symbolise la fin d’un chapitre de leur vie et le début d’une nouvelle réalité.

Nos émissions de télé préférées sont donc bien plus qu’un simple passe-temps. Elles nous permettent de retourner à une époque qui nous semble aujourd’hui empreinte de nostalgie, de prendre le temps d’apprécier les personnages et de découvrir toute leur complexité, autant d’aspects qu’on n’avait pas nécessairement eu le temps de saisir à l’époque.

Après tout, à l’époque où ces émissions ont commencé, on ne pouvait pas toujours les regarder à notre rythme. Elles nous étaient présentées en rafale, à des moments et pendant des saisons bien précises… ou pas du tout ! Il fallait les regarder quand elles passaient, et tant pis si on manquait un épisode !

Bref, en ce bel automne, malgré le rythme effréné de la vie et les responsabilités qui s’accumulent, remercions nos séries de nous permettre de remonter le temps et de retrouver des histoires qui continuent de nous toucher, de nous faire réfléchir et de nous réconforter.

Merci à mon ourson virtuel : mes séries préférées.

Est-ce que le succès rime forcément avec rentabilité économique ?

Par Erika Donatucci

Depuis plusieurs années, une idée demeure bien ancrée dans l’imaginaire collectif : les artistes qui cumulent des millions d’écoutes sont forcément riches.

Or, entre le streaming qui rémunère peu, les tournées parfois déficitaires et les investissements nécessaires pour rester visibles, la réalité économique des artistes est bien différente de l’image de succès que renvoient les réseaux sociaux et les plateformes musicales. Dans cet article, je vais tenter de démystifier cette idée reçue.

Le mythe des millions d’écoutes

 Source : @fredz_musicc, Instagram

C’est lors de son passage chez Ohdio, une plateforme de Radio-Canada, que le jeune rappeur québécois Fredz a expliqué avec transparence la réalité de ses revenus : 

« À ce jour, je n’ai pas touché beaucoup d’argent de mes écoutes. Quand je dis pas beaucoup, c’est en bas de 100 000 dollars dans toute ma carrière. Pour environ 250 millions d’écoutes en quatre ans » (Radio-Canada, 2026).

Cette déclaration peut surprendre. Effectivement, l'idée conçue est que plusieurs centaines de millions d’écoutes représentent automatiquement une fortune. 

Pourtant, la réalité est plus complexe.

Depuis un peu plus de dix ans, les plateformes de streaming sont au cœur de l’industrie musicale et, pourtant, la diffusion en continu n’est pas nécessairement la principale source de revenus des artistes. Si l’on prend pour exemple Spotify, la plateforme paie entre 0,0003$ à 0,0084$ par écoute. La rémunération dépend  du contrat de distribution et de l’abonnement de l’auditeur (FreeYourMusic, s. d.). Il faut également inclure à cela  les parts revenant à la maison de disque, à l’éditeur musical, à l’ingénieur du son et à tous les différents professionnels qui participent au développement de la carrière de l’artiste.

Une tournée n’est pas forcément rentable

Alors, avec cette information, on peut en déduire qu’un profit est réalisé lors d’une tournée mondiale. Après tout, ils remplissent des salles aussi petites que grandes. 

Là encore, le témoignage de Fredz est inattendu. Bien que ses salles soient complètes, l’artiste affirme que sa tournée ne génère actuellement aucun profit, mais plutôt des pertes. Il y a plusieurs explications à ce phénomène. En effet, derrière chaque concert se cachent des coûts importants à prévoir, comme la location, la technique, l’équipe, le transport, l’hébergement, la communication, la scénographie, les salaires et les commissions. 

Selon Fredz, ce sont davantage les festivals qui permettent de générer des bénéfices. Les événements musicaux apportent un revenu pour les artistes grâce aux cachets de spectacles, aux redevances d’exécution publique et aux produits dérivés.  

En parallèle, la tournée en salle agit comme une vitrine : elle permet de démontrer l’intérêt du public et de développer la notoriété de l’artiste. Il s’agit davantage d’un investissement marketing visant à accroître la notoriété de l’artiste. Certaines dates prestigieuses, comme son passage à l’Olympia, en France, revêtent une dimension particulièrement stratégique pour sa carrière. En effet, se produire sur la scène de cette salle emblématique peut contribuer à accroître sa visibilité et à renforcer son image auprès du public et des professionnels de l’industrie musicale. 

De manière générale,  faire de la scène et remplir des salles pendant une année complète permet donc souvent à renforcer sa visibilité, d’ouvrir la porte à des festivals et de renforcer son lien avec sa communauté. 

C’est donc la somme des multiples sources de revenus qui forment un salaire intéressant : festivals, produits dérivés, billetterie, droits radios, partenariats et contenus numériques.

Source : Radio-Canada, 2026, 28 février

L’artiste, un entrepreneur avant tout

Cette réalité ne concerne pas uniquement les artistes de taille intermédiaire. 

Dans un épisode du podcast français d’Hugo Clément, le DJ et producteur français Mosimann expliquait réinvestir l’essentiel de ses revenus dans ses tournées et ses dispositifs scéniques, représentant des investissements de plusieurs centaines de milliers d’euros (UNBX, 2026). La grande partie des revenus est réinjectée dans la production, que ce soit dans la technologie, le personnel, le transport, la logistique ou la mise en scène. 

Source : UNBX, 2026, 23 septembre

Ces témoignages illustrent une facette souvent méconnue du métier : l’artiste est aussi un entrepreneur. Une grande partie des revenus qu’il génère est réinvestie afin d’améliorer le spectacle, de développer son image et de garder une place dans une industrie concurrentielle.

Le véritable fossé : artistes établis et superstars mondiales

Toutefois, il serait trompeur de croire que cette réalité est uniforme dans l’industrie. 

Le témoignage de Fredz permet également de rappeler une nuance importante. Atteindre 250 millions d'écoutes représente un succès considérable pour un artiste québécois, mais cela ne le place pas nécessairement dans la même réalité financière que des artistes comme Beyoncé, Taylor Swift ou Lady Gaga.

Les plus grandes vedettes de l'industrie bénéficient de sources de revenus beaucoup plus importantes : les artistes produisent des tournées dans des stades pouvant accueillir des dizaines de milliers de spectateurs, en vendant des billets à des prix élevés afin d’avoir un profit. Ils vont conclure des partenariats internationaux avec des marques, obtenir des commandites, créer des produits dérivés et commercialiser leur image à l'échelle mondiale.

Cette réalité démontre qu'il existe, aujourd'hui, plusieurs catégories d'artistes. Entre l'artiste émergent qui peine à rentabiliser sa musique, l'artiste établi qui parvient à en vivre grâce à plusieurs sources de revenus et la superstar mondiale qui génère des dizaines de millions de dollars chaque année, l'écart économique demeure immense malgré une présence commune sur les plateformes de streaming.

Une réalité plus complexe

À l'ère du streaming, la visibilité n'est plus forcément synonyme de rentabilité. Entre les faibles revenus par écoute, les tournées utilisées comme levier de promotion et les investissements massifs dans les spectacles, de nombreux artistes construisent leur équilibre financier à l’aide de multiples sources de revenus plutôt qu'à un unique succès commercial. Ainsi, malgré l’image de richesse, de popularité et de réussite véhiculée sur les réseaux sociaux et les plateformes, la réalité économique des artistes est souvent bien plus complexe qu’il n’y paraît. La visibilité n’est pas nécessairement liée à une situation financière avantageuse, contrairement à ce que l’on pourrait croire.

Bibliographie 

FreeYourMusic. (s. d.). Combien paie Spotify par flux ? https://freeyourmusic.com/fr/blog/combien-paie-spotify-par-flux⁠ 

Radio-Canada. (2026, 28 février). Sauve qui peut — Samedi 28 février 2026 : transcription. https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/sauve-qui-peut/episodes/1089324/samedi-28-fevrier-2026/transcription⁠ 

UNBX. (2026, 23 septembre). Mosimann gagne 1 million à 20 ans et rembourse les dettes de sa mère [Vidéo]. YouTube. https://youtu.be/XZsVcOpOgZY?si=PgFbtC-KRkfAq0E9

« Ce n’est pas sénégalais » : l’ironie d’une homophobie d’État

Par Esther Andiapin Sellambin

Avertissement : certains commentaires reproduits contiennent des propos homophobes et des menaces. L’orthographe des commentaires a été corrigée pour plus de clarté.

J’ai d’abord écouté le témoignage d’une femme sénégalaise queer, contrainte de s’exiler en France en raison de son orientation sexuelle. Touchée par son histoire, j’ai parcouru les commentaires en m’attendant à y trouver du soutien. Sur 262 messages analysés, environ 255 étaient hostiles aux personnes homosexuelles.

En voici trois :

@message1 : « Vous êtes déjà en France, non, Madame ? Restez-y directement. On n’accepte pas ça chez nous. »

@message2 : « Si tu mets les pieds au Sénégal, tu vas lire l’heure. » (Expression qui signifie qu’elle paiera pour ses actes). « De plus, elle ment en disant qu’on les arrête sans preuve, on est plus grands que ça. »

@message3 : « Le Sénégal a sa culture et sa souveraineté. L’homosexualité est interdite et tout le pays est derrière nos dirigeants, merci Sonko » (Ousmane Sonko, alors Premier ministre).

Au-delà des insultes et des menaces, un même argument revenait : l’homosexualité ne ferait pas partie de la culture sénégalaise, au nom de la religion, de la souveraineté ou d’une influence occidentale. Ces phrases ne sortent pas de nulle part : elles reprennent le discours et les lois du pouvoir en place. L’ironie, c’est que ce pays affirme vouloir se protéger de l’Occident, alors qu’il s’appuie sur un vocabulaire juridique hérité de la France et sur des échanges avec des réseaux conservateurs américains. On pourrait ainsi se demander si cette homophobie profite d’abord à ceux qui la portent.

Le discours

« Les homosexuels ne respireront plus dans ce pays », a lancé Diaraye Bâ, députée du parti au pouvoir, lors du vote sur le durcissement de l’article 319, le 11 mars 2026. Le texte a été adopté par 135 voix pour, aucune contre et trois abstentions. Cette mesure, promise par le duo Diomaye-Sonko, fait passer les peines prévues pour les « actes contre nature » d’un à cinq ans à cinq à dix ans de prison. Il prévoit également des sanctions pour l’apologie de ces actes et pour le financement ou le soutien d’activités faisant la promotion de l’homosexualité, de la bisexualité ou de la transsexualité (Kane, 2026).

Par ailleurs, le rejet social de l’homosexualité précédait ce durcissement législatif. En 2016, environ 3 % des Sénégalais interrogés se disaient disposés à avoir des voisins homosexuels ou indifférents face à cette possibilité (Pichon et Kourchoudian, 2019). Ce résultat témoigne de l’ampleur du rejet à cette époque, sans suffire à expliquer à lui seul le climat actuel.

Dans un contexte où la stigmatisation des homosexuels est largement répandue, défendre publiquement les droits des personnes LGBT peut représenter un risque politique. Pour un élu cherchant à conserver le soutien de ses électeurs, prendre position en faveur de cette minorité peut être perçu comme un pari risqué, voire comme un suicide politique. À l’inverse, dénoncer l’homosexualité au nom des valeurs nationales permet de se présenter comme le défenseur de la culture sénégalaise. Le rejet des personnes LGBT devient alors non seulement une question morale, mais aussi un moyen de gagner ou de préserver un capital politique.

Présenter l’homosexualité comme étrangère à la culture sénégalaise revient à remettre en question la légitimité des personnes queer à faire partie de la communauté nationale. Dans les commentaires analysés, cette logique apparaît notamment dans les injonctions à rester en France. L’hostilité ne vise alors plus seulement l’orientation sexuelle, mais remet aussi en cause la place de ces personnes dans leur propre pays.

Entre les menaces, les dénonciations et les arrestations rapportées, ce discours s’inscrit dans un climat susceptible d’alimenter la peur d’être identifié, dénoncé ou arrêté. Pour certaines personnes queer, cette insécurité peut rendre le départ nécessaire. L’exil devient alors l’une des conséquences possibles d’un rejet qui touche autant à la sécurité individuelle qu’au sentiment d’appartenance à son pays.

D’où vient cette homophobie ?

Première contradiction : le droit. Le Sénégal interdit les relations consenties entre personnes de même sexe depuis 1965, soit cinq ans après l’obtention de l’indépendance. Toutefois, son Code pénal s’inspire largement de celui de la France des années 1940 et reprend notamment  la notion d’« acte contre nature » (Fernández, 2023). Selon la politologue sénégalaise Rama Salla Dieng, ce code a été conçu pour contrôler les populations colonisées, et l’article 319 serait calqué sur une loi française de 1942, adoptée sous le régime de Vichy (RTS, 2026). L’expression au cœur de l‘article 319 vient donc du droit de l’ancienne puissance coloniale, alors qu’elle est défendue au nom de la souveraineté culturelle.

Deuxième contradiction : l’argument de la tradition. L’idée que l’homosexualité serait « non africaine » repose sur la croyance qu’elle aurait été apportée par les colonisateurs européens, puis entretenue par la mondialisation (Serena, 2014 ; cité par Fernández, 2023). Or, plusieurs sources historiques montrent que des sociétés africaines d’avant la colonisation connaissaient diverses expressions de genres et de sexualités. Au Sénégal, les travaux consacrés aux góor-jigéen (littéralement « homme-femme » en wolof), témoignent de conceptions locales du genre et de la sexualité qui méritent d'être replacées dans leur contexte historique et social (RTS, 2026).

Troisième contradiction : les réseaux internationaux. Selon une enquête de Reuters, le réseau qui a porté la campagne pour cette loi discutait depuis décembre 2024 de stratégies législatives et de mobilisations avec MassResistance, un groupe américain. Cette organisation verrait dans l’homosexualité un risque pour la santé publique et conseille des militants africains depuis des années, avec des influences observées aussi au Ghana, au Nigéria et au Kenya (RTS, 2026). Un pays qui se dit menacé par l’influence étrangère dialogue donc avec des militants conservateurs venus des États-Unis.

Crédits : AFP

À qui profite-t-elle ?

Pour Bertolt (2020), l’homophobie politique au Sénégal est un phénomène récent et modulable, qui s’inscrit dans des rapports de pouvoir : entre la société sénégalaise et l’Occident, entre les autorités religieuses et les responsables politiques, ainsi qu’entre les dirigeants et les opposants (cité par Fernández, 2023). Fernández ajoute que les politiciens en ont fait une nouvelle monnaie politique, au service de leurs intérêts et de ceux des chefs religieux, pour promettre de libérer le pays de l’« immoralité ».

Le durcissement de cet article 319 arrive après une montée rapide des tensions. Depuis le début du mois de février, plusieurs affaires très médiatisées ont déclenché des arrestations et des dénonciations : d’après des informations de l’AFP reprises par TÊTU (2026), des dizaines de personnes ont été interpellées pour « homosexualité présumée », dont douze hommes, parmi lesquels deux personnalités publiques. Une enquête distincte sur un réseau pédocriminel impliquant un ressortissant français a nourri des amalgames entre homosexualité, pédophilie et VIH, largement relayés dans les médias et sur les réseaux sociaux.

Pour Rama Salla Dieng, la loi sert aussi de diversion à un pouvoir en difficulté. Elle y voit d’abord un problème de légitimité : la dette publique, dont le remboursement absorbe plus de la moitié des recettes de l’État, les contraintes du FMI et les tensions sociales, notamment les violences policières lors des crises dans les universités, rendent les promesses économiques difficiles à tenir. Le pouvoir est en train de « se replier sur le symbolique », dit-elle (RTS, 2026).

Cette lecture est celle d’une chercheuse et  n’explique pas tout : le rejet existait déjà dans la société, comme le montre le sondage de 2016. Elle permet toutefois d’éclairer le calendrier de la loi.

Ce que ça coûte

Revenons à la femme dans la vidéo analysée. On lui répond de rester « en France », comme si elle avait cessé d’être d’ici. Derrière cette injonction se dessine une exclusion qui dépasse le rejet de l’homosexualité : celle de personnes à qui l’on conteste leur place dans leur propre pays. Face à ce climat, les parcours diffèrent. Certaines personnes queer quittent leur pays par crainte pour leur sécurité, parfois après avoir subi des menaces ou des violences. D’autres se cachent ou dissimulent leur orientation sexuelle.  Finalement, celles qui restent, faute de ressources, de possibilités administratives ou de soutien, ne sont pas nécessairement moins exposées aux risques.

L’ONU a dénoncé les atteintes aux droits humains liées à la nouvelle loi, notamment les risques d’actes haineux, de chantage, d’arrestations arbitraires et de discrimination (RTS, 2026). Les conséquences de cette loi ne se limitent pas à la répression pénale : elles touchent aussi à la possibilité de vivre ouvertement, sans craindre que son orientation sexuelle compromette sa sécurité.

Par ailleurs, le Sénégal n’est pas seul. L’Ouganda, le Mali et le Burkina Faso ont également adopté ou durci des lois visant les personnes LGBT, tandis que le Ghana pourrait suivre cette tendance. À l’inverse, la Namibie et la Maurice ont décriminalisé les relations consenties entre personnes de même sexe. Le chercheur Ballet Brice-Stéphane Djédjé met d’ailleurs en garde contre l’image d’un continent uniformément homophobe : les soutiens aux personnes queer existent aussi (RTS, 2026).

Au Sénégal, on dit protéger la culture. Reste à savoir qui on protège, et à qui on demande de partir. 

Recommandations sur le sujet 

Pour comprendre le contexte politique et social : 

« Sénégal : ce que cachent les lois anti-LGBT » vidéo YouTube de Histoires crépues. https://youtu.be/BuRzLf-ppEQ?si=c9saoXniENGJR-97

« Le monde l’a vu, les homosexuels sont traqués au Sénégal » (Fanta-Pierre Diallo). Vidéo YouTube de TV5MONDE https://youtu.be/_HTdi6LFnGo?si=wK3448ciS1511xWt

Pour approfondir les dimensions humaines, culturelles et littéraires : 

« De purs hommes », roman de l’écrivain sénégalais Mohamed Mbougar Sarr, publié en 2018

« 🇸🇳Sénégalais et homosexuel, il témoigne » vidéo YouTube de Brut. Afrique https://youtu.be/8nOY14VwtkE?si=pDYJPAQJE9qjd11c

« L’âge de déplaire », premier roman de l’écrivain sénégalais Abidou Diouf, publié en 2026

Bibliographie

TÊTU. (2026, 10 février). « Acte contre nature » : nouvelle vague d’arrestations au Sénégal. Têtu. https://tetu.com/2026/02/10/afrique-homosexualite-senegal-arrestations-homophobie/

Africanews. (2020, 13 février). Senegal president defends criminalisation of homosexuality. Africanews. http://www.africanews.com/2020/02/13/senegal-president-defends-criminalisation-of-homosexuality/

Bertolt, B. (2020). Les ambiguïtés de la question homosexuelle au Sénégal . Cahiers d’études africaines, 239, 645-669. https://doi.org/10.4000/etudesafricaines.31808

Fernández, B. S. (2023). (State-Sponsored) Homophobia and the Invisibility of Queer Women in Senegal. Cadernos de estudos africanos, 46, 39-63. http://journals.openedition.org/cea/8551

Kane, C. (2026, 30 avril). « Au Sénégal, l’embarras des avocats confrontés à la nouvelle loi contre l’homosexualité ». Le Monde. https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/04/30/au-senegal-l-embarras-des-avocats-confrontes-a-la-nouvelle-loi-contre-l-homosexualite_6684544_3212.html

Pichon, E. et Kourchoudian, G. (2019). LGBTI in Africa. EPRS, Parlement européen. https://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/BRIE/2019/637949/EPRS_BRI(2019)637949_EN.pdf

RTS. (2026, 18 avril). « Derrière les lois homophobes au Sénégal, le poids des échecs du pouvoir et l’ombre de Donald Trump ». RTS. https://www.rts.ch/info/monde/2026/article/derriere-les-lois-homophobes-au-senegal-le-poids-des-echecs-du-pouvoir-et-l-ombre-de-donald-trump-29212160.html

Reuters. (2026, 16 mars). « US ‘pro-family’ group worked with Senegal activist pushing anti-LGBT law ». Reuteurs. https://www.reuters.com/sustainability/society-equity/us-pro-family-group-worked-with-senegal-activists-pushing-anti-lgbt-law-2026-03-16/

Édition d'avril

L’arrivée du mois d’avril, ça créer toujours un drôle de mélange dans nos vies : la fin de session qui débute, les premiers VRAIS rayons de soleil qui sortent, le stress des examens/travaux qui grimpe en flèche, les premières sorties à la crèmerie, et ce sentiment surréel d’une année qui a filé à toute vitesse nous submerge.

Avril marque aussi la dernière édition du ComMédia pour cette année scolaire. Depuis septembre dernier, ce fut un immense plaisir de vous retrouver chaque mois, de partager idées, découvertes et passions à travers ces pages digitales.

On tient surtout à remercier chaleureusement toute notre équipe. Nos chers.chères rédacteurs et rédactrices, sans vous, ce journal n’existerait pas ! Merci pour votre créativité, votre curiosité et votre désir constant de raconter le monde, à votre manière.

À nos lecteurs et lectrices, merci de nous lire, de nous encourager, de commenter et d’apprécier notre contenu. Le ComMédia, il est à vous et il est pour vous. Merci du fond du coeur pour votre présence.

Que vous soyez dans votre sprint final ou déjà la tête plongée dans l’été, on espère que cette dernière édition, courte mais forte saura vous offrir une petite pause bien méritée !

Avec tout notre amour,

Salma Achoumi et Jaymie Vézina, co-rédactrices en cheffe du ComMédia 2025-2026.

Montréal en musique : les incontournables de l'été 2026

Par Erika Donatucci

La session d’hiver est enfin derrière nous ! Les gros manteaux retournent au placard, les terrasses se remplissent et Montréal reprend vie.  L’été s’annonce chargé, et avec lui, une programmation musicale qu’on aurait tort de manquer. 

Pour ce dernier article de cette session, je prends le temps de répondre à la question « Quels sont les spectacles à ne pas manquer à Montréal cet été ? »

Voici ma petite sélection et pourquoi ça en vaut la peine ! 

1. Osheaga

On ne le présente plus, c’est un incontournable à Montréal ! On enfile ses tenues les plus belles et pratiques pour les journées du 31 juillet au 2 août 2026. Pendant trois jours de musique, le parc Jean-Drapeau se transforme en véritable terrain de jeu musical : foule compacte, chaleur, couchers de soleil et concerts qui s’enchaînent. 

Cette année, on retrouve notamment Tate McRae, Lorde et Twenty One Pilots. Un mélange de nostalgie et de redécouvertes. 

On sort le billet qu'on a économisé pendant quelques semaines pour l'acheter, et on prend l’occasion de voir les petits artistes qui aujourd’hui sont abordables et qui demain ne le seront plus tels que Sombr, Max McNown, VALLEY. 

Tu as le choix entre prendre des billets de fin de semaine à partir de 425 $ avant taxes ou des billets journaliers à partir de 180 $ avant taxes si tu préfères seulement une programmation journalière.

2. Festival International de Jazz de Montréal

On se donne rendez-vous du 25 juin au 5 juillet 2026 pour des concerts de gros artistes internationaux autant dans les salles avec des billets payants qu’extérieurs qui sont 100 % gratuits. Pas besoin d’être un grand admirateur de jazz pour y passer faire un tour, il y a des artistes comme Angine de poitrine, groupe de rock québécois ou encore Rilès, chanteur français aux multiples influences.

Le vrai point fort ? Les concerts extérieurs gratuits en plein centre-ville attirent une foule immense chaque année. Et pour ceux qui veulent avoir l’expérience complète, certaines salles proposent des performances payantes comme celle du célèbre pianiste Sofiane Pamart.

3. Les Francos de Montréal 

Du 12 au 20 juin, Les Francos de Montréal mettent à l'honneur la musique francophone. Entre concerts gratuits  et spectacles payants, l’événement rassemble des artistes incontournables comme Orelsan, Cœur de pirate et Pierre Lapointe.

À l’heure que vous lisez cet article, la programmation complète a enfin vu le jour ! Je vous laisse leur Instagram pour aller faire un tour ! 

https://www.instagram.com/francosmtl/?hl=fr 

4. ÎleSoniq

Pour les amateurs de musiques électroniques, ÎleSoniq est un arrêt obligatoire. C’est TON festival. Le 8 et 9 août, prépare toi à vivre une vraie soirée électrisante au parc Jean-Drapeau qui accueillera de nouveau une foule prête à vibrer au rythme des basses et des drops. 

Compte environ 245 $ taxes incluses pour un laissez-passer de fin de semaine, ou autour de 150 $ pour une journée, taxes et frais inclus.

Si tu hésites encore, je te laisse un aperçu de ce que tu as peut-être manqué l’année dernière : https://ilesoniq.com/fr/revivez-2025

5. Piknic Electronik 

À partir du dimanche 17 mai, Piknic Electronik offre une alternative plus détendue. C’est le festival qui te donne une chance chaque dimanche tout au long de l’été et même après jusqu’au 18 octobre pour profiter d’une ambiance chill avec des DJ sets locaux et internationaux pour danser en plein air. Tu vas pouvoir retrouver sur scène des artistes connus du public tels que Josh Baker ou encore DJ Swisha, mais également des artistes surprises !

Puis, boire dans un seau orange je suis sûre que c’est dans ta bingo card pour cette année 2026 ! 

C'est aussi l'un des événements les plus accessibles de l'été : les billets varient entre 20 et 35 $ selon la date et les DJs. Pas d'excuse pour manquer ça!

6. Lasso Montréal 

Envie de changer d’ambiance ? On change un peu de vibe. On troque les beats pour les bottes, Yeehaw Montréal passe en mode country ! On enfile nos plus belles santiags, notre plus beau chapeau de cowboy et c’est parti pour passer un beau moment le 15 et 16 août. 

En tête d’affiche pour cette édition 2026 : Thomas Rhett et Mumford & Sons ! Mais, également, de plus petits noms comme Cameron Whitcomb que je recommande particulièrement.

Les billets vont commencer à 150$, cela reste un budget, mais une expérience à faire. 

7. Festival International Nuits d’Afrique

Souvent sous-estimé, le Festival International Nuits d’Afrique est pourtant l’un des festivals les plus vibrants de l’été. Du 7 au 19 juillet, nous recevrons pour la 40e édition des artistes venant de l’Afrique, des Antilles et de l’Amérique latine en intérieur comme en extérieur ! Puis, du 14 au 19 juillet, une programmation extérieure entièrement gratuite sera accessible. 

Sa programmation met en avant des musiques du monde variées, dans une ambiance festive et inclusive. Ce sera le 25 mai que tu auras la chance de découvrir les artistes qui monteront sur scène.

En attendant, voici un aperçu de l’année dernière : 

https://www.youtube.com/watch?v=cqtsjUmuv4Y&t=5s

8. Hors festivals 

Même en dehors des grands événements, Montréal reste une ville de concerts. De nombreux artistes internationaux s’arrêtent en tournée, offrant des occasions supplémentaires de profiter de la scène musicale tout au long de l’été.

On va pouvoir accueillir dans nos salles des artistes comme MIKA, A$AP Rocky,       5 Seconds of Summer, Ariana Grande ou encore Olivia Dean. 

Montréal ne ralentit jamais vraiment l’été. Peu importe tes goûts ou ton budget, il y aura toujours un concert, une scène ou un moment qui vaut le détour !

Documenter les rues de Montréal, une couleur à la fois

Par Marie Véronique Ross

Pour ce dernier article de la session, j’ai décidé de faire ce que j’aime le plus : me balader sur les avenues avec un appareil photo à la main. Le style documentaire m’a toujours intéressé. Il me remet en question et me fait comprendre l’importance de ce qui m’entoure.

Fille sensible et amoureuse de l’art, je me suis mise au défi. J’ai ouvert mon œil artistique et j’ai capturé ce qui me parlait. 

Familier avec la trend « color hunting » ou « chasse aux couleurs », en français ? Il s’agit de se promener et photographier les objets d’une couleur choisie. Assez simple ! J’avais choisi la couleur bleue pour faire un lien avec notre beau Québec. 

En marchant dans la ville, j’ai vite laissé tomber cette idée… 

À un moment, comme on dit, j’entends du brouhaha. 

Je cours dans les rues du vieux port en suivant les cris de la foule. 

J'ai trouvé mon bleu ! 

J’assistais, en direct, à la manifestation des cols bleus, réclamant de meilleures conditions de travail, juste devant l’Hôtel de ville.

Je me faufile à travers le groupe. 

J’observe, j’écoute et j'essaye de capter l’essentiel. 

Voici les cols bleus en image.

Mais ne vous inquiétez pas, je vous fais part des autres photos que j’ai prises, parce que : pourquoi pas ?

Disons que le bleu n’y était pas vraiment, mais elles valent la peine d’être vues !

Bleu ou pas, c'est ça le documentaire : se laisser porter par les événements et raconter l'histoire à travers les images. En espérant que les rues de Montréal auront encore beaucoup à me raconter.

Édition de mars

En mars, la météo joue au yoyo… un jour on sort les lunettes de soleil, le lendemain on regrette d’avoir rangé la tuque. Et disons que notre humeur suit pas mal le même rythme 🫣

Heureusement, il y a toujours le ComMédia pour te faire décrocher un peu de tout ça ✨ Avec cette édition, on t’apporte un petit avant-goût du printemps avec une dose de soleil pour te réchauffer entre deux tempêtes (de pluie ou de neige, who knows). 

Au menu ce mois-ci : une immersion en randonnée hivernale, la découverte d’une pratique yogique ancestrale, une plongée dans l’univers de l’humour à l’UdeM, une critique du très attendu Wuthering Heights, des conseils botaniques pour démarrer le printemps en force et un détour par le festival italien Sanremo.

Bref, peu importe la météo dehors, on s’occupe de mettre un peu de lumière dans ta journée 🌞

Bonne lecture ! 

Votre aventure botanique commence maintenant !

par Maxime gravel

Le printemps est là et votre espace a besoin de vie.  Les possibilités sont nombreuses pour inviter la nature dans votre quotidien, mais chaque botaniste doit commencer quelque part.
Alors, quelle sera votre première mission verte ?

→ Si vous avez envie de commencer un projet de jardinage, rendez-vous au chapitre 1

→ Si vous souhaitez transformer votre espace avec une plante facile, rendez-vous au chapitre 2.

→ Si vous cherchez une touche instantanée de couleur et de joie, filez au chapitre 3.

→ Et finalement, Si vous avez envie de faire un geste pour la planète, rendez-vous au chapitre 4.

1. Les semis – la mission « je veux me lancer dans un nouveau projet »

Vous avez choisi la voie de la patience et de la découverte. Devant vous : quelques graines minuscules, un peu de terre et une bonne dose de motivation. Mais ne vous fiez pas aux apparences, ces petites graines renferment tout le potentiel d’un futur jardin.

Remplissez un pot de terre, déposez-y quelques graines de légumes, fines herbes ou de fleurs. Ensuite, placez votre pot près d’une fenêtre et observez la magie opérer. Jour après jour, une première pousse apparaîtra, puis une feuille, puis une autre. Les semis demandent un peu d’attention, mais ils offrent une récompense incomparable!

Pour un succès garanti, tournez-vous vers des variétés robustes comme les radis, la laitue ou le basilic, qui pardonnent les petites erreurs des débutants. Vous pouvez aussi privilégier des semenciers québécois (comme Terre Promise ou Les Semences du Portage) : leurs graines sont naturellement adaptées à notre climat et soutiennent la biodiversité d'ici.

Saviez-vous que de nombreuses bibliothèques au Québec proposent désormais des grainothèques? Ce service gratuit vous permet d'emprunter des semences pour démarrer votre projet sans frais. C'est l'occasion parfaite de découvrir des variétés ancestrales tout en participant à un bel élan de partage communautaire!

Voici un lien vers une vidéo explicative qui vous aidera à débuter : https://www.instagram.com/reel/DUtfR3cDzVx/?utm_source=ig_web_copy_link&igsh=MzRlODBiNWFlZA==

2. Les plantes vertes – la mission « j’ai besoin d’un peu de vie chez moi »

Votre objectif est clair : transformer votre espace en y intégrant un peu de vie. Pour cela, nul besoin d’une jungle tropicale, une seule plante bien choisie peut changer toute l’atmosphère d’une pièce. Le pothos, le monstera, la sansevière ou la zamioculcas sont des alliés parfaits pour débuter. Ils demandent peu d’entretien et purifie l’air.

Placez votre plante près d’une source de lumière naturelle, faites un bon arrosage environ 1 fois au deux semaines. Et regardez-la doucement prendre sa place dans votre décor. Ses feuilles deviendront vite un élément familier de votre quotidien. Mission accomplie, vous venez de créer votre propre coin de nature.

Voici une fiche avec des plantes potentiellement intéressantes :

 3. Le bouquet – la mission « j’ai envie de douceur et de couleur » 

Vous avez choisi l’option la plus instantanée : la beauté florale. Tulipes, tournesols ou fleurs sauvages : quelques tiges suffisent pour illuminer un espace.

Coupez légèrement les tiges en biais, placez-les dans un vase rempli d’eau fraîche et observez la transformation. Sinon rendez-vous au fleuriste près de chez vous!

En quelques secondes, votre table, votre bureau ou votre salon gagne en couleur et en énergie. Les fleurs attirent le regard, apportent de la joie et donnent l’impression que le printemps s’est installé chez vous. Petit secret de fleuriste : changez l’eau du vase tous les matins pour prolonger la vie de votre bouquet.

4. Impact environnemental - Mission « j’ai besoin de contribuer au bien-être de la planète »

Option 1 : Planter des arbres pour le climat

Les arbres sont de véritables puits de carbone : grâce à la photosynthèse, ils captent le CO₂ et le stockent durablement. Planter des arbres est donc une solution naturelle et efficace pour lutter contre les changements climatiques. Cette option s’adresse surtout aux personnes qui disposent d’un terrain où planter, mais il existe aussi des alternatives pour les autres. Par exemple, plusieurs organismes communautaires organisent des journées de plantation ouvertes au public. Il suffit donc de rester à l’affût des activités offertes durant l’été et l’automne pour s’impliquer concrètement, même sans terrain. 

Aussi, dans le Grand Montréal, certaines espèces sont recommandées ou autorisées en milieu urbain, comme l’amélanchier, le pommetier, le cerisier décoratif ou encore certains petits érables adaptés. Il est d’ailleurs fortement conseillé de vérifier auprès de votre municipalité la liste des arbres permis ou encouragés. 

Option 2 : Privilégier les plantes vivaces 

Choisir des espèces indigènes ou adaptées au Québec est un geste écologique stratégique. Ces plantes, parfaitement adaptées au climat et aux sols locaux, nécessitent peu d’eau, peu d’engrais et rarement des pesticides. En plus de réduire notre empreinte écologique, elles soutiennent directement la biodiversité en offrant nourriture et habitat aux pollinisateurs. 

Parmi les plantes locales faciles on peut retrouver : Asclépiade commune, achillée millefeuille, rudbeckie, échinacée, monarde (bergamote sauvage), héliopsis et hélénie automnale.

Option 3 : Créer des refuges pour les abeilles

La plantation de fleurs vivaces et l’aménagement de bandes fleuries jouent un rôle essentiel dans la conservation des abeilles. Ces espaces leur fournissent les ressources indispensables à leur survie, tout en contribuant au maintien de la biodiversité locale grâce à une pollinisation efficace. Que vous disposiez d’un simple balcon ou d’un grand terrain, vous pouvez facilement agir : un bac à fleurs bien aménagé ou quelques plantations dans votre cours font toute la différence. En plus d’embellir votre environnement, ces gestes soutiennent concrètement les abeilles et favorisent la pollinisation. 

Aussi, je vous recommande d’aller jeter un coup d’oeil au Défi Pissenlits : https://defipissenlits.ca/

Pour conclure

Je dois vous l’avouer, je suis un peu biaisée. Non seulement je suis fleuriste, mais j’ai aussi plus de 100 plantes chez moi. Mon but est simplement de partager avec vous cette passion, surtout lorsque le printemps commence ! Ma saison préférée. Peu importe le chemin que vous prenez : que vous ayez les deux mains dans la terre pour vos semis, que vous décoriez votre cocon avec une nouvelle plante verte, que vous profitiez simplement de la beauté éphémère d’un bouquet de fleurs, ou que vous posiez un geste concret pour calmer votre écoanxiété, l’important reste de savoir apprécier la nature. 

Bibliographie : 

Sydenham, M. A. K., Venter, Z. S., Eldegard, K., Torvanger, M. S., Nowell, M. S., Hansen, S., Øverland, J. I.,

Dupont, Y. L., Rasmussen, C., Skrindo, A. B., & Rusch, G. M. (2023). The contributions of flower strips to wild bee conservation in agricultural landscapes can be predicted using pollinator habitat suitability models. Ecological Solutions and Evidence, 4, e12283. https://doi.org/10.1002/2688-8319.12283 

Tremblay, S., Ouimet, R. & Périé, C. (2007). Planter des arbres pour capter le CO2! Avis de recherche forestière. nº 8. ftp://transfert.mern.gouv.qc.ca/public/Biblio/Perio/1102249/Avis08.pdf 

Ziaka, Y. (2006). L’empreinte écologique : comment diminuer notre empreinte sur la Terre? Dans Agir Responsable. Équipe d’animation européenne d’un Charte des responsabilité humaines.  https://base.alliance-respons.net/docs/agir_responsable_l_empreinte_ecologique.pdf

L'humour s'invite à l'UdeM : un nouveau club hors du commun

Par Solène Côté

L’humour, au Québec, on en mange par grandes pelletées. Le berceau de l’École nationale de l’humour et du Festival Juste pour Rire n’a rien à envier à la scène internationale. Pourtant, le maniement de cet art devant public peut souvent sembler l’apanage d’une poignée d’élus, de l’élite du rire, et aller jusqu’à décourager les néophytes de s’y lancer. C’est à cela que tente de remédier le tout nouveau Club d’humour de scène de l’Université de Montréal, le premier de son genre à émerger dans une université francophone canadienne.

Le Club d’humour de scène de l’Université de Montréal (CHSUM) a officiellement débuté ses activités en janvier 2026. Ses membres se rencontrent à raison d’un atelier par mois pour écrire, échanger, aiguiser leurs connaissances des procédés humoristiques ou préparer des micros ouverts, soit des soirées organisées précisément pour permettre à n’importe qui de présenter ce sur quoi il ou elle travaille, et ce, devant un public bienveillant pour tester ses créations et s’améliorer.

À la genèse de ce projet, on retrouve Jérémy Chhor, étudiant au baccalauréat en enseignement du français. Le créateur et coordonnateur du CHSUM connaît déjà bien le milieu du stand-up au Québec, puisqu’il s’y adonne lui-même depuis plusieurs années. Gagnant de l’édition 2024 d’UdeM en spectacle et participant à l’émission Le Gong Show en 2023 et 2025, Jérémy est animé d’une grande passion et d’un désir de créer une réelle communauté à l’université autour de l’art du monologue humoristique.

« J’en ai beaucoup fait dans ma vie, c’est un art qui me tient à cœur, mais c’est aussi un art dont l’expérience est parfois assez solitaire. C’est quelque chose qui peut aussi être intimidant pour des gens qui voudraient commencer, donc je voulais créer un club pour ces personnes, mais aussi pour rencontrer des gens qui sont passionnés par cet art eux aussi ».

Jérémy est d’avis que si tout le monde à l’université tâchait de mettre ne serait-ce qu’un peu plus d’effort pour rendre son domaine plus amusant pour autrui, à travers l’humour entre autres, plus de gens s’intéresseraient à ce que leurs collègues trouvent important et à la manière dont on peut changer une société pour le mieux. Pour lui, la pratique de l’humour, c’est aussi la pratique de la bienveillance, de la communication et de la créativité;  des qualités dont on ne saurait se passer, ni dans sa vie académique, ni dans sa vie professionnelle. 

« Un de mes objectifs principaux, ce serait que le club continue après que je ne sois plus à l’université, qu’il y ait une certaine pérennité dans la mission de faire découvrir cette forme d’art. J’aimerais ça pouvoir revenir plus tard, après avoir obtenu mon diplôme, et savoir qu’il y a encore des gens qui font des activités plus ou moins fructueuses, pour faire des blagues plus ou moins drôles... [Rire] ».

Selon Jérémy, non seulement tout le monde peut-il faire de l’humour, mais en plus, tout le

monde en fait déjà quotidiennement. Il s’agit pour lui plus d’une question de partage que simplement de création.

« Je pense qu’il n’y a pas une seule personne qui ne voit pas quelque chose de drôle dans son quotidien, sur internet, dans des livres, dans l’interaction qu’on voit entre deux écureuils dans le parc... L’humour, c’est aussi rire ensemble, le partager quand quelque chose est drôle ». 

Dans un avenir proche, le comité exécutif du CHSUM espère pouvoir organiser différents événements de style micro ouvert à l’université, des sorties pour aller voir des spectacles d’humour et participer à des ateliers avec des professionnels du milieu. Ces plans incluent également la mise sur pied de projets d’humour collaboratifs en baladodiffusion et l’exploration des différentes formes de cet art d’un médium à l’autre.

Tous et toutes sont les bienvenus au CHSUM, les étudiant•e•s de l’Université de Montréal comme ceux d’autres institutions universitaires. Prêt•e•s à canaliser le pouvoir contagieux du rire?

Pour trouver le CHSUM sur Instagram : @udemclubhumour.

L'hymne à l'hiver

Par Marie Véronique Ross

C’est au son de mon cellulaire qui sonne que je me réveille, le jeudi 5 mars. Après m’être couchée tard la veille (merci à la rue Mont-Royal, ses restos-pubs et au beau temps), je pensais faire la grâce matinée. Encore toute endormie, j’entends mon amie Gaby à l’autre bout du fil. Elle me dit que nos amies, Marie-Emmanuelle et Héléna, sont au chalet et elles sont disponibles pour une randonnée hivernale en montagne. Gaby me demande si, dans une heure, je serais prête pour qu’elle vienne me chercher. Confortablement couchée dans mon lit, mes rideaux de chambre encore fermés, je me dis clairement que non… Ceux qui me connaissent diront que ça me prend un petit peu plus de temps pour me préparer que la moyenne des gens. Mais pour prouver le contraire, je lui ai dit que j’allais assurément être prête à temps. Comme de fait, j’ai eu le temps de prendre une douche, de faire mon sac pour la nuit au chalet et celui pour la randonnée. 

Efficace la fille ! Et hop dans l’auto ! 

Voici ce que j’ai glissé dans mon sac pour cette rando hivernale (parce qu’à voir la température, on ne sait jamais !) : crampons, bouteille d’eau avec de la glace, un sandwich (que j’ai oublié dans la voiture…), des collations et une caméra ! 

Durant notre trajet en voiture, on observe le paysage enchanteur couvert de blanc, on se fait bercer par de la bonne musique en placottant de tout et de rien. Du vrai bon temps entre amies. 

1h30 plus tard, on arrive, enfin, à destination : le Mont Sutton. 

Vous vous attendiez à une folle destination hors du commun, hein ? 

On se retrouve en Estrie, un coin bien connu du Québec. Pour avoir grandi dans les Cantons-de-l’Est, Sutton a toujours été une destination très banale pour mes proches et moi, tellement on y allait souvent ! 

 Avec cette randonnée en montagne, j’ai redécouvert l’Estrie et sa nature abondante, celle dans laquelle j’ai grandi. 

La montagne nous a accueilli avec un soleil magnifique et une température incroyable. Oh, Mère Nature était particulièrement clémente cette journée-là ! Les rayons du soleil traversent les branches dénudées des arbres et font du bien à notre peau. Un peu de vitamine D comme on dit ! Le tapis blanc réfléchit tellement la lumière que je doit mettre mes lunettes de soleil pour toute la durée de la randonnée (un autre item à ajouter à votre sac !). 

Arrivées au premier arrêt qui nous offre une vue splendide sur le lac gelé, on s’arrête pour admirer un peu… mais pas trop puisqu’il faut continuer ! Plus on avance, plus c’est difficile :  je le sens dans mes jambes (oh pauvre « moi de demain matin »). La montagne devient abrupte et nos crampons ne suffisent plus pour nous tenir. Les randonneurs qui effectuent leur descente nous disent que « ce n’est pas terminé » et de « ne pas lâcher ». C’est encourageant… 

Mais je vous le jure, qu’à un moment, c’est comme si on entrait dans le monde féérique de Narnia. Les arbres couverts de neige et le sentier aux allures magiques nous guide au sommet. On monte les marches de glace et on arrive, enfin, au sommet. Le vent nous caresse et l’air est frais. On remet nos manteaux, on s’assoit sur la neige tapée, notre nourriture nous redonne de l’énergie et on ne fait qu’apprécier le moment présent. 

C’est ce que j’aime des randonnées. C’est durant ces moments d’unité avec la nature qu’on se rappelle ce qui est important. Je me suis rappelée que parfois il faut prendre du recul et décrocher un peu. 

Et je me suis rappelée que la vie se déroule, surtout, hors de notre tête. 

Sanremo : le festival qui façonne la pop italienne depuis 70 ans

Par erika donatucci

Pour les familles italiennes, nul besoin de présenter le Festival de Sanremo. Pour les autres, il est parfois simplement connu de nom, quand il n’est pas totalement inconnu. Mais, alors de quoi s’agit-il exactement ? 

Le Festival de Sanremo est un concours de chansons italiennes créé en 1951 et organisé chaque année en février dans la ville de Sanremo, surnommée la « Ville des fleurs », située en Ligurie dans le nord-ouest de l'Italie. Il a d’ailleurs servi d’inspiration pour la création du fameux concours de la chanson Eurovision en 1956. À l'origine, son objectif était simple : revitaliser l’économie et la réputation de la ville après la Seconde Guerre mondiale. Mais, au fil des décennies, il en est devenu l’élément central de la scène musicale italienne, marqué autant par des succès que par des polémiques (Wikipedia, 2026). Les artistes doivent présenter une chanson inédite qu’ils vont interpréter pendant la semaine, les différents votes entre le jury, la presse et le public déterminent le classement.

Depuis toujours, je regarde ce festival chaque année avec ma famille, captivé par la beauté du spectacle. Mais, au-delà de la nostalgie, une question demeure : comment un festival aussi ancien contribue-t-il encore à influencer la pop culture italienne aujourd’hui ?
Même après plus de 70 ans d’existence, le festival de Sanremo continue de pouvoir transformer la trajectoire d’un artiste. Chaque édition rassemble plus de 12,5 millions de téléspectateurs, offrant une visibilité massive aux participants. Un passage sur cette scène peut propulser une carrière ou la redéfinir complètement (Hennessy, 2025). En 2024, on a pu voir l’artiste Olly remporter l’édition avec sa chanson « Balorda Nostalgia », un titre qui dépasse rapidement le cadre de la télévision traditionnelle pour se retrouver avec une présence massive sur les réseaux sociaux et générer des revenus publicitaires considérables allant de 60 millions d’euros en 2024 à 67 millions en 2025 (Hennessy, 2025). 

Depuis 2010, tous les titres gagnants ont été certifiés et ceux des années 2020 atteignent systématiquement au moins la triple platine. Ces chiffres ne laissent pas place au doute : le festival agit comme une véritable machine à succès pour l’industrie musicale italienne. À l'image de l’Eurovision à l’échelle européenne, il fonctionne comme un accélérateur de carrière, transformant une simple participation en succès commercial durable. On y voit de jeunes artistes émergents, comme l’artiste Tananai, s’imposer sur la scène pop italienne et enchaîner les tubes de l’été (Hennessy, 2025).

Mais Sanremo ne se limite pas à l'Italie. Il constitue également un tremplin vers la scène internationale. Le groupe Måneskin en est l’exemple le plus frappant. Après leur victoire au concours italien, ils remportent l’Eurovision et accèdent à une notoriété mondiale. Ce passage du national à l’international illustre parfaitement le rôle stratégique du festival dans l’exportation de la musique italienne. 

Au-delà de la musique, selon moi, le festival reste avant tout une tradition télévisuelle profondément ancrée dans la société italienne. C’est pour cela que les téléspectateurs se font toujours aussi nombreux. Pendant une semaine, il rassemble plusieurs générations autour d’un même écran, mêlant performances musicales, invités prestigieux, tels que Alicia Keys pour l’édition 2026, des moments inattendus et débats publics. Aujourd’hui, cette dimension s’étend bien au-delà de la télévision grâce aux réseaux sociaux, où extraits, performances et polémiques deviennent viraux en quelques heures.
Le festival de Sanremo reste aussi influent après plus de 70 ans parce qu’il ne se limite pas à un simple concours musical. Il est à la fois une tradition culturelle, un moteur de l’industrie musicale et un spectacle médiatique d’envergure. Un équilibre qui permet de continuer à façonner la pop culture italienne année après année. 

Vous pouvez retrouver sur la chaîne YouTube de la Rai, toutes les prestations de cette année : https://youtube.com/playlist?list=PLb_Qew9DujkgbCkDTnpKE0438t857DaPY&si=5pHTuUXSsofeLCW

Bibliographie :

Wikipedia. (1 mars, 2026). Festival de Sanremo https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_de_Sanremo

Hennessy, U. (3 mars, 2025). Festival de Sanremo : le jeu télévisé qui décide de la carrière des artistes italiens ? Billboard France. https://fr.billboard.com/festival-de-sanremo-le-jeu-televise-qui-decide-de-la-carriere-des-artistes-italiens/

Une énergie libérée grâce à l’ouverture des hanches

Par Annabelle Blais

En assistant à de nombreux cours de yoga chaud au fil du temps, j’ai remarqué une constante dans mes pratiques : l’ouverture des hanches est au cœur de celle-ci . Des postures comme le bébé heureux, le pigeon ou le squat yogique reviennent fréquemment, mais l’une d’elles m’a particulièrement marquée : la split. Rarement enseignée, sans doute par crainte d’un manque de souplesse ou d’une rupture du flow (un enchaînement de posture de yoga et de respiration en toute fluidité), elle m’a pourtant été révélée par une professeure qui en soulignait la pertinence , peu importe le niveau. Cette approche m’a profondément touchée et m'a poussée à m’intéresser aux nombreux bienfaits des postures favorisant l’ouverture des hanches.  

Dans l’univers du yoga, notre corps est considéré dans son ensemble, en prenant  compte de ses dimensions physiques, émotionnelles et énergétiques. Dans cette vision dite holistique, l’action d’ouverture des hanches est présente dans les asanas (les postures de yoga) en lien avec le chakra racine, ainsi que dans les postures de médiation (Joy, n.d.).  

Dans un premier temps, il est intéressant de  comprendre l'importance de l’ouverture des hanches sur le plan physique. En effet, un manque de mobilité au niveau des hanches peut avoir  des répercussions sur l’ensemble de la posture. Une fois rigide, le haut de notre corps  compense et entraîne un déséquilibre de la posture. De ce fait, l’état de notre respiration devient la conséquence d’une cage thoracique comprimée, limitant ainsi une bonne inspiration et la circulation de l’énergie vitale  (Chin Mudra, n.d.). Si vous avez déjà suivi  un cours de yoga, vous savez que la respiration doit être  contrôlée tout au long de la pratique. Les professeurs y accordent  beaucoup d’importance dans leurs explications et leur guidances, afin de mieux mettre en pratique les postures.  

Sur une note plus spirituelle, on considère que, dans la région des hanches, se trouve Svadhishthana ou le chakra sacré. Celui-ci est situé entre le pubis et le nombril, en venant nouer les émotions négatives qui viennent d’un chakra en déséquilibre, comme montré sur l’image. Ici,  on peut percevoir  le Svadhishthana comme un muscle qui se contracte lorsqu’il subit un choc, pour se protéger des émotions violentes. Avec le temps, ces contractions créent des nœuds énergétiques qui prennent naissance dans ce centre, un point essentiel lié à nos émotions, à notre créativité et à l’ouverture des hanches. L’ouverture des hanches dans les asanas est donc un bon moyen de venir défaire ces nœuds pour en ressentir les bienfaits. Les bienfaits de cette pratique ne se limitent donc pas qu’au physique, mais peuvent apporter un apaisement mental. Il n’est pas rare qu’une fois cette région « ouverte », à l’aide de certaines postures, on ressent une sensation de légèreté. On retrouve à nouveau une fluidité qui vient nous soulager, une fois  les tensions et les blocages internes disparus (Les Yogis, n.d.).

Je vous invite alors à intégrer des postures de yoga qui se concentrent sur l’ouverture des hanches dans votre routine quotidienne et à découvrir celles qui vous apportent davantage de bien-être. 

Bibliographie :

Chin Mudra. (N.D.). Yoga : À quoi sert l’ouverture des hanches ? Chin Mudra. https://chin-mudra.yoga/blog/yoga-a-quoi-sert-l-ouverture-des-hanches

Joy, A. (N.D.). Qu’est-ce que vraiment un asana? Yay-yoga. https://www.yay-yoga.com/la-pratique-du-yoga/qu-est-ce-que-vraiment-un-asana/ 

Hauswirth Jain, K. (2024). Hip Openers Unlocked : Guide pour des hanches fortes et sans tension. Arhanta Yoga. https://www.arhantayoga.org/fr/hip-openers-unlocked/ 

Les Yogis. (N.D.). Pourquoi nos hanches sont-elles des réservoirs d’émotions? Les Yogis. https://lesyogis.fr/pourquoi-nos-hanches-sont-elles-des-reservoirs-demotions/ 

« Wuthering Heights» ne comprend pas Les Hauts de Hurlevent

Par DIANDRA MORAR

Portrait de Charli XCX pour la critique de l'album Wuthering Heights et venant du film 

Rêve contre réalité 

Emerald Fennell, réalisatrice de Saltburn (2023) et de Promising Young Woman (2020), a voulu revisiter les émotions qu’elle aurait ressenties en lisant Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë en créant Wuthering Heights grâce à son rôle de réalisatrice. Selon ses propos, Le film sert à représenter l’émotion qu’elle aurait eue en lisant le roman qui l’a rendue « folle » et « obsédée » à l’âge de  14 ans. (Youngs, 2026) Pourtant, si vous avez lu le livre, une chose devient claire très vite : Emerald Fennell semble ne pas avoir compris les Hauts de Hurlevent d’Emily Brönte. (1847)

Du moins, elle semble avoir voulu refaire une version du roman que la culture populaire imagine à tort : une histoire d’amour tragique avec un Heathcliff blanc. Elle ne fait que suivre une longue ligne où ce livre est difficile à adapter comme film.

Adaptation imparfaite ou incomprise ? 

Pour ceux qui ne connaissent pas, le film porte sur Catherine, fille noble, et Heathcliff, orphelin ramené à la maison par le père de Catherine. Ils forment un lien puissant où ils se supportent  à la violence d’un père alcoolique. Cette connexion se transforme en une puissante attirance en tant que jeunes adultes. Cependant, ce lien se brise quand Catherine marie le nouveau voisin, Edgar, pour sa richesse. Heathcliff disparaît et revient transformé en un gentleman. Immédiatement après le retour de celui-ci, un long montage de leur adultère se poursuit qui s’arrête abruptement où Heathcliff devient jaloux d’apprendre que sa partenaire est enceinte du riche Edgar. Pour rendre Catherine malade de jalousie, Heathcliff se marie avec la protégée d’Edgar, Isabella, qui rentre dans un jeu de séduction avec Heathcliff montrant plus de scènes de désir féminin de la part d’Isabella. Cela est dévastateur, car suite à une longue maladie agrémentée par la négligence d’Edgar et de Nelly, la servante, Catherine meurt avec Heathcliff, héros tragique, qui enlace le corps sans vie de sa dulcinée. (Fennell, 2026) 

Pourtant dans le livre, même on ressent une illusion de0 ressemblance, ce n’est qu’une illusion. Heathcliff, un orphelin de minorité visible, se fait recueillir par un gentilhomme à sa demeure familiale. Il crée une connexion avec la cadette Catherine et se fait harceler par le fils aîné Hindley, jaloux de la préférence du père à Heathcliff et intolérant de l’aspect physique de celui-ci. Suite à la mort du père, l’abus d’Heathcliff s’intensifie et la goutte se verse quand Catherine se marie avec l’aîné Edgar. Il est beau, blond et héritier du harmonieux Thundercross Ranch. Heathcliff disparaît pour revenir comme gentilhomme et se voue à donner vengeance à ses enemis. Il prend les Hauts de Hurlevent de l’aîné Hindley  et marie Isabella, la jeune sœur d’Edgar, pour causer du tort au frère aîné de celle-ci et rendre Catherine malade de jalousie, ce qui cause sa mort. Quant à Isabella, elle s’échappe à Londres pour ne plus subir la brutalité de son mari. La vengeance d’Heathcliff se poursuit même après la mort de Catherine, où il tourmente la prochaine génération, ce qui entraine  sa mort, mais lui offre la délivrance et lui permet de rejoindre le fantôme de Catherine où ils hantent la région.  (Bronte, 1847) 

Il est curieux que une histoire de vengeance et d’abus générationnel se transforme d’une histoire  tragique où on déconstruit des personnages complexes en seulement des caricatures basées sur le style, l’esthétique et une surface de profondeur. Comment on est en arrivés là ? 

Le duel de la substance contre le style 

Incarné par le comédien  Jacob Elordi (Saltburn, Euphoria) qui joue Heathcliff, le personnage semble exister pour projeter l’image d’un homme beau et sulfureux. Fennell veut plutôt donner le focus sur les femmes de l’histoire en mettant l’accent sur leurs désirs, leur jalousie ou les répressions qu’elles ressentent. En théorie, l’intention est pertinente. Par contre,il semble que pour mettre en avant Catherine, jouée par Margot Robbie (Barbie, Wolf of Wall Street), Fennell a choisi de faire disparaître les autres personnages féminins. 

Jacob Elordi dans Wuthering Heights (The New Yorker, 2026)

Bien-sûr, elles n’ont pas complètement disparu, mais elles sont bien plus mortes que la Catherine du livre et du film ne l’a jamais été. Il semble que Fennell les ait enterrés pour les remplacer par des clones. La principale victime s’agit de Isabella.

Le miroir de la souffrance n’est pas le désir  

Isabella est la sœur cadette ou la protégée d’Edgar, selon chaque version. Celui-ci est le futur mari de Catherine. C’est ce même mariage qui verse la goutte et fait déborder le vase après l’enfance terrible qu’a vécue Heathcliff, le poussant vers la vengeance contre ceux qu’il juge responsables de sa souffrance.

Fennell dépeint Isabella, jouée par Alison Oliver (Saltburn, The Order)  comme une fille innocente, presque à l'excès, chouchoutée par Edgar et qui donne des poupées crochetées à Catherine pour la faire passer pour étrange, mais amicale. Pourtant, il y a une coupure directe avec cette représentation, car apparemment elle ressent un désir profond à la rencontre d' Heathcliff, qui lui dit directement qu’il ne l’aimera jamais et se servira d’elle. Cela n’empêche pas Isabella de s’enfuir pour se marier avec Heathcliff et se retrouver à Wuthering Heights, où on perçoit de nombreuses scènes où Isabelle semble exprimer son désir avec grande intensité et plaisir. Une scène marquante s’agit de la lettre que reçoit Nelly, la servante, où Isabella explique son mal-être par rapport à son mari violent. Nelly va aux Hauts de Hurlevent pour voir une Isabelle en laisse se faisant tirer par Heathcliff. Toutefois, il faut préciser que le film révèle immédiatement qu’il s’agissait simplement d’une fausse lettre qu’Isabella écrit avec joie à la demande d’ Heathcliff, qui veut rendre Catherine malade de jalousie par rapport à son mariage avec Isabella. 

Allison Oliver dans Wuthering Heights (Tyla, 2026) 

Cependant, dans le livre, la réalité est tout autre. Pour se venger d’Edgar et causer une peine profonde à Catherine, Heathcliff séduit la jeune innocente et gâtée Isabella, qui croit aux contes de fées, pour en faire sa femme. Celle-ci, après un mariage hâtif et son arrivée aux Hauts de Hurlevent, voit directement Heathcliff tel que la brute qu’il est. Celle-ci écrit des lettres pour quémander l’aide de son frère en vain, considérant qu’elle l’a trahi en se mariant avec Heathcliff. Pour s’échapper de l’emprise de ce mari, Isabelle va seule à Londres où elle accouchera d’un fils et y restera jusqu’à sa mort en ayant probablement une des fins des plus paisible en comparaison des autres personnages du roman, et cela malgré les obstacles qu’Heathcliff avait dressés pour la rendre malheureuse. Pour le XIXᵉ siècle, ce que Emily Brontë a voulu dépeindre est révolutionnaire. Une femme seule qui préfère quitter son mari violent et se protéger elle-même pour se donner une meilleure vie, et ce même si elle y va sans le sou et sans aide familiale 

Maintenant, il y a un point à rendre clair : on ne peut jamais adapter parfaitement une œuvre à une autre version. Chaque version représente ce que l’artiste veut évoquer à travers son art. Il est curieux qu’une œuvre littéraire datant du XIXᵉ siècle soit plus subversive et plus avant-gardiste qu’un film de 2026. Fennell se défend en affirmant qu’elle voulait tout simplement représenter sa version des Hauts de Hurlevent tel qu’elle l’a ressenti dans son adolescence. Cependant, peut-on refaire une version d’une œuvre sans avoir compris son but ou même sans s'en soucier ?  (VanHouse, 2026) 

Ressentir sans comprendre 

Fennell représente à travers ce film la nouvelle tendance d’enlever la complexité d’une œuvre originelle pour seulement y laisser une faible fondation axée sur l’esthétique pour causer un choc fabriqué de surface. Des critiques expliquent qu’au moins Fennell permet aux adolescentes de pouvoir se fixer sur un film plus immersif pour découvrir de meilleurs films, comme le ferait Tarantino pour les adolescents. (Siede, 2026 ) 

Alors, deux questions se posent : Pourquoi ne pas pousser jusqu’au bout l’horreur et la tragédie des Hauts de Hurlevent et ne pas laisser Heathcliff être le monstre qu’il est dans le livre?  Et, pourquoi ne pas simplement réaliser un film original? 

Car voici la critique ultime de cet article : Wuthering Heights est d’un ennui mortel.  Fennell dit que c’est une « adaptation libre » (People, 2026), il n’empêche qu’en changeant les obstacles que les personnages vivent comme des parties de plaisir. Le film est vide dans le fond. Le choc de ce film est une recette de comment prendre un livre parlant de tragédie, passion et vengeance en lui enlevant tout pour ne manger que les os. Le besoin d’escapade qui se passe dans la culture populaire d’aujourd’hui prend des oeuvres complexes avec des atmosphères variées pour les transformer en des produits prêts à être digéré et recraché de façon immédiate sans questionnement. Il n’y a rien de mal à vouloir s’échapper, mais n’est-t-il mieux pas d’apprécier une oeuvre qui fait rêver autant qu’il questionne sur soi? 

L’œuvre de Brontë est si poignante à cet effet, car  elle apporte de l’âme en parlant de thèmes. Elle raconte du comment la violence n'engendre qu'un cycle perpétuel de violence, mais qu’on peut s’en sortir. Isabella, pour son propre bonheur, l’a fait pour elle-même et son fils. Les autres personnages avec leur comme Catherine et Heathcliff ont pu  retrouver de la paix même si c’est à travers  la mort.  (Brontë, 1847, Ticsh, 2026)  Pour toutes ces raisons, je reste convaincue d’une chose. Les Hauts de Hurlevent est une œuvre qu’on peut adapter, mais pour en saisir la passion qu’on ressent en le lisant, il faut laisser ces personnages avec leurs défauts et leur humanité et il deviendra ce que le livre est déjà : un miroir sur notre société. 

Édition de février

La mi-session, on est en plein dedans, et on va se le dire… le monde est un peu en feu. Les remises s’enchaînent, les nuits sont courtes, l’actualité nous épuise et le café est devenu un allié de taille. Si vous êtes fatigués, débordés ou juste à bout, on vous comprend.

Pour cette semaine de mise à niveau qui s’entâme, que vous en profitiez pour rattraper votre retard, finir vos travaux, gagner de l’argent, relaxer un peu (ou faire tout ça en même temps), on vous envoie une bonne dose de courage et de résilience. Parce qu’il ne nous reste plus qu’à accepter le chaos, respirer, et continuer d’avancer.

Quand vous aurez besoin de souffler, venez nous lire. Juste quelques minutes pour voyager, réfléchir, décrocher de votre quotidien chargé.

On se souhaite des températures plus douces pour aller prendre l’air (sans se geler la face) et de se rappeler qu’il y a un monde en dehors des écrans. Et surtout, on veut souligner le travail de nos trois rédactrices qui vous offrent du contenu recherché, profond et de qualité malgré leur horaire bien rempli !

Ne lâchez pas. On est ensemble là-dedans.

xxx

Vos co-rédactrices en cheffe,

Jaymie Vézina et Salma Achoumi

Nonna

Par Marie Véronique Ross

Photo : Marie Véronique Ross

Lexique  

Nonna : Grand-mère italienne 

Nonno : Grand-père italien 

Nonnis : Grands-parents italiens 

 

J’écris ce texte au lendemain de la célébration des 90 ans de ma Nonna. En regardant autour de moi hier, j’étais émue de voir tout l’amour que son entourage lui portait. Née en 1936, à Cave, dans une commune située dans la région de Rome, Nonna, en a vu de toutes les couleurs. Je comprends, maintenant, pourquoi on dit « la sagesse des vieux ». Par malchance, elle a dû subir les quatre ans de misère de la Deuxième Guerre mondiale en Italie. Elle a arrêté l’école en quatrième année puisqu’elle trouvait, comparée aux autres étudiants, qu’elle était trop vieille. Nonna, n’a jamais eu la plus grande des confiances en soi. Mais pour elle, l’éducation était synonyme de réussite.  

Pour moi, c’est son parcours qui est la définition de la réussite.  

À l’âge de 21 ans, elle a rencontré mon Nonno. Ils se sont mariés à l’âge de 22 ans et à l’âge de 24 ans, mon oncle était déjà au berceau. Je peux dire qu’à mes 22 ans, je ne suis définitivement pas au même endroit qu’elle l'était. Comme ma mère me dit souvent, on ne peut pas comparer les époques ! Tourner la page, après la guerre, était difficile. Peu de temps après, mes Nonnis ont finalement décidé de quitter l’Italie pour venir s’installer à Montréal.  

Ils avaient en tête le désir d’une meilleure qualité de vie.  

Arrivés dans le quartier d’Ahuntsic, mes Nonnis se sont bâtis une nouvelle vie. Ils ont appris le français pour mieux se jumeler à la population québécoise et ils ont appris les bases de l’anglais. Ils ont eu de la chance d’avoir des voisins tout aussi italiens, ce qui leur a permis de garder quelques repères culturels. Mon Nonno, après avoir suivi le cours qu’il pouvait se payer, a travaillé comme débosseleur et ma Nonna a consacré sa vie à sa famille. Peu à peu la famille s’est agrandie avec l’arrivée d’une petite fille (ma mère) et un autre petit garçon (mon plus jeune oncle). Ma mère m’a toujours dit que chez les Ronci, on parlait italien à la maison, mais on devait écouter la télévision en français et aller à l’école en anglais. Tout pour s’intégrer au Québec. Même si Nonno se débrouillait très bien en français, il s’amusait à dire que si tu étais en mesure de dire « tsé tsé la la », tu étais un vrai québécois. 

Je peux dire qu’ils ont fait un excellent travail pour élever leurs trois enfants. 

Au fur et à mesure que les années passent, les gens vieillissent. À l’âge de 53 ans, ma Nonna a perdu l’amour de sa vie, moins de deux semaines après le mariage de ma mère, ainsi que celui de son plus jeune fils. Une épreuve encore difficile à franchir. Cela ne l’a pas empêché de continuer à être la typique grand-maman italienne.  

Pendant plusieurs années, elle nous a accueillis, la grosse famille que nous sommes, chez elle pour les repas et plus encore. Elle nous servait ses délicieuses lasagnes. Même si la faim n’y était plus on l’entendait : « mangia mangia ». Demandez à tous ceux qui sont déjà venus à la maison : sa lasagne est effectivement incroyable… Je me rappelle encore ces moments, lorsqu’on quittait en cachette la table des enfants pour aller dans la cuisine pour qu’elle nous donne des polpette (boulettes) qui restaient dans le fond de sa bonne sauce aux tomates. Au-delà des saveurs, elle venait en renfort pour ma mère. Étant ma seule figure grand-parentale, son parcours m’a toujours impressionné. Très orientée vers la famille, Nonna a toujours été très présente pour nous. Et cela continue avec son arrière-petit-fils qu’elle regarde avec des yeux pleins d’amour. 

C’est le bonheur absolu. 

Laisser son pays natal et sa famille derrière pour un futur meilleur n’est pas facile.

Femme immigrante, femme forte, femme inspirante, je pense qu’elle devrait avoir la plus grande des confiances en elle. Elle devrait être fière de la vie qu’elle a menée et de la famille qu’elle a créée.  

La diminution de son autonomie des dernières années ne l’empêche pas de nous montrer son amour. Depuis les six dernières années, elle habite avec nous, et au quotidien, nous avons la chance de lui rendre cet amour en retour.  

C’est maintenant à nous de prendre la relève. 

Con amore 

Une harmonie en mouvement

Par Annabelle Blais

Judin, N. (2025). Photos: Buddhist Monks On Nationwide Walk For Peace Pass Through Jackson. Mississippi Free Press. https://www.mississippifreepress.org/photos-buddhist-monks-on-nationwide-walk-for-peace-pass-through-jackson/ 

Un événement important pour les Américains se déroule présentement : des moines bouddhistes qui entreprennent une marche pour la paix à travers les États-Unis. Ce geste n’est pas anodin. Ils avancent dans ce périple pour un objectif clair et unique : faire émerger la paix intérieure que ce pays a profondément enfouie en lui. Les récentes décisions présidentielles ont suscité un fort mécontentement, notamment en raison des actions de l’ICE, la police anti-immigration des États-Unis, qui ont déjà fait plusieurs victimes. S’y ajoutent la guerre commerciale avec le Canada, l’interdiction aux personnes transgenres de s’enrôler dans l’armée, ainsi que d’autres mesures controversées. Alors l’action des moines bouddhistes n’est ni une manifestation politique ni une protestation, mais plutôt une prise de conscience, en ces temps plus difficiles. 

C’est à la fin du mois d’octobre 2025, que les moines bouddhistes débutent leur chemin dans un temple bouddhiste du Texas, menés par leur guide spirituel, Bhikkhu Pannakara. Leur destination : Washington, où se trouve le Congrès des États-Unis. Cette marche à notamment pour but de demander la reconnaissance du Vesak comme fête fédérale. Cette fête est célébrée principalement en Asie pour commémorer la naissance, l’éveil et la mort du Bouddha (Canonne, 2024). 

Phuong Que. (2025). Vesak en Thaïlande : traditions bouddhistes et immersion spirituelle. Asia King Travel. https://asiakingtravel.fr/blog/vesak-en-thailande.html 

Sur leur passage, plusieurs Américains les saluent et leur offrent des objets qui leur sont utiles, avec bienveillance, sachant que ces moines bouddhistes ne mangent que ce qui leur est offert. De simples attentions sont aussi données, comme des fleurs, qu’ils redonnent ensuite au prochain. Leur présence touche et rassemble les citoyens au-delà des croyances religieuses. Comme le mentionnent plusieurs médias : « Sur leur passage, beaucoup disent trouver un apaisement inattendu ».  C’est la preuve que cette action, pourtant silencieuse, car le silence favorise la pleine conscience et encourage le calme, apporte une sérénité dans l’atmosphère sociale (Service Actualité Internationale, 2026). 

Leurs motivations

Pour les moines bouddhistes, le respect et l’amour sont au centre de leur pratique et la violence ne peut être commise ou encouragée. Ce principe de non-violence est appelé ahimsa : il relie la non-violence du geste, de la parole et de la pensée. C’est une pratique active qui demande à ces personnes de cultiver quotidiennement la compassion et la sagesse. Toutefois, ce n’est pas une raison pour eux de rester passifs face aux actions injustes qui se produisent dans le monde. C’est plutôt une raison de contribution avec des gestes réduisant la souffrance. C’est dans cette pensée que les moines marchent pour la paix. Cette action calme, disciplinée et constante devient un message symbolique, puisque leur paix intérieure contribue à un environnement plus harmonieux. Cette méthode suscite de l’intérêt et des questionnements dans la société. L’engouement pour  cette  marche aux États-Unis encourage les spectateurs et tous les citoyens sur leur passage à se questionner sur leurs propres attitudes et positionnements envers les conflits. Elle devient ainsi un outil de sensibilisation puissant, respectant la dignité de tous. 

Références :

Canonne, C. (2024). Qu’est-ce que le Vesak Day, jour sacré pour les Bouddhistes du monde ? Le Petit Journal. https://lepetitjournal.com/expat-mag/societe/-vesak-day-jour-sacre-religion-bouddhistes-monde-385366 

Mathes, M. (2026). Des moines bouddhistes traversent les États-Unis dans le froid. La Presse. https://www.lapresse.ca/international/etats-unis/2026-02-04/message-d-unite/des-moines-bouddhistes-traversent-les-etats-unis-dans-le-froid.php

Service Actualité Internationale. (2026). Des moines bouddhistes et leur chien séduisent l’Amérique lors d’une marche pour la paix. Entrevue.  https://entrevue.fr/monde/des-moines-bouddhistes-et-leur-chien-seduisent-lamerique-lors-dune-marche-pour-la-paix/ 

Thapa, S. (2026). Movement as solidarity: Walking for a cause across the U.S. and Britain. Global Voices. https://globalvoices.org/2026/01/31/movement-as-solidarity-walking-for-a-cause-across-the-u-s-and-britain/ 

Van Thi Nhu Lieu. (n.d.). Buddhist philosophy on the practice of non-violence. International Journal of Management, Engineering and Research, 14(3‑1). https://s3-ap-southeast-1.amazonaws.com/ijmer/pdf/volume14/volume14-issue3(1)/7.pdf

La bande-son de nos vies

Par Erika Donatucci

Qu’on s’en rende compte ou non, la musique influence profondément notre vie émotionnelle. Elle accompagne ce que l’on vit, mais peut aussi lui donner du sens. Je m’en rends compte moi-même, certaines chansons me font danser sans retenue, ou au contraire, d’autres mettent des mots sur ce que je n’arrive pas à exprimer.

Mes listes de lecture ne sont jamais anodines. Elles suivent mes états d’âme, mes périodes de vie et mes souvenirs, au point de devenir le récit musical de ce que je traverse. Mais, ce rapport à la musique est universel : on a tous une chanson qui nous ramène à un souvenir, à une personne ou à une épreuve comme celles qu’on écoute en boucle après une rupture, non pas parce qu’elles nous rendent tristes, mais parce qu’elles mettent en mots ce que l’on n’arrivait pas à exprimer.

L’utilisation de la musique selon nos émotions

Ce n’est pas qu’une impression, notre cerveau réagit réellement à la musique. Au cours des dernières années, les études montrent un lien entre la gestion de nos émotions et la musique. Selon Simone Dalla Bella, professeur au département de psychologie de l’Université de Montréal et codirecteur du Laboratoire international de recherche sur le cerveau, la musique et le son (BRAMS) (Girard-Bossé, 2021), quand on écoute ou pratique de la musique mobilise bien plus que l’ouïe, c’est une grande partie du cerveau qui s’active. 

Dès l’enfance, la musique va venir réguler les émotions. Quand on y pense, quelle est la première chose qu’on va avoir tendance à faire pour calmer un enfant qui pleure ? Le bercer à l’aide de berceuses et de comptines pour l’aider à soulager sa douleur et son stress. Cet effet persiste à l’âge adulte, notamment par son influence sur les hormones du stress (Girard-Bossé, 2021).

Outre son côté apaisant, on cherche aussi naturellement une musique adaptée à notre humeur. Une chanson entraînante pour accompagner un moment de joie ou une plus mélancolique lorsque ça ne va pas. 

Mais, la musique ne se contente pas d’accompagner nos émotions : elle les façonne. Des recherches en neurosciences montrent que la musique active des zones du cerveau liées aux émotions, comme l’amygdale et l’hippocampe, qui jouent un rôle clé dans la mémoire et le ressenti (Ren et al., 2024). Autrement dit, une chanson ne vient pas seulement refléter ce que l’on vit : elle peut amplifier une tristesse, prolonger une joie ou même transformer la manière dont on interprète un souvenir. Par exemple, écouter Wake Me Up d’Avicii ramène souvent à un moment précis, tout en ravivant un sentiment de liberté, d’insouciance et les premières grandes transitions de la vie.

Si la musique reste autant gravée en nous, ce n’est pas un hasard. Ce lien émotionnel intense est ce qui pourrait la rendre presque impossible à oublier.

La mémoire musicale

Ce qui me fascine le plus reste la mémoire musicale. Elle est particulièrement robuste et stable et semble fonctionner différemment des autres formes de mémoire, ce qui pourrait expliquer pourquoi certaines chansons restent ancrées en nous pendant des années. Je me rappelle par exemple de chansons que je chantais à tue-tête dans ma chambre à 9 ans, alors que j’ai parfois du mal à me souvenir de ce que j’ai appris pour mon examen intra.

Certaines recherches suggèrent qu’elle résiste mieux au temps et à certaines pathologies. Si on prend l’exemple de la maladie d’Alzheimer,  « malgré une perte de mémoire plutôt généralisée, la mémoire musicale est plutôt épargnée ». La musique serait ce qu’est le sport pour le corps : un moyen de garder le cerveau en bonne santé (Girard-Bossé, 2021). 

C’est ce qui justement transforme nos playlists en capsules de souvenirs, ou ce que j’aime appeler le musée sonore de notre vie.

Les playlists comme mémoire de vie 
On m’a souvent demandé « Erika, c’est quoi ta chanson préférée ? » J’ai toujours trouvé cette question super personnelle parce que, selon moi, une playlist ressemble à un journal intime. On peut en dire long sur une personne rien qu’avec leur chanson préférée ou en écoutant sa musique. 

Comme le souligne Zaigam Akhtar (2023) dans son article, « il ne s’agit pas d’ajouter n’importe quel morceau qui sonne bien à une liste. L’objectif est de créer une playlist que vous pourrez utiliser au quotidien et qui enrichira votre vie ». Ma playlist principale a été créée il y a dix ans maintenant, autant vous dire que ça en dit long sur quelqu’un de dix ans de chansons.

Nos listes d'écoutes ne sont pas juste des listes de chansons, mais des archives de ce que nous avons été. Des résumés de chaque era de notre vie.

Références : 

Akhtar, Z. (2023, 26 janvier). The power of playlists. ILLUMINATION. https://medium.com/illumination/the-power-of-playlists-1bf4318ab5ed
Girard-Bossé, A. (2021, 27 septembre). Quand la musique prend le contrôle de votre cerveau. La Presse. https://www.lapresse.ca/actualites/sciences/2021-09-27/quand-la-musique-prend-le-controle-de-votre-cerveau.php

Ren, Y., Mehdizadeh, S. K., Leslie, G., et Brown, T. (2024). Affective music during episodic memory recollection modulates subsequent false emotional memory traces: an fMRI study. Cognitive, affective & behavioral neuroscience, 24(5), p. 912–930. https://doi.org/10.3758/s13415-024-01200-0

Édition de Janvier

Bye Bye 2025 ! BONJOUR 2026 ! 🎉

Un gros merci pour tout le support l’an dernier! On espère que vous êtes toujours là pour continuer le ride avec nous cette année.

On est super fières de vous présenter cette édition de janvier.

Remettre les pieds dans la routine après les Fêtes, c’est jamais facile. Mais avec un peu de motivation et de réconfort, ça peut être juste assez stimulant pour bien commencer 2026. Entre bilans de fin d’année et résolutions parfois un peu folles, notre équipe a transformé ce moment flou en contenu réfléchi et divertissant!

Dans cette édition, vous allez retrouver un peu de tout : culture, sport, musique, environnement, IA… des sujets qui font réfléchir, sourire et qui nous touchent tous. Bref, de quoi passer un bon moment et attaquer l’année du bon pied.

Merci d’être là, de nous lire et de faire partie de cette aventure. On vous souhaite une excellente lecture, un début d’année rempli de douceur et une année 2026 inspirante !

- Salma Achoumi et Jaymie Vézina