À propos du journalisme…

Ce que le meurtre de Jamal Khashoggi révèle sur le journalisme.

 http://iej.eu/strasbourg/

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Le 2 octobre 2018, Jamal Khashoggi est assassiné. Pour un journaliste de profession, mourir de la sorte n’est pourtant pas inhabituel. Cela est représentatif d’un mouvement global où le journalisme tend à être réprimé. Un sentiment qui amène à une question : quelle est la place du journalisme dans nos sociétés actuelles ?

 https://www.premiumtimesng.com/news/top-news/293528-how-saudi-arabia-may-have-spied-on-jamal-khashoggi.html

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Cette nouvelle n’est pas passée inaperçue aux yeux de la communauté internationale. Le 2 octobre, Jamal Khashoggi entre dans l’ambassade turque d’Arabie Saoudite, son pays d’origine, pour un simple document en vue de son futur mariage. Il n’en ressortira jamais. Deux semaines plus tard, le verdict tombe : Jamal a été exécuté par les services secrets saoudiens.

Il reste encore des parts d’ombre dans cette affaire. Cependant, une chose est sûre, l’Arabie Saoudite a voulu faire taire ce journaliste. Dans les faits, Jamal Khashoggi a critiqué de nombreuses fois le prince héritier Mohammed Ben Salmane ainsi que les différentes interventions de contrôle dans la région qu’organisent Ryad, siège du gouvernement saoudien.

Ce meurtre est signe d’un élément bien plus important, soit la force de l’information et des médias. Cette force fait peur, particulièrement dans les hautes sphères de l’État, où les secrets sont si bien gardés. Les moyens de diffusion ont bien évidemment changé, alors que l’objectif, lui, est resté similaire au fil des années ; c’est-à-dire informer.

Et c’est là que s’organise un paradoxe pour le moins intéressant. La population a également peur de cette information. Une peur d’être manipulée par les médias, une peur de ne pas tout comprendre. Pourtant, le journalisme, avant tout, c’est ça ; relater des faits.

Mais cette force recule. La politique de Trump a ébranlé les médias américains. Les « fake news » ont participé à la déconstruction de la légitimité du journalisme. Plus récemment, le nouveau président brésilien Jair Bolsonaro a laissé entendre différentes menaces contre les journalistes brésiliens.

 https://www.lejdd.fr/International/jair-bolsonaro-est-il-vraiment-le-donald-trump-du-bresil-3789371

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Le 9 octobre dernier, Reporters sans frontières annonçait qu’en date du 1er octobre, 56 journalistes avaient été tués dans le cadre de leur profession en 2018, soit déjà plus qu’au bilan de l’année 2017 (55 personnes). Il n’en reste pas moins que certains journalistes risquent leur vie dans un devoir de liberté pour le bien commun.

Le journalisme est avant tout un maintien de la transparence. Il est légitime de remettre en question une information. C’est le devoir de tous de croiser les données et de prendre du recul sur un évènement. Cependant, il serait dommage d’oublier que ce même corps participe à la liberté de chacun, ainsi qu’à une démocratie plus accomplie.

Écrit par Florentin Roy, Rédacteur du COMMEDIA