Un Noël sans réveillon

Chaque année, lorsque l’hiver approche, les tensions se font sentir chez les itinérants qui ne savent plus où seront leurs places, mais qui sont bien conscients qu’ils ne pourront plus subsister avec le strict minimum. En effet, certains meurent de faim, d’autres de froid, mais tous cherchent un petit peu de confort avec ce qu’il leur faut pour survivre. Voilà pourquoi le gouvernement annonce chaque année des plans pour contrer ces désastreux événements. Dans le rapport annuel sorti en novembre, le gouvernement affirme que « 1623 places seront ouvertes dès novembre 2022 et pour toute l’année dans les services d’hébergement d’urgence et les haltes-chaleur. Le plan fixe aussi comme objectif l’intégration de 250 personnes dans des logements d’ici le 31 mars 2022. » (Delfils, 2022)  

Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir     

Est-ce suffisant?

En janvier l’année dernière, un homme avait été retrouvé « à son campement situé sur une falaise boisée, près de la rue Saint-Jacques et de l’autoroute 20 direction ouest. Il était alors inanimé et en état d’hypothermie, selon la police. » (Lavoie, 2022) Cependant, à qui la faute? Effectivement, le gouvernement offre des places supplémentaires et vient faire les grands titres des journaux, mais que savons-nous réellement à propos de ces grands gestes ? Lorsqu’on s’intéresse au revers de la médaille, on obtient rapidement le point de vue d’autres personnes comme « Annie Savage, directrice du Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal. » (Lavoie, 2022) En effet, Mme Savage dénonce ce spectacle en paillette en affirmant que, même en connaissance de cause, Mme Valérie Plante ne fait que jouer son rôle de politicienne. La directrice de la RAPSIM accuse donc la mairesse de Montréal de manque d’agentivité en criant haut et fort qu’« on met en lumière les 1600 places, comme si c’était suffisant. Nous, on les connaît ces places, on sait que ces sites sont pleins, la Ville le sait, le CIUSSS le sait ». (Delfils, 2022)

Photo: Olivier Jean, La Presse

Ce qui est frappant, c’est de savoir que certains itinérants préfèrent prendre le risque de mourir d’hypothermie plutôt que de dormir dans un centre d’hébergement, et ce, pour leur sécurité. Certaines personnes dans la rue sont tout à fait innocentes, mais il ne faut pas oublier qu’il y aura toujours des gens mal intentionnés, et parfois, certains d’entre eux peuvent avoir « un problème de consommation, d’anxiété, de gestion de la colère » lorsqu’ils se retrouvent avec d’autres en centres d’hébergement (Haslin, 2022). Voilà exactement ce qu’avance Mélina, une intervenante de suivi travaillant pour le Centre le Diapason. Cette information vient donc ajouter une nouvelle variable au tout, car s’il s’agit ici de leur choix personnel que d’affronter le froid... À qui la faute ?  

Photo: Hulton Archive/Getty

Un geste, plusieurs répercussions

À défaut de ne pas pouvoir faire quoi que ce soit au niveau des endroits chauds où les itinérants peuvent aller s’abriter, j’aimerais clore ce texte en mentionnant l’importance de donner à son prochain. En effet, comme à chaque année, des organismes à but non lucratif font leur possible pour essayer d’apporter un peu de chaleur dans le quotidien de ces gens, car on le sait bien, un seul geste peut avoir plusieurs répercussions. Par exemple, « depuis le 19e siècle, l'aide aux personnes démunies est devenue une tradition durant la période des Fêtes. Dans le Canada français, la collecte de dons prend la forme d'un événement annuel : la guignolée. Clin d'œil historique à cette grande opération de charité. » (Radio-Canada, 2017) Chaque année, vous verrez des gens faire des collectes de dons, parés de lumières rouges, venant sonner à votre porte et ramasser de la nourriture en conserve, des jouets ou encore de l’argent à offrir aux plus démunis. Dans le temps des fêtes, il est important de redonner, et je trouve personnellement qu’il s’agit ici d’une belle initiative! Depuis maintenant deux ans, moi et les membres de ma famille avons la chance de nous regrouper pour participer à cette collecte et ce n’est que du bonheur que de savoir que notre petit geste va avoir un impact sur la vie de certains, ne serait-ce que pour un moment. Rappelons-nous que c’est Noël et que personne ne mérite d’être triste, surtout dans un temps aussi festif et chaleureux que celui-là! Sur ce, joyeux temps des fêtes et surtout, n’oubliez pas de donner au suivant.

Mégane Emmanuelle English

Sources

Delfils. C. (2022, 16 novembre). Montréal offrira plus de places aux itinérants cet hiver. La Presse. https://www.lapresse.ca/actualites/grand-montreal/2022-11-16/montreal-offrira-plus-de-places-aux-itinerants-cet-hiver.php

Lavoie. L. (2022, 11 janvier). La mort d’un itinérant aurait pu être évitée à Montréal. Le Journal de Montréal. https://www.journaldemontreal.com/2022/01/11/un-itinerant-de-74-ans-meurt-de-froid-a-montreal

Haslin. A. (2022, 22 novembre). Itinérance : de l'hébergement d'urgence à la réinsertion durable. 211 Grand Montréal. https://www.211qc.ca/itinerance/refuges-hebergement-personnes-itinerantes

Radio-Canada. (2017, 6 décembre). La petite histoire de la guignolée au Canada. Ici Radio-Canada. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1071596/guignolee-definition-histoire-quebec-francophone-archives