La lettre au Père Noël !

Le mois de décembre sonne officiellement le début des préparatifs pour Noël. L’approche de cette fête qui nous rend un peu moins maussades face au départ de la chaleur et du soleil donne le coup d’envoi à une foule de traditions différentes dans chaque famille. On décore le sapin et la maison avec des couleurs vives et scintillantes en écoutant enfin de la musique de Noël sans culpabiliser. Avec un peu de chance, décembre nous offre parfois la chance de pouvoir jouer dans la première neige ! Décembre sonne également le début des bricolages de Noël à l’école. Fabrication de cadeau pour papa, maman, grand-mère… l’imagination s’en donne à cœur joie ! Puis, le moment venu, il est temps pour les enfants de penser au cadeau qu’ils aimeraient recevoir de la part du père Noël. Mais comment lui communiquer ses souhaits ? C’est à travers cette fameuse lettre, qui lui sera acheminée en main propre au Pôle Nord, qu’ils expriment leurs désirs, leur créativité, leur tristesse, leur bonheur, leur déception et leur engouement. C’est également par cette lettre que les enfants cherchent à prouver qu’ils ont été gentils tout au long de l’année et qu’ils sont méritants.

Pour les parents, « le moment de l’écriture de la lettre au père Noël est une occasion [qu’ils] saisissent (ou pas) pour transmettre traditions et valeurs à leur descendance, autour de la fête de Noël et de tous les enjeux qui peuvent y être associés consciemment ou non » (Ganassali & Roederer, 2014, p. 258). Pour certains, il s’agit donc d’une activité en famille ayant pour but de conscientiser l’enfant à la consommation, par exemple. Que ce soit à l’école ou à la maison, la lettre au père Noël peut constituer un projet éducatif sollicitant les connaissances de l’enfant : manier le crayon, écrire les lettres de l’alphabet, former des mots et des phrases, apprendre la politesse, etc. (Ganassali et Roederer, 2014). Pour d’autres, il s’agit d’une activité centrée sur le plaisir de créer, dessiner, découper et coller.


C’est supposément en Angleterre au 19e siècle qu’est née l’idée d’acheminer les listes de souhaits des enfants au père Noël (Ganassali et Roederer, 2014). Les familles avaient pour tradition de brûler les lettres afin qu’elles soient transportées par le vent jusqu’au Pôle Nord ! Aujourd’hui, la création du large système d’envoi qu’on connaît très bien permet aux enfants et adultes de partout dans le monde de faire voyager leur lettre adressée au père Noël par la poste. Au Canada, chaque année, il s’agit de quelques millions de lettres envoyées à l’adresse de résidence la plus répandue du père Noël : Pôle Nord, Canada, HOH OHO (Beauregard, 1996). Afin de traiter l’immense demande, Poste Canada a mis sur pied, il y a de cela 40 ans, un programme national de répondants passionnés et qualifiés pouvant répondre en près de 30 langues différentes (Poste Canada, 2016). Afin de s’assurer de répondre adéquatement à certaines lettres plus délicates, Poste Canada fait souvent appel à des psychiatres de l’Hôpital Sainte Justine (Beauregard, 1996). La France et la Finlande sont également reconnues pour être des destinations fréquemment choisies pour l’envoi de lettre au père Noël. Née d’une initiative individuelle, la ville Libourne en France a possédé son propre « secrétariat du Père Noël » , de 1962 à 2012, créant un lien inédit, et jamais vu à l’époque, entre les familles et le service postal (De La Ville et Georget, 2014).

Malheureusement, ce ne sont pas les souhaits de tous les enfants qui sont exaucés à Noël. Beaucoup d’enfants se trouvent en situation de précarité et n’ont pas la chance de voir ne serait-ce qu’un cadeau sous le sapin. C’est ce qui a inspiré le « Projet Sapin des fêtes », initié par Alicia Truchon, étudiante au doctorat en médecine à l’Université de Montréal. Née d’un désir de montrer à chaque enfant qu’il est important et qu’il compte, elle s’est tournée vers la Fondation des jeunes de la DPJ (Direction de la protection de la jeunesse) pour la concrétisation de son projet (Boyer, 2022). Son idée consiste à donner la chance à chaque jeune de recevoir un cadeau à Noël. Ainsi, des sapins disposés dans plusieurs pavillons de l’université sont décorés de boules contenant le souhait de cadeau d’un enfant. Pour participer, la communauté de l’UdeM est alors en mesure de choisir une ou plusieurs boules dans l’arbre selon les budgets, et doit rapporter le cadeau aux endroits indiqués. Il s’agit d’une initiative brillante reprenant le concept de la lettre au père Noël afin d’insuffler aux jeunes un semblant de normalité. Si vous n’avez pas eu le loisir d’y participer cette année, gardez les yeux bien ouverts à la fin novembre prochain pour la réapparition des sapins !

L’organisme Opération père Noël, actif depuis déjà 25 ans, reprend également le concept de la lettre au père Noël en offrant la chance aux gens de devenir le père Noël. Une fois inscrit, vous recevrez la lettre d’un enfant à laquelle vous pouvez répondre et qui sera remis aux lutins livreur avec le cadeau que vous lui avez acheté. Bien évidemment, signé du père Noël !

La Fondation Fémina offre la possibilité aux gens de donner à des femmes victimes de violences conjugales et à leurs enfants vivant en maison d’hébergement. Elle convie les entreprises à entreprendre des collectes de cadeaux, et les particuliers à faire des dons en argent afin d’offrir à ces femmes la chance de vivre un beau Noël avec leurs enfants. Finalement, la fondation Opération enfant soleil propose des jolies cartes de souhaits de Noël faites de matière recyclée et conçue par des artistes québécois dont les profits seront directement remis à à la fondation.

Pour donner ou obtenir plus d’informations, visitez les sites web de chaque organisation !

Opération père Noël : https://operationperenoel.com/mission-2/

Opération Enfant Soleil : https://www.operationenfantsoleil.ca/nos-campagnes/cartes-de-souhaits-des-fetes-2/

Projet Sapin des fêtes : https://www.projetsapindesfetes.org/Fondation Fémina : https://fondationfemina.ca/



Jaymie Vézina.







Bibliographie

Beauregard, Y. (1996). Joyeux Noël et Bonne Année : le courrier du temps des Fêtes. Cap-aux-Diamants, (47), 20–22.



Boyer, A. (2022). Une étudiante de l’UDEM se mobilise pour les enfants de la DPJ. Quartier Libre. Section Campus, éd. novembre 2022.

https://quartierlibre.ca/une-etudiante-de-ludem-se-mobilise-pour-les-enfants-de-la-

dpj/#:~:text=Les%20boules%20qui%20les%20d%C3%A9corent,indiqu%C3%A9es%20pr%

C3%A8s%20de%20chaque%20sapin.



De La Ville, V.-I. & Georget, A. (2014). Le père Noël de la Poste La surprenante histoire de son secrétariat (1962-2012). P.I.E Peter Lang.

https://api.pageplace.de/preview/DT0400.9783035264838_A31446800/preview-

9783035264838_A31446800.pdf



Ganassali, S. & Roederer, C. (2014). L’analyse des courriers au père Noël comme expression des styles de consommation familiaux. Université de Savoie et Ecole de Management de

Strasbourg.



Poste Canada (2016). Postes Canada est fin prête pour le courrier du père Noël : On attend 1,5 million de lettres, de cartes et de listes.

https://www.canadapost-postescanada.ca/scp/fr/notre-entreprise/nouvelles-et-

medias/nouvelles-de-la-societe/communiques/2016-11-17-postes-canada-est-fin-prete-pour-

le-courrier-du-pere-noel

RAVAGES DE LAGUERREAU SOUDAN : LA TRAGÉDIE DES FEMMES ET DES ENFANTS ET L'APPEL À L'ACTION INTERNATIONALE

La guerre au Soudan a jeté une ombre dévastatrice sur la vie des femmes et des enfants, créant un contexte marqué par des décennies de conflit. Cette longue période d'hostilités a instauré un climat de violence persistante et d'instabilité, exerçant un impact profondément néfaste sur ces communautés vulnérables.

Premièrement, les femmes sont particulièrement vulnérables pendant la guerre. Différents groupes en conflit utilisent le viol comme arme de guerre, causant des traumatismes physiques et psychologiques graves aux femmes. (Amnesty International, 2018)

Cette violence est maintenue grâce à des mesures de protection inadéquates et à l'impunité accordée aux personnes qui commettent ces actes. Les mesures de protection inadéquates mentionnées comprennent un manque de sécurité, des failles dans la prévention des conflits, ainsi qu'une absence de dispositifs efficaces pour dissuader et punir les auteurs de violence. Ces lacunes contribuent à maintenir un environnement propice à l'impunité, permettant aux responsables d'échapper aux conséquences de leurs actes. Des organisations non gouvernementales (ONG) opérant sur le terrain, telles que Médecins Sans Frontières (MSF) et Oxfam, s'engagent activement dans la fourniture d'aide humanitaire. Elles œuvrent en fournissant des abris d'urgence, des denrées alimentaires, de l'eau potable et des soins médicaux essentiels aux populations déplacées. En parallèle, ces ONG, parmi lesquelles Amnesty International et CARE, mènent des initiatives de sensibilisation contre la violence sexuelle, tout en offrant un soutien psychologique crucial aux femmes victimes de ces violences. De plus, elles sont chargées de faire les tâches de la maison et de subvenir aux besoins de leur famille. Cependant, l'insécurité généralisée et les déplacements fréquents limitent leur accès aux ressources essentielles telles que l'eau potable, la nourriture et les soins de santé. Par conséquent, elles sont confrontées à une situation financière fragile et ne peuvent pas fournir un soutien adéquat à leur famille.

Les effets tragiques de cette guerre touchent également les enfants. Les groupes armés recrutent de force des enfants et les utilisent comme soldats, les privant de leur droit à l'enfance et à l'éducation. Ils sont confrontés à des actes violents et contraints de commettre des atrocités, ce qui entraîne des blessures physiques et psychologiques profondes. De plus, la guerre provoque un afflux massif de déplacés, exposant les enfants à des risques accrus de malnutrition, de maladies et d'autres problèmes de santé. Leur vulnérabilité est aggravée par une sécurité limitée, une éducation inadéquate et des soins de santé de mauvaise qualité. (Al Jazeera, 2019)

Les conséquences durables de la guerre sur les futures générations sont cruciales à souligner. Les enfants élevés dans des environnements violents, comme le souligne l'UNICEF, sont plus susceptibles de reproduire ce cycle. Des témoignages poignants, tels que celui présenté dans le livre "Le Bruit des Os qui Craquent" de Svetlana Alexievich, mettent en lumière comment les enfants exposés à la violence peuvent développer des troubles mentaux et émotionnels, compromettant leur capacité à devenir des adultes équilibrés. Ces troubles incluent souvent des problèmes de comportement, des traumatismes psychologiques profonds et des obstacles à un développement émotionnel sain. (UNICEF, 2019) Des programmes de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR), tels que ceux mis en œuvre par l'ONU et d'autres organisations humanitaires comme Save the Children, jouent un rôle crucial dans la transition des anciens combattants, y compris les enfants soldats, vers la vie civile. Ces initiatives, intégrant des composantes psychosociales, éducatives et professionnelles, visent à offrir un soutien complet. À travers les DDR, les enfants soldats bénéficient d'un accompagnement pour reconstruire leur vie, comprenant un soutien psychosocial essentiel, un accès à une éducation formelle, et des opportunités de formation professionnelle visant à les intégrer de manière durable dans la société. (Human Rights Watch, 2020)

En conclusion, les femmes et les enfants subissent des violences sexuelles, un recrutement forcé, des déplacements forcés et une détérioration de leurs conditions de vie en raison de la guerre au Soudan. Il est essentiel que la communauté internationale prenne des mesures immédiates pour arrêter ce conflit et protéger les droits fondamentaux de ces femmes et de ces enfants.

Solenn DOUIEB

Bibliographie :

UNICEF. (2019). Soudan: Rapport sur la situation des enfants et des femmes. https://www.unicef.org/media/61206/file/Sudan-UNICEF-2019-FRB.pdf

Human Rights Watch. (2020). Soudan : Repenser la justice pour les crimes de guerre.

https://www.hrw.org/fr/news/2020/06/09/349284

Amnesty International. (2018). Soudan : Des femmes et des hommes toujours victimes de violence

sexuelle.

https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2018/07/sudan-women-violence-sexual-slavery/

Al Jazeera. (2019). L'impact de la guerre sur les enfants au Soudan.

https://www.aljazeera.com/indepth/opinion/sudan-forgotten-children-war-190120090625746.html

Women's Refugee Commission. (2017). Soudan du Sud : Un océan de souffrances.

https://www.womensrefugeecommission.org/issues/conflict-a-emergencies/emergencies/583-south-sudan-an-ocean-of-suffering

Villeminot, V. (2011). Le bruit des os qui craquent. Éditions Nathan.

La célèbre dépression saisonnière, qu’en est-il vraiment?

L’hiver est là, les journées sont longues et grises et l’humeur des gens commence à décliner un peu. Peut-être que vous vous sentez moins bien qu’à l’habitude, que vous vous sentez fatigué, démotivé, triste et que vous avez de la difficulté à vous concentrer. Mais pourquoi? Surtout, pourquoi est-ce que vous vous sentez ainsi chaque année à ce moment précis? Tous sont des symptômes de ce que l’on appelle la dépression saisonnière.  Mais qu’est-ce que cela veut dire et pourquoi ça nous affecte ainsi?  


La dépression saisonnière se présente soit en automne et en hiver ou au printemps et en été, quoique ce dernier soit moins commun que le premier. Plusieurs facteurs peuvent être la cause de la dépression saisonnière et ceux-ci divergent d’une saison à l’autre (Seasonal Affective Disorder (SAD) - Symptoms & Causes - Mayo Clinic, 2021b). Premièrement, le manque de lumière naturelle est un facteur très important. Chez l’humain, la lumière naturelle amène un apport en énergie important qui nous aide à réguler notre horloge interne biologique. Avec l’arrivée de l’automne, les journées deviennent de plus en plus courtes et notre apport en lumière naturelle est de moins en moins élevé, ce qui déséquilibre notre horloge biologique. Notre horloge biologique règlemente notre cycle de sommeil, nos hormones ainsi que notre humeur et lorsque ceux-ci sont dérangés notre cerveau envoie des signaux comme quoi quelque chose dans notre corps ne va plus bien. Ce débalancement peut alors mener à une dépression, mais ce n’est pas le seul facteur qui nous affecte. Souvent, pour arriver à la conclusion que nous souffrons de dépression saisonnière, nous devons réunir plusieurs facteurs. La lumière du soleil va aussi créer des débalancements chimiques dans le cerveau. Le cerveau dégage des hormones telles que la sérotonine et lorsque quelqu’un démontre des signes de dépression saisonnière, c'est un signe de baisse de sérotonine délivré par le cerveau dans le corps, fréquemment causé par le manque de soleil en hiver. Dans la même lignée des choses, affectées par le manque de soleil, le manque de vitamine D ainsi qu’un excès de mélatonine vient interférer avec les hormones et ce sentiment de dépression. (Seasonal Affective Disorder, n.d.-d) 


Par la suite, ce type de dépression affecte certains types de personne plus que d’autres pour différentes raisons. Entre autres, il est reconnu que les gens habitants plus loin de l’équateur sont plus sensibles à développer la dépression saisonnière que ceux habitant près de celui-ci. De plus, les personnes souffrant de troubles mentaux tels que de bipolarité, de TDAH ou encore de trouble anxieux sont plus susceptibles d’être touchés. Il est aussi prouvé scientifiquement que les personnes ayant des membres familiaux souffrant eux-mêmes de dépression saisonnière sont plus à risque de développer des symptômes. La tranche d’âge la plus affectée par ce type de dépression se trouve entre 20 et 30 ans (Professional, n.d.-b) et les femmes sont plus touchées que les hommes en général. 


Maintenant, comment pouvons-nous reconnaitre les symptômes de la dépression saisonnière? Selon la saison qui affecte cette dépression, les symptômes sont changeants. Par exemple, quelqu’un souffrant de la dépression saisonnière au printemps-été risque de souffrir d’insomnie, d’agitation, d’anxiété et d’une perte de poids. Au contraire, ceux qui sont affectés en automne-hiver souffrent d’hypersomnie, de chaleur, de prise de poids ainsi que d’un sentiment antisocial. Il est aussi important de rester à l’affût des signes de dépression générale tel que l’irritabilité, la tristesse, le pessimisme, la perte d’énergie, les changements d’humeur, la difficulté de penser clairement et les problèmes physiques. 


La dépression saisonnière peut être diagnostiquée, souvent lorsqu’elle est ressentie depuis plus de deux ans dans un cycle récurrent et suivant le même modèle. Évidemment, il est possible de traiter la dépression saisonnière et les professionnels donnent plusieurs trucs pour aider les gens souffrant de la dépression. Premièrement, l’exposition au soleil, tout simplement, peut faire une grande différence, que ce soit de passer du temps à l’extérieur ou près d’une fenêtre, et il en est de même pour la luminothérapie. Deuxièmement, la psychothérapie est recommandée, et ce, pour tous les types de dépressions. Parler à un professionnel ayant la capacité de vous guider lors des moments difficiles aide à peut-être d’une très grande aide; surtout lorsque nous ne savons pas vers qui nous tourner ou lorsque nous ne savons pas par où commencer. Finalement, certains professionnels vont recommander la médication pour balancer les hormones dans le cerveau et ramener une normalité au sein du corps. (Seasonal Affective Disorder, n.d.-c) 


Alors si vous pensez souffrir de dépression saisonnière, pensez à aller chercher de l’aide et parlez-en aux bonnes personnes!  


Sara-Maude Girard-Vanier 





Bibliographie : 

Professional, C. C. M. (n.d.). Seasonal depression (Seasonal affective disorder). Cleveland Clinic.  

https://my.clevelandclinic.org/health/diseases/9293-seasonal-depression  

 

Seasonal affective disorder. (n.d.). Johns Hopkins Medicine.  

https://www.hopkinsmedicine.org/health/conditions-and-diseases/seasonal-affective-disorder  

 

Seasonal affective disorder. (n.d.-b). National Institute of Mental Health (NIMH).  

https://www.nimh.nih.gov/health/publications/seasonal-affective-disorder  

 

Seasonal affective disorder (SAD) - Symptoms & causes - Mayo Clinic. (2021, December 14). Mayo Clinic.  

https://www.mayoclinic.org/diseases-conditions/seasonal-affective-disorder/symptoms-causes/syc-20364651  

Édition de novembre

Chers lecteurs et lectrices

 

🥞 Joyeuse édition de novembre à tous! 🦃


En l’honneur de ce fameux épisode de Friends, notre équipe vous souhaite, un peu en retard, un joyeux Friendsgiving! 🦃

 

Une fois de plus, nos rédactrices se sont surpassées pour vous offrir des lectures qui seront vous divertir!

Psssstttt —> Si vous êtes à la recherche d’une activité à faire pour ce mois de novembre, une de nos rédactrice à fait un top 4 des écrivains à ne pas manquer au Salon du Livre qui prend fin ce dimanche!!

L’équipe du ComMédia s’est assurée que cette édition-ci couvre des sujets d’actualité ; alors allez y jeter un coup d’œil 👀

 

Mégane Emmanuelle English – Rédactrice en chef

Les vedettes de la semaine: nos auteurs québécois!

Avec l’arrivée du Salon du livre de Montréal en ville, il est important de souligner le travail de celles et ceux qui y participent. Donc voici quelques auteurs québécois à découvrir ce mois-ci et à aller voir au salon du livre!


Elisabeth Massicolli sera en dédicace au Salon du livre de Montréal le 24 novembre à 19h et le 25 novembre à 14h au kiosque 1713. Éditrice et rédactrice pour le magazine ELLE (LinkedIn, 2023), Elisabeth Massicoli se démarque avec son penchant féministe dans ses livres. Québécoise de descendance italienne, Elisabeth Massicolli s’inspire beaucoup de ses racines dans son écriture. Elle fait ses études à l’Université Laval en communications publiques et elle gradue de son programme en 2013 (Babelio,N.D). Plusieurs années plus tard, tout en continuant sa carrière de rédactrice, elle décide de se plonger dans un projet d’écriture qui lui vient à l’esprit lors d’un voyage à Rome. Suite à ça. En 2020, elle publie son premier roman, La bouche pleine, qui vient raconter l’histoire de Camille, une fille anxieuse qui essaie de vivre sa vie, malgré tout, même avec les cheveux gras et les modèles sur Instagram auxquels elle ne ressemble pas du tout. C’est ce récit plein de sincérité et proche de la réalité qui touche le cœur de tous et toutes au Québec lors de sa sortie. À la suite de ce livre, Elisabeth Massicolli décide de se relancer dans l’écriture pour sortir son deuxième roman en 2023 : Primadonna. Le deuxième roman de la série continue de raconter l’histoire de Camille, cette fois-ci arrivée à Rome. Dans cette suite tout aussi humaine, Camille explore ses relations et son propre esprit une fois de plus. Un récit autant féministe que le premier, qui fait du bien au cœur et à l’âme et qui nous donne l’impression de ne pas être seule au travers de tous les obstacles de la vie.


Dominique Scali sera présente au Salon du livre de Montréal le 25 novembre à 18h et le 26 novembre 13h au kioske #2426. Originaire de Montréal, Dominique Scali est charmée par l’écriture dès sa plus jeune enfance. Elle a son doctorat en psychologie, duquel elle gradue en 2012(Babelio,N.D), mais décide, par la suite, de faire un virage et de se diriger vers le journalisme et l’écriture. Elle commence sa carrière en tant que secrétaire de rédaction chez Radio-Canada en 2012, avant d’être engagée au Journal de Montréal comme journaliste en 2014. Dominique Scali est inspirée par ses voyages, entre autres aux États-Unis et au Mali, pour écrire son premier livre en 2015 : À la recherche de New Babylon. Dans les années 1800, au cœur du Far West américain, un petit groupe se met à la recherche d’un monde idéal. Avec cette idée en tête, ils vont essayer de créer une ville parfaite et de laisser leur trace dans ce monde sans pitié. Son premier roman a été un vrai succès. Retenu pour de grands concours, entre autres le Prix des libraires du Québec et le Prix littéraire du Gouverneur, le livre est même traduit en anglais et en espagnol avant d’être exporté vers l’international. Pour son deuxième roman, l’écrivaine nous amène dans un univers rempli de marins, ou une hiérarchie sociale basée sur ses exploits en mer est en place et dans lequel nous suivons Danaé Poussin tout au long de sa vie sur une île qui ne laisse de chance à personne. Les marins ne savent pas nager a été applaudi par la critique et gagne le Prix des libraires du Québec 2023 ainsi que le Prix Jacques-Brossard 2023. Que ce soit dans des aventures historiques du Far West ou sur une ile imaginaire au milieu de l’océan, les romans de la montréalaise se démarquent au travers de la littérature québécoise, surtout dans son style d’écriture très descriptif et élaboré, qui est sa signature personnelle et qui laisse ses lecteurs à en vouloir toujours plus.


Akos Verboczy sera en dédicace au Salon du livre de Montréal le 22 novembre à 16h et le 25 novembre à 14h au kiosque 1701 ainsi que le 26 novembre à 10h au kiosque 2725. Originaire de Hongrie, Akos Verboczy arrive à Montréal à l’âge de onze ans alors que son pays natal était sous un régime communiste du bloc de l’Est (Akos Verboczy, n.d.). Son parcours d’immigration, sa famille et ses valeurs sont une grande inspiration pour lui dans l’écriture de ses livres. Entre autres, son roman Rhapsodie Québécoise : Itinéraire d’une enfant de la loi 101, qui sort en 2016, raconte son parcours en tant qu’enfant et jeune adulte immigrant et comment il réussit à trouver son identité à lui, d’un côté hongrois et de l’autre québécois, malgré les changements et les difficultés qu’il a vécu en tant qu’immigrant. Dans son récit, il raconte les mauvais comme les bons moments ainsi que son expérience d’immigrant à laquelle plusieurs seront en mesure de s’identifier. Une histoire touchante et réaliste qui a su attirer l’œil de plus d’un lecteur. Son roman a été nommé gagnant du Grand Prix littéraire de La Presse Québécoise en 2016 suite à sa parution avec Les Éditions du Boréal et il a été traduit en anglais l’année suivante (les éditions du boréal, n.d.). Son plus récent livre, La maison de mon père, sorti en mars 2023, raconte l’histoire d’un homme retournant dans sa ville natale le temps d’une semaine pour retrouver ses compagnons d’enfance et redécouvrir son histoire familiale. C’est en se redécouvrant au milieu d’un endroit si familier et en même temps si peu que cet homme doit revivre ses souvenirs et à la fois redécouvrir son passé familial. Avec ses romans voulant mettre de l’avant l’expérience de l’immigration et d’intégration à une autre culture tout en gardant la sienne, Akos Verboczy réussit à gagner le cœur du Québec avec son authenticité qui appelle le cœur de tous.

Michel Jean va être en dédicace au Salon du livre de Montréal le 24 novembre à 19 h ainsi que les 25 et 26 novembre à 15h au kiosque 2725. De plus, il sera en entrevue le 25 novembre à 14h à l’espace littéraire. Journaliste, animateur, chef d’antenne et écrivain, Michel Jean est dans le milieu de l’art et des médias depuis les années 80. Diplômé de l’UQAM à la maîtrise en histoire (Kwahiatonhk, n.d.), l’écrivain inuite, issu de la communauté de Mashteuiatsh publie son premier livre, Envoyé spécial, en 2008. Avec plus d’une trentaine de publications assez diverses sous son nom, Michel Jean est un écrivain déjà bien ancré dans le monde littéraire québécois. Même si chacun de ses romans ont des thèmes uniques et des histoires originales, nous pouvons retrouver certains éléments de son univers d’un livre à l’autre. Il aborde dans certaines de ses œuvres l’expérience du milieu journalistique, duquel il est lui-même issue ; Un monde mort comme la lune de 2009 et Tsunamis de 2017 en sont d’excellents exemples. Les combats des premières nations sont une très grande préoccupation pour Michel Jean, faisant lui-même partie de la communauté inuite. Plusieurs de ces livres vont aborder les sujets liés à l’histoire autochtone ainsi qu’aux différends que les peuples natifs doivent encore faire face de nos jours. Son roman Kukum parle de l’histoire d’une jeune femme amoureuse d’un homme inuite et qui va découvrir le mode de vie de son peuple, mais aussi les malheurs et les horreurs imposés aux autochtones de l’époque comme les pensionnats et la perte des territoires des peuples autochtones. Kukum, sorti en 2019, gagne le prix France Québec grâce sa grande popularité auprès des lecteurs. Son dernier livre, Qimmik, qui est paru le 16 octobre 2023, enquête sur la tuerie des chiens au Nunavik durant les années 50 et 60.


Sara-Maude Girard-Vanier






Bibliographie :

Akos Verboczy | auteur. (s. d.). Akos Verboczy | Auteur. https://www.verboczy.com/

 

Bordeleau, J. (2023, 15 mai). Trois prix pour la romancière de l’imaginaire Dominique Scali. Le Devoir. https://www.ledevoir.com/lire/791105/litterature-imaginaire-trois-prix-pour-la- romanciere-de-l-imaginaire-dominique-scali

 

Dominique Scali - Babelio. (s. d.). Babelio. https://www.babelio.com/auteur/Dominique-Scali/393808

 

Elisabeth Massicolli. (s. d.). Elisabeth Massicolli. https://www.elisabethmassicolli.com/

 

Elisabeth Massicolli (auteur de La bouche pleine) - Babelio. (n.d.). Babelio. https://www.babelio.com/auteur/Elisabeth-Massicolli/556487

 

Elisabeth Massicolli - Québec Amérique. (s. d.). Québec Amérique. https://www.quebec-amerique.com/auteurs/elisabeth-massicolli-1644

 

Kukum par Michel Jean | Littérature | Roman québécois | Leslibraires.ca | Acheter des livres papier et numériques en ligne. (2019, 23 septembre). Leslibraires.ca. https://www.leslibraires.ca/livres/kukum-michel-jean-9782764813447.html

 

La bouche pleine Par Elisabeth Massicolli | Littérature | Roman québécois | leslibraires.ca | Acheter des livres papier et numériques en ligne. (2020, September 8). Leslibraires.ca. https://www.leslibraires.ca/livres/la-bouche-pleine-elisabeth-massicolli- 9782764440858.html

 

La maison de mon père. (s. d.). Livres - Catalogue — Éditions du Boréal. https://www.editionsboreal.qc.ca/catalogue/livres/maison-mon-pere-3973.html

 

Michel Jean | Agence Leimgruber. (s. d.). https://www.agenceleimgruber.com/auteurs/michel-jean

 

Michel Jean - Kwahiatonhk ! (2023, août 9). Kwahiatonhk ! https://kwahiatonhk.com/auteurs/michel-jean/#1533653833396-3a68569f-b417

 

Primadonna - Elisabeth Massicolli - Québec Amérique. (n.d.). Québec Amérique. https://www.quebec-amerique.com/collections/adulte/litterature/qa-fiction/primadonna-10609

 

Qimmik par Michel Jean | Littérature | Roman québécois | Leslibraires.ca | Acheter des livres papier et numériques en ligne. (2023, 16 octobre). Leslibraires.ca. https://www.leslibraires.ca/livres/qimmik-michel-jean-9782764816318.html

 

Rhapsodie québécoise. (s. d.). Livres - Catalogue — Éditions du Boréal. https://www.editionsboreal.qc.ca/catalogue/livres/rhapsodie-quebecoise-3714.html

 

Salon du livre de Montréal. (s. d.). Akos Verboczy. https://www.salondulivredemontreal.com/auteurs/akos-verboczy-2



Vivre à ciel ouvert au Québec

Une problématique sociale prend de l’ampleur dans la province du Québec et s’attaque à une partie de la population ; l’itinérance. Ce phénomène touche une catégorie de personnes dans la province et est en croissance depuis près de cinq ans. Dans l’univers de l’itinérance, les profils varient d’une personne à une autre et les motifs pour se retrouver à la rue se présentent aussi sous plusieurs formes.

Parmi les itinérants donc, se trouvent d’anciennes personnes judiciarisées, des patients sortis d’hôpitaux, des jeunes qui viennent des centres jeunesse, d’autres sont les produits des crises au sein de la communauté autochtone (Dussault, 2023). Il y a aussi les personnes ayant décidé de vivre dans la rue par choix. Le divorce et la violence domestique qui sont en hausse depuis la pandémie de COVID-19 viennent s’ajouter aux causes de l’itinérance (Dussault, 2023).

En ce moment, l’itinérance au Québec est due à la forte immigration qui a augmenté après la crise de COVID-19 (Dussault, 2023). Pour donner une explication à ce facteur, il s’agit de la hausse de l’arrivée des nouveaux arrivants et des étudiants étrangers qui ont besoin de logements. Un autre facteur qui est présentement en cause dans l’itinérance et qui n’est pas à négliger est l’inflation. Par exemple, les logements sont plus coûteux et il n’y en a pas assez pour la population. En effet, c’est en mai 2023 que Rentals.ca a affirmé que l’inflation au niveau des loyers était de 6,5%. D’après les résultats de Rentals.ca, le coût moyen d’un logement d’une chambre à Montréal était de 1 657 $ et celui de deux chambres était de 2 172 $ (Dussault, 2023). Certaines personnes ont subi le rejet dans leur foyer familial et d’autres se sont faits expulsés par leur propriétaire parce qu’ils n’avaient plus assez d’argent pour payer leur loyer (Dussault, 2023). Les anciens patients d’hôpitaux, les personnes judiciarisées qui n’avaient plus de soutiens et les jeunes qui ont quitté les centres jeunesse se sont retrouvés sans moyens pour subvenir à leur besoin (Dussault, 2023). Cette catégorie de personnes s’était alors retrouvée dans la rue errant dans les parcs, sous les ponts, dans la rue ou dans les refuges.

Il faut aussi noter que lors des choix de locataires, il existe plusieurs critères qui seraient discriminatoires. Par exemple, il ne faut pas avoir de dette, il faut avoir fait ses impôts, avoir une adresse fixe et avoir des documents d’identité (Dussault, 22 juin 2023). Ce sont là quelques-unes des raisons pour lesquelles les individus qui ne répondent pas aux critères définis se retrouvent en situation d’itinérance dans les rues de la métropole.

Le nombre de personnes sans domicile fixe a augmenté dans trois régions du Québec depuis l’année 2018. Selon une source du ministère de la Santé et des Services Sociaux intitulé rapport de l’exercice du 11 octobre 2022, l’Outaouais a une variation de 268 % suivi des Laurentides avec une variation de 109 % et de la Montérégie qui a une variation de 98 % (ministère de la Santé et des Services Sociaux, 2023).

En plus des causes liées à l’itinérance mentionnées plus haut, le MSSS rapporte qu’il y a des problèmes de consommation de substances (21,3 %), de revenu insuffisant (16,8 %), des problèmes de santé mentale (12,1 %) et la question des mauvais traitements (11, 8 %) (ministère de la Santé et des Services Sociaux, 2023). Le nombre de personnes en situation d’itinérance était de 3 149 à Montréal et a atteint le nombre de 4 690 personnes en 2022 (ministère de la Santé et des Services Sociaux, 2023). Vous comprendrez donc que la crise du logement et les expulsions deviennent les premiers facteurs de l’itinérance au Québec (Chouinard et Dussault, 2023).

Pour pallier cette situation, le 3 novembre dernier lors d’une conférence de presse dans le Centre des femmes de conviction de Montréal, le ministre responsable des Services sociaux, Lionel Carmant, affirme qu’il y aura 188 places d’hébergement et 9,7 millions de dollars pour la ville de Montréal de la part de Québec pour financer et élargir quelques refuges (Dussault, 2023). Cette somme est une partie des 15,5 millions de dollars qu’a fournis Québec (Dussault, 2023). Cette initiative a reçu l’appui de la mairesse de Montréal, Valérie Plante.

Qu’il s’agisse d’hôpitaux, de places transitoires, des ressources d’hébergement en dépendance, des centres de crise, des logements sociaux et supervisés (Dussault, 3 novembre 2023) ; Il y aura 5 500 places à Montréal pour accueillir les personnes en situation d’itinérance! Parmi ces places, il y aura 1 600 places qui seront des hébergements d’urgence ainsi que des services disponibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 (Dussault, 3 novembre 2023). Le gouvernement a même ajouté lors de la conférence de presse dans le Centre des femmes de conviction de Montréal qu’il y aurait 15 places supplémentaires pour les femmes en situation d’itinérance, ce qui revient à 30 places (Dussault, 3 novembre 2023). Lionel Carmant affirme qu’il y aura 200 nouveaux logements pour les personnes en situation d’itinérance d’ici la fin de l’automne 2023 (Dussault, 3 novembre 2023). 

Pour conclure, l’itinérance a pris de l’ampleur depuis 2018 et c’est un problème social qu’il ne faut pas mettre de côté. Le MSSS a montré la réalité des personnes en situation d’itinérance avec des chiffres à l’appui. Grâce à cette action, cela a attiré l’attention du gouvernement du Québec pour qu’il puisse agir en conséquence. 

 Catarina O. Hountondji

 


Bibliographie

Chouinard, T., & Dussault, L. (2023, septembre 13). L’itinérance a bondi de 44 % en cinq ans au Québec. La Presse. https://www.lapresse.ca/actualites/2023-09-13/l-itinerance-a-bondi-de-44-en-cinq-ans-au-quebec.php 

Dussault, L. (2023a, juin 22). Pourquoi autant d’itinérance au Québec ? La Presse. https://www.lapresse.ca/actualites/2023-06-22/pourquoi-autant-d-itinerance-au-quebec.php 

Dussault, L. (2023b, novembre 3). Itinérance à Montréal : De nouvelles places en itinérance cet hiver, affirme Lionel Carmant. La Presse. https://www.lapresse.ca/actualites/grand-montreal/2023-11-03/itinerance-a-montreal/de-nouvelles-places-en-itinerance-cet-hiver-affirme-lionel-carmant.php 

Dussault, L. (2023c, novembre 3). Itinérance : « Ça va être compliqué à Montréal cet hiver ». La Presse. https://www.lapresse.ca/actualites/grand-montreal/2023-11-03/itinerance/ca-va-etre-complique-a-montreal-cet-hiver.php 


Rapport de dénombrement 2022—Publications du ministère de la Santé et des Services sociaux. (s. d.). Consulté 15 novembre 2023, à l’adresse
https://publications.msss.gouv.qc.ca/msss/document-003630/

Le dilemme humanitaire en temps de guerre : soigner les soldats ennemis dans les hôpitaux

Carte postale noir et blanc (Fonds Cartes postales de toute provenance) 2Fi994

Imaginez-vous au cœur d'un hôpital lors d'une guerre. Les tensions sont fortes, les préjugés politiques et nationalistes se font sentir, et au milieu de tout cela se trouvent des soldats ennemis blessés et malades, nécessitant des soins médicaux. Une question éthique se pose alors : devons-nous offrir ces soins à nos ennemis ?

L'humanitarisme, un principe profondément ancré en nous, est souvent invoqué pour justifier le fait de traiter les  soldats ennemis, même en temps de guerre. Les normes internationales régissant le traitement des blessés et des  malades en situation de conflit, telles que la Convention de Genève, ont été mises en place pour garantir que  personne ne soit abandonné dans des moments aussi critiques. Ignorer ces principes mettrait en péril la  crédibilité de notre pays sur la scène internationale et pourrait avoir des conséquences graves sur notre  réputation. Cependant, cette question soulève des dilemmes complexes ainsi que des inquiétudes éthiques.  Certains se demandent si traiter des personnes qui pourraient représenter une menace pour l'intérêt national  serait moralement acceptable. Les préoccupations concernant la sécurité du personnel soignant et des  établissements médicaux sont également une réalité alarmante à prendre en compte. (Bellamy, 1992) 

En examinant l'histoire, nous pouvons trouver des exemples de la façon dont différents pays ont abordé cette  question délicate. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont construit des camps pour les  prisonniers de guerre, intégrant même des installations médicales spécialisées, ce qui témoigne d'un certain  respect des valeurs humanitaires. Cependant, lors de conflits plus récents, des allégations de mauvais  traitements des prisonniers de guerre ont été rapportées, remettant en question notre engagement à maintenir ces  principes. Le conflit en Afghanistan en est un exemple, où des allégations de torture et de mauvais traitements  des prisonniers de guerre ont été signalées. En 2004, des images dévoilant des actes de maltraitance envers les  détenus de la prison d'Abou Ghraib en Irak ont été diffusées, ce qui a suscité une colère mondiale. Ces images  ont montré des sévices graves qui ont été infligés aux prisonniers de guerre irakiens, y compris des actes de  torture physique et psychologique, des humiliations sexuelles et des tortures psychologiques. (Peterson, 2007) 

L'étude des expériences passées démontre clairement l'importance de trouver un équilibre entre la compassion  naturelle envers nos ennemis et la nécessité de protéger les intérêts nationaux. Par exemple, la communauté  internationale a hésité à intervenir suite au génocide au Rwanda en 1994, qui a entraîné la mort de centaines de  milliers de personnes. Cette inaction a été causée par une préoccupation excessive pour les intérêts nationaux et  un manque de compassion envers les victimes. (Peterson, 2007) Il est essentiel de mettre en place des  protocoles clairs afin d'assurer la sécurité tout en respectant les principes éthiques fondamentaux. Cela demande  une réflexion approfondie et une action concertée de la part de la communauté internationale.

Fondée par Henry Dunant en 1863, la Croix-Rouge a joué un rôle important dans la résolution de problèmes humanitaires  en temps de guerre. Son principal objectif était de fournir une assistance médicale et humanitaire aux blessés de guerre,  quelle que soit leur nationalité. La Croix-Rouge a établi des normes internationales pour le traitement humain des  prisonniers de guerre et a posé les bases de la protection de ces prisonniers. Son engagement à protéger les droits des  prisonniers de guerre et à promouvoir l'éthique médicale a joué un rôle important dans la sensibilisation et la promotion des  valeurs humanitaires dans le cadre des conflits armés. (Année 1996, 1996) 

En conclusion, traiter les soldats ennemis blessés et malades en temps de guerre est un défi éthique complexe qui nécessite  la recherche d'un équilibre entre la compassion et les intérêts nationaux. Bien que les principes humanitaires et les normes  internationales puissent soutenir le devoir de soigner tous les individus, il est également important de tenir compte de la  sécurité nationale et de la crédibilité de la nation. Ainsi, la mise en place de protocoles clairs est essentielle pour garantir la  sécurité tout en respectant les principes éthiques fondamentaux. 

Solenn DOUIEB

Sources : 

 Convention de Genève relative au traitement des prisonniers de guerre. (1949). Récupéré le 16 septembre 2021,  https://www.icrc.org/fr/doc/assets/files/autres/convention_geneve_III.pdf 

 Peterson, H. C. (2007). The Treatment of Prisoners of War During the World Wars of the Twentieth Century. In W.  E. Eugene (Ed.), The Encyclopedia of War (Vol. 4, pp. 1969-1986). Wiley. 

 Bellamy, J. F. (1992). Ethics and the Gulf War: Religion, Rhetoric, and Righteousness. In A. Rickett (Ed.), The Gulf  War Reassessed (pp. 227-255). Springer. 

 Année 1996. (1996). International Review of the Red Cross, 78(822), 711-717. doi:10.1017/S0035336100046888

« Depuis qu’on la connait, on ne s’ennuie jamais » Minifée

Quand on parle des grands mystères de notre monde, on ne peut s’empêcher de penser au triangle des Bermudes, à la Zone 51, à l’Atlantide, au voyage dans le temps… Malgré leur caractère insoluble, nous ne sommes toujours pas en mesure de les oublier, espérant peut-être pouvoir résoudre l’énigme un jour. Pour moi, un des grands mystères de ce monde siège présentement au sommet de l’immense trône qu’est l’industrie de la musique. Depuis qu’elle est entrée dans nos vies, elle engendre chez certaines personnes une fascination inexplicable. Tant ses admirateurs les plus fervents, que les tabloïdes américains, épluchent sa vie de fond en comble et se demandent ce qu’elle a mangé pour déjeuner, quelle est sa couleur de gloss préféré et qui est son crush du moment. Qu’y aurait-il de plus incroyable que de mettre le doigt sur l’information qui révélera au grand jour les secrets de Taylor Swift ? Les spéculations entourant son art et sa personne sont innombrables. Qu’est ce qui fait d’elle une artiste si prolifique et puissante, mais si authentique et vulnérable à la fois ? Malgré tout, personne ne semble obtenir de réponse à ses questions et le phénomène qu’elle engendre n’a surtout pas épargné les chercheurs de divers domaines qui tentent, eux aussi, d’éclaircir le grand mystère qu’est Taylor Swift. 

Ce n’est que très récemment qu’on a commencé à s’intéresser sérieusement à Taylor Swift au sein du domaine scientifique. Bien au-delà des simples ragots que nous avons l’habitude de rencontrer, différentes études se lancent notamment dans des analyses lyriques approfondies de chanson comme « RED », « All to well », « Look what you made me do », etc. Les chercheurs se penchent également sur son processus de composition qui témoigne d’un réel talent et d’une immense connaissance et conscience de son art. Ses compétences en création musicale, souvent bafouée par l’industrie, et son audience la plus dubitative, sont en fait dignes d’être longuement discutées. Immergé dans ce milieu depuis l’âge de ses 13 ans, Taylor Swift a largement eu la possibilité d’expérimenter divers styles de musique et d'écriture pour se forger une identité bien singulière. En effet, la plupart d’entre vous se souviendront d’elle comme la jeune étoile montante de la musique country ! Son changement graduel et vertigineux vers le monde de la pop n’a fait que démontrer ses habiletés à saisir intelligemment toutes formes de techniques d’écriture (Sloan 2021). Que ce soit en utilisant le « time-shift » (storytelling) du country ou le « présent éternel » de la pop, elle est en mesure de créer des textes engageants et personnels afin de connecter avec son audience (Sloan 2021). 


« Tayor Swift utilise le travail de composition pour se créer un sens de soi dans un industrie dépendante de la fracturation de son identité en myriade, en pièces vendables » (Sloan 2021, p 23). 

À travers ses paroles, elle dévoile de petits morceaux de sa vie, donnant le sentiment d’être témoin d’une confidence intime. Elle se construit à travers les écrits qu’elle nous partage. L’impression que nous avons de ne pas être en mesure de détester ses chansons n’est peut-être pas due à un ensorcellement après tout!

Afin de tenter d’expliquer l’aura irrésistible et mystérieuse qui entoure Taylor Swift, certains chercheurs ont décidé de se concentrer sur ce qu’elle représente en tant que personne. Elle serait, en quelque sorte, l’image de l’ancien « rêve américain » blanc, en ce qu’elle incarne la prospérité et une certaine docilité, tout en étant également l’image d’un futur au féminin (Forgathy et Arnold 2021). Son incarnation de divers personnas : la girl next door, la briseuse de coeur, la femme d’affaires, ou encore la nerdy girl, fait en sorte qu’il est facile de faire d’elle ce qu’on veut qu’elle soit (Forgathy et Arnold 2021) : 


« Taylor Swift à longtemps été confortable avec ses personnages contradictoires, même si elle incarne un rêve américian féministe pour les filles et les jeunes femmes qui tente de trouver leur chemin à travers une nation encore dirigé par la misogynie et le racisme » (Forgathy et Arnold 2021, p. 2). 

Malgré les nombreuses significations et images qui lui sont apposées, elle démontre constamment son authenticité par ses actions de même que par sa musique. Cette complexité fait d’elle une personne à laquelle on peut aisément s’identifier. Adulée et admirée, mais critiquée physiquement et mentalement selon l’idéal américain, Taylor Swift réussit tout de même à inspirer les gens à vivre selon leur propre terme. Longtemps victime de son propre silence, elle décide de faire entendre sa voix en 2018 concernant les élections présidentielles (Driessen, 2020). En plus de fournir à ses admirateurs une nouvelle clé pour la résolution du mystère que consiste sa vie pour nous, elle influence des milliers de personnes à voter et faire leur part pour ce qui est juste. 

Toujours au centre des conversations avec le phénomène mondial de « Eras Tour », Taylor Swift n’a pas fini de faire parler d’elle et de son art. Partout à travers le monde, les salles de spectacles, les amphithéâtres et les cinémas bondés témoignent de l’émoi qu’elle suscite chez les gens au quotidien. Depuis ses débuts, elle donne de la légitimité aux goûts musicaux souvent dénigrés et invalidés des adolescents en faisant de sa musique un sanctuaire pour elle-même et pour les autres (Sloan 2021). Malgré les nombreuses recherches entreprises à son sujet, il n’existe toujours aucun consensus quant à sa personne ou ses intentions. Nous ne sommes toujours pas en mesure de savoir si elle dort dans des draps de soie égyptienne ou si elle est effectivement un génie du mal, selon les rumeurs. C’est, selon moi, ce qui nous garde accroché; elle stimule constamment notre curiosité par ses comportements, ses choix de vie, sa musique, son business et ce sont des choses que nous n’arrivons toujours pas à nous expliquer. Une chose est sûre : Taylor Swift rayonne d’optimisme, impressionne de sa compétence, charme de sa personnalité farfelue, mais somme toute, gagne le cœur des gens par sa vérité (Driessen 2020). 

Jaymie Vézina 


Bibliographie 

Driessen, S. (2020). Taylor Swift : political power and the challenge of affect in popular 

music fandom. Transformative Works and Cultures (no. 32). Erasmus University, Rotterdam.  https://journal.transformativeworks.org/index.php/twc/article/view/1843/2353 

Fogarty, M. & Arnold, G. (2021). Are You Ready for It? Re-Evaluating Taylor Swift. 

Contemporary Music Review (40:1, 1-10). 

https://doi.org/10.1080/07494467.2021.1976586 

Sloan, N. (2021). Taylor Swift and the Work of Songwriting. Contemporary Music Review 

(40:1, 11-26).  https://doi.org/10.1080/07494467.2021.1945226 

Édition d'octobre

Chers lecteurs et lectrices

 

Les feuilles ont peut-être déjà laisser place à la douce neige de Noël, mais ce n’est pas encore le temps! 🍂

 

Laissez moi vous dire que nos rédacteurs et rédactrices se sont surpassé.es pour vous offrir des lectures qui seront vous combler! De plus, deux d’entre elles ont écrient sur le cinéma québécois et les films spooky à ne pas manquer. Quoi de mieux pour vous offrir un dernier moment dans l’univers d’halloween en vous emmitouflant avec des spooky snacks et des bougies allumées autour de vous? 🎃

 

L’équipe du ComMédia s’est assurée que la première édition commence en force ; alors allez y jeter un coup d’œil 👀

Et bonne mi-session à ceux qui y sont encore! Tenez bon!

 

Mégane Emmanuelle English – Rédactrice en chef

Quand le divorce au japon exclut les pères de la vie de leurs enfants : un contraste

Quand le divorce au japon exclut les pères de la vie de leurs enfants : un contraste

Plongés dans le tumulte de la séparation, les enfants sont souvent les premières victimes du divorce. Leur monde s'écroule, emportant avec lui la stabilité et la chaleur d'un foyer harmonieux. Si cette triste réalité est présente dans la majorité des pays, elle s'exacerbe particulièrement au Japon, là où les pères se voient littéralement arrachés à leur progéniture. Mais tandis que l'Est renforce les barrières de l'aliénation, l'Ouest offre un souffle d'espoir aux papas séparés. En effet, le Canada se distingue par son système judiciaire égalitaire, garantissant aux pères un droit de visite et une coparentalité substantielle, plaçant ainsi le bonheur de l'enfant au premier plan.

 

Lorsqu'un parent, généralement dans le cadre d'un conflit de garde ou de divorce, tente de manipuler ou de conditionner son enfant pour qu'il ressente de la méfiance, du rejet ou de l'hostilité envers l'autre parent, l'aliénation parentale est un phénomène complexe. Des commentaires négatifs constants, des mensonges, des accusations infondées et des tentatives de dénigrement de l'autre parent peuvent être des signes de cette manipulation. L'objectif est souvent de rompre les liens entre l'enfant et le parent souhaité, ce qui peut avoir des conséquences émotionnelles et psychologiques graves pour l'enfant, ainsi que des implications juridiques dans les cas de garde.

 

Au Japon, la garde des enfants est généralement accordée en priorité aux mères après un divorce, ce qui implique souvent une rupture totale des liens entre les pères et leurs enfants. Ce phénomène est tellement répandu qu'il a même été baptisé "Parent Affection Disorder" (PAD), traduit littéralement par "le trouble ou l'accident de l'affection parentale". Les pères divorcés se retrouvent ainsi isolés, sans aucun moyen légal pour renouer avec leurs enfants. Cette situation entraîne de nombreuses conséquences néfastes pour ces derniers, privés d'une figure parentale importante dans leur vie.

 

La culture et les traditions japonaises jouent également un rôle dans cette situation, car la société accorde beaucoup d'importance à la préservation de l'harmonie et du statu quo familial. Dans cette optique, les pères divorcés sont souvent perçus comme une menace pour la stabilité de la relation entre la mère et les enfants, ce qui conduit à des décisions de garde extrêmement restrictives.

 

Le Canada, en revanche, a adopté une approche différente pour garantir les droits des pères après le divorce. Le système juridique canadien considère que l'intérêt supérieur de l'enfant prime sur toute autre considération et privilégie donc un modèle de coparentalité équilibré. Ainsi, les pères ont le droit de demander un temps de visite régulier et une participation active dans la vie quotidienne de leurs enfants, lorsque cela est dans l’intérêt des enfants.

 

Le cadre légal canadien favorise également la médiation, l'arbitrage et les accords amiables entre les parents, afin d'éviter les conflits prolongés et de permettre une meilleure collaboration dans l'intérêt de l'enfant. Les tribunaux canadiens interviennent uniquement lorsque les parents ne parviennent pas à s'entendre sur un plan de garde ou lorsque les circonstances l'exigent.

 

En cas de divorce, l'approche centrée sur l'enfant et l'équité en matière de garde ont renforcé les liens entre les pères et leurs enfants. Pour aider les pères à maintenir une relation saine et équilibrée avec leurs enfants, de nombreux programmes de soutien ont été mis en place, tels que des groupes de soutien et des services d'aide à la parentalité.

 

Cependant, ce système contient des défauts. Certains pères ont du mal à accéder à ces programmes en raison de divers obstacles, notamment des disparités d'accès géographique et financier. Les conflits juridiques complexes et coûteux liés à la garde des enfants peuvent également poser des problèmes. Enfin, un système de garde partagé excessif peut affecter la stabilité émotionnelle des enfants. Malgré les avantages, ces inconvénients nécessitent une attention constante pour améliorer la situation des pères divorcés et de leurs enfants. De plus, les pères divorcés qui souhaitent rester actifs dans la vie de leurs enfants sont stigmatisés par la société.

 

En somme, cette comparaison entre le Japon et le Canada met en évidence l'importance cruciale de reconnaître et de favoriser la présence paternelle dans la vie des enfants après un divorce. Alors que le Japon laisse encore de nombreux pères exclus, le Canada s'efforce de trouver un équilibre pour le bien-être des enfants. Il est impératif de continuer à encourager des politiques favorisant le maintien des liens familiaux après la séparation, car cela contribue à garantir la stabilité émotionnelle et psychologique des enfants concernés, leur offrant ainsi un avenir plus équilibré et harmonieux.

 

 

Solenn Douieb

 

 

 

 

 

 

Bibliographie

 

 

Newsweek « Parental Alienation in Japan: Divorce law in Japan deprives children of access to

Both parents »

https://www.newsweek.com/parental-alienation-japan-child-custody-divorce-1335024

 

International Journal for Crime, Justice, and Social Democracy. « Parent-Child Contact Problems

In Japan: Causes, Consequences, and Policy Implications » https://www.crimejusticejournal.com/article/view/195

 

Journal of Comparative Family Studies. « Legal Rights to Parenthood After Divorce: A

Comparative Study of Japan and Western Countries » https://vc.bridgew.edu/cgi/viewcontent

Le cinéma pour tous

Testament - Denys Arcand 

Jean-Michel Bouchard, 70 ans, vit dans une résidence patrimoniale lorsqu’il est aspiré dans les actions de notre société contemporaine. Dans son impuissance contre tous ces changements, Jean-Michel n’aura pas d’autres choix que de voir où cette vague de nouveauté l’amène, ne sachant pas encore si tous cela est plus grand que lui ou s’il y a quelque chose qu’il peut y faire. Féminisme extrémiste, protection du patrimoine versus le « cancel culture », modernisation des maisons de retraite et les valeurs familiales vont tous venir se rencontrer dans cette satire de Denys Arcand, voulant critiquer la direction absurde que notre société est en train de prendre. « Porté par la voix de Rémy Girard, dont le jeu nuancé séduit d’emblée, le long métrage crépusculaire bénéficie de la mise en scène d’une élégance fluide d’Arcand et de la chaleureuse lumière de Claudine Sauvé » (Dumais, 2023) ; Voici ce que La Presse a déclaré lors de la sortie du film le 5 octobre dernier. De mon côté, j’encourage fortement à tous et chacun de se faire sa propre idée du film et de consommer le plus possible de culture québécoise. Cependant, j’ai été un peu déçu en sortant de la salle de cinéma, car je m’étais attendu à complètement autre chose de ce film connaissant la réputation de son directeur. Malheureusement, la satire qui a été fait dans ce film n’était pas pour moi, même si je comprends le fond de l’histoire, j’ai trouvé qu’il manquait quelque chose... D’authenticité peut-être ? J’adore découvrir de nouveaux films de notre belle culture, mais pour moi Testament est passé un peu à côté de la plaque, car c’est le côté trop exagéré qui m’a un peu empêché d’absorber le réel message du film. 

 

    Vampire humaniste cherche suicidaire consentant - Ariane Louis-Seize

Vampire humaniste cherche suicidaire consentant nous présente l’histoire de Sasha, une jeune vampire traumatiser par la mort et incapable de tuer pour se nourrir. Sa famille, voulant son bien, décide qu’il est temps que Sasha prenne en main sa vie et l’envoie avec sa cousine pour une thérapie de choc. Arrive Paul, un jeune adolescent suicidaire prêt à tout pour aider Sasha dans sa quête à devenir une meilleure vampire. En plus de ses multiples participations aux différents festivals de film tel que le TIFF ou le Mostra, le nouveau film d’Ariane Louis-Seize gagne le Grand prix du Festival du nouveau cinéma. Les critiques pour Vampire humaniste cherche suicidaire consentant sont bonnes, les médias s’entendent tous pour recommander le film au grand public et selon La Presse « Ariane Louis-Seize livre un premier long métrage au charme singulier où elle flirte joliment avec l’horreur, le récit initiatique et la comédie sentimentale » (Dumais, 2023). Pour moi, Vampire humaniste cherche suicidaire consentant est le parfait film pour ceux qui n’aiment pas les films d’horreur, mais qui apprécient un bon film d’halloween lors d’une journée grise ou d’une soirée froide d’automne. Ariane Louis-Seize a réussi à inventer une histoire de vampire originale avec des personnages uniques, drôles et attachants. Je recommanderais à tous les amoureux de l’halloween de prendre le temps de se laisser emporter par Vampire humaniste cherche suicidaire consentant.



Vers un avenir radieux (Il sol dell’avvenire) - Nanni Moretti

Alors que Giovanni, un réalisateur italien, débute le tournage de son nouveau film sur le communisme en Italie, il vit plein de tournant dans sa vie personnelle qui affecte son tournage. Giovanni dans son amour pour l’art ne se rend pas compte de tout le mal qui crée aux gens autour de lui. Dans un dernier effort pour rendre les choses meilleures, Giovanni veut prouver que l’art peut tout régler, ou peut-être que non ? Le film de Nanni Moretti, voulant démontrer comme quoi le cinéma moderne est trop violent, montre un tout autre style de violence ; celle qu’est l’entremise entre le cinéma et la vie personnelle. Un film optimiste qui se veut se la réflexion personnelle, vers un avenir radieux est « sans doute le film le plus ambitieux de Moretti » (Lévesque, 2023) comme le déclare Le Devoir. Faisant partie de la sélection officielle du Festival de Canne, Vers un avenir radieux est selon moi, un excellent choix pour tous ceux qui aiment les films de l’étranger et pour ceux qui veulent faire le grand plongeon d’essayer quelque chose de nouveau. Pour moi, Vers un avenir radieux est une bonne autocritique de ce qu’est de travailler dans les arts et particulièrement au cinéma. C’est donc l’option parfaite pour les amoureux du cinéma qui aiment les films optimistes.

 

 

 The royal hotel - Kitty Green

Lorsque deux amies, faisant le tour de l’Australie en sac à dos, se retrouvent sans argent ; elles doivent prendre un travail dans un petit village minier. Ces dernières se retrouvent confronter à la réalité de travailler dans un village rempli d’hommes et sans aucune autre femme. Leur amitié est alors remise en question et leur sécurité est en jeu. Hannah et Liv vont devoir se débrouiller pour trouver une façon de se sortir de là ou bien de prendre le meilleur de cette expérience. The royal hotel est dirigé par Kitty Green, directrice et éditrice Australienne, elle réussit, dans ce film, à laisser le spectacle hors d’haleine, retenant toujours son souffle pour savoir ce qu’il se passera par la suite. Je ne pourrais pas mieux l’expliquer que le fait Média Film dans sa critique lorsqu’il dit ceci : « Déjouant habilement les attentes du spectateur, en forgeant un climat anxiogène avec des éclairages sombres menaçants, la cinéaste illustre avec force un milieu toxique, ou le désir masculin se déploie sans complexe, dans un territoire conquis au mépris des femmes » (Rioux, 2023). Le lent déroulement de l’histoire et les sujets qui y sont abordés m’ont fait sentir comme si j’étouffais sous la pression que vivaient les personnages. La simplicité et la crédibilité de l’histoire en font ce que je considère comme un bon film, pas nécessairement le meilleur film du mois, mais un assez bon film qui fait vivre une montée d’émotion tout au long de son histoire. Les genres étrangers sont à l’honneur ce mois-ci et The royal hotel (2023) en fait définitivement parti.

 

 

Sara-Maude

Bibliographie:

Dumais, Manon. (6 octobre 2023). Frapper un mur. La Presse. https://www.lapresse.ca/cinema/critiques/2023-10-06/testament/frapper-un-mur.php

Dumais, Manon. (13 octobre 2023). Rouge baiser. La Presse.

https://www.lapresse.ca/cinema/critiques/2023-10-13/vampire-humaniste-cherche-suicidaire-consentant/rouge-baiser.php

Lévesque, François. (13 octobre 2023). «Vers un avenir radieux»: Nanni Moretti se fait son cinéma. Le Devoir.

https://www.ledevoir.com/culture/cinema/799891/critique-cinema-vers-avenir-radieux-nanni-moretti-fait-cinema?

Rioux, Louis-Paul. (octobre 2023). The royal hotel. MediaFilm. https://mediafilm.ca/2023/the-royal-hotel

Destinée à subir parce qu’on naît femme

Destinée à subir parce qu’on naît femme

Le harcèlement se définit comme étant « une violence répétée qui peut être verbale, physique ou psychologique » (Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, 2022). Cette forme de violence peut être subtile et elle peut se manifester par le biais d’une seule personne ou au sein d’un groupe d’individus dans le but d’attaquer une personne qu’ils jugent plus faible qu’eux.

 

Savez-vous que d’après un sondage réalisé par Statistique Canada, il a été révélé que 32 % des jeunes femmes âgées de 18 à 29 ans étaient plus enclins à subir du harcèlement en ligne comparativement à 17 % des jeunes hommes de la même tranche d’âge qu’elles? Cette différence s’explique simplement par le fait que 22 % d’entre elles reçoivent beaucoup plus d’images à caractère sexuel sans leur consentement par des inconnus sur les réseaux sociaux contre 8 % chez les hommes du même âge (Statistique Canada, 2023). C’est le même problème qui se pose sur les applications de rencontre puisque les femmes racisées subissent beaucoup de fétichisation (Tizio, 2023). Par exemple, les femmes noires reçoivent des messages à caractère sexuel provenant d’hommes qui fantasment sur elles. Ces hommes n’ont pas l’intention d’entamer une relation sérieuse avec celles-ci puisqu’ils veulent seulement s’amuser. Selon eux, elles sont « exotiques » (Roseaux, 2017).

 

Par ailleurs, la Covid-19 est venue accentuer le phénomène. En effet, le nombre de femmes violentées a explosé depuis cette pandémie. Or, c’était un problème social qui existait depuis des années. Les demandes d’aide pour des hébergements des femmes subissant de la violence conjugale ont augmenté, et idem pour les appels téléphoniques en cas de violence conjugale (Conseil du statut de la femme, 2021). Il y avait 7 000 appels de plus en 2020 qu’en 2029! De plus, les services en ligne pouvaient recevoir 200 appels par jour ; alors qu’en 2019, c’étaient 90 appels par jour (Conseil du statut de la femme, 2021). On note une augmentation des signalements à la police qui a grimpé de 6,5 % de mars 2020 à décembre 2020 (Conseil du statut de la femme, 2021).

 

En 2021, Florence Hainaut et Myriam Leroy, deux journalistes, ont cherché à informer et à sensibiliser les femmes face à la misogynie qu'elles ont vécue sur Internet. En effet, c'est grâce à leur documentaire intitulé #SalePute que plusieurs femmes, comme elles ont pris la parole dans le but de dénoncer ce fléau. Il y a eu des femmes médiatisées qui ont dû quitter les réseaux sociaux, qui se privent de dire tout haut ce qu’elles pensent tout bas, et ce, par peur de se faire insulter et agresser. Elles se sont donc écartées de l’espace public afin de se protéger elles, leur famille et leur dignité. À cause de ces évènements, plusieurs femmes ont décidé de se priver des réseaux sociaux en clôturant leur compte de manière définitive afin de se protéger (#SalePute, 2021).

Les conséquences du harcèlement sur la victime sont nombreuses. Chez les jeunes filles et les étudiantes, cela peut se manifester par une baisse de la performance académique; les notes à l’école seront de plus en plus faibles. Il y a aussi des conséquences sur la santé mentale et physique dont des maux d’estomac, le stress et l’anxiété. De surcroît, les victimes peuvent vivre avec un sentiment de culpabilité et faire des cauchemars. Une autre conséquence serait qu’elles peuvent aussi se retirer de toutes formes d’activités sociales et qu’elles développeront ainsi un sentiment de peur et de honte même si ces dernières ne sont pas responsables du méfait qui a été commis par leur bourreau (UQAM, 2023).

 

D’ailleurs, le mois d’octobre est le mois de la cybersécurité. Plusieurs vidéos sont réalisées à titre préventif. Elles permettent aux gens de savoir comment détecter les tentatives d’hameçonnage, d’éviter d’être victimes de fraude et d’éviter les demandes d’amitié répétitives sur les réseaux sociaux. Ces vidéos sensibilisent donc les internautes et mettent en garde contre les personnes mal intentionnées qui cherchent à rentrer en contact avec une femme dans le simple but de lui soutirer de l’argent ou de ternir sa réputation.

 

Catarina O. Hountondji

 

 

 

 

  

Bibliographie

 

Conséquences | Bureau d’intervention et de prévention en matière de harcèlement | UQAM. (s. d.). Bureau d’intervention et de prévention en matière de harcèlement. Consulté 20 octobre 2023, à l’adresse https://harcelement.uqam.ca/sexisme-et-violences-a-caractere-sexuel/consequences/

 

Université de Montréal. (2023, 6 octobre). Cybermenaces, Octobre, c’est le mois de la cybersécurité! Cette semaine, ne mordez pas à l’appât et demeurez à l’abri des tentatives. Facebook.

https://fb.watch/nyWgKJ-aCw/

 

Fétichisation des femmes racisées : « Les hommes ont tendance à croire que je fais l’amour comme une sauvage » - Elle. (2023, juin 29). elle.fr. https://www.elle.fr/Societe/News/Fetichisation-des-femmes-racisees-Les-hommes-ont-tendance-a-croire-que-je-fais-l-amour-comme-une-sauvage-4119666

 

Government of Canada, S. C. (2023, février 21). The Daily — Study : Online harms faced by youth and young adults: The prevalence and nature of cybervictimization. https://www150.statcan.gc.ca/n1/daily-quotidien/230221/dq230221c-eng.htm

 

Le harcèlement, c’est quoi ? (s. d.). Ministère de l’Education Nationale et de la Jeunesse. Consulté 20 octobre 2023, à l’adresse https://www.education.gouv.fr/non-au-harcelement/le-harcelement-c-est-quoi-325361

Ne m’appelez plus jamais « exotique ». (2017, octobre 21). Roseaux. https://roseaux.co/2017/10/exotisme-exotisation/

« #SalePute », quand le cyberharcèlement systémique révèle une misogynie structurelle. (2021, juin 25). Le Monde.fr. https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/06/25/salepute-quand-le-cyberharcelement-systemique-revele-une-misogynie-structurelle_6085723_3246.html

 

#SalePute—LCN en rattrapage | TVA+. (s. d.). Consulté 20 octobre 2023, à l’adresse https://www.qub.ca/tvaplus/lcn/salepute/saison-1/salepute-saison-1-episode-1-1066652177?silent_auth=true

 

Un pour tous, et tous pour le cinéma québécois !

Un pour tous, et tous pour le cinéma québécois !

Je me remémore l'excitation prenante qui nous a saisis, mes ami.e.s et moi, à l’annonce d’une adaptation au cinéma du fameux Journal d’Aurélie Laflamme… Parce qu’en 2009, la majorité d’entre nous tenions déjà le tome 2 entre nos mains durant les périodes d’activités libres, non ? Je me remémore un cinéma bondé de jeunes garçons et de jeunes filles qui avaient si hâte de manger du pop-corn en contemplant leurs personnages préférés prendre vie sur l’immense écran devant eux. Peut-être est-ce une expérience qui fut autant significative pour vous que pour moi ? Peut-être avez-vous vécu cette même expérience avec la sortie en salle d’un autre film, à une autre époque, à un autre âge ? Le fait est que, si je ne m’abuse, il s’agit d’un événement de moins en moins courant pour les jeunes adolescents qui ne sont pas séduits par les options de film québécois qui leur sont offertes aujourd’hui. Peut-être est-ce simplement difficile de rivaliser avec l’abondance de contenu hollywoodien hyper stimulant et présent sur toutes les plateformes ainsi que de rendre le nouveau cinéma québécois attrayant pour un jeune public ?

 

En 2005, on pouvait compter les parts de marché du cinéma québécois les plus élevées avec 18.2% (Villeneuve et al., 2008). En 2022, ces mêmes parts sont maintenant à 7.3% (Côté, E, 2023b). Ces statistiques démontrent que « la domination des produits culturels états-uniens a une empreinte majeure sur les marchés nationaux » (Villeneuve et al., 2008, p. 3) et qu’il est difficile d'amener un succès québécois à un succès international notamment en raison de la forte concurrence. Depuis 2001, un programme gouvernemental d’aide à la production finance les longs métrages en mesure de se rendre au Box-Office et de potentiellement rayonner à l’international. Téléfilm Canada et SODEC (Société de développement des entreprises culturelles) sont donc chargés de sélectionner les demandes de financement des films qui ont le plus haut potentiel commercial (Villeneuve et al., 2008). Il s’agit d’une bonne initiative pour tenter de faire connaître notre culture cinématographique ainsi que notre identité culturelle québécoise partout ailleurs, mais elle fait définitivement passer sous silence beaucoup d’autres excellentes productions au sein même de notre province (Côté, 2023b).

 

De cette situation découle donc un problème d’accessibilité aux nouvelles productions. En effet, « les citoyens des régions ont plus de difficultés à accéder aux films québécois dans     les salles locales, et ce pour de multiples raisons en lien avec un système d’exploitation défavorable aux plus petites productions et aux cinématographies nationales » (Québec Cinéma, 2008). Ainsi les longs métrages qui se voient accorder moins de financement et de budget ont difficilement accès aux petites salles locales restreignant grandement la possibilité d’atteindre et d'accrocher les jeunes qui seront les futurs consommateurs de cinéma québécois.

 

Quand on parle des jeunes et de l’industrie du divertissement, il est impératif de soulever l’enjeu que sont les plateformes en ligne pour expliquer la minime présence des jeunes en salles de cinéma. En effet, celles-ci peuvent contribuer à la découvrabilité de certains films québécois à plus petit budget, mais les plateformes comme Prime Video, Netflix, Disney +, Crave, Club illico, Ici tou.tv, etc., sont déjà submergés de contenu en tout genre et à portée de main (Québec Cinéma, 2008).  Il est vrai que ces plateformes sont le choix le plus simple et le moins coûteux pour consommer du contenu cinématographique et télévisuel tant pour les jeunes que pour les adultes. Cependant, notre contenu local s’y perd, et peine à refaire surface parmi tant de choix et, surtout, avec la dominance du contenu américain comme obstacle majeur.

 

Le cinéma est sans conteste à la recherche de son nouveau public. En 2023, à qui désire-t-on s’adresser ? Beaucoup de producteurs et réalisateurs se demandent notamment comment rejoindre les jeunes (Côté, 2023b) parce qu’en effet, selon Julie Ravary-Pilon, professeure à l’Université de Montréal, « c’est prouvé que plus les enfants sont exposés jeunes à la culture québécoise, plus ils vont en consommer plus tard » (Côté, 2023a). Il est donc impératif de rejoindre les jeunes maintenant considérant qu’ils assureront un bel avenir au cinéma québécois. La SODEC affirme notamment vouloir plus de projets pour la jeunesse en demande de financement (Côté, 2023b) et dit vouloir sélectionner « des films engageants pour le public à qui ils s’adressent » (Côté, 2023a). Pour ce faire, de nouvelles manières de faire en termes de scénarisations et d’écritures sont proposées afin de rendre notre cinéma plus attrayant pour tous les âges et tous les goûts (Côté, 2023a).

 

Plusieurs productions abordant des thèmes plus pertinents et intriguant les uns que les autres sont présentement en salles un peu partout au Québec notamment ; Testament, Simple comme Sylvain, Vampire humaniste cherche suicidaire consentant, Solo et bien d’autres. Pour en découvrir encore plus, allez faire un tour sur la plateforme Aime ton cinéma qui promeut tant le cinéma québécois en salle qu'à la télévision et sur les plateformes. Le ciné-campus de l’Université de Montréal présente également chaque semaine des films en tout genre, à petit prix et met de l’avant un grand corpus cinématographique québécois. Avec toutes ces informations et outils en main, pourquoi ne pas redonner une chance au cinéma d’ici ? Faites découvrir des nouveaux films en salle, comme la Légende du Papillon, à vos enfants, vos frères et sœurs, nièces et neveux, bref... tout le monde ne pourra qu’en ressortir comblé et le ventre rempli de liqueur. Qui sait … vous tomberez peut-être sur la perle qui vous fera de nouveau tomber en amour avec des histoires et des personnages qui vous ressemblent ! Il est important de faire rayonner notre culture ailleurs, mais il est encore plus important de continuer à la faire vibrer ici !

  

Jaymie Vézina

 

 

 

 

 

 




Bibliographie

 

Côté, E. (2023a). Que faire pour mieux rejoindre le public? La Presse.

https://www.lapresse.ca/cinema/2023-01-20/cinema-quebecois/que-faire-pour-mieux-rejoindre-le-public.php

 

Côté, E. (2023b). Redorer l’image du cinéma québécois. La Presse.

https://www.lapresse.ca/cinema/2023-01-20/redorer-l-image-du-cinema-quebecois.php

 

Québec Cinéma (2008). Accessibilité aux œuvres et aux produits culturels, sensibilisation des

nouveaux publics : Des enjeux fondamentaux pour la nouvelle politique culturelle. Mémoire déposé par Québec Cinéma dans le cadre du Renouvellement de la Politique culturelle du Québec.

 

Villeneuve, A.C., Mondoux, A. et Ménard, M. (2008). Le défi de l’exportation du cinéma

québécois : état des lieux. École des médias, UQAM.

 

 

L’injustice de la crise climatique

L’injustice de la crise climatique

 

Les récentes inondations dans la ville de New York ont fait la une des médias. Ces inondations font ressortir des enjeux importants, mais qui ont été ignorés depuis trop longtemps. En effet, les problèmes qui affectent la ville de New York et les communautés globales, remontent ainsi à la surface. L’un des éléments qui ressort sont les inégalités sociales qui ont été déniés depuis plusieurs années ; notamment la question du racisme environnemental.

 

Le racisme environnemental est une théorie qui dénonce comment la crise climatique affecte de manière disproportionnée les communautés racisées. Cette théorie fait ressortir l’impact qu'ont les pays de l’ouest qui déversent leurs déchets dans les pays africains, sud-américains ou encore dans les communautés indigènes de l’Amérique du Nord et des îles du pacifiques sur ces lieux eux-mêmes[1] et comment ce déversement détériore leur qualité de vie à long terme[2]. On peut donc remarquer l’inégalité qui existe entre les communautés qui sont exposées à répétition à ces éléments dangereux versus ceux qui n’ont pas ces mêmes hauts risques de contamination. Le racisme environnemental est donc une forme de racisme systémique puisqu’il existe à cause du privilège et des pratiques historiques qui mettent en priorité la santé et le bien-être des communautés non-racisées, et ce, en dépit de celui des communautés racisées ou de celles qui font face à des problèmes socio-économiques.

 

Un autre élément important de cette théorie est lié au manque d’agentivité politique de ces communautés. En effet, à cause des effets du racisme systémique sur les communautés marginalisées, ces dernières ont moins de pouvoir politique face à l’installation d’industries polluantes chez eux. Un exemple pertinent serait que les politiques semblent ignorer les problèmes mentionnés plus haut, comme l’autorisation de déversement d’éléments polluant dans les quartiers dans lesquelles habitent les communautés marginalisées, puisqu’en plus d’autoriser ces projets; elles ne donnent aucune chance aux communautés de contrer les autorisations. Le manque d’espace qui est alloué aux personnes déjà marginalisées dans les groupes environnementaux, politiques et économiques créent un ralentissement face à la représentation des idées et des volontés de ces communautés, ce qui rend d’autant plus difficile d’entendre leur voix et de comprendre leur situation, alors qu’ils défendent leur droit de vivre dans un environnement sain.

 

Les récentes inondations à New York montrent un exemple de comment la crise climatique affecte de manière disproportionnée les communautés qui sont déjà marginalisées parce que l'extrême pluie de la fin septembre dans la métropole a impacté plusieurs sphères de la vie quotidienne des habitants de la ville. New York, qui contient une population s’approchant de 19 millions d’habitants[3] a été en partie non fonctionnelle, par exemple avec le métro qui relie les cinq circonscriptions et qui est le mode de transport le plus utilisé de loin dans la métropole. Le réseau de transport public de New York est le plus grand ainsi que l’un des plus vieux dans l’Amérique du Nord, mais à cause de la pluie, la moitié des lignes du métro ont été inaccessible à cause des inondations,[4] ce qui a rendu le déplacement à travers la ville très difficile pour une majorité de la population. L’aéroport La Guardia a lui aussi été affecté et a dû annuler certains vols, en plus de devoir évacuer des parties de l’aéroport. De plus, le niveau d’eau qui a atteint presque neuf pouces au Long Island perturbe le quotidien de la population et engendre des impacts qui n’avaient jamais été encore observés.

 

Brooklyn, qui fait maison à plusieurs communautés marginalisées, fut l’une des circonscriptions les plus frappées! En conséquence, sa population, qui se voit gravement affectée par les inondations, doit travailler à reconstruire les infrastructures qui ont été détruites par la catastrophe, et ce, sans les privilèges et les ressources qui sont alloués aux quartiers plus aisés. De plus, historiquement parlant, certains quartiers à faible revenu, qui sont principalement habités par des personnes de couleur, sont souvent proches d'installations industrielles qui les exposent à de plus grands risques de pollution. Notamment le cas Williamsburg et Greenpoint à Brooklyn[5] qui ont souffert des déchets toxiques, ce qui a grandement affecté la santé des membres des communautés de ces deux quartiers.[6]

 

Ces éléments démontrent donc comment certains des effets néfastes de la crise environnementale sont reliés au racisme systémique qui affectent les communautés marginalisées. Les inégalités environnementales et le manque de représentation, qui découlent tous deux de la séparation discriminatoire des quartiers, créent un système qui continue à discriminer ces mêmes communautés. Bien que des efforts pour contrer ces injustices ont été commencés, l’engagement des gouvernements est simplement insuffisant et laisse ces communautés en péril. Pourtant, c’est avec un engagement continu des citoyens, des membres gouvernementaux et des chefs de la communauté qu’une solution durable et équitable pourra enfin être établi

 

Aminata

 

 

 

 

Bibliographie

Agence France-Presse. (2023). État d’urgence à New York après pluies diluviennes.

Radio-Canada.https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2013934/etat-urgence-new-york-pluie-inondation

Blackmore, W. (2022). Greenpoint’s Newest Superfund Site is Very Residential. Curbed.

https://www.curbed.com/2022/04/greenpoint-superfund-site-meeker-avenue-plume.html

 

Ihejirika, M. (2023). What is environmental racism?. NRDC.

https://www.nrdc.org/stories/what-environmental-racism


Nolan, E. et Meko, H. (2023) After Intense Floods, New York City Lurches Back to Life.

The New York Times. https://www.nytimes.com/2023/09/30/nyregion/nyc-flooding-storm.html

 

Scudiere, P. Joseph et Campbell, . Alan K. (2023). New York. Encyclopédie Britannica.

https://www.britannica.com/place/New-York-state

 

Waldron, I. (2020). Racisme environnemental au Canada. L’encyclopédie canadienne.

 https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/racisme-environnemental-au-canada

 

 

 



[1]Ihejirika, M. (2023). What is environmental racism?. NRDC. https://www.nrdc.org/stories/what-environmental-racism

[2]Ihejirika, M. (2023). What is environmental racism?. NRDC. https://www.nrdc.org/stories/what-environmental-racism

[3] Scudiere, P. Joseph et Campbell, . Alan K. (2023). New York. Encyclopédie Britannica. https://www.britannica.com/place/New-York-state

[4]Nolan, E. et Meko, H. (2023) After Intense Floods, New York City Lurches Back to Life. The New York Times. https://www.nytimes.com/2023/09/30/nyregion/nyc-flooding-storm.html

[5] Blackmore, W. (2022). Greenpoint’s Newest Superfun Site is Very Residential. Curbed. https://www.curbed.com/2022/04/greenpoint-superfund-site-meeker-avenue-plume.html

[6] Blackmore, W. (2022). Greenpoint’s Newest Superfun Site is Very Residential. Curbed. https://www.curbed.com/2022/04/greenpoint-superfund-site-meeker-avenue-plume.html

ComMédia - Édition d'avril

Ça y est, nous y sommes enfin; c’est la fin de la session! Le soleil est ressorti, la dépression saisonnière est derrière nous, et bientôt, les examens et les travaux le seront aussi. Que vous cherchiez à vous changer les idées durant cette période de stress, ou que vous préfériez garder les distractions pour après la période des finaux, le ComMédia du mois d’avril sera là à attendre que vous le parcouriez! Encore une fois, nos articles vous en feront voir de toutes les couleurs, pour finir l’année 2022-2023 en beauté. L’équipe du ComMédia vous remercie pour cette belle année et vous souhaite un bel été!

 

Au plaisir,

 

Sarah-Maude, rédactrice en chef

L’avenir du journalisme – un rêve ou un cauchemar devenu réalité?

Vous connaissez le sentiment de l’imposteur? Cette impression que vous ne méritez pas votre place dans une situation donnée? Eh bien, c’est le sentiment que j’ai eu en feuilletant les anciennes éditions du ComMédia. Retrouvés dans les archives du département, elles témoignent d’un dévouement incommensurable à la production d’un journal digne de ce nom. Caricatures, sommaire, Vox Pops politiques, contes, courriers ludiques et cocasses, et plus encore; de quoi faire sentir une rédactrice un peu inadéquate!

Blague à part, cela m’amène à me questionner sur l’écart entre le ComMédia dans les années 90 et celui d’aujourd’hui. Ce dernier, publié en ligne, me semble moins propice à la production d’un médium qui suit vraiment les codes du journalisme traditionnel. En effet, depuis la mise en ligne du ComMédia, il semble qu’une partie de la fibre journalistique ait été perdue dans le processus; voyons ce qui pourrait expliquer cela.

Crédit photo: Blog du modérateur

Il est évident que l’ère numérique a changé l’essence même du travail de journaliste. Comme le mentionne Daniel Cornu dans son article pour la revue Éthique Publique, « Le Web brouille les frontières entre médias et société, entre journalisme et public. Il fait intervenir de nouveaux acteurs. Des rôles sont redistribués. […] La mobilité est constante : rôles interchangeables, usages hybrides, changements de costumes. »

Cette mobilité et hybridité dont parle l’auteur est très représentative de la réalité du journalisme en ligne, avec son rythme effréné et son implantation assez commerciale dans divers milieux en ligne. C’est d’ailleurs ce qui explique l’allure générale des articles journalistiques aujourd’hui : courts et formatés pour la lecture en ligne, ils se doivent d’être publié rapidement, en grand nombre, et de savoir captiver l’attention du lecteur. Toutefois, comme l’affirme Dominique Payette, professeure de journalisme au Département d’information et de communication de l’Université Laval, ce mode de production peut mener à un plus grand risque d’erreurs, et à une moins bonne qualité d’information, qui reste plus superficielle.

Soulignons aussi que le processus de recherche en journalisme est bien différent de ce à quoi il ressemblait il y a 30 ans de cela. Thierry Watine, également professeur de journalisme au Département d’information et de communication de l’Université Laval, compare cette transition à la façon dont le fait de faire ses courses au supermarché a évolué; au fil des dernières décennies, on a rajouté des rangées, mis sur les tablettes de nouveaux produits variés, si bien qu’en bout de ligne, on finit par se perdre dans la multitude de choix. Il en va de même pour la recherche : on dispose d’une tonne de ressources en ligne pour s’informer sur un sujet, mais il peut être difficile de faire des choix parmi celles-ci, et de savoir qu’elles sont fiables et donnent de l’expertise sur le sujet choisi.

On notera pour terminer que le caractère humain du journalisme semble être égaré. En effet, l’intelligence artificielle prend de plus en plus de responsabilités dans le domaine, à présent capable de produire des articles factuels de manière efficace sur à peu près n’importe quel sujet. Ce genre d’outil est parfaitement adapté à la demande de l’industrie du journalisme en ligne, ce qui laisse moins la place aux discussions et aux connexions en face-à-face entre un journaliste et une personne passée en entrevue. Dominique Payette mentionne d’ailleurs qu’il est dommage qu’on retrouve moins de travail de terrain qu’avant dans le métier de journaliste, qui est pourtant élémentaire à ce dernier. Il s’agit vraiment de la meilleure manière de comprendre le sujet que l’on aborde et de récolter des perspectives variées et, qui sait, peut-être incroyablement significatives.

C’est ce manque de place à la communication hors ligne qui, je crois, est symptomatique du journalisme à l’ère numérique et des métiers de l’information de manière générale à l’heure actuelle. J’aimerais terminer avec un extrait d’un article nommé : « Et j’ai très peur… » dans l’édition du ComMédia du mois d’avril 1994. Son auteure, Isabelle Coulombe, discute des nouvelles technologies de l’information et mentionne avoir peur, parce qu’elles font en sorte que « l’individu s’isole dans une société qui tend de plus en plus vers l’individualisme; dans une société où les valeurs anciennes font piètre figure. » Cet extrait est assez ironique, parce que 29 ans plus tard, à l’ère des réseaux sociaux, notre présence en ligne est pratiquement plus parlante que notre présence dans le monde actuel, nous poussant vers une société de plus en plus narcissique et isolatrice. Pourtant, cette recherche de la connexion « humaine », on ne l’a pas perdue; on reste dans l’attente d’un retour aux sources, de la trouvaille de plaisir hors ligne. C’est pourquoi je pense qu’il vaudrait la peine de réfléchir à où, exactement, nous emmène le journalisme en ligne, et où est-ce que nous aimerions le voir aller?

Sarah-Maude De Rive

Sources

https://www.redacteur.com/blog/redaction-robot-journalisme-avenir-presse-en-ligne/

http://impactcampus.ca/le-mag/decembre-2020/journalisme-a-lere-numerique-defis-outils-informer/

https://journals.openedition.org/ethiquepublique/1073?lang=en

Quelles sont réellement les vraies représentations?

Disney, étant l’une des plus grandes corporations du monde des médias, est souvent au centre de diverses controverses. Certaines questions se posent sur le fonctionnement de la corporation quant aux décisions sur le marché, aux pratiques de la compagnie ou bien aux exécutifs eux-mêmes.

D’autres critiques sont plutôt axées sur le contenu produit par Disney lui-même. Beaucoup de ces critiques portent sur le manque de représentations de minorités ethniques, culturelles ou sexuelles. Plusieurs soulèvent aussi la mauvaise représentation de ces groupes qui provient des stéréotypes associés aux membres de communautés marginalisées. Une des plus récentes controverses à laquelle Disney a fait face est le financement d’un projet de loi anti LGBTQ+ par les hauts placés de la compagnie. On questionne donc les valeurs de Disney puisqu’en même temps de supporter ce type de projet, la corporation est en cours d’introduire de nouveaux personnages dits issus de la diversité et qui représentent différentes communautés dans leurs émissions et films.

On associe souvent le terme de “fausse représentation”, qui indique une représentation qui semble exister uniquement pour remplir le quota de diversité, avec l’arrivée de nouveaux personnages montrant une plus grande variété au sein du média. Bien que ce genre de représentation existe et que certaines productions utilisent des personnages sous-représentés pour gagner des “points de diversité”, il faudrait tout de même tourner la conversation vers le manque de représentation et l’impact de celle-ci sur les personnes faisant partie de ces groupes spécifiques. Dire que chaque personnage de couleur, queer, neurodivergente ou à mobilité réduite existe seulement pour créer des profits à la compagnie par moyen de quotas de diversité renforce l’idée que les personnes de différents groupes marginalisés ne méritent pas leur place dans les médias.

En réponse à cela, certaines audiences prennent l’approche de se révolter contre toutes représentations de diversité dans les médias de masse. Pourtant, on devrait célébrer la mise à l’avant d’histoires qui ont trop souvent été mises de côté sous excuse d’intolérance et non boycotter des films qui racontent des histoires importantes et laissent communiquer les problèmes auxquels font face les personnes marginalisées. Il faut demander à avoir des représentations réalistes qui ne tournent pas autour de stéréotypes, plutôt que de remettre en question le mérite même de cette représentation. Les personnes de couleurs peuvent prendre de l’espace dans les médias, et on doit donner des voix à ces personnages afin de comprendre leurs identités et leurs luttes face aux problèmes systémiques. Mettre l’accent sur les personnages de ces groupes minoritaires permet aussi aux personnes de ces groupes de faire partie d’un collectif qui transcende l’individu. Il existe un sentiment d’appartenance qui a un grand impact sur les personnes lorsqu’on consomme un média qui nous représente; on a ainsi une représentation à laquelle s’associer. 

Cependant, Disney semble simplement mettre des personnes de couleurs dans des live actions de films ayant déjà joué au grand écran, ce qui ne donne pas d’espace pour de nouvelles histoires qui existent par elles-mêmes et qui utilisent leurs propres contenus et sujets issus de la diversité. Il faudrait laisser la place à des histoires originales qui peuvent exister sans aucun stéréotype et avec un effort conscient de souligner les récits des personnes sous-représentées dans les médias. 

 Aminata Sall

Sources

https://nortenews.org/1399/opinion/why-does-poc-representation-matter/

https://wou.edu/westernhowl/the-disney-companys-recent-controversy/

L’heure du bilan : des confidences d’une finissante

C’est déjà la fin de mon parcours universitaire. En écrivant ces lignes, je suis envahie par une nostalgie profonde qui me ramène aux plus belles expériences, mais qui me projette en même temps vers l’incertitude de la vie des « vrais adultes ».  Je vois un chapitre important qui se termine et un autre tout aussi important qui commence.

À l’heure du bilan, j’avais envie de me livrer à cette nostalgie qui me traverse à la fin de chaque chapitre de la vie. Mes années universitaires ont été pour moi des années précieuses d’épanouissement personnel et de découverte. Tout de suite arrivée sur le campus, en 2017, je me rappelle vouloir hâtivement m’intégrer aux activités de l’université et de ma faculté. Je voulais participer, connaître, découvrir et devenir. Pour moi, avoir un chandail de l’UdeM était incontournable, car ça représentait le fait d’appartenir à un monde rempli d’opportunités et d’idées extraordinaires. Tous les savoirs concentrés en un seul lieu. À l’époque, ça me dépassait.

Un peu intense tu dis ? Eh bien, c’est cette envie d’appartenir et de devenir qui a rendu mes années universitaires mémorables.

D’abord par mon implication étudiante au sein de mon association et au sein d’autres rassemblements sur le campus. Certes, le fait de s’engager vient avec une part importante de responsabilités, mais il vient aussi avec de belles rencontres, la possibilité de vraiment faire une différence et surtout une bonne dose de fierté personnelle.

Ensuite, par mes expériences en stage. Même s’ils sont facultatifs, on ne regrette jamais d’intégrer un stage à notre parcours. C’est à travers mon stage que j’ai pu me découvrir professionnellement et m’assurer que le parcours que je choisissais correspondait vraiment à mes aspirations de vie.

Enfin, l’échange étudiant était de loin la meilleure expérience de mon parcours. Pour moi, il n’y a pas meilleur moyen de devenir que de se déraciner, car dans la vulnérabilité on devient plus forts, dans la distance on se rapproche autrement et dans la solitude on retrouve soi et les autres. Étudier à l’étranger ouvre des portes, mais aussi notre vision du monde. La grandeur d’une telle expérience est inexplicable. Il faut la vivre pour comprendre.

Maintenant, c’est la fin de mon parcours universitaire. Tout ça est derrière moi, mais aussi en moi. Ces expériences font maintenant partie de qui je suis. Je m’apprête à devenir autrement à travers un autre chapitre. En écrivant ces lignes, je suis envahie par la peur de l’incertain. Mais, comme l’a dit si bien Victor Hugo, « le bonheur est parfois dans l’inconnu ».

Je suis bien consciente que l’inconnu peut sembler effrayant, mais il est bien moins effrayant que le fait de regretter de ne pas avoir essayé de nouvelles choses. C’est pourquoi je dis : c’est à toi de jouer, jeune universitaire. Que ton aventure à l’Université de Montréal soit aussi épanouissante que la mienne. Participe, engage-toi, fais un stage, découvre, exprime-toi et plonge dans l’inconnu. Je te souhaite de devenir la meilleure version de toi-même et de profiter à fond de ta vie étudiante, qui passe en un clin d’œil.

Thabata Schultz

Au cœur de la Franc Maçonnerie

Des hommes dont les noms ne vous sont pas inconnus : Alexandre Dumas, Léon Tolstoï, Isaac Newton ; femmes aussi ; comme Maria Deraisme, voltairienne, grande oratrice. Tous ont fait partie de la célèbre organisation de la Franc Maçonnerie.

Création de la Franc Maçonnerie

La Franc Maçonnerie naît à Londres en 1717. Cinq années après sa création est publiée la constitution d’Anderson, texte fondateur affirmant que l’essence de la Franc Maçonnerie est la recherche de la vérité et l’étude morale. Cette aventure humaine est issue du courant Humaniste du XVIème siècle ainsi que celui des Lumières du XVIIIème siècle.

En France, cette organisation voit le jour quelques années après celle des britanniques. La plus grande loge de France, le Grand Orient de France fut érigé en 1773.

Les traditions sont bien différentes entre les britanniques et les français. En effet, en Angleterre, les références à Dieu sont obligatoires dans la Franc Maçonnerie. En outre, les femmes et les sujets sociétaux n’y sont pas représentés. La France, quant à elle, accepte plusieurs religions ainsi que les personnes athées. En son sein, les discussions se font autour de thèmes symboliques mais également sociétaux. De plus, le pays est doté d’obédiences masculines, féminines et mixtes. La France compte environ une quarantaine d’obédience.

Pour comprendre les termes :

Une loge maçonnique représente le groupe de francs-maçons au niveau local. Une obédience maçonnique illustre l’ensemble des loges maçonniques.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, le Maréchal Pétain dissout les loges et interdit la Franc Maçonnerie. Des persécutions, des déportations et le vol des archives par les allemands ont lieux. Il y a entre 2 millions et 4 millions de francs-maçons contre 7 millions après 1945.

L’extrême droite n’est pas acceptée dans cette organisation car elle ne respecte pas le droit humaniste et les valeurs de la Franc Maçonnerie, selon cette dernière.

Symbole de la Franc Maçonnerie

Crédit photo: National Geographic

Fonctionnement de la Franc Maçonnerie

Les séances prennent place dans des temples spécifiques comme le temple de GLUA en Angleterre et le temple Lafayette en France. L’ordre de la Franc Maçonnerie est constitué de différents grades : apprentis, compagnons et maîtres. Pendant 2 ans, l’apprenti ne doit pas parler, mais seulement écouter.

Le président est appelé « vénérable maître » et ne peut être élu que trois fois. Lors des séances, on trouve deux surveillants qui encadrent les travaux des compagnons.

Personne ne peut prendre la parole, on la demande en ne s’adressant qu’au vénérable maitre. De ce fait, il n’y a pas d’affrontement entre les membres.

Construction d’une séance au sein de la Franc Maçonnerie :

1.    Entrée des participants avec un mot de passe pour entrer

2.    Rituel d’ouverture

3.    Validation

4.    Planche : travail préparé par l’un des membres de l’atelier sur un thème donné ou proposé. Ce dernier doit ensuite la présentée pendant 20 à 50 minutes. L’objectif est de poser des pistes sur lesquelles le groupe pourra travailler.

5.    Discussion

6.    Rituel de fermeture

7.    Sortie des participants

Il existe d’autres travaux en dehors des travaux ordinaires. En effet, on peut citer le passage sous le bandeau pour les candidats à l’organisation. Ils sont reçus par le vénérable maitre qui déclenchent 3 enquêtes avec 3 thématiques dont le candidat devra parler pendant 2 heures. Ce dernier a les yeux bandés pour ne se concentrer que sur ses dires mais également pour éviter que des personnes infiltrées ou mal intentionnées ne puissent voir le visages des membres.

Lors des séances, il y a des tenues spécifiques à respecter. Les apprentis et les compagnons ont des blouses blanches. Les maitres ont une blouse de couleur selon le rite sur lequel ils travaillent. Ils arborent également aussi une écharpe.

Finalement, on ne peut entrer en Franc Maçonnerie qu’à partir de 18 ans.

Les Francs-Maçons au Québec

La Grande Loge du Québec a été fondée en 1869. Elle est la plus ancienne obédience maçonnique du Québec. 18 loges travaillent principalement en français mais toutes sont devenues bilingues en 2014 même si la majorité continue de travailler en anglais.

Le nombre de francs-maçons au Québec a chuté, dû à des difficultés administratives. Chaque membre doit payer entre 150 $ et 500 $ par an. Cette somme est versée à des associations caritatives mais permet également de payer les loyers et l’administration des temples. Donc, moins il y a de membres, moins il y a d’argent pour les loges.

Crédit photo: Grand Québec 

En raison de leur nature secrète et de leurs rituels, les Francs-Maçons ont souvent suscité la méfiance des autorités et de la population. Que ce soit en France, en Angleterre ou encore au Québec et au Canada, les Francs-Maçons étaient et restent donc stigmatisés.

La Franc Maçonnerie : autour d’un débat entre société de réflexion et secte dangereuse

Même si ce n’est plus une société secrète, certains cérémoniaux demeurent secrets. Depuis presque trois siècles, la Franc Maçonnerie utilise des symboles et des rituels qui n'ont presque pas été modifiés depuis leurs création. Certains d'entre eux ont une origine très lointaine et floue, et deviennent le sujet de fantaisies.

Alors que d'un côté les francs-maçons revendiquent leur santé d'esprit et leur sens critique, ces pratiques irrationnelles ne correspondent pas à l’esprit cartésien et progressiste qu’ils défendent. Il en est de même du rite initiatique et du cérémonial.

On peut se questionner sur l'utilité de ce symbolisme et de ces rites maçonniques qui contribuent à la décrédibilisation et la méfiance de l’organisation de nos jours.

De plus, vous avez sans doute tous entendu des rumeurs sur la loyauté franc-maçonne qui se substitue parfois au droit national. Cela pose un problème éthique. Le franc-maçon jure serment de ne pas dévoiler ses secrets. Même s'ils sont aujourd'hui documentés, d'un point de vue éthique, les membres de cette société ne peuvent rien divulguer.

La Franc Maçonnerie n’est plus perçue aujourd’hui comme une société secrète car elle revendique ses objets de réflexions et publie des livres à ce sujet. Cependant, le caractère irrationnel et mystique de leurs cérémonies, de leurs tenues et de leurs rites crée un fossé avec nos sociétés contemporaines.

Clara Perret

Sources

https://www.youtube.com/watch?v=XCCVFNa_pZE

https://freimaurerei.ch/fr/le-rite-et-le-sacre-dans-lordre-maconnique/

https://www.lexpress.fr/societe/ce-que-cachent-les-francs-macons_484850.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_Loge_du_Qu%C3%A9bec#Fonctionnement

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1878245/francs-macons-maconnerie-organisation-loge-recrutement

https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/le-15-18/segments/chronique/194521/histoire-franc-maconnerie-conspiration-conspirationnisme-montreal

https://isabelle-kevorkian.over-blog.com/2016/07/3-minutes-pour-comprendre-la-franc-maconnerie.html

http://www.astrosurf.com/luxorion/franc-maconnerie3.htm

Témoignage de Pierre Gandonnière (Franc Maçon)

ComMédia - Édition de mars

Bonjour à nos lecteur.e.s!

L’équipe du journal vous souhaite un beau début de printemps, qui annonce l’arrivée imminente du beau temps (et de la fin de session, mais n’y pensons pas). L’équipe du journal vous a concocté une édition de mars toute fraiche et remplie d’articles qui sont de vraies pépites; allez y jeter un coup d’œil quand vous aurez un instant, que ce soit dans les transports en commun ou dans le confort de chez vous.

On vous souhaite une lecture des plus palpitantes, et de ne pas lâcher, on va y arriver à la fin de la session!

Sarah-Maude, rédactrice en chef